Psynéma

2 Mai 2016 | 0 commentaires

Compte rendu séance du 9 avril 2016

Notre dernière séance a été consacrée à la lecture de quelques passages du Séminaire RSI relatifs à la notion de consistance nouée aux notions du trou et de l’ex-sistence. Il s’agit pour Lacan, à cette époque, de substituer à la géométrie euclidienne du sac opposant un dedans (réalité intérieure) et un dehors (réalité extérieure), dont la Seconde topique de Freud est, par ailleurs, imprégnée, une autre topologie, celle des nœuds, distinguant autrement les sens des mots «extérieur», «intérieur» et «autre».

Dans cette topologie, où l’on s’embrouille et l’on ne s’y retrouve pas si facilement, il s’agit d’un autre maniement que celui visant une systématisation conceptuelle dont le corps comme sphère, purifié de toutes les passions de l’être, est le modèle antique.

Par quoi une place importante et surprenante est donnée par Lacan, dans son dernier enseignement, à la débilité mentale et à l’imbécillité contrariant cette idée d’un tout sphérique sans bord, ni trou : «Cela ne va pas de soi, pour le dire qu’un corps soit vivant. De sorte que ce qui atteste le mieux qu’il soit vivant, c’est précisément ce « mens» que j’ai introduit par la voie, le cheminement de la débilité mentale. Il n’est pas donné à tous les corps en tant qu’ils fonctionnent de suggérer la dimension de l’imbécillité. (…) Sans le langage pas le moindre soupçon ne pourrait nous venir de cette imbécillité qui est aussi ce par quoi le support qu’est le corps nous témoigne (…) d’être vivant.»

À l’imbécillité propre à la géométrie du sac conçu comme contenant fermé, Lacan substitue celle d’une topologie où le sac joue de cette équivoque entre le zéro et le un, dans la mesure où un ensemble comme aliénation de l’unité peut ne rien contenir, c’est à dire être un ensemble vide. Nous aurons à y revenir.

Nous avons ensuite visionné quelques passages du film Predator de J. Mac Tiernann (1987) représentant le corps d’une singulière façon : entre monstruosité et machine de guerre innommable ; l’imagerie médicale (dont la naissance, rappelons-le (1895) est contemporaine de celles de la psychanalyse avec Freud, et de la phénoménologie avec E. Husserl), et ses effets quant à la représentation du corps, y sont articulés d’une façon sensationnelle.

Suivant ce fil, nous avons resserré notre sujet d’étude autour des représentations de l’Alien dans le cinéma. Quelques films ont déjà été évoqués lors de nos précédentes réunions : Midnight Special de J. Nichols (2016) ; Under The Skin (2013) de J. Glazer ; La Guerre des Mondes (2005), Rencontre du  troisième type (1977), E.T (1982) de Spielberg ; The Thing (1982), Starman (1984) de J.Carpenter ; Alien (1979) de R.Scott ; Superman (1978) de Richard Donner ; Men in black (1997) de B. Sonnenfield ; Independence Day (1996) d’Emmerich, La Chose venue d’un autre monde (1951) de C. Niby et H. Hawsk ( un des premiers films du genre). Les séries TV, à commencer par The Invaders (1967-1968) et The Twilight Zone (1959-1964), offrent là aussi matière à réflexion.

Remarquons au passage que le cinéma des années 80 et de la fin des années 70 est plutôt très bien fourni quant à ce thème de l’Alien.

Le discours du maître et de la science change en effet sensiblement à cette époque : explosion d’une part de la biologie moléculaire et de l’imagerie médicale, conjointe à l’idée d’une mathématisation du vivant et d’autre part (années Reagan-Thatcher), ouverture des frontières quant à la globalisation des marchés. Ce que J-C Milner a appelé la politique des choses, en l’opposant à une politique pour les êtres parlants, prend une tournure dont il n’est pas aisé de mesurer l’ampleur et l’étendue aujourd’hui.

Il s’agira ainsi de poser une problématique autour de ces représentations de l’Alien − en lien avec le contexte politico-économique et les avancées ou découvertes de la science. Les films évoqués plus haut, de ce point de vue, interprètent quelque chose.  A condition de le dire − à partir du discours analytique.

Lors de notre prochaine réunion qui aura lieu samedi 14 mai à 17h au 17 rue Baudoin, Elisabetta Milan nous parlera du film de Carpenter Christine (1983), comptant l’histoire d’une voiture «diabolique», produit singulier des usines de Détroit.

Carole Herrmann présentera à sa façon le troublant film de Glazer Under the Skin où il s’agit d’une femme-aliène interprétée par une Scarlet Johanson saisissante.

Le programme est riche ! Tous ceux qui sont intéressés par le travail du vecteur peuvent se joindre à nous. Il suffit de contacter l’un des deux responsables du vecteur Psynéma : Karim Bordeau tél : 06 07 23 39 29 – karimbordeau@orange.fr Elisabetta MILAN tél : 06 82 46 00 97 – elisabetta.milan@yahoo.fr

N’hésitez pas à nous appeler directement pour tout renseignement.

Prochaine rencontre samedi 14 mai 2016 à 17h

au 17 rue Baudoin Paris 13e

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