Vecteur Psynéma

Responsables Karim Bordeau et Elisabetta Milan-Fournier

L’Un multiple de la démocratie et les discours

Psynéma poursuit son partenariat avec le Patronage Laïque Jules Vallès dont le prochain thème d’étude, pour l’année scolaire à venir, sera La Démocratie.

Thème qui nous a amené à relire la façon dont Lacan « produit », au sens fort du terme, les quatre discours dans son Séminaire XVII, L’envers de la Psychanalyse. Notre dernière réunion de travail, très studieuse, a été consacrée à cet effet à une lecture serrée, ligne à ligne, de la première leçon intitulée par Jacques-Alain Miller Production des quatre discours, où Lacan reprend en effet le projet freudien par l’envers, reprise pointée comme telle à la page 68 des Écrits, en 1966, dans le texte De nos antécédents. Il s’agit donc d’une reprise en un sens topologique nouant le dire et le temps. Nous avons, suivant ce fil, relu les chapitres passionnants du Séminaire XVI, D’un Autre à l’autre, intitulés : Savoir pouvoir et Apories réponses où sont interrogés les effets aujourd’hui éclatants de la disjonction du savoir et du pouvoir dans les démocraties modernes. Karim Bordeau et Maria-Luisa Alkorta

Notre prochaine séance de travail aura lieu le 5 juillet 20h au 14, rue Vasco de Gama 75015 Paris. Nous poursuivrons notre lecture de la séance du 10 mai 1967 du Séminaire La logique du fantasme, puis celle du Séminaire XVII,  L’envers de la psychanalyse, avec la leçon intitulée Le maître et  l’hystérique. Karim Bordeau et Maria Luisa Alkorta

 

renseignements et inscriptions :  Karim Bordeau

Trois projections, dans la très belle et spacieuse salle du Le Patronage Laïque Jules Vallès à Paris sont d’ores et déjà programmées :

le 13 octobre 2018,

le 19 janvier 2019,

Le 23 février 2019,

le 13 avril 2019.

le 18 juin 2019,

Le 5 juillet 2019.

Opération Hitchcock

par Karim Bordeau

La rencontre du 13 octobre  2018, qui s’est déroulée au Patronage  Laïque  Jules Vallès,  autour du film A Serious Man des frères Coen, a été l’occasion d’échanges fructueux nouant la thématique des prochaines Journées de l’Ecole de la Cause freudienne  — intitulées  Gai, Gai, marions-nous ! La sexualité et le mariage dans l’expérience analytique  — et  celle proposée par le Patronage  – Le Réel et l’Utopie. Le film  montre en effet que l’utopie  qui se supporte d’une topologie où le « se faire deux », disons-le plutôt avec une accent lacanien : « le sphère deux », est quelque peu mis à mal par ce que Freud a scandé du terme de répétition, en tant que la répétition est  celle de la  rencontre manquée d’un réel qui ne cesse pas d’insister.

La formule de Lacan : « nous savons maintenant que l’humour  est le transfuge  dans le comique de la fonction même du « surmoi »(1), trouve dans le film  en question un écho singulier. C’est une comédie plutôt réussie, qui fait mouche. Rappelons ici  que  Freud  avait déjà montré dans son texte Der Humor(2) les affinités  de l’humour  avec l’instance du surmoi dont  l’injonction de jouissance— Jouis ! —  est  dès le prologue du film  mise au premier plan. D’une drôle de façon…! D’où peut être l’effet d’angoisse que provoque à l’occasion  A Serious Man.  Ce qui n’enlève rien à la puissance articulatoire de celui-ci  et au « gain de plaisir » que l’oeuvre d’art induit comme tel. Ce que notre invitée, Valeria Sommer-Dupont, a montré d’une excellente façon au cours du débat qui a suivi la projection du film(3). Freud formulait qu’un tel plus-de-jouir, provoqué par un formalisme travaillé et une esthétique singulière, n’est pas sans rappeler  « une prime de séduction ou un plaisir préliminaire »(4). Bref Freud pointe -là dans  son texte une topologie, — quant à la façon dont l’artiste « récupère » en quelque sorte son plus-de-jouir —, dont Lacan a montré les affinités avec la Bouteille  de Klein et le plan projectif, dans son écrit  « Hommage fait à Marguerite Duras, du ravissement de Lol V. Stein »(5). Il s’agit en effet d’une topologie où l’objet comme surface, sans extériorité ni intériorité, subvertit nos intuitions naïves de l’espace et du temps, et dont la pulsion fait le tour. L’effet de division s’en déduit, pas sans tremblements.

(1) Lacan J., Ecrits, Seuil, Paris, 1966, p. 769.
(2) Freud S., L’inquiétante étrangeté et autres essais, Gallimard, Collection Folio, p. 328 , in « L’humour ».
(3)  Cf.  le texte de l’intervention de  Valeria Sommer-Dupont.
(4) Ibid.,  p. 46, in « Le créateur littéraire et la fantaisie».
(5) Lacan J., Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, pp. 194 -195.

(6) Ibid., pp. 361-374, in «Allocution sur les psychoses de l’enfant »,  « Note sur l’enfant».
(7) Lacan J., Ecrits, op.cit., p.125.
(8) Lacan y fait  expressément référence dans ce texte.

