Vecteur Psynéma

Femmes sous influence

Notre séance du 18 juin 2019 a été consacrée dans un premier temps au choix des 3 films qui seront projetés prochainement au Patronage laïque Jules Vallès : De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites de Paul Newman (1972), M. Le Maudit de Fritz Lang (1931), A Touch of Sin de Jia Zhangke (2013). Le film de P. Newman sera projeté le 12 octobre 2019 dans son intégralité et suivi d’un débat. Cette rencontre s’inscrira dans le thème des J.49 de l’École de la Cause freudienne : « Femmes en psychanalyse » qui auront lieu les 16 et 17 novembre 2019.

Film remarquable, avec une interprétation de Joanne Woodward (prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes) saisissante, pas sans évoquer entre autres celles de Wanda de Barbara Loden (1970) ou d’Une femme sous influence de John Cassavetes (1974). Nous verrons que Paul Newman nous offre dans son film un portrait de femmes percutant, sur fond d’une démocratie en crise.

Les deux autres films de notre trilogie seront projetés les 25 janvier et 25 avril 2020. Il s’inscriront dans la thématique du PLJV : La démocratie. Dans cet esprit nous avons étudié de très près la leçon du 10 mai 1967 du Séminaire La logique du fantasme où Lacan donne deux formules fondamentales, et, rappelons-le, inédites à l’époque :

– « L’inconscient c’est la politique. Je veux dire, dit Lacan, que ce qui lie les hommes entre eux, ce qui les oppose, est précisément à motiver de ce dont nous essayons pour l’instant d’articuler la logique. » ; nous verrons comment Lacan déploie cette logique avec sa topologie. Il ne s’agit pas ici d’un inconscient des profondeurs, — Lacan le martèle fortement en début de séance —, mais de structure, où la coupure et la discontinuité deviennent primordiales ;

– « L’Autre, à la fins des fins, si vous ne l’avez pas encore deviné, l’Autre […] c’est le corps » ; en tant que le corps de l’être parlant « est fait pour être marqué », « tombe en morceaux » de par l’effet de la cisaille du signifiant. C’est à cette époque que Lacan avance qu’il n’y a pas d’essence de la jouissance féminine, qu’il n’y a pas d’acte sexuel qui engendrerait un rapport chiffrable, inscriptible, avec cette jouissance.

Une autre formule lacanienne — très importante — a été à cet égard remise sur le métier : « L’inconscient, ce n’est pas que l’être pense […] — l’inconscient c’est que l’être en parlant jouisse, et, j’ajoute, ne veuille rien en savoir de plus. J’ajoute que cela veut dire — ne rien en savoir du tout. »(1) Nous verrons par la suite ce que recèle de fondamental une telle articulation quant à la politique et la clinique aujourd’hui, en nous appuyant sur l’éclairage qu’en a donné à diverses reprises Jacques-Alain Miller dans son cours.

Notre prochaine séance de travail aura lieu le 5 juillet à 20h au14, rue Vasco de Gama 75015 Paris. Nous poursuivrons notre lecture de la séance du 10 mai 1967 du Séminaire La logique du fantasme, puis celle du Séminaire XVII, L’envers de la psychanalyse, avec la leçon intitulée Le maître et l’hystérique. Karim Bordeau et Maria Luisa Alkorta

Pour participer aux travaux de Psynéma, vous pouvez contacter Karim Bordeau>

 

(1) Lacan J., Le Séminaire, livre XX, EncoreParis, Seuil,1975, p. 95.