Psynéma

Compte rendu de la séance du
25 Juin 2016

Le Vecteur Psynéma a « consacré » la séance du mois de juin 2016 au visionnage critique de quelques extraits des deux premiers films-épisodes de la saga Alien. Le terme « consacré » n’est pas excessif : cette saga a marqué à jamais l’histoire du cinéma de science-fiction, le faisant sortir ainsi d’une certaine mythologie héroïque anthropoforme, où le mal et le bien s’opposaient topologiquement.

Dans l’iconographie de tout ce cinéma de science fiction « classique » l’extraterrestre préfigure donc visuellement un dehors « hostile » s’opposant à l’humain, (le dedans), emblème du bien. C’est un cinéma qui au fond transforme les thèmes classiques du western faisant de la conquête de l’espace un terrain de bataille aux horizons bien plus infinis que les plaines de l’ouest américain. Lorsque le monstre paraît, il surgit d’un ailleurs radicalement autre.

Cependant, à partir d’Alien, le huitième passager, de Ridley Scott (sorti en 1979) cette construction subit une certaine torsion, voire finit par éclater. L’aliène est il un produit de l’homme où plutôt son créateur? Karim Bordeau qui s’est chargé de la conduite de cette belle soirée, souligne la grande actualité de cette question, qui n’est pas sans évoquer le dernier livre d’Éric Laurent, L’envers de la biopolitique.

Il pointe d’emblée que Ridley Scott a dit lui-même, en guise de présentation de son célébrissime film, qu’il l’avait pensé et construit pour être une sorte de suite de l’inoubliable 2001 l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (1968).

  1. B. a ensuite mis en évidence dans Alien 1 trois abords différents de la question du corps :
  • l’apparition de l’Alien comme une curieuse bestiole » sortie d’un drôle d’œuf – plante, nous renvoie d’abord à la question de l’inquiétante étrangeté ;
  • l’Alien s’insinue ensuite dans le corps de l’officier Kane après en avoir perforé le casque et avoir enveloppé solidement son visage. Dans Alien il n’est pas donné à voir comment le « son of a bitch» parvient à pénétrer dans ce corps d’humain. Il est dedans et il en sort brutalement dans cette scène mythique qui montre l’équipage réuni pour celle qui restera comme leur dernière cène. Dans le film Prometheus du même réalisateur (2012), sorte de préquelle d’Alien, cette pénétration « orale » est bien visible. Dans Alien « la bestiole » est donc montrée comme parasite du corps. Cameron développera cela dans le deuxième volet de la saga sous les effigies de la Pondeuse ;
  • l’Alien comme figure de l’Autre Sexe, « the perfect organism» selon l’expression d’ASH, l’officier scientifique, sorte de robot humanisé, qui seul était au courant de la réelle mission de l’équipage de Nostromo : ramener sur terre toutes formes de vie rencontrées en vue d’une future… colonisation. Mais la « bestiole » fait de la résistance, douée d’une extrême capacité de transformation plastique. Karim Bordeau pointe « l’idéal d’un corps indestructible, purifié de toute jouissance ».

En conclusion de cette fort intéressante séance, ont été visionnés deux extraits du film Terminator de James Cameron (1984). Ici il ne s’agit plus d’un Alien « vivant » mais d’un robot construit par l’homme dont il arbore l’apparence trompeuse. Indestructible, ou presque, il ne peut être arrêté qu’en l’écrasant et l’émiettant avec vigueur, un peu à l’image de Christine, la voiture diabolique de Carpenter. Autre détail saisissant de ce film : la torsion opérée par Cameron quant la construction temporelle de l’intrigue, où le futur revient sur ce qui l’a précédé afin d’en changer le destin…

Lors de la prochaine séance, qui aura lieu le samedi 23 juillet à 17h, au 133 avenue Parmentier, dans le 11e arrondissement, nous travaillerons sur les dernières références indiquées par Karim Bordeau : la séance du 11 mai 1976 du Séminaire Livre XXIII, Le Sinthome de Jacques Lacan (pp. 149 à 150), le livre de S. FREUD Le moi et le ça et les textes de Michel Foucault relatifs à qu’il a appelé la Biopolitique, qui trouve une nouvelle résonnance dans le livre d’Éric Laurent.

Côté films, nous visionnerons enfin (sic !) quelques extraits significatifs du film Christine de J. Carpenter (1983) et aborderons l’énigmatique film de David Cronenberg EXistenZ (1999).

 

Pour recevoir les renseignements complémentaires concernant le lieu de la rencontre, nous vous prions de vous adresser directement aux deux responsables du vecteur Psynéma :

Karim Bordeau – tél : 06 07 23 39 29 – mail : karimbordeau@orange.fr

Elisabetta MILAN –  tél : 06 82 46 00 97 – mail : elisabetta.milan@yahoo.fr

Le programme est toujours riche : tous ceux qui sont intéressés par le travail du vecteur peuvent se joindre à nous. N’hésitez pas à nous appeler directement pour tout renseignement.

Prochaine rencontre
samedi 23 juillet 2016
à 17h

au 133 avenue Parmentier
Paris 11e

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