Édito avril 2019

Chers membres et amis de l’Envers de Paris,

En ce début du printemps les rendez-vous que notre association propose dans Paris seront aussi riches que variés. Un point commun les réunit : celui de faire entendre le discours analytique à travers la conversation permanente avec d’autres champs du savoir et de la culture.

Dans le cadre de la série Psychiatrie et psychanalyse, nous recevrons Éric Laurent, psychanalyste membre de l’ECF et Patrick Landman, psychiatre et psychanalyste, fondateur du mouvement Stop DSM, pour la 4e conversation intitulée « Entre psychiatrie et neurosciences : quel avenir pour le diagnostic ? ». Dès 1967, Lacan avait anticipé l’avènement du « fait neurologique »(1) et l’écrasement qu’il produirait sur le « fait psychiatrique ». Afin de préparer cette rencontre, nous vous conseillons la lecture de deux ouvrages d’Éric Laurent : Lost in cognition (2008) et L’envers de la biopolitique (2016). Mercredi 17 avril à 20h.

 Le vecteur Clinique et addictions se réunira le lundi 8 avril à 21h. Pierre Sidon animera cette soirée axée sur le thème Sinthomes et délires avec les toxiques. Stéphanie Lavigne abordera le statut de création de Marguerite Duras, en tant que nom et en tant qu’œuvre d’art inventés par Marguerite Donnadieu. Richard Bonnaud fera un exposé sous le titre « Fumeur ordinaire, psychose extraordinaire ».

 Nos collègues de Psynéma nous proposent une projection suivie d’un débat autour du film Minority report (2002). Voici un extrait du texte de présentation de Karim Bordeau : « La projection de ce film de Steven Spielberg sera l’occasion d’une réflexion sur ce que la psychanalyse a à dire quant à la prédiction et la transparence dans le monde dominé par la science et ses nouveaux algorithmes sensés quadriller le vivant et présider au choix du sujet ». Samedi 13 avril à 14h, Patronage laïque Jules Vallès.

Le collectif Lectures Freudiennes continue l’élaboration du texte « Complément métapsychologique à la doctrine du rêve », (1915) où Freud précise le mot comme « outil de la représentation plastique ». Mardi 16 avril à 21h chez Susanne Hommel.

Le Théâtre de la Ville et le vecteur Théâtre et psychanalyse nous proposent une rencontre autour de la pièce d’Arthur Miller Les sorcières de Salem. François Regnault présente cette mise en scène dans les termes suivants : « Salem, Nouvelle-Angleterre. On dit que des jeunes filles se retrouvent la nuit et se livrent au Diable ! (…) Un grand procès a lieu, qui rassemble tous les fanatismes. Hystérie féminine ? Interventions surnaturelles ? Simulations par désir de vengeance ? Un couple semble résister à l’intoxication générale. Arthur Miller décrit la mécanique imparable d’une communauté humaine qui se déchire. Pièce d’urgence et de résistance, elle nous rappelle tout ce qui, partout relève, aujourd’hui, d’une ‘’chasse aux sorcières’’ ! ». Après le spectacle, François Regnault, membre de l’ECF, et Emmanuel Demarcy-Mota, metteur en scène, converseront avec le public. Cet échange sera animé par Philippe Benichou. Mardi 16 avril à 20h. Attention ! Cette représentation aura lieu à l’Espace Cardin, 1, Av. Gabriel, 75008, Paris.

Marie-Christine Baillehache, responsable du vecteur Littérature et psychanalyse, nous fait parvenir son texte à propos du roman de David Diop, Frère d’âme, prix Goncourt des lycéens en 2018. A partir du récit d’un soldat Sénégalais envoyé en France pour faire la guerre de 14-18, l’écrivain met à découvert l’envers de l’Idéal, à savoir, le débordement de jouissance propre à toute guerre.

Et last but not least, la rencontre Lacan Satyricon approche à grands pas ! Laura Sokolowsky et son équipe peaufinent ce beau projet. Suite à la projection du film Satyricon (1969), de Federico Fellini, nous aurons la chance d’entendre Éric Laurent, psychanalyste membre de l’ECF, Bernard Sergent, historien et ancien chercheur au CNRS et Pascal Torres, conservateur en chef au Musée du Louvre et écrivain. En raison du vif intérêt que cet événement suscite, il est vivement conseillé de réserver vos places en écrivant à : lacansatyricon@gmail.com Samedi 11 mai de 13h à 18h.

En espérant de vous croiser lors de l’un ou plusieurs de ces rendez-vous, je vous souhaite un très bon mois d’avril.

Beatriz Gonzalez-Renou

 

(1) Lacan, J. « D’une réforme dans son trou » (1967), La Cause du désir, n° 98, Navarin Éditeur, 2018, p. 11.