In this photo released by the Sigmund Freud Museum in Vienna former Austrian psychoanalyst Sigmund Freud is pictured in his working room in 1938. Austria and the world will be celebrating Sigmund Freud's 150th birthday on Saturday May 6, 2006. (AP Photo/Sigmund Freud Museum)

In this photo released by the Sigmund Freud Museum in Vienna former Austrian psychoanalyst Sigmund Freud is pictured in his working room in 1938. Austria and the world will be celebrating Sigmund Freud’s 150th birthday on Saturday May 6, 2006. (AP Photo/Sigmund Freud Museum)

Suite… : le deuil normal surmonte aussi la perte de l’objet, il ingurgite également toutes les énergies du Ich tant qu’il dure. Il y a pourtant une grande différence avec la mélancolie. Après le déroulement du deuil normal le sujet ne connaît pas de phase triomphale. Il est impossible de donner une rapide réponse à cette question. Nous ne pouvons même pas dire grâce à quels moyens économiques le deuil remplit sa tâche. Le deuil consiste à détacher signifiant par signifiant de l’objet aimé et de trouver un nouvel objet auquel il peut s’accrocher. J’ai trouvé la métaphore d’un tableau électrique, il faut détacher chaque fil et trouver une autre prise pour le brancher. Pour cela il faut beaucoup de temps. L’ensemble des satisfactions narcissiques du fait même d’être en vie permet de dissoudre le lien à l’objet effacé. La dépense nécessaire pour ce travail est énorme. La libido investie dans le deuil et la libido consommée pour le travail de deuil se recouvrent et s’annulent de ce fait.

Nous sommes facilement tentés de nous servir du travail de deuil pour représenter le travail de mélancolie. Pour l’instant nous avons négligé le point de vue topique dans la mélancolie, le travail de la mélancolie – Freud emploie à plusieurs reprises le terme de « travail », autant pour le deuil que pour la mélancolie – se produit dans quels et entre quels systèmes ? Qu’est-ce qui se déroule auprès d’investissements d’objet inconscients, qu’est–ce qui se déroule auprès de leurs substituts d’identification dans le Ich ? Freud critique par la suite la facilité avec laquelle est énoncé : l’objet et quitté par la libido. Mais cela se passe pas à pas, signifiant par signifiant, c’est un processus à long terme, comme dans le travail de deuil. Une indication clinique précieuse : nous connaissons les patients qui se plaignent d’innombrables fois de la même chose au point que c’est monotone pour l’analyse. Chaque plainte a néanmoins une autre cause inconsciente. Si l’objet n’a pas une importance mille fois nouée, sa perte n’est pas si douloureuse. La mélancolie comme le deuil nécessite un détachement libidinal un par un de l’objet en question.

La mélancolie a pourtant plus de contenu que le simple deuil. Dans la mélancolie, le rapport à l’objet est rendu plus compliqué par le conflit de l’ambivalence.

Notre prochaine rencontre aura lieu le 9 septembre 2015 à 21 heures chez Susanne Hommel

9 rue de Grenelle

75007 Paris, code 2647, Escalier A dans la cour à gauche, 3ème étage.

 

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