durer_melancolia

Melencolia, Albrecht Dürer

Nous continuons le travail à partir du texte de Freud « Deuil et Mélancolie », écrit en 1917, pendant la Première Guerre Mondiale.

Dès le début ce texte essaie de préciser ce qui distingue le deuil de le mélancolie.

Freud propose que das Gewissen, la conscience morale, fait partie des grandes institutions du Ich. Gewissen est ce qui a été su, gewusst. Ce qui a été su juge le sujet, constitue le surmoi.

Chaque fois que nous rencontrons le Ich en allemand il y a discussion. Il est difficile, pour ne pas dire impossible de trouver la traduction juste. Le sujet, le moi, ou le Ich. Nous ferons un cartel séparé du collectif pour travailler cette question. Lacan reprend la question tout au long de son enseignement. Die Ichspaltung,  il propose parfois la refente, parfois la division du sujet, alors que la traduction classique est « Le clivage du moi ».

Le tableau clinique du mélancolique montre tout d’abord un déplaisir du Ich avant toutes les manifestations symptomatiques : la déchéance physique, la laideur, la faiblesse. En l’écoutant on saisit que les multiples auto-accusations ne s’adressent pas à lui mais plutôt à une personne que le malade aime ou a aimé ou devrait aimer. Nous entendons la férocité du surmoi. Une personne qu’il devrait aimer. « Aime ! » Les accusations qui s’adressent à un objet d’amour sont gewälzt sur le Ich propre. Wälzen évoque le rouleau compresseur, c’est lourd et écrasant. Le Ich, ici nous disons le sujet est anéanti par ce qu’il reproche à l’objet aimé.

Nous avons continué la lecture, les commentaires et la traduction de « Trauer und Melancholie ». Freud dit que la femme qui se plaint sans cesse de l’incapacité, de la faiblesse, de la lâcheté de son mari lui reproche au fond d’avoir choisi une femme aussi méprisable qu’elle. Mais au lieu de se comporter avec modestie et humilité, comme devrait le faire une femme aussi indigne, elle est quérulante et se dit blessée comme si une grande injustice lui avait été infligée. Ceci n’est possible que parce que tout ce qu’elle fait trouve son origine dans la constellation psychique du refus, de la révolte. Et cette constellation a été transférée par un certain processus vers cette contrition mélancolique. Le mot allemand est Zerknirschung. C »est comme le papier chiffonné, froissé. Le dictionnaire dit contrition, je propose plutôt écrasement, qui résonne dans le corps. La contrition est un déssèchement.

Compte-rendu de la séance de juin :

Nous avons continué le travail concernant le texte « Deuil et mélancolie » – Trauer une Melancholie » que Freud a écrit en 1917, pendant la Première Guerre Mondiale. Dans ce texte il élabore la différenciation entre deuil et mélancolie.

Freud présente l’instance nommée Gewissen, traduit par la conscience morale. Gewusst, gewissen est ce qui a été su. Ce qui a été su est l’instance qui juge. Elle fait partie des grandes institutions du Ich. A chaque rencontre nous discutons sur la traduction du Ich. D’habitude il est traduit par le moi, c’est juste parfois, souvent il s’agit du sujet de l’inconscient. Nous ferons un cartel autour de cette question. Ici nous laissons le Ich.

Susanne Hommel

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