freud_1907

Nous  avons  terminé  la  traduction  des  deux  derniers textes de Freud « Ichspaltung im Abwehrvorgang » et « Konstruktionen in der Analyse », tous les deux écrits en 1937.

Nous avons choisi comme troisième texte « Trauer und Melancholie » – « Deuil et mélancolie » -, écrit en 1915, pendant la Première Guerre Mondiale. Freud en avait déjà parlé en janvier 1914 à Ferenczi. Ce texte n’a été imprimé qu’en 1917. Une  première  traduction  en  français  a  été  faite  par Marie Bonaparte en 1936 dans la Revue française de psychanalyse, elle a été publiée une deuxième fois en 1940 chez Gallimard. Une nouvelle traduction a été faite par Laplanche & Pontalis en 1968 . Déjà dans une lettre à Fliess, Freud avait essayé d’élucider le problème de la mélancolie. La comparaison de la mélancolie et du deuil normal lui paraissait extrêmement importante. « Le deuil est en règle générale la réaction à la perte d’une personne aimée, ou bien la perte, à la même place, d’une abstraction comme la patrie, un idéal. … Chez quelques personnes, la mélancolie peut investir la place du deuil. »

Dans notre groupe des discussions très animées autour d’une expression ont lieu, par exemple : Die Zusammenstellung von Melancholie und Trauer – « La réunion de la mélancolie et du deuil » ou « le rapprochement  de  la  mélancolie  et  du  deuil  », ou « rapprocher la mélancolie et le deuil ».

Nous trouvons dans ce texte le mot allemand Sträuben, qui se trouve aussi dans Die endliche und die unendliche Analyse, L’analyse finie et l’analyse infinie. Là il s’agit du Sträuben gegen die Weiblichkeit, ce que nous avons traduit par hérissement contre la féminité. Dans « Deuil et Mélancolie » Freud pose la question de savoir en quoi consiste le travail qu’accomplit le deuil.

L’objet aimé n’est plus. L’épreuve de réalité donne l’ordre de retirer toute libido de ses nouages à cet objet aimé. Là contre s’élève un hérissement. L’être humain ne quitte pas volontiers une position libidinale. Si ce hérissement insiste, le sujet peut produire une psychose hallucinatoire de désir ou une mélancolie, maintenir une fixation à cet objet. Lacan parle de sich sräuben dans son séminaire VI, « Le désir et son interprétation », page 129.

Nous retrouvons ainsi quelques signifiants déterminants dans plusieurs textes de Freud. Notre travail sur la langue même se poursuit. L’anglais, l’italien, l’espagnol, parfois des recherches des racines latines et grecques sont nos partenaires dans ce travail. Nous nous sommes rencontrés le 3 septembre 2013, le 3 octobre, et nous continuerons le travail de lecture, de traduction, de discussions le 20 novembre  2013 à 21 heures, chez Susanne Hommel : 9 rue de Grenelle 75007 Paris – tél : 01 42 84 10 26

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