pas sans la psychanalyse

Programme
2017 / 2018

Le corps vivant aujourd’hui

Les réunions du Vecteur ont lieu une fois par mois chez Geneviève Mordant,
24 rue Galliéni à Cachan, à partir de 20h30.

Tél. : 06 08 26 49 46

Les dates en sont déterminées d’une fois sur l’autre

 

Prochain rdv
Jeudi 23 Novembre 2017

à 20h30 

Renseignements et inscriptions

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Pour l’année 2017 – 2018 notre intention est de continuer à travailler sur le corps vivant pris dans notre vie contemporaine, en nous plaçant cette fois dans l’orientation donnée par le titre du prochain Congrès de l’AMP à Barcelone en 2018 : « Les psychoses ordinaires et les autres, sous transfert ».

Nous avons fait le choix d’aborder ce thème à partir du concept de monstre, qui peut nous apporter un nouvel éclairage sur le travail du corps tel que nous le mettons en œuvre dans nos activités d’animation d’ateliers à visée thérapeutique « L’impossible théâtre de soi » et « Corps – Voix – Parole ».

Si selon Littré, le monstre en rapport au vivant désigne un corps organisé – animal ou végétal – qui présente une conformation insolite de la totalité ou de quelques-unes de ses parties, il faut reconnaître qu’une telle créature a toujours eu la part belle dans l’imaginaire humain. Depuis l’antiquité il a occupé la place du fabuleux, du fantastique, du mystique jusqu’au religieux, il avait alors une fonction socioculturelle importante pour faire face aux aléas du réel du monde préscientifique.

Plus près de nous il a occupé la place du spectaculaire dans une pure fonction de monstration – d’où son nom –, existant pour être regardé : c’était le personnage idéal pour un spectacle où, en chair et en os, il restait séparé du public par une rampe ou un podium. Puis il a glissé vers un fantasme de spectacle avec notamment la photographie et le cinéma (on pourrait y ajouter le rêve).

Enfin de nos jours, la science ouvre de nouveaux savoirs – pas sans reste – débouchant sur de nouvelles techniques ; au delà du monstre en tant que simple « raté de fabrication » nous sommes dans un monde où rampes et estrades ont été enlevées entre le monstrueux et nous : les limites se brouillent entre le spectacle et celui qui regarde, le monstrueux se généralise. Dans un déferlement d’images sur les multiples écrans de nos lathouses on peut assister aux violences barbares les plus extrêmes. La téléréalité, flattant le voyeurisme de base, permet de s’identifier aux « héros » et de prendre part aux entre-déchirements de ces sujets eux-mêmes monstrueux sous les feux des projecteurs, pour la jouissance débridée qui va avec.

Dans la réalité la science permet toutes sortes de transformations de la chair et du corps : par la chirurgie esthétique on devient à la fois plus « normal » selon son fantasme, mais du même coup monstrueux à soi-même ; on peut produire des monstres à la fois subjectifs et judiciaires en utilisant – dans le cadre du « pour tout le monde » – toutes les possibilités du transsexualisme et de la procréation médicalement assistée. Avec Crispr Cas9 enfin, les manipulations génétiques permettent d’envisager la création de physiologies « autres » pour un monde fabriqué, inventé, différent, dont on ne sait pas ce qu’il est ou sera.

La tératologie étant maintenant intégrée au vivant, il n’y a plus de limite entre le monstrueux et le monde moderne.

C’est maintenant que la psychanalyse est nécessaire pour répondre aux nouveaux symptômes de la psychose ordinaire, où il s’agit de repérer chez le sujet des signes très subtils et discrets de glissement, voire de petits dénouages des trois ronds RSI[1]. Jacques – Alain Miller rappelle qu’il convient de suivre les ressources que le sujet met en œuvre pour se faire, à sa main, des agrafes, des raccordements, des nouages précaires ou plus ou moins consistants qui lui permettent de rester connecté à la vie, à son corps propre – en tant que matière jouissante – et au corps de l’autre social. Il s’agit d’une clinique plus « liquide », plus continue que discontinue, pour prévenir ou réparer les risques de décrochage.

