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L’an dernier, à Londres, on pouvait contempler ses Headlines à la National Galery of Art ou découvrir quelques-uns de ses portraits moins connus à la Dulwich Picture Gallery. L’exposition Regarding Warhol au Metropolitan aura accompagné les new yorkais jusqu’au 31 décembre 2012. Elle était consacrée à l’influence d’Andy Warhol sur l’art contemporain, saluait les positions « prophétiques » de celui qui fut une véritable vedette de la scène artistique internationale de la seconde moitié du XXème siècle.

En cette nouvelle année, les Parisiens que nous sommes pourrons nous rendre chez Thaddaeus Ropac à Pantin où se tiendra une exposition centrée sur la Disaster Series de Warhol. L’artiste sera également présenté au printemps (du 28 mars au 1er  avril) sous la nef du Grand Palais à la faveur d’Art Paris, le rendez-vous de l’art moderne et  contemporain.  Il  sera  enfin  question  de  Warhol  et du pop art à l’occasion de la rétrospective des œuvres de Keith Haring au musée d’Art moderne de la Ville de Paris (19 avril-18 août) ou encore, à l’occasion de l’ambitieuse exposition consacrée à Roy Lichtenstein au Centre Pompidou (3 juillet – 4 novembre).

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Warhol, dont l’œuvre picturale et filmique pourrait se lire comme une tentative pour cerner le réel du temps, tenait un journal intime. On y cherche en vain des notes festives sur le passage d’une année à l’autre. Le temps file comme le sable nous glisse entre les doigts et il ne manquerait plus qu’on s’en réjouisse, semble nous dire l’artiste. Le dimanche 1er janvier 1978, Warhol est au lit avec de la fièvre. Vendredi 1er janvier 1982, il est aux urgences à Aspen pour y faire une radio du bras.  L’année suivante, toujours à Aspen, il se demande si son ami Jon n’a pas tenté de le tuer au cours d’une partie de scooter des neiges. Le mercredi 1er janvier 1986 enfin, à peine un an avant sa mort, Warhol, ce travailleur infatigable, s’octroie une journée de repos qu’il passe devant la télévision.

Chez Warhol, les stars de cinéma ne vieillissent jamais : qu’elle soit early colored ou de 1963, Liz (Elizabeth Taylor) affiche toujours le même sourire. Warhol avait réglé la question de son propre vieillissement en s’affublant d’une perruque grise. Il s’en explique dans sa Philosophie de A à B : « J’ai donc décidé d’avoir les cheveux gris pour que personne ne sache quel âge j’avais, et pour paraître plus jeune à leurs yeux qu’ils ne croyaient que je l’étais en réalité ».

En 2013, à Paris ou ailleurs, nous croirons qu’Andy est toujours un jeune homme. Saluons donc cette nouvelle année placée sous le signe du pop art.

France Jaigu

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