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Karim Bordeau

Notre dernière séance du 7 mars a été consacrée à une lecture de quelques passages du Séminaire Le transfert où Lacan analyse le phénomène de l’amour à l’aide d’une topologie triple, celle de l’Autre, du sujet et de l’objet du désir : « Cet objet est déjà dans l’Autre, et c’est pour autant qu’il en est ainsi qu’il est, qu’il le sache ou non, virtuellement constitué comme erastès (désirant). De ce seul fait, il remplit cette condition de métaphore, la substitution de l’érastès à l’érôménos ( désirable ) qui constitue en soi-même le phénomène de d’amour.»[1] Ce qui lie ainsi l’amour à la fonction de l’agalma constituant un manque dans l’Autre, manque avec quoi le sujet se fait aimant ? et par quoi il y a une « inscience» de l’objet du désir, c’est à dire une impossibilité d’aborder la problématique topologique de l’amour par la voie de la dialectique. Nous aurons à voir ce qui se conserve de cette structure dans le cadre du dernier enseignement de Lacan et de sa topologie des noeuds : La rencontre amoureuse est dans cette perspective celle d’un dire dont la modalité est la contingence.

Nous avons ensuite visionné quelques séquences du film The Party de Black Edwards sorti en 1969, où il s’agit en effet d’une rencontre bien singulière entre Hrundi V. Barkski (le génial Peter Sellers) et Michelle Monet (Claudine Longet) : rencontre amoureuse, au cours d’une grande fête, dans un monde au fond dominé par le cynisme d’un milieu impitoyable, celui de la production cinématographique aux USA. Ce film n’est pas d’ailleurs sans nous faire nous souvenir, à sa façon, de la naissance de l’Amour telle qu’elle est contée dans Le banquet de Platon.

Nous avons évoqué Imitation Game de Mortem Tyldum, sorti en 2015 : rencontre « amoureuse » entre le mathématicien Allan Turing (Benedict Cumberbatch) et la machine Enigma. Puis le troublant film suédois Turist ( traduit : Snow Therapy) de Ruben Östlund, sorti en 2015, où il s’agit de l’histoire d’un couple aux prises avec un réel. Film plus que remarquable .

Notre prochaine séance est le 11 avril à 18H30 au 17 rue Baudoin.

Judith Zabala et Lucien Dubuisson présenteront une analyse du film La vie Adèle d’Abdellatif Kechiche sorti en 2013.

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[1] Lacan J, Le Séminaire, Livre VIII, Le transfert, Editions du seuil, Paris 2001, p.235.

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