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Dans son enseignement J. Lacan  définissait   la voix d’une part comme un objet causant un désir et, d’autre part, répondant à ce qui se dit, mais ne pouvant en répondre au titre d’une garantie quant à la vérité : « elle s’éprouve, elle se renvoie seulement par ses échos dans le réel[1] En contre-point de la chute des idéaux et des « certitudes scientifiques » dont notre époque témoigne, « la voix en tant qu’impérative », « réclamant obéissance ou conviction »,  dévoile de façon de plus en plus patente sa fonction d’objet : objet résonnant dans un vide non-spatial, celui de l’Autre de la parole, centré  sur ce vide même, et rendant ainsi caduque l’idée d’un réel faisant univers.

Toute une filmographie moderne nous montre en quoi l’émergence de  cet objet,  si « peu catholique »[2], objecte  en effet à une prétendue harmonie du monde ou à une quelconque universalisation du désir. A l’appui de quelques extraits de films,  paradigmatiques en la matière, nous montrerons comment aujourd’hui le cinéma  nous dit quelque chose d’inédit quant à cette immatérialité singulière  de la voix, «insensible morceau »[3] dérivant du corps, et de son lien complexe à  la vérité.



[1]   J.Lacan ,  Le Séminaire , Livre  X, L’angoisse , Editions du  Seuil,  2004p.318.

[2]  J.Lacan , Autres écrits, Editions du Seuil, 2001,  p. 324.

[3]  Ibid., p.357.

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