L’Absence de Guerre, Théâtre & psychanalyse

C’est un gros inconvénient. D’être progressiste. On est censé croire à la sagesse populaire. On dit « Le peuple ! Le peuple ! Les gens ! Les gens ! » Mais la vérité c’est que les gens font des trucs cons. L’Absence de guerre. David Hare.

Peu connu en France, David Hare est un des auteurs majeurs de la scène anglaise. Il a écrit L’absence de guerre en 1993, après avoir suivi au plus près la campagne et l’échec du leader travailliste Neil Kinnock aux élections générales britanniques de 1992, alors que les sondages le donnaient gagnant. Aurélie Van Den Daele a choisi de monter cette pièce aujourd’hui car elle a trouvé dans l’histoire de cet échec une manière d’interroger par le théâtre ce qui est en jeu pour elle dans la crise de notre fonctionnement démocratique : disparition du débat d’idées, triomphe du libéralisme, mais aussi des passions et de l’image aux dépens des valeurs. L’Absence de guerre, qui nous plonge dans le quotidien d’un parti, de ses luttes intestines, est aussi l’histoire d’un homme qui dit avoir « tout sacrifié » pour son parti qu’il porte comme un « fardeau », conscient qu’il renonce de ce fait à dire la vérité et surtout à son désir pour se faire le portevoix de la conquête d’un pouvoir dont il n’est peut-être pas sans savoir la vanité.

Aurélie Van Den Daele nous promet, avec son travail et selon ses termes, « un véritable parcours de ce que peut être « L’art de la politique » dans la tradition théâtrale anglaise, à travers deux auteurs magistraux, William Shakespeare et David Hare ». Le Collectif Théâtre et psychanalyse de L’Envers de Paris aura le plaisir de débattre avec elle et Jean-Daniel Matet, psychanalyste, membre de l’ECF, le samedi 19 janvier à l’issue de la représentation au Théâtre de l’Aquarium. Philippe Benichou

Réservations au 01 43 74 99 61 ou sur internet> Code ABS
Tarif préférentiel si vous vous présentez de la part de l’Envers de Paris.

Lire l’Entretien avec Aurélie Van Den Daele, metteur en scène>