Édito mai 2019

Chers membres et amis de L’Envers de Paris,

En ce mois de mai nous aurons des très belles occasions pour cultiver l’art de la conversation entre la psychanalyse d’orientation lacanienne et la vie dans la Cité.

Comme vous le savez, les 49e journées de l’École de la Cause freudienne « Femmes en Psychanalyse » auront lieu le 16 et 17 novembre. En guise de lancement vers ce rendez-vous incontournable, nous rencontrerons Gil Caroz, Caroline Leduc et Omaïra Meseguer, directeurs de ces journées, pour une soirée épistémique sous le thème : Trois lectures des Propos directifs pour un Congrès sur la sexualité féminine.

En 1958, au moment d’écrire ce texte, Jacques Lacan dresse le constat du peu que l’on sait sur la sexualité féminine ; absences, lacunes, métaphores approximatives… Bref, malgré les progrès de l’époque, la science butte contre l’opacité du mystère féminin. C’est sur ce point que Lacan souligne : « Si cet état des choses trahit une impasse scientifique dans l’abord du réel, le moins qu’on puisse attendre pourtant des psychanalystes, réunis en congrès, c’est qu’ils n’oublient pas que leur méthode est née précisément d’une impasse semblable »(1). Invitation est ainsi faite aux psychanalystes à ne plus « éluder par un non-lieu »(2) l’abord du réel de la sexualité féminine.

Venez nombreux à cette soirée préparatoire le lundi 27 mai à 21h au local de l’ECF.

Porposée par Laura Sokolowsky et son équipe, la rencontre Lacan Satyricon, nous réunira autour du film Fellini Satyricon (1969). Cette fresque, accueillie d’abord par le public comme une ode psychédélique, fut saluée par la jeunesse de l’époque ; la libération sexuelle courait les rues et Fellini Satyricon faisait sauter tous les verrous ! Mais il y a aussi l’autre face de cette œuvre, qui fait quelque part l’éloge de l’inconscient. Car il y est question de fragments, de morceaux manquants dans le roman antique attribué à Pétrone et que Fellini a tenté de reconstituer.

La projection du film sera suivie d’une conversation avec Éric Laurent, psychanalyste membre de l’ECF, Bernard Sergent, historien du CNRS, et Pascal Torres, écrivain et conservateur en chef au Musée du Louvre. Samedi 11 mai de 13h à 18h, au cinéma L’Entrepôt. Réservation indispensable. Écrire à : lacansatyricon@gmail.com

Le vecteur Danse & Psychanalyse propose un premier rendez-vous ouvert au public et qui s’inscrit également en tant qu’activité préparatoire aux 49e Journées de l’ECF « Femmes en Psychanalyse ». Cette rencontre se fera autour du documentaire Les rêves dansants. Sur les pas de Pina Bausch (2010). Ce film montre la relation subtile tissée entre Pina Bausch et un groupe d’adolescents n’ayant jamais dansé auparavant. Il en résulte un nouage tout en finesse entre corps et parole. Après la projection aura lieu une conversation avec Ariane Chottin, psychanalyste membre de l’ECF, et Sarah Dibon qui animera la discussion. Samedi 18 mai à 14h, au Patronage laïque Jules Vallès.

Geneviève Mordant nous fait parvenir un texte à propos du travail en cours mené par le vecteur Le corps, pas sans la psychanalyse. Leur réflexion actuelle se centre sur les notions du monstrueux et celle des utopies. Ce, en lien avec le moment présent de la civilisation, mais aussi en articulation avec des concepts psychanalytiques.

Le collectif Théâtre & Psychanalyse nous invite à une représentation de la pièce Logiqueimperturbabledufou. Zabou Breitman a écrit ce texte – qu’elle met en scène – à partir de mots qu’elle a entendus dans des documentaires tournés en milieu psychiatrique, ainsi que des fragments trouvés chez Tchekhov, Shakespeare, et d’autres écrivains. Suite au spectacle, Zabou Breitman et Philippe Hellebois, psychanalyste membre de l’ECF, engageront une conversation animée par Philippe Benichou. Rendez-vous le samedi 1er juin à 21h au Théâtre du Rond-Point.

Je vous souhaite un très bon mois de mai.

Beatriz Gonzalez-Renou,
directrice de l’Envers de Paris.

(1) Lacan, J. « Propos directifs pour un Congrès sur la sexualité féminine », (1958), Écrits, Seuil, Paris, 1966, p. 728.