L’horizon de cette approche est la possibilité que « l’ordinaire » du sujet puisse changer et devenir « le singulier » ; c’est la voie que nous montre l’artiste qui, à l’instar de Joyce, se sert du singulier de son sinthome pour s’en faire un escabeau.

[1] Jacques – Alain Miller, « Effet retour sur la psychose ordinaire », Quarto 94-95, janvier 2009, pp. 40-53.

Compte rendus des dernières rencontres

Une hystoire de Sindbad

On pourrait lier la confrontation perpétuelle du sujet humain aux multiples visages de la ségrégation, comme une histoire sans fin avec laquelle il doit constamment composer son destin et trouver son désir. (…)
par Guido Reyna

Rencontre avec Thomas Bellorini

On peut voir se former, se condenser, mais aussi changer, évoluer différentes ségrégations, comme changent et évoluent dans la réalité de notre époque les multiples identifications des sujets en fonction des contingences de lieu et de circonstances. (…) par Pierre-Yves Turpin

Les nouveaux visages de la ségrégation

Une soirée préparatoire à la Journée du 10 Juin de l’Envers de Paris sur « Les nouveaux visages de la ségrégation » aura lieu le Mercredi 26 Avril 2017, de 21 à 23 heures, atelier 7 du CentQuatre – Paris (5 rue Curial, 75019), en liaison avec L’Espace Psychanalytique d’Orientation et de Consultation (L’EPOC),

avec la participation de Thierry Jacquemin, psychiatre, psychanalyste membre de l’ECF, Geneviève Mordant et Guido Reyna, membres du Vecteur- recherche de l’Envers de Paris « Le corps, pas sans la psychanalyse », et Thomas Bellorini, chef-de-chœur et metteur en scène d’un spectacle réalisé à partir de « Le dernier voyage de Sindbad » d’Erri de Luca, qui fait écho aux drames des migrants. (…)

Les nouveaux visages de la ségrégation

Une soirée de préparation à la Journée du 10 Juin de l’Envers de Paris sur le thème « Les nouveaux visages de la ségrégation » aura lieu le Mercredi 26 Avril 2017, de 21 heures à 23 heures au CentQuatre (5 rue Curial, 75019) avec la participation de Thierry Jacquemin, membre de l’ECF, de participants au Vecteur- recherche de l’Envers de Paris « Le corps, pas sans la psychanalyse », et de Thomas Bellorini, chanteur et metteur en scène, en liaison avec « L’Espace Psychanalytique d’Orientation et de Consultation » (L’EPOC) – Geneviève Mordant

Bibliographie ségrégation

La prochaine réunion du vecteur « Le corps, pas sans la psychanalyse » aura lieu le Mercredi 14 Décembre 2016 à 20h30. À l’ordre du jour : récollection et commentaires sur les lectures bibliographiques concernant la ségrégation, en tension avec ce que nous préparons pour le thème de la Journée de l’Envers de Paris du 10 Juin 2017.
Geneviève Mordant

Un oubli de son corps :

Jean Faucheur « Le cri », 2014 Geneviève Mordant Nous continuons d’explorer ce thème du corps et de l’impossible en interrogeant différents artistes, pour mettre en tension l’impossible et leur corps en tant qu’impliqué dans leur geste artistique respectif. Notre...

La butée du corps

Nous projetons de continuer cette série de rencontres avec d’autres artistes, dans l’idée de reprendre en détails chacun des entretiens et d’en faire une synthèse sur le thème de l’impossible pour le corps-parlant.

Compte-rendu mars 2014

Par rapport à ce sujet jouissant en tant que soumis, par la science et le capitaliste, à l’impératif catégorique moderne : « Jouis ! », la psychanalyse doit aller, dans sa praxis, chercher au delà de l’inconscient freudien.

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