édito avril 2018

Chers membres,

Le mois dernier a été marqué par un rythme intense. Des événements cruciaux pour la psychanalyse d’orientation lacanienne nous ont amenés à donner une forme, toujours renouvelée, au dialogue nécessaire à la circulation du discours analytique. Ainsi, au delà des activités propres à L’Envers de Paris, nous nous sommes croisés à l’occasion de la 1ère Journée du CERA et de la 2ème Journée de la FIPA. Ces deux rendez-vous ont été l’occasion de constater la pertinence de continuer sur la brèche, subtile et joyeuse, de faire connaître notre façon de subvertir le discours du maître.

Nous nous sommes aussi retrouvés le 13 mars au local de l’Ecole de la Cause freudienne, qui nous a accueillis pour la tenue de notre assemblée générale ordinaire. La richesse des nos échanges a donné lieu à un débat vivant permettant de faire entendre le désir à l’œuvre au sein de notre association. Qu’il s’agisse des projets en cours ou des nouvelles initiatives à mettre en place, le goût du travail au tour d’un fil commun se maintient dans les vecteurs et groupes de recherche, mais aussi à partir du un par un.

En ce qui concerne les deux années à venir, parmi les thèmes abordés lors de cette conversation à plusieurs, il y en a deux qui ont suscité un intérêt particulier auprès des membres présents. D’une part, en ce début d’année toute une série d’articles publiés dans plusieurs journaux tirent enfin la sonnette d’alarme quant à la crise profonde que traverse la psychiatrie publique en France. Il s’agit bien d’un enjeu de civilisation. À ce titre, L’Envers de Paris peut contribuer à ouvrir un dialogue auprès de psychiatres et de différents acteurs intervenant sur le terrain, mais aussi à d’autres niveaux, tels que l’économie.

Deuxièmement, un autre thème d’orientation est celui de la dégradation généralisée de la parole que notre époque produit. Les conséquences sur la subjectivité contemporaine se manifestent de façon de plus en plus directe, à ciel ouvert. Pourtant, l’art et la psychanalyse peuvent encore devenir un recours, une respiration. A nous de continuer à créer des ponts entre la psychanalyse et ce que Lacan appelait les sciences qui lui sont « affines ».

Voilà les perspectives à partir desquelles L’Envers de Paris se propose de continuer à apporter son grain de sel afin de faire connaître la psychanalyse en extension.

En ce mois d’avril, Barcelona accueille le XI Congrès de l’AMP sous le titre « Les psychoses ordinaires et les autres … sous transfert ». Plusieurs membres de l’EdP y seront, dont le vecteur « Clinique et addictions » qui participera, la veille du Congrès, au Colloque international du TyA.

De retour à Paris, le mardi 10 avril, ce même vecteur, sous la responsabilité de Pierre Sidon et Stéphanie Lavigne, continuera d’explorer le thème «Addictions ordinaires et ou extraordinaires. Le triomphe de l’éducation » et tiendra sa quatrième soirée de l’année.

Nous avons aussi le plaisir de publier une série de textes produits dans le cadre de différentes activités de L’Envers de Paris organisées en ce début d’année.

Marie-Christine Baillehache et Daniele Eckstein du groupe Psychanalyse et littérature nous proposent une note à propos du roman « Tous les matins du monde » de Pascal Quignard.

Le vecteur psynéma consolide les projections-débats, dont la dernière en date a réuni un public nombreux autour du film « Jackie Brown » de Q. Tarantino. Deux textes de Karim Bordeau et Elisabetta Milan-Fournier en donnent l’écho.

El Seminario Latino de Paris a reçu Marie-Hélène Brousse à La maison de l’Amérique Latine pour présenter la version en espagnol de l’ouvrage collectif « La psychanalyse à l’heure de la guerre ». Nous publions ici les interventions d’Eugenia Varela et Nicolas Landriscini.

Dans la rubrique Eclats de Paris, le vecteur Champ-Contrechamp donne un après-coup de la projection du film « Coby » et de la rencontre avec son réalisateur Christian Sonderegger et Coby lui-même. Thérèse Petitpierre nous propose une lecture en finesse de ce film qui raconte la trajectoire d’un jeune sujet ayant choisi de subvertir l’assignation de genre biologique. « Coby » confirme l’assertion de Freud et de Lacan : l’artiste fraye la voie du psychanalyste.

Et enfin, avançons-nous sur un événement exceptionnel qui aura lieu le dimanche 13 mai prochain. La Comédie Française accueille le vecteur Théâtre et Psychanalyse pour une représentation de la pièce de F. Wedekin « L’éveil du printemps » suivie d’une rencontre avec François Regnault, Anaëlle Lebovits-Quenehen et le metteur en scène Clément Hervieu-Leger. Philippe Benichou et Christiane Page animeront le débat.

Du cinéma, du théâtre, des lectures, des rencontres, L’Envers de Paris joue sa partie en ce mois d’avril !

Beatriz Gonzalez-Renou