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Direction des Journées : Christiane Alberti
Comité de pilotage : Damien Guyonnet, Virginie Leblanc, Camilo Ramirez

 

Faire couple – Liaisons inconscientes

SAMEDI 14 et DIMANCHE 15 NOVEMBRE 2015
PALAIS DES CONGRES – PARIS

45e Journées de l’Ecole de la Cause freudienne

N’aller pas sans… c’est faire couple, ce qui, comme on dit, « ne va pas tout seul ». Jacques Lacan

Ici résonne tout un monde : tension entre l’un et le deux, soi et l’autre… L’humaine condition serait-elle faite pour le célibat ou pour le couple ? Partons de ceci : la solitude existe et le couple est une fiction. La première se supporte, se subit, au mieux s’assume ; le second nécessite un certain travail, voire une ascèse. Le langage transformant toute chose en son contraire, on dira que c’est aussi une fête !

Modèle de toujours – le couple parental, celui du conjuguo, le lien mère-enfant, le duo fraternel, toutes ces relations qui, au sein d’un groupe, vont par deux.

Imaginaire. Le deux requiert l’image. En elle, on se m’aime (je est un autre, et l’autre, c’est moi). Exaltation du un amoureux (rivalité, jalousies, passions).

Symbolique. Entrer dans la carrière du deux implique de parler : « je suis ta femme, tu es mon homme » ; « je suis…, tu es… ». Les semblants sociaux et familiaux de deux êtres assortis, qui s’appartiennent, tiennent au langage.

Réel. La parole nourrit des liens puissants, ceux de la jouissance inconsciente.

L’envers du décor. Sous l’apparente harmonie d’un couple, se joue une liaison plus obscure, sur l’Autre scène. La jeune mariée rêve du prince de Galles, le serial lover attend la femme de sa vie… L’amour est ignorance, le désir est ailleurs, on aime qui on croit haïr, on fond pour un détail divin (voix, regard) ou, aussi bien, insupportable ! Avec qui, avec quoi fait-on véritablement couple ?
L’inflation actuelle de l’offre web, le style consumériste des e-rencontres poussent à optimiser les partenaires, à profiler : mise illusoire sur les qualités des prétendants. Ne choisit-on pas toujours le même ou la même ?

Des conditions rigoureuses dictent leur loi. Dans l’espace confiné de son érotisme, fidèle à son fantasme, le sujet s’avance vers l’autre. Quelque chose en lui plus fort que lui, objet a lacanien, l’oriente vers son unique. Impossible à substituer. Et chaque rencontre fait regretter l’absence de satisfaction totale vers laquelle on tend asymptotiquement : écart irréductible, car l’autre est incommensurable à petit a. Un horizon de perfection absolue, sans la médiation de cet objet, ne peut aboutir qu’à un délire à deux, ou à d’autres versions (fusion, collage, mysticisme amoureux, immixtion des sujets).

S’apparier ne se fait donc pas n’importe comment et, en même temps, obéit à la contingence. Le programme inconscient est investi, rendu actif par ceux ou celles qui, au hasard des rencontres, l’ont fait résonner sans le savoir. Le symptôme prendra ensuite le relai pour installer le couple dans la durée. Ce par quoi l’autre est faillible, désarmé, est précisément ce qui attire, attrape. En clair, l’autre me retiendra par son symptôme ! Ce pourrait être quelqu’un d’autre, mais c’est l’unique sur terre ! On finit par faire symptôme à deux.

On est irrémédiablement seul. Dans l’inconscient, ma satisfaction n’est complémentaire de celle de personne. Pour jouir, tout est bon (sexe, travail, smartphone…). Cette solitude subjective ne se tempère qu’à ce qu’un autre devienne partie intégrante de moi-même, c’est-à-dire de mon symptôme. Le couple distrait de l’addiction : calcul délicat des jouissances, toujours à recommencer, entre le mode masculin, qui ramène chacun à la solitude de son fantasme, et le féminin (exigence que l’autre parle et aime), qui oriente vers le couple.

À l’heure où l’on peine à croire aux solutions sociales et familiales de la tradition, le désir de couple se diversifie et se généralise comme manière privilégiée de faire lien : résistance à l’interchangeabilité des sujets, réponse à la délocalisation de l’Autre (« t’es où ? »). On fait couple, « géolocalisé », avec le voisin, le frère, le copain, l’amoureux…

Et le couple analysant – psychanalyste ? Drôle de rencontre, qui s’inscrit comme l’une en moins…, occasion unique de saisir ce qui fait couple.

Christiane Alberti

Samedi 14 novembre – Salles multiples
Comment fait-on couple aujourd’hui ?
Témoignages et conversations cliniques à partir de la pratique psychanalytique (cabinet ou institution).

Dimanche 15 novembre – Plénière – Grand amphithéâtre
Artistes, intellectuels, écrivains, viendront débattre avec des psychanalystes de la diversité contemporaine des liens à deux.



 

 

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