A l’occasion de l’organisation de l’Intercartel de l’Envers de Paris le 24 avril 2013, Damien Guyonnet pour le Courrier de l’Envers de Paris, a interviewé son organisatrice Elisabeth Gurniki :

– Qu’est-ce qu’un intercartel ?

C’est la rencontre d’au moins deux cartels autour d’une question sur laquelle un membre de chaque, vient exposer son élaboration en tant qu’analysant, c’est à dire à partir d’un savoir qui s’est déposé de son analyse et dont le travail en cartel a soutenu l’articulation.

C’est une actualisation du transfert à l’École dont le cartel est le premier lieu d’adresse au delà du dispositif privé de l’analyse. Cela permet à chacun de risquer son énonciation dans un cadre élargi du « lien social » créé par le Discours de l’Analyste (cf. J. Lacan, L’envers de la psychanalyse, Le Séminaire Livre XVII).

 – Pouvez-vous préciser le rapport que vous esquissez entre l’analyse et le cartel ?

Le désir de l’analysant relève d’un désir de savoir la vérité sur son désir et la cure consiste en un effeuillage progressif des identifications du sujet qui habillent l’objet cause. Il en résulte que certains analysants désirent en savoir plus sur la logique qui opère dans leur cure. Ils se tournent alors vers l’étude des textes et le cartel en est un mode de lecture fructueux, avec non seulement une production de savoir pour chacun mais aussi des effets de sujet, des effets de désir, comme conséquence de la logique des Discours. Cela constitue la découverte d’un lien social unique sur le mode de la conversation avec circulation des Discours autour du Discours de l’Analyste.

Dans son Acte de fondation de l’École en 1964 J. Lacan créa le cartel comme structure de base pour la formation des analystes, en plus du dispositif du contrôle. Cela permet aux analystes de se former, entre autres, à la logique des Discours… entre pairs.

– Concrètement, comment va se dérouler la soirée du 24 avril ?

Les membres de deux cartels différents exposeront le fruit de leur travail sur le thème de la soirée à partir de leur expérience d’analyse, de cartel et de cliniciens. Esthela Solano, qui nous fait l’honneur de venir y opérer comme « Extime », commentera les travaux, soutenant l’élaboration de chacun et ouvrant à une discussion sur leurs questions, avec les participants à la soirée qui le désireront, dont les autres membres des cartels des deux intervenants.

Partages 0