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Le 26 septembre 2015, 9h à 17h

Amphithéâtre Charcot, Hôpital La Pitié-Salpêtrière, Paris, 75013

 

EN QUEL sens la rencontre brève avec un psychanalyste au CPCT peut-elle permettre à un patient d’apercevoir quelque chose de la satisfaction pulsionnelle à l’oeuvre au coeur de son symptôme?
Pour désigner le lieu de la pulsion où la psyché s’articule au corps, Freud avançait le terme de ça. La configuration qu’il en donnait était celle du fond d’une « besace », pour reprendre le terme de Lacan. Aussi, Lacan, en affirmant que « le ça de Freud, c’est le réel », situera-t-il les pulsions, non dans un lieu imaginaire fermé, mais sur un bord prenant appui sur un trait anatomique, notamment la bouche, l’anus, l’oeil, l’oreille.
La pulsion, ainsi conceptualisée comme une coupure, Lacan l’articule d’abord aux signifiants de la demande, c’est-à-dire au symbolique, pour la distinguer du pur besoin. C’est donc une jouissance sexuelle au joint du symbolique et du réel, hors corps, ce qui veut dire hors imaginaire. De plus, après Freud, Lacan soulignera que la constance de la poussée pulsionnelle, Konstante Kraft, « interdit toute assimilation de la pulsion à une fonction biologique, laquelle a toujours un rythme ». La pulsion ne connaît pas le temps, c’est une force constante. Or, s’il faut du temps pour que les tours successifs de la demande cernent la jouissance en jeu dans le symptôme, il ne s’agit pas pour autant de « laisser se dérouler la pulsion dans son éternité ».
L’enjeu de cette journée du Journée du CPCT-Paris est de démontrer qu’en un temps resserré, le désir de l’analyste permet d’orienter la cure, aussi brève soit-elle, vers la dimension de jouissance propre au symptôme dont le sujet se satisfait par les voies du déplaisir, c’est-à-dire en se donnant trop de mal. « Jusqu’à un certain point, c’est ce trop de mal, soulignait Lacan, qui est la seule justification de notre intervention ».
Lacan mentionnait encore que ce qui caractérise l’opération de l’analyste, « c’est que nous apprenons à l’analysant à faire épissure entre son symptôme et le réel parasite de la jouissance ». Il définissait dès lors le symptôme comme un noeud de « jouis-sens ». Faisant ainsi équivoquer le mot jouissance, Lacan disait encore ceci : « J’ouis sens, c’est la même chose que d’ouïr un sens ». Trouver un sens, implique donc de savoir ce qu’il en est du noeud dont le symptôme est fait. Ce sont ces « symptômes jouissance », pour reprendre ici la formulation de Jacques-Alain Miller, qui mettent en jeu une exigence pulsionnelle que nous essaierons d’explorer. Il s’agit – peut-être le temps d’un éclair que constitue le traitement au CPCT – de faire résonner, dans la parole, ce que Freud et Lacan appelaient le silence de la pulsion.

Renseignements, inscriptions sur le site cpctparis.fr

Entretien avec Lilia Mahjoub

 

VW: Je vous remercie beaucoup d’avoir accepté cet entretien pour nous parler du thème de la

prochaine journée du CPCT-Paris: ça parle du corps. Quand on parle du corps en psychanalyse,

on pense d’abord au stade du miroir, mais ce thème n’évoque t-il pas un autre corps que celui du

miroir? De quel corps s’agit-il?

LM: C’est une question intéressante, parce qu’on pourrait penser que le corps a différents

statuts. Or, il se trouve que Lacan a, jusqu’au bout maintenu que, quand on parlait du corps, on

parlait du corps imaginaire. Le corps a ce statut, c’est l’imaginaire. C’est, si vous voulez, la

bonne forme. Et c’est ce qu’il dit à la fin de son enseignement, c’est la sphère. C’est quelque

chose que l’être parlant adore, la bonne forme. Il maintient donc ça.

VW: Jusqu’au bout

LM: Oui, et au point que dans son noeud borroméen, quand il noue ensemble les trois registres,

le corps c’est le cercle imaginaire, et même au lieu d’écrire ‘imaginaire’ il met ‘corps’. Sauf que

voilà, ça ne suffit pas… la sphère, car le corps a aussi des trous. C’est une sphère trouée et ces

trous sont fondamentaux, je dirais, pour parler de ce qui est justement hors-corps, c’est-à-dire la

jouissance phallique, soit la jouissance sexuelle, celle qui concerne les pulsions et qui n’est pas

dans le corps mais hors-corps. C’est très important de le pointer comme tel : la jouissance

phallique est hors-corps, elle se situe dans le noeud à la conjonction du symbolique et du réel. Il

y a des points de conjonction entre les différents registres et cette jouissance se situe là, hors du

rond du corps… Ecouter la suite de cet entretien sur Radio Lacan ou le lire sur le site cpct-paris.fr

Ça parle du corps avec…

Lilia Mahjoub

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