Psynéma se consacre activement, dans la hâte,  à la préparation de la  projection-débat qui aura lieu le 10 mars dans les locaux du Patronage Laïque Jules Vallès à Paris, à 14H. Jackie Brown de Q.Tarantino, sorti en 1998, sera l’objet d’étude de cette rencontre ; objet que nous interrogerons  sous sa face symptôme. En effet, Jackie Brown est un film singulier, présentant une modalité d’identification au symptôme que l’on peut transférer à l’ensemble de l’oeuvre de Tarantino  : la  façon dont celui-ci présente son héroïne — une femme pas-toute, insituable sous un quelconque attribut universel, « déglingueuse (1) » à l’occasion — est remarquable à bien des égards.

Sur l’oeuvre d’art comme symptôme Gilles Deleuze écrivait ceci, en  guise d’ouverture de son livre Critique et clinique : « L’écrivain, comme dit Proust, invente dans la langue une nouvelle langue, une langue étrangère en quelque sorte. Il met à jour de nouvelles puissances grammaticales ou syntaxiques. Il entraîne la langue hors de ses sillons coutumiers, il la fait délirer. Mais aussi le problème d’écrire ne se sépare pas d’un problème de voir et d’entendre : en effet, quand une autre langue se crée dans la langue, c’est le langage tout entier qui tend vers une limite « asyntaxique »,    « agrammaticale », ou qui communique avec son propre dehors.»(2) C’est dans cet esprit topologique, lacanien, que nous aborderons le passionnant  film Jackie Brown. K.Bordeau

(1) Pour reprendre ici une dénomination de Gérard Wajcman déclinée sous de multiples facettes dans son « Atelier de la déglingue», dans le cadre d’une enseignement tenu  à l’Ecole de la  Cause freudienne.
(2) Deleuze G, Critique et clinique, Les Editions  de Minuit , Paris, 1993, p.9.

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Projection-Débat de Jackie Brown de Q.Tarantino

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