Travaux

Psynéma…

L’oeuvre  cinématographique de Jia Zhanke, jouant subtilement de la lettre et de la fiction, nous permettra de poursuivre notre réflexion quant au lien du politique et du pas-tout.  Quelques textes de Jean-Claude Milner seront à cet égard mis à l’étude… Par Karim Bordeau

Psynéma, événement J49 femmes en psychanalyse…

De l’influence des Rayons Gamma sur le comportement des Marguerites de Paul Newman, sorti en 1973, sera le prochain film projeté au Patronage laïque Jules Vallès le 12 octobre 2019 à 14h. Le débat qui suivra sera animé par Laura Sokolowsky, psychanalyste membre de l’ECF.

Psynéma, événement J49 femmes en psychanalyse…

De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites de Paul Newman, sorti en 1973, sera le prochain film projeté au Patronage laïque Jules Vallès le 12 octobre 2019 à 14H. Le débat qui suivra sera animé par Laura Sokolowsky, notre invité, et l’équipe de Psynéma. Cette rencontre s’inscrira dans l’esprit des prochaines journées de l’ECF intitulées Femmes en psychanalyse qui auront lieu le 16 et 17 novembre 2019… Par Karim Bordeau

Vecteur Psynéma

Notre séance du 18 juin 2019  a été consacrée dans un premier temps  au choix des 3 films qui seront projetés prochainement au Patronage laïque Jules Vallès : De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites de Paul Newman (1972), M. Le Maudit de Fritz Lang (1931), A Touch of Sin de Jia Zhangke (2013). Le film de P. Newman sera projeté le 12 octobre 2019 dans son intégralité et suivi d’un débat. Cette rencontre s’inscrira dans le thème des J.49 de l’École de la Cause freudienne : « Femmes en psychanalyse » qui auront lieu les 16 et 17 novembre 2019. Par Karim Bordeau et Maria Luisa Alkorta

Psynéma, « Femmes et contingence »

  Femmes et contingence par Karim Bordeau La rencontre du 13 avril 2019, qui a eu lieu au Patronage Laïque Jules Vallès avec la projection du film Minority Report de Spielberg, a été l’occasion d’une réflexion autour du réel de la contingence et de son nouage à...

Psynéma…

C’est sur le statut de la contingence au sens lacanien du terme que s’est noué le débat ; l’utopie d’un discours sensé dominer le monde, sans reste, ni perte, et qui serait accointé à des algorithmes  « vivants », sorte de « nouvelle alliance » monstrueuse du corps et de la parole, est montrée d’une façon saisissante par Spielberg. Par Karim Bordeau

Moment de conclure

Psynéma poursuit sa route en mettant à l’étude Minority Report(1) de Steven Spielberg, sorti en 2002. Une projection intégrale du film, suivie d’un débat, aura lieu au Patronage laïques Jules Vallès (Paris 15ième) le 13 avril à 14H.

Freud, Lacan, Hitchcock sortant de la caverne platonicienne…

Le texte qui suit noue les principales références textuelles et psychanalytique travaillées à l’occasion de l’étude de L’ombre d’un doute d’Alfred Hitchcock, sorti en 1943 ; film extraordinaire articulant de façon subtile la triade du doute, de l’ombre et de l’objet. L’allégorie de la caverne de Platon(1), peuplée de ses étranges ombres, est à cet égard un texte fondamental interrogeant la fonction de l’image dans le discours. par Karim Bordeau

Psynéma dans l’après-coup…

On connaît l’attention extrême d’Alfred Hitchcock pour les cadrages et les plans, dont les story-boards sont d’une minutie sans pareille. Cependant, les dialogues aussi ont une importance capitale et dans L’ombre d’un doute (1943), son premier film véritablement américain, ils viennent complexifier voire subvertir le poids des images. Dans ce film, les deux personnages principaux, pourtant présentés d’une manière similaire dans beaucoup de scènes, s’opposent profondément quant à leur éthique d’appréhender le monde, que leur dire révèle sans… l’ombre d’un doute ! Par Maria Luisa Alkorta et Elisabetta Milan-Fournier

Circuler ! Y’ a rien à voir !

    En savoir plus sur le vecteur Psynéma>Circuler ! Y’ a rien à voir ! Par Karim Bordeau Le vecteur Psynéma poursuit son travail autour de l’utopie et du réel. La dernière projection-débat qui s’est tenue au Patronage laïque Jules Vallès le 19 janvier 2019, consacrée...

Psynéma, présente l’ombre d’un doute…

Dans son texte fondamental « Deuil et mélancolie » Freud parle de « l’ombre de l’objet perdu » dont le Moi est la proie. Dans le débat qui suivra la projection du film nous verrons ce qu’Hitchcock nous enseigne sur ce point et d’autres : En quoi nous transporte-t-il au joint des passions de la Cité et du « malaise dans la culture » ? Par Karim Bordeau

Psynéma, « De l’ombre à la lettre »

La  dernière séance de Psynéma  a été consacrée au film Shadow of a Doubt d’Alfred Hitchcock. Notre débat s’’est noué pour l’essentiel ⎯ à partir de références textuelles très précises  ⎯  autour de l’ombre et de la lettre  comme objet (a).  Dans son écrit sur La lettre volée Lacan parle en effet de la « la proie de l’ombre » projetée par la lettre, ombre que devient le sujet dès qu’’il la possède ⎯ avec ce renversement topologique qu’il en est possédé… Par Karim Bordeau

Renseignements et inscriptions

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