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Pierre Sidon

C’est arrivé, loin de nous d’abord. Aux USA l’épidémie a touché depuis bien longtemps l’intouchable, le pur, le noble, le divin amour. Et puis la voilà chez nous : l’addiction…à l’amour ! La toxicomanie ? Un anti-amour disait jadis Jacques-Alain Miller. Alors quid de l’addiction à l’amour ? C’est ce que nous verrons lors de cette sublime rentrée du vecteur Clinique et Addictions du TyA-Envers de Paris !

Inscrivez-vous pour recevoir les références de la soirée et quelques documents précieux.

Et en attendant, un petit apéritif : nous avons vu un film pour vous : “Love Addict, Stories of dreams, obsession and longing” de Pernille Rose Grønkjæ. http://loveaddictmovie.com/

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Diffusé en 2012 à la télévision américaine, il a attiré l’attention des médias (« Love Addict’ Movie Explores Love Addiction, ‘Fantasy Universe »,http://www.huffingtonpost.com/2012/10/22/love-addict-movie-explore_n_2002775.html). Qu’y trouve-t-on ?

Un entrelacs fumeux de témoignages. Il s’agit de sujets aux prises avec leur partenaire. Eliza qui scrute les signes de sa certitude, Tracy qui cherche à oublier qui elle est dans un autre, Christian, guéri de son addiction et qui savoure enfin l’amour de sa vie… à distance, une autre Tracy enceinte du vagabond magnifique et indifférent qu’elle a sorti du caniveau, etc.

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Malgré la minceur des témoignages, et en s’aidant du témoignage écrit d’une des participantes, par ailleurs blagueuse ( http://thelovelyaddict.com/) on peut dire qu’on ne peut que constater l’absence, chez chacun des protagonistes, d’une quelconque problématique de l’ordre du désir : chacun et chacune semble aux prises avec un Autre ravageant par rapport auquel il se retrouve en position d’objet.

Tous abdiquent finalement toute singularité au profit du nom commun de Love Addict. Aucun professionnel ne vient commenter les séquences – un seul apparaît à l’écran, le thérapeute d’un des participants, qui occupe du coup une place similaire à lui. L’ensemble protéiforme et obscène est sans commentaire à l’exception d’une musique mélancolique et de plans de coupe oniriques montrant un petit garçon et une petite fille errants, instillant par là une seule idée, celle de la réalisatrice, d’une solitude extrême au principe de ces destins.

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À la fin, l’on assiste à la rencontre des deux enfants au piano dans un plan à l’esthétique hamiltonnienne qui contraste étrangement avec le réel à vif des vies ainsi étalées. Une voix off de petite fille vient ponctuer le propos évoquant son « lâcher prise » : « la réalité » lui est « apparue », elle a décidé « de ne plus laisser le rêve la lui voiler » et « de ne plus se permettre une telle solitude ». Le dernier plan laisse entrevoir le début d’une réunion d’Anonymes où l’une des participants se présente au groupe qui l’accueille. L’incrustation de fin nous apprend, par ses remerciements, qu’ils sont tous des Anonymous Love Addicts qui ont « partagé » leur histoire. Ont-ils donc enfreint la règle de ces groupes, la discrétion et l’anonymat ? Il se pourrait au contraire qu’à notre tour, hypocrite spectateur, la réalisatrice nous passe le message : toi aussi, tu es un addict comme les autres, toi aussi tu ferais bien de te rapprocher de la communauté de tes semblables et d’abdiquer tout déni et toute résistance pour prier la Puissance Supérieure, tel que le prescrit le Big Book des Alcooliques Anonymes.

Voyez ce film si vous voulez, lisez les références et le document clinique que nous vous enverrons dès votre inscription et rendez-vous le 13 octobre pour en débattre !

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