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Depuis sa constitution, chaque réunion du Vecteur Psynéma démarre par un temps d’échange autour des films récemment sortis ou sur une découverte filmique (dvd, série télé…) qui nous a récemment marqués.

Lors de la dernière réunion (16/01/16), les films évoqués, ont été, entre autres :
Les huit salopards  de Tarantino, Le fils de Saul de Nemes, Hunger de McQueen, Gone Girl  de Fincher, Nightcall de Dan Gilroy, le dernier Star Wars, Le Réveil de la Force, de JJ. Abrams, Mad Max de Miller, Apocalypse Now de Coppola, The Big Short de Mckay, La Jetée de Marker.

La discussion a été vive et intéressante, comme d’habitude, car les points de vue sont parfois divergents… Certains membres du groupe ont proposé de transformer cet échange en une petite chronique écrite comportant de courtes critiques (en quelques lignes) des films récemment sortis, figurant dans le blog de l’Envers. Le vecteur va réfléchir à cette proposition.

Le vecteur a ensuite poursuivi son travail d’élaboration du choix du sujet pour l’année 2016. La thématique choisie est celle du corps parlant, que le vecteur est en train d’affiner et de circonscrire, afin d’en dégager des aspects insolites et significatifs quant à ses représentations à l’écran. Le travail procède en couplant un riche travail de recherche théorique et clinique (textes de Freud, Lacan et les dernières élaborations par l’École de la Cause Freudienne) avec le visionnage de films qui montrent un certain traitement actuel du corps.

C’est ainsi que la dernière fois Elisabetta Milan a proposé des extraits du film THX 1138, de G. Lucas, sorti en 1970 et d’un épisode de la mini-série japonaise Shokuzai, de Kiyoshi Kurosawa, qui a bénéficié d’une sortie en 2012, à la télé ainsi qu’au cinéma (en deux parties).

THX 1138 est un film d’anticipation plutôt méconnu par le grand public. A sa sortie, ce fut même un fiasco auprès du public, dérouté par sa mise en scène minimaliste. Il se présente comme un film expérimental et pourtant il occupe une place de choix dans l’univers de Lucas, qui a fait du sigle THX l’emblème de sa maison de production. Tourné en décors réels, le film montre un monde post-apocalyptique où les êtres humains sont condamnés à vivre dans un environnement fermé et souterrain, constamment sous le contrôle des caméras et d’une police intransigeante au visage masqué. Premier contraste saisissant : l’espace fermé est représenté comme un espace vide et infini, de structure torique, pur rien ouateux où déambulent sans arrêt des figures d’hommes et de femmes, tout de blanc vêtus, tous rasés, tous égaux. Ce sont des corps coquille vide, vidés de leur subjectivité, simples êtres robotisés soumis à l’emprise des « égaliseurs de libido », sortes de boitiers fixés à leurs corps dès leur plus jeune âge afin de réguler leur humeur par l’absorption de différentes drogues (excitantes et calmantes). Autre trouvaille imparable de Lucas : une voix scande leur rythme de travail et de pause, vendant les bienfaits de ces drogues-médicaments dont elle prône la consommation. Le monde de THX 1138 est bien celui de la dictature du capitalisme post-moderne…

C’est un univers très proche de celui de la mini-série de K. Kurosawa. Cet auteur s’est souvent illustrer en traitant de thématiques au croisement du gore et du fantastique (cf. Cure, Kaïro, Real …)

Rien de tout cela dans Shokusai. Au cœur de la série il y a un fait divers : le viol et le meurtre d’une petite fille et l’impact que ce fait va avoir dans le devenir de quatre camarades et amies. L’extrait visionné est extrait de l’épisode « La poupée ». Dans cet épisode, une des camarades de la victime avait subi le vol de sa poupée française juste avant la disparition de son amie. Figée à une sorte d’identification « pétrifiante », la fillette devenue adulte reste dans une position d’extériorité à son être et à son corps, poupée de chair et non pas femme (elle n’a pas ses règles). Quand on la demande en mariage, elle refuse arguant qu’on ne peut se marier à un objet « si défectueux »… la consistance imaginaire de son corps ressemble en effet à celui d’une poupée, rejoignant ainsi les personnages du film de Lucas.

La lecture de la série de Kurosawa et du film de Lucas on conduit le vecteur à choisir de questionner ces thèmes, lors de la prochaine séance, en s’appuyant sur la lecture du texte de Freud « Inquiétante étrangeté » (qui sera introduit par Laure Bortoli) et sur l’analyse qu’en fait Lacan dans son Séminaire L’angoisse  (thème de la poupée, central dans la série).
Carole Herrmann a proposé également de présenter un passage du Séminaire VI, Le désir et son interprétation,   il est question du corps et de l’inconscient de l’acteur.
Nilton Milanez a proposé enfin de montrer des extraits de films traitant de la question du corps.

La prochaine réunion aura lieu le samedi 13 février à 18H, au 17 rue Baudoin, dans le 13ème arrondissement.

Le programme est riche : tous ceux qui sont intéressés par le travail du vecteur peuvent se joindre à nous. Il suffit de contacter l’un des deux responsables du vecteur Psynéma :
Karim Bordeau – tél : 06 07 23 39 29 – mail : karimbordeau@orange.fr
Elisabetta MILAN –  tél : 06 82 46 00 97 – mail : elisabetta.milan@yahoo.fr

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