Karim Bordeau

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Le vecteur Psynéma poursuit son travail. Rappelons ici les enjeux : En quoi l’artiste peut-il nous  aider à lire le texte de l’expérience analytique ? Comment, dans nos analyses ou commentaires de films, certaines notions analytiques viennent-elles  alors  à s’éclairer de façon originale ?  

La soirée du 4 avril 2014 organisée par le vecteur Psynéma , ? qui s’est tenue au Grand Action, et dont le thème était l’objet-voix lacanien ?, a été à cet égard un succès. Ce fut un moment d’enseignement pour les quelques 70 personnes présentes : Les films mis à l’étude : A serious Man des Frères Coen[1], Crusing de W. Friedkin[2], Lost Highway[3] et Mulholland Drive[4] D.Lynch, 2001 : L’odyssée de l’espace de S. Kubrick, et enfin Star Wars de G.Lucas[5], ont permis de saisir d’une autre façon la topologie  complexe de l’objet voix comme objet petit a.

Dans le même esprit, disons topologique, il s’agira cette année d’étudier de plus près ce que Lacan a appelé « la rencontre du réel », soit la tuché, dont Freud donne déjà un aperçu très précis dans son  son article «la dynamique du transfert»[6], puisque il emploie, quant à la fortune, l’expression équivoque : « Daimon kai tyche»…

Notre dernière séance, celle du 26 septembre 2014,  a été consacrée  à une lecture de la leçon V du  séminaire Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse. D’emblée Lacan centre la question de la rencontre du réel sur un point topologique : « Où, ce réel, le rencontrons-nous?» Il reprend dans ce fil le fameux rêve de Freud de l’enfant qui brûle, où il s’agit de la rencontre d’un objet inanimé  : « Le désir s’y présentifie de la perte imagée au point le plus cruel de l’objet. C’est dans le rêve seulement que peut se faire cette rencontre vraiment unique. Seul un rite, un acte toujours répété, peut commémorer cette rencontre immémorable ? puisque personne ne peut dire ce que c’est que la mort d’un enfant ? sinon le père en tant que père ? c’est à dire nul être conscient[7] 

Divers films ont été évoqués au cours de notre débat : Un jour sans fin de Harold Ramis sorti en 1993, où il s’agit de la répétition d’une même journée avec son même ratage ; le troublant Under The Skin (2014) de Jonathan Glazer où les rencontres en jeu sont pour le moins hors-norme ; le surprenant Match Point (2005) de W. Allen dont nous ferons une étude précise  ; l’inquiétant Marie-Poupée (1976) de Joel Seriat où il est question d’une femme transformée en une poupée pour le «bonheur» d’un homme… ; le renversant et très drôle Autopsie d’un meurtre (1959) d’Otto Preminger où la  problématique  de l’objet inanimé est liée subtilement à celle du politique ; et enfin Her (2014) de  Spike Jonze, film capital quant à la rencontre amoureuse  aujourd’hui.

Notre prochaine rencontre aura lieu le Samedi 18 octobre, à 18H30, au 17 rue Beaudoin.

Au programme : nous lirons la leçon du 5 mai 1965, du séminaire de Lacan inédit « Problèmes cruciaux pour la psychanalyse». Puis Lucien Dubuisson proposera une analyse du film Match Point de W.A.


[1] Présenté par Bernard Andreu.  

[2] Présenté par Carole Herrmann. 

[3] Présenté par Lucien Dubuisson.

[4] Présenté par Clotilde Leguil.

[5] Présentés par Karim Bordeau.

[6]  Cf. Freud S, La technique analytique, Editions Puf,  Paris, 1953 p.50,  note 3.

[7]  Lacan J, Le Séminaire, Livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Editions Poche  du Seuil, 1973, pp. 69-70

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