Karim Bordeau

Notre dernière séance a été consacrée à une lecture par Elisabetta Milan de la difficile et passionnante leçon du 18 décembre 1973 du Séminaire Les non-dupes errent.

Lacan démontre, en s’appuyant sur la topologie du noeud borroméen, d’une part qu’un dire « est de l’ordre du réel de l’événement» : « Ce n’est pas un événement survolant, ce n’est pas un moment du connaître», ? et d?’autre part que « l’amour ce n’est rien de plus qu’un dire, en tant qu’événement, un dire sans bavure

Ce dire de l’amour, qui se joue en effet dans la rencontre entre deux êtres parlants, s’adresse à un savoir singulier en tant qu’il fait noeud, « noeud d’être», et qu’il n’y a là que contingence : quelque chose qui cesse de ne pas s’écrire. Il ne s’agit donc pas d’une connaissance qui impliquerait une sorte de «fusion» des corps, de leur sensibilité, comme une certaine perspective philosophique peut le promouvoir.

Le sens que chacun donne à ce réel du dire dans l’amour relève ainsi de l’imaginaire en tant qu’il fait noeud avec le réel et le symbolique. Si bien que le couple (« ils sont hors deux») comme tel est impliqué d?une certaine façon par la consistance ternaire du noeud, ce que Lacan écrit logiquement   : 2 = 1 ? 3 ? ( 2 ? 1) = (2 ? 3), ? étant à lire « ou», ? « équivalent ».

tresse

Le couple est donc second est regard du trois du noeud ou de l’un-tout-seul d’une des consistances ; ou encore : l’un des termes du couple ne fait pas chaîne avec l’autre : il sont noués par un troisième qui, coupé, les libère. C’est le réel du dire qui noue ainsi les deux consistances dénouées.

Notre prochaine réunion se tiendra le 6 juin à 17H30 chez Francesca Biagi-Chai. Nous verrons comment nous exposerons nos travaux au cours d’une soirée de L’Envers de Paris prévue fin septembre.

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