Édito juin 2019

 

Chers membres et amis de L’Envers de Paris,

En ce mois de juin, de nombreux rendez-vous dans Paris seront l’occasion de faire circuler le discours analytique à travers ce qui fait le sel de notre action : le pari sur l’altérité, la conversation permanente avec d’autres champs où il est possible de faire entendre un autre son de cloche et de résister ainsi au malaise dans la civilisation.

Le collectif Lectures freudiennes, animé par Susanne Hommel, se réunira le mercredi 5 juin. Leur travail de lecture se poursuivra, commentaires et traduction du texte de Freud : Compléments métapsychologiques à la doctrine du rêve, écrit en 1915.

Le vecteur Théâtre et Psychanalyse rencontrera Jean-François Sivadier autour de sa mise en scène d’Un ennemi du peuple, de H. Ibsen (1883). Stéphanie Lavigne signe le texte de présentation de cette pièce où il est question des ravages produits lorsqu’à la place d’un savoir vient une quête de vérité absolue. Bénédicte Jullien, psychanalyste membre de l’ECF sera l’invitée. A l’issue de la représentation, Philippe Benichou animera la discussion entre son invitée et le metteur en scène. Dimanche 9 juin à 15h, Théâtre de l’Odéon.

Vers les 49e Journées de l’ECF « Femmes en psychanalyse », le vecteur Seminario Latino de Paris organise la soirée Trois séries, trois femmes.

« Les héros-filles ne sombrent pas (…) Elles sont capables de tout ravager sur leur passage tout en étant elles-mêmes assez ravagées. Les femmes sont devenues les reines au royaume montant de la déglingue, souveraines d’un royaume branlant qu’elles ne cessent d’ébranler. Les femmes sont les symptômes du monde »(1). Rencontre avec Gérard Wajcman, auteur du livre Les séries, le monde, la crise, les femmes(2) et Francisco-Hugo Freda, tous deux psychanalystes membres de l’ECF. Patrick Almeida et Sandrine Corouge animeront cet événement. Mercredi 12 juin à 21h, Maison de l’Amérique Latine. Accès libre dans la limite des places disponibles.

A celles et ceux intéressés par les formes contemporaines de la délicate traversée qu’est l’adolescence, L’Envers de Paris et l’association ParADOxes proposent de venir à la présentation de l’ouvrage Adolescents, sujets de désordre(3). Ce sera l’occasion d’échanger avec Jean-Noël Donnart, Ariane Oger et Marie-Christine Ségalen, les auteurs. Philippe Lacadée, psychanalyste membre de l’ECF sera l’invité. Hélène de La Bouillerie et Camilo Ramirez animeront cette rencontre. Vendredi 14 juin à 19h. Librairie Libralire.

De nombreux collègues engagés dans les vecteurs nous font parvenir des trouvailles et des éclats, issus de leur travail en cours.

Aurélie Pascal et Patrick Almeida reviennent sur la 4e conversation Entre psychiatrie et neurosciences, quel avenir pour le diagnostic ? organisée par L’Envers de Paris et l’ACF IdF le 17 avril dernier. Ces réflexions d’après-coup contribuent à la préparation du congrès PIPOL 9, L’inconscient et le cerveau, rien en commun, qui aura lieu à Bruxelles les 13 et 14 juillet.

Le vecteur Danse & Psychanalyse a tenu son premier événement ouvert au public le 18 mai dernier. Inscrit également en tant qu’activité préparatoire vers les J49 de l’ECF, ce fut un moment riche et joyeux autour de la projection du film Les rêves dansants. Sur les pas de Pina Bausch. Sarah Dibon, Dominique Corpelet, Daphné Leimann et Chicca Loro signent chacun un commentaire tout en finesse de ce magnifique documentaire.

Du côté du vecteur Le corps… Pas sans la psychanalyse, Maro Rumen-Doucoure écrit un texte percutant : « Qui me parle ? ». Elle interprète le ravalement de la parole qui résulte de l’usage des logiciels – issus de l’intelligence artificielle – et supposés assister le sujet dans sa vie quotidienne.

Marie-Christine Baillehache et Philippe Doucet, du vecteur Littérature & Psychanalyse, nous font part de leur projet de rencontrer l’écrivaine Nina Baraoui, auteure du roman Mes mauvaises pensées(4), récompensé par le prix Renaudot. Il s’agit d’une autofiction où cette femme revient sur son parcours d’analysante. Cette initiative s’inscrit vers les 49e Journées de l’ECF « Femmes en psychanalyse ».

Et enfin, nous avons un retour de la projection-débat du film Minority report, organisée par le vecteur Psynéma le 13 avril dernier. Karim Bordeau nous propose une articulation entre ce film et un choix pointu de références à Lacan, à partir desquelles il tisse une réflexion autour du réel de la contingence et de son nouage à l’inconscient.

Voici donc l’éventail de rencontres et d’effets possibles et accessibles à tous grâce à l’implication décidée des membres de L’Envers de Paris.

 Je vous souhaite un très bon mois de juin.

 Beatriz Gonzalez-Renou,
directrice de L’Envers de Paris.

(1) Wajcman, G., Les séries, le monde, la crise, les femmes, Paris, Éditions Verdier, 2018, p.18.

(2) Ibid.

(3) Donnart J.-N., Oger A., Ségalen M.-C., Adolescents, sujets de désordre, Paris, Éditions Michèle, 2016.

(4) Baraoui, N., Mes mauvaises pensées, Paris, Éditions Stock, 2005.

 

L’avez-vous lu ?

Le corps, pas sans la psychanalyse…

Dans la suite de nos réflexions, à propos du corps, sur notre rapport actuel au monstrueux et aux utopies, nous avons entamé un travail sur une mise en tension entre les fictions modernes et les sujets pris dans le monde d’aujourd’hui où la réalité est de plus en plus façonnée par l’accélération vertigineuse des productions d’une science mise au service des marchés. Par Geneviève Mordant

La chasse aux sorcières…encore d’actualité ?

La chasse aux sorcières...encore d’actualité ? Par Bernadette Colombel C’est en plein maccarthysme(1), connu également sous le nom de « Peur rouge » qu’ Arthur Miller, écrivain engagé, écrit une pièce de théâtre, Les Sorcières de Salem (2), jouée pour la première fois...

littérature & psychanalyse

« Frère d’âme » : penser/panser le réel : Avec Frère d’âme, prix Goncourt des Lycéens 2018, David Diop porte un regard singulier sur les horreurs de la  Guerre Industrielle de 14-18 qui a envoyé des millions de jeunes hommes se faire massacrer par