Psynema décembre

Compte rendu de la séance de
Novembre 2016

La séance du mois de novembre 2016 du Vecteur Psynéma a été amplement consacrée aux réflexions autour de la soirée de préparation aux dernières journées de l’École de la Cause Freudienne sur le thème de l’objet regard. Cette soirée, qui a eu lieu le 18 octobre au cinéma Escurial, proposait un travail intéressant autour du film Night Call (2014), réalisé par Dan Gilroy. Le Vecteur Psynéma avait invité le psychiatre et psychanalyste Pierre Sidon et a été riche en échanges malgré le nombre de participants.

Dans la séance de travail du mois de novembre chaque membre du Vecteur a proposé des manières différentes pour rendre la diffusion des événements organisés par le Vecteur plus efficace. De nouveaux espaces pouvant accueillir les soirées organisées par le Vecteur sont d’ores et déjà mis à l’étude.

La thématique de l’Alien reste toujours au cœur du travail du Vecteur pour l’année en cours : elle permet en effet d’aborder la question du corps parlant mais également de la haine de soi et de l’autre dans une perspective psychanalytique et politique inédite.

Selon Eric LAURENT, dans son dernier livre L’envers de la biopolitique[1], les films comme Alien rendent presque palpable ce que Jacques Lacan avait déjà pointé dans son écrit de 1966 « Position de l’inconscient »[2], lorsqu’il reprend Platon et introduit le mythe de la lamelle venant casser l’idée d’une sphéricité de l’Homme primordial : « A casser l’œuf se fait l’Homme, mais aussi l’Hommelette. Supposons-la, large crêpe à se déplacer comme l’amibe, ultra-plate à passer sous les portes, omnisciente d’être menée par le pur instinct de la vie, immortelle d’être scissipare. Voilà quelque chose qu’il ne serait pas bon de sentir se couler sur votre visage, sans bruit pendant votre sommeil, pour le cacheter. »

Lors de cette séance ont été cité des films plus anciens et moins connus du large public pouvant venir enrichir le travail du vecteur : Le jour où la Terre s’est arrêtée (1951), de R. WISE, considéré comme le premier film de science fiction « culte » et surtout L’invasion des profanateur de sépultures (The invasion of the Body Snatcher, selon le titre original) (1956) de D. Siegel. Ce dernier a déclaré à propos de son film : « … les envahisseur, dans notre film, étaient des cosses, des follicules qui en poussant se mettaient à ressembler aux gens, mais qui restaient privés de sentiments, privés d’espoir. Ils mangeaient, ils buvaient, ils respiraient et ils vivaient, mais rien de plus, comme beaucoup de personnes finalement. »

Ce thème de l’alien venant prendre possession du corps de l’humain n’est pas sans évoquer le très surprenant film de John Carpenter The Thing (1982) dont Vanina Fonseca nous a présenté un compte rendu saisissant.

Nous poursuivrons notre réflexion lors de la séance prochaine, qui aura lieu le vendredi 9 décembre à 20h30 chez Carole Hermann.

Dans nos lectures lacaniennes, nous repartirons du séminaire 14, LA LOGIQUE DU FANTASME – séances du 24 mai 1967 et suivantes, sur le corps et ce que Lacan appelle l’aliénation de la jouissance. Dans ces séances se trouvent également ses premières formulations sur la jouissance féminine à partir du masochisme.

Nous parlerons ensuite de The Body Snatchers de Siegel et reprendrons plus en détail la lecture du texte de Vanina Fonseca sur The Thing.

Pour l’année 2017 le Vecteur Psynéma envisage de proposer trois soirées consacrées à trois films abordant le thème des Aliens. Le calendrier et le titre des ouvrages présentés seront dévoilés très prochainement

Pour recevoir les renseignements complémentaires concernant le lieu de la rencontre, nous vous prions de vous adresser directement aux deux responsables du vecteur Psynéma :

Karim Bordeau
tél : 06 07 23 39 29 – karimbordeau@orange.fr
Elisabetta MILAN
tél : 06 82 46 00 97 – elisabetta.milan@yahoo.fr

 

[1] Page 55
[2] cf. Jacques Lacan, Écrits, Éditions du Seuil, 1966, pp. 845 et suivantes

Prochaine rencontre
vendredi 9 décembre
à 20h30

chez Carole Hermann

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