FNAC femmes

28 juin 2012, en fin d’après-midi, une cinquantaine de personnes ont répondu à l’appel de la FNAC pour écouter Lilia Mahjoub présenter le dernier numéro de la revue de l’École de la Cause freudienne. Cette rencontre, organisée par Carole Herrmann pour L’Envers de Paris à la FNAC Montparnasse, répond au souhait du Conseil de l’École de mieux faire connaître la revue en librairie. Ce rendez-vous a été un succès : Lilia Mahjoub a su parler à une assemblée peu ou pas familière de notre champ, elle a su intéresser, convaincre, par la grâce d’un style vivant, séduisant, où elle a incontestablement donné d’elle-même. Elle a ainsi porté par sa voix l’incarnation du nouveau nom de la revue : la Cause du désir.

Si depuis une vingtaine d’années déjà la revue n’est plus seulement consacrée au recueil des Actes des Journées de l’École, et qu’elle accueille des auteurs venus d’autres champs, scientifique et artistique notamment, Lilia Mahjoub a noté que la nouvelle équipe constituée de jeunes psychanalystes, analysants et enseignants dirigée par Anaëlle Lebovits-Quenehen a voulu rendre cette publication accessible, ouverte à d’autres discours du champ social. Lilia Mahjoub a rappelé que Lacan lui-même n’hé-sitait pas à mettre l’accent sur les différents discours qui se côtoient, se bousculent, et qu’il incitait à ne pas hésiter à nous en mêler. Le titre de ce numéro 81, deuxième de la nouvelle série, Femme parmi les femmes, a bien sûr donné lieu aux principaux développements de cette présentation. Lilia Mahjoub, qui s’est dite très concernée en tant que femme et avait répondu de façon très spontanée dans la rubrique « En ligne avec » aux questions posées par l’équipe de rédaction, précisant : « j’ai beaucoup aimé faire ça », a déployé le thème de la singularité féminine. Reprenant ce que Freud a posé et laissé en question : « Que veut une femme ? », elle a explicité comment Lacan l’a prolongé notamment à propos de la jouissance féminine qui ne peut se dire en mots, au delà du phallus et de la castration, en introduisant dans la psychanalyse son approche logique empruntée aux mathématiques : les femmes ne font pas ensemble, il n’y a pas d’universel féminin. Lilia Mahjoub a mis en valeur un certain nombre de points saillants des différents articles, et qui, au delà du pouvoir et de l’argent, éclairent le monde actuel et maintenant s’imposent, à propos de La(barré) femme et du non-rapport sexuel. Le public, visiblement passionné par le thème, n’a pas hésité à débattre et à poser des questions, avant de prendre la queue pour une longue série de dédicaces, donnant l’occasion à Lilia Mahjoub d’avoir un échange avec chacun. Quelqu’un a même demandé le précédent numéro de la revue. Une expérience à poursuivre donc.

Geneviève Mordant et Carole Herrmann

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