Édito février 2019

Chers membres,

L’Envers de Paris ira ce mois-ci à la rencontre d’artistes, de deux juges, de scientifiques. En effet, la conversation permanente entre des psychanalystes d’orientation lacanienne et une large variété de représentants d’autres disciplines dépasse aujourd’hui la dimension de pari pour atteindre celle d’une joyeuse nécessité, d’un choix fondé sur le désir.

Cinéma et psychanalyse ; Vienne et Paris ; la langue allemande et la langue française ; le Forum Culturel Autrichien et l’Envers de Paris ; Virgil Widrich, réalisateur et Clotilde Leguil, psychanalyste membre de l’ECF : voilà toute une série de rencontres qui vont converger autour de la projection du film La nuit des mille heures. Nous aurons le grand plaisir d’accueillir le réalisateur viennois Virgil Widrich autour son premier long métrage. Il est un ami de la psychanalyse. Il fréquente le groupe Zadig à Vienne et trouve dans le discours analytique un recours face à ces temps sombres où la montée des extrêmes frappe l’Europe et le monde.

A l’issue de la projection, Clotilde Leguil s’entretiendra avec notre invité.

En guise d’avant-goût, vous pouvez découvrir une interview avec Jean-Claude Carrière qui a assuré la dramaturgie de ce film, ainsi qu’un extrait du making-off où Virgil Widrich explicite sa tentative d’« allonger l’Autriche sur le divan à partir des non-dits au sein d’une famille viennoise ».

Rendez-vous le jeudi 7 février à 20h30 aux Ateliers Varan ; 6, impasse de Mont Louis, 75011 Paris.

La 3ème conversation de la série « Psychanalyse et psychiatrie » organisée par L’Envers de Paris et l’ACF Ile-de-France aura pour thème « Psychiatrie et Justice, à la lumière de la Psychanalyse ». Ce sera l’occasion d’un dialogue ouvert permettant d’aborder le réel lorsqu’il prend la forme, soit d’une infraction à la loi, soit d’une certaine pente à l’hyper-sécurisation. Nous allons nous intéresser de près à la loi du 30 juin 1838, dite « loi des aliénés », ainsi qu’à celle du 5 juillet 2011- relative aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques -, et aux modalités de leur prise en charge. Il sera surtout question de mettre à l’épreuve en quoi la psychanalyse d’orientation lacanienne peut apporter un éclairage à ce lien complexe entre psychiatrie et justice où se révèle la façon dont notre époque traite la folie et ses conséquences sociales.

Nous recevrons Sylvie Moysan, juge des libertés et de la détention auprès du TGI de Bobigny, Marie-Laure de Rohan Chabot, juge d’application des peines auprès du TGI de Créteil, et Francesca Biagi-Chai, psychiatre, psychanalyste membre de l’ECF. Nous vous attendons nombreux le jeudi 14 février à 20h au 92 bis, Bld du Montparnasse 75014, Paris.

Le collectif Lectures freudiennes continuera la lecture et la traduction du texte de Freud « Metapsychologische Ergänzung zur Traumlehre – supplément métapsychologique à la doctrine du rêve » -, écrit en 1915.

Suite à leurs dernières avancées, ils vont s’intéresser à la distinction entre la régression topique et la régression temporelle. Ce d’autant plus que les deux ne coïncident pas toujours. Mardi 5 février à 21h. Responsable : Susanne Hommel.

Le collectif Théâtre et psychanalyse nous propose une rencontre entre le metteur en scène Antoine Caubet et Pierre Sidon, psychanalyste membre de l’ECF, autour de la pièce de Jon Fosse Matin et soir. Comme le dit Marie-Christine Baillehache dans son texte de présentation, l’auteur saisit « la vie d’un homme à l’instant présent de sa naissance et à celui de sa mort. Pour Jon Fosse, entrer dans sa vie, c’est faire répétitivement l’expérience d’entrer avec son corps dans le langage et mourir, c’est répétitivement savoir son corps radicalement exclu du langage ». La conversation qui suivra le spectacle sera animée par Philippe Benichou. Samedi 9 février à 20h au Théâtre de l’Aquarium.

Le séminaire Les enfants de la science, animé par François Ansermet et Nouria Gründler, tiendra sa deuxième séance du cycle « La procréation et la filiation, par-delà le biologique – perspectives et malentendus contemporains ». Vendredi 22 février de 9h30 à 11h30. Hôpital La Pitié-Salpêtrière.

Quant aux échos du travail fait au sein des vecteurs de L’Envers de Paris, vous trouverez le texte d’Hélène de La Bouillerie où elle fait une lecture croisée de la pièce de théâtre L’absence de guerre, de David Hare, articulée à la tribune « Tombeau de l’homme de gauche », signée par Jacques-Alain Miller dans journal Le Monde du 3 décembre 2002.

Le collectif Littérature et psychanalyse nous fait parvenir la contribution de Zoé Raphael au sujet du roman Arcadie d’Emmanuelle Bayamack-Tam.

Et enfin, Karim Bordeau nous fait part du work in progress du vecteur Psynéma.

Je vous souhaite un bon mois de février.

Beatriz Gonzalez-Renou,
directrice de L’Envers De Paris.