Baal, mise en scène de Christine Letailleur, Théâtre national de la Colline, mai 2017

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Vecteur
Théâtre et Psychanalyse

BAAL

de Bertold Brecht
mise en scène de Christine Letailleur

Après Les Liaisons dangereuses, Christine Letailleur monte la deuxième version de Baal, (1919) première pièce de Brecht (traduction Éloi Recoing) dont il fera cinq versions. La première, qu’il voulait intituler « Baal danse, Baal bouffe, Baal se transfigure », écrite juste après la Grande Guerre « constitue la matrice originelle et sans doute l’essence même de son œuvre à venir ». Inspirée de la pièce de Hanns Johst (Le solitaire) qui relate la vie du dramaturge allemand Christian Dietrich Grabbe (alcoolique, mort à 35 ans), c’est une œuvre coup de poing, polémique. La version de 1919, plus élaborée, tourne en dérision l’expressionnisme et le lyrisme de son époque. Brecht n’a pas encore lu Marx, mais on décèle déjà une certaine posture politique : « Baal est un poète lyrique qui refuse tout compromis ainsi que la marchandisation de son art ; c’est un personnage attirant et dérangeant, fascinant et repoussant,  […] avec quelque chose de démoniaque et d’envoutant »  […]  il « n’a  pas de règle, il n’obéit à aucune loi, il est libre comme l’air, asocial et anarchiste à l’image du jeune Brecht, il n’a ni dieu ni maître ».

Pour Christine Letailleur, Baal est un long poème dramatique et elle a souhaité « mettre en avant cette langue de jeunesse avec ses images fortes, ses fulgurances, ses cris et ses énigmes […] Sa langue est très belle, à fleur de peau, elle coupe comme un couteau. On y perçoit aussi les affres de la chair du jeune Brecht s’interrogeant sur sa sexualité »

En exergue de la pièce, Brecht avait écrit : « Baal est contemporain de qui  montera la pièce ».

Philippe Benichou

(Les citations proviennent d‘extraits d’un entretien réalisé par Frédéric Vossier pour le programme-salle du Théâtre National de Strasbourg, janvier 2017)

Théâtre La Colline
15 rue Malte-Brun
Paris 20e

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