« L’Éveil du printemps », à la Comédie Française

 

À la fin du XIXème siècle, avec L’Éveil du printemps (1890) Wedekind fait scandale en mettant sur scène, à partir de personnages sortant de l’enfance, la question sexuelle séparée de celle de l’amour. Le dramaturge ne cherche pas à sublimer l’amour mais à l’étudier sous ses différentes faces, à partir de la fiction, et en se centrant sur la jouissance en cause dans la question sexuelle. Il décline les thèmes de l’auto érotisme, de l’homosexualité, du masochisme, et des conséquences potentielles d’une relation hétérosexuelle, la procréation et jusqu’à l’avortement et la mort. Il élabore ainsi un savoir non théorique sur les différentes positions sexuées du sujet, plutôt que sur une relation strictement homme/femme, et ce, avec un point commun aux différentes fables présentes dans la pièce : le ratage. Ce point est souligné par Freud (1907) et repris par Lacan (dans la préface écrite en 1974 1 : « Que ce que Freud a repéré de ce qu’il appelle la sexualité, fasse trou dans le réel, c’est ce qui se touche de ce que personne ne s’en tirant bien, on ne s’en soucie pas plus »(1), ce qu’illustre, pour les différents personnages de la pièce, aussi bien filles que garçons, la manière dont les parents s’éreintent à occulter la question sexuelle.

Christiane Page.

1. Wedekind, F., L’Éveil du printemps, tragédie enfantine, préface de Jacques Lacan, trad. François Regnault, Paris, NRF, Gallimard, 1974, p.10.

Rendez-vous dimanche 13 mai avec L’Envers de Paris à la Comédie française, pour un débat avec Clément Hervieu-Leger, Anaëlle Lebovits-Quenehen et François Regnault, 

 

Débat animé par Philippe Benichou et Christiane Page.
Réservation au nom de l’Envers de Paris au  01 44 58 15 04.

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