Criminologie lacanienne

ACF-Île de France / Envers de Paris / APCOF
Dario Morales, responsable du vecteur

Nous voulons cette année aborder la problématique du corps. Sa prise en considération est nécessaire lorsque l’on s’attache à vérifier que la matérialité de l’infraction, du délit, du crime sont effectives. Il n’en reste pas moins que sans l’élément « corporel » dans certaines incriminations, il n’y aurait pas de sanction. Cela signifie que le corps jouit d’une protection juridique ou pénale. Le corps fait « causer », il est souvent le mobile, le motif mais la « cause » de l’atteinte est souvent énigmatique.

« It is the cause, it is the cause, my soul ». Ainsi s’exprime Othello au moment où il s’apprête à étrangler Desdémone. Autrement dit, si le corps en est la preuve, la cause est dans l’âme, dans le psychisme. C’est donc le signifiant qui transforme l’organisme en corps ; c’est donc le signifiant qui affecte le corps et qui parfois vise à le mortifier, à le vider de sa jouissance. Chez Otello c’est la jalousie, la trahison de Desdémone qui le pousse au meurtre. Le signifiant jalousie tente de produire l’évacuation, l’expropriation de la jouissance du corps de Desdémone. Le corps meurtri est alors décomplété de sa jouissance de corps.

Qu’il s’agisse du pervers, du toxicomane, du meurtrier, de la prostituée, autant des situations où ce qui est visé est d’ôter, d’annuler, de séparer le corps de la jouissance. ce qui est le comble, c’est que justement le toxicomane, le pervers, la prostituée, proclament haut et fort un « rendons la jouissance au corps », le produit, la manœuvre perverse, la passe semblent le réaliser à travers les pratiques ; le fantasme sous-jacent aurait pour effort de faire croire justement que la jouissance peut « regagner » le corps, comme si le corps avant la rencontre avec le produit, la passe, l’acte pervers n’avait pas connu la jouissance. Ces opérations ne sont toutefois possibles qu’en expropriant les marques du langage présentes dans le corps, le but étant ainsi de retrouver le corps pulsionnel libéré de toute entrave l’empêchant de jouir. Le comble du paradoxe est que le pervers, le dealer toxico, la prostituée proclament haut et fort un savoir et un pouvoir de domination sur la jouissance. Il faut donc un langage, un discours pour exproprier le langage du corps. Il faut du langage pour manipuler et gagner la confiance du corps, pour imaginer un accès direct et privilégié à la jouissance ; comme si le corps, était in fine, sa « propre cause ».

Dario Morales

Renseignements et inscriptions

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Voici le programme des 5 soirées : je vous communiquerais assez rapidement les dates

1 – Le corps est le mobile mais la cause du délit « is my soul »
2 – Le corps du blasphémateur et du pornographe pervers
3 – L’enfermement psychique du toxicomane récidiviste
4 – Le corps de la femme  et forclusion de l’avoir – mère (La femme infanticide)
5 – La Prostituée, un corps absent de femme

Le corps en cause

Evader son corps dans la toxicomanie
Le signifiant a la propriété de  transformer  l’organisme en corps ; en le mortifiant il tend à le vider de sa jouissance. Cela semble réussir car on finit par imaginer que le corps n’a jamais connu de jouissance. Or la toxicomanie à travers ses pratiques vise l’annulation de la séparation du corps et de la jouissance. Le paradoxe est que le produit semble rendre la jouissance au corps, […] par Dario Morales
Prochain rdv le Le mardi 14 mars 2017, 20h30

Le corps en cause

Le Séminaire invite à passer du corps à la question de la causalité. Qu’entendons-nous par corps ? À la différence de l’organisme, soma, le corps est un espace traversé par le signifiant. Plus précisément le signifiant n’est pas lié par le signifié et on verra combien la clinique est riche, car les dits du signifiant s’écrivent dans la psyché de chaque sujet. Cette première soirée sera consacrée à mieux cerner la « causalité » présente dans le mobile du crime et dans la fugue adolescente. « La cause, la cause est dans mon âme », s’exprime ainsi Othello, alors qu’il va par jalousie étrangler Desdémone. […] Dario Morales

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