Vecteur Psynéma

Responsables Karim Bordeau et Elisabetta Milan-Fournier

La prochaine séance de travail aura lieu le 6 juillet, à 20h, chez Carole Herrmann, nous visionnerons le film A serious man dans la perspective des J- 48.

renseignements et inscriptions Karim Bordeau

Trois projections, dans la très belle et spacieuse salle du Le Patronage Laïque Jules Vallès à Paris sont d’ores et déjà programmées :

le 13 octobre 2018,

le 19 janvier 2019,

le 13 avril 2019.

Oh belle cité !  Dis-moi  ton nom !

Psynéma prépare activement le prochain ciné-débat qui aura lieu de 13 octobre 2018 à 14h dans la salle du Patronage Laïque Jules-Vallès à Paris. Valeria Sommer a accepté d’être l’extime de notre travail. Nous projetterons le célèbre  film A serious man des frères Coen, qui sera suivi d’un débat jusqu’à 18h. Le thème d’étude du Patronage pour la prochaine année scolaire sera L’Utopie et le réel. Ce premier ciné-débat s’inscrira aussi dans la thématique des prochaines Journées de l’École de la Cause freudienne, en guise donc de rencontre préparatoire à ces J-48 intitulées : Gai,Gai, marions-nous ! 

Notre dernière  séance de travail  a consisté  pour l’essentiel à serrer de plus près le nœud : plaisir-bonheur-utopie. Nous avons déchiffré à cet effet quelques passages du célèbre livre de Thomas More intitulé L’Utopie, et aussi des parties du texte du dialogue platonicien La République.

Laure de Bortoli et Elisabetta Milan nous ont fort bien montré en quoi l’utopie à la More est nouée à un « rejet », ou du moins une certaine forme de négation, des déterminations historiques, lequel rejet est coextensif à une dialectique du plaisir et de la jouissance qui n’est pas sans rappeler ce que formule Platon dans son dialogue La République, notamment dans le livre IX où on aperçoit très bien que la cité qu’imagine Platon n’est pensable pour celui-ci que si elle écarte du jeu politique les jouissances dérangeantes. Il imagine à l’occasion sa cité idéale comme un corps en harmonie avec l’univers du discours… L’Utopie de More est tramée elle aussi d’une logique qui exclut une jouissance, – celle précisément « qu’il ne faut pas » -, dans la mesure où cette jouissance vient  troubler le bel ordre de l’Île d’Utopie. Difficile ici de ne pas penser à ce que formule Lacan dans son Séminaire Encore quant à la jouissance phallique et son « au-delà » du pas-tout de la jouissance féminine : « Si il y avait une autre jouissance que la jouissance phallique, il ne faudrait pas que ce soit celle-là. »(1)

La triade du corps, de l’âme et de la justice est nouée dans La République de Platon à la façon d’un nœud de trèfle liant le réel, le symbolique et l’imaginaire. En effet, ce dialogue a son terme étrange dans l’évocation spectaculaire et grandiose du fameux mythe d’Er, où il est question de la mémoire, de la réminiscence et de la Justice des dieux, avec cette idée d’une nécessaire immortalité non pas du corps mais de l’âme ; le christianisme s’emparera de ça d’une certaine façon dans la perspective du Jugement dernier, mais avec l’idée d’une résurrection des corps…

Comme on le sait le terme d’εἶδος (Eidos, Idée) est un terme chez Platon fondamental. À l’occasion de la sortie d’un texte (qui a fait date) du logicien Kripke(2) portant sur la nomination et la nécessité (dont Jacques-Alain Miller a fait grand état dans son séminaire(3)), Lacan revient sur l’Idée de Platon en des termes étonnants qu’il faut retenir : « Il y avait un nommé Platon qui s’est rendu compte qu’il fallait le tiers terme, le troisième terme de l’Idée, de l’εἶδος, qui est quand même un très bon mot grec pour traduire ce que j’appelle l’Imaginaire, parce que ça veut dire l’image. Il a très bien vu que sans l’εἶδος il n’y avait aucune chance que les noms collent aux choses… L’Idée faisait pour lui la consistance du réel. »(4)

Quoiqu’il en soit la question du juste rapport qui s’écrirait, disons entre les mots et les choses, est au fondement de la République de Platon, avec tout que cela implique quant au dressage ou l’éducation des corps parlants dérangés par les jouissances… Quand Lacan formule : il n’y a pas de rapport sexuel qui puisse s’écrire, sans doute a-t-il en tête, entre autres textes, ceux de Platon qui rêve en effet d’une cité (un lieu de nulle part comme il le formule lui-même) où il y aurait du rapport : « C’est bien pourquoi Platon, qui croyait à l’éternité de tous les rapports idéiques, fait une Politeia idéale où tous les enfants sont en commun. À partir de ce moment-là, vous êtes sûrs que ce dont il s’agit, c’est à proprement parler de centrer la société sur ce qu’il en est de la production sexuelle.» (5)Le mythe d’Er en est en quelque sorte l’étoffe ; le fait en effet que Platon soit contraint de passer à l’écriture d’un mythe, – au terme d’un long chemin censé donner les fondements de la cité idéale où le mariage par ailleurs a une fonction tout à fait particulière -, est significative d’un point de butée logique, comme certains commentateurs de Platon ont pu le souligner à l’occasion. Le Mythe de la Caverne, qui ouvre le livre VII de La République, est à cet égard lui aussi paradigmatique et quelque peu étrange… Karim Bordeau

(1)Lacan J., Le Séminaire, livre XX, Encore, Editions du Seuil, Paris, 1973, p.56.
(2) Kripke S., La logique des noms propres, Editions de minuit, Paris, 1995.
(3) Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Le lieu et le lien », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université Paris VIII, leçon du 7 mars 2001, inédit.
(4) Lacan J., Le Séminaire, livre XXII, « RSI »,  leçon du 11 mars 1975, inédit.
(5) Lacan J, Le Séminaire, Livre XVI, D’un Autre à l’autre, Editions du Seuil, Paris, 2006, p.215.

Travaux

Vecteur Psynéma

Notre dernière  séance de travail  a consisté  pour l’essentiel à serrer de plus près le nœud : plaisir-bonheur-utopie. Nous avons déchiffré à cet effet quelques passages du célèbre livre de Thomas More intitulé L’Utopie, et aussi des parties du texte du dialogue platonicien La République. Par Karim Bordeau

Jackie Brown de Quentin Tarantino

La prochaine réunion de Psynéma aura lieu le 7 avril chez Carole Herrmann. Nous verrons quelle suite donner à nos travaux en les nouant à la nouvelle politique de l’Envers de Paris.

Projection-Débat de Jackie Brown de Q.Tarantino

Psynéma se consacre activement, dans la hâte, à la préparation de la projection-débat qui aura lieu le 10 mars dans les locaux du Patronage Laïque Jules Vallès à Paris, à 14H. Jackie Brown de Q.Tarantino, sorti en 1998, sera l’objet d’étude de cette rencontre.

À Serge Cottet

[…] La prochaine exposition de nos travaux aura lieu le 27 janvier 2018 au Patronage laïque Jules Vallès, à 14h. Elle s’inscrira sous la thématique : « Résister, exister ». Le film Docteur Folamour (1964) de Stanley Kubrick sera projeté dans son intégralité, et suivi d’un débat. Une réunion de travail aura lieu le 6 janvier 2018 à 16h chez Carole Herrmann. […] par Karim Bordeau

La fiction des Aliens dans le cinéma

L’objectivation psychologique du sujet se drapant de celle d’un nouveau scientisme effréné trouve ainsi — et aujourd’hui sans doute plus que jamais, son répondant dans la haine de l’autre comme objet a. (…) par Karim Bordeau

Ni espoir ni désespoir, un au-delà

De l’autre côté de l’espoir, sorti en 2017, est un film du Finlandais Aki Kaurismäki en prise directe sur une actualité des plus sensibles, le statut de réfugié ou de clandestin d’une part, l’état d’exilé de l’intérieur, de laissé pour compte du système capitaliste, en transit dans leur propre pays d’autre part. (…) par Laure de Bortoli

The Thing de Carpenter

Notre prochaine rencontre aura lieu le 27 mai, chez Carole Herrmann, et aura pour objet l’intégralité du film The Thing de Carpenter sorti en 1982, que nous analyserons plan par plan.

Psynéma avril

Notre dernière séance a été consacrée à un large débat autour des deux films que nous avons finalement choisis quant à l’exposition future de nos travaux sur le phénomène « alien » dans le cinéma : The Thing de Carpenter (1982) plus que jamais d’actualité — et Invasion of the Body Snatchers de Kaufman (1978) qui a ses antécédents notoires — lui aussi d’une actualité politique brûlante. Entre ces deux derniers films, impossible ici de ne pas insérer l’énigmatique Alien de R.Scott sorti en 1979. Il est incontestable que ces trois longs métrages se répondent quant au noeud de la jouissance et du corps dont il est question. Cette triplicité a marqué par ailleurs son époque, parfois après coup comme pour The Thing — il s’agirait maintenant de démontrer ce qu’elle implique comme dire.
[…]

Psynema Mars

La séance du mois de février a permis au groupe de dégager le choix des deux films autour desquels s’organisera la soirée d’exposition des travaux du Vecteur. Ces deux films sont The Thing de John Carpenter (1982) et L’invasion des profanateurs (The Invasion of the Body Snatchers) de Philip Kaufman (1978).
Ces deux films se répondent en bien des points : l’alien s’empare du corps de l’homme sans qu’il s’en rende compte […]

Psynéma février

Prochaine séance le 25 février à 17H chez Carole Herrmann. Elle sera consacrée à la lecture de la leçon du 14 juin 1967 du Séminaire XIV, préparée par Elisabetta Milan. On parlera aussi de The Thing de Carpenter (1982) à partir d’un texte de présentation écrit par Emilie Pitoiset, puis du film de P.Kaufman.

Premier contact

Vecteur Psynéma
Prochaine rencontre le 14 janvier à 17H. […] Nous reviendrons sur cette très subtile articulation montrant que l’aliénation (celle que Lacan déduit logiquement) est commandée par le Discours du Maître, selon une topologie très précise. […] Elisabetta Milan & Karim Bordeau

Psynema décembre

La séance du mois de novembre 2016 du Vecteur Psynéma a été amplement consacrée aux réflexions autour de la soirée de préparation aux dernières journées de l’École de la Cause Freudienne sur le thème de l’objet regard. Cette soirée, qui a eu lieu le 18 octobre au cinéma Escurial, proposait un travail intéressant autour du film Night Call (2014), réalisé par Dan Gilroy. Le Vecteur Psynéma avait invité le psychiatre et psychanalyste Pierre Sidon et a été riche en échanges malgré le nombre de participants. […] Vecteur Psynema

Renseignements et inscriptions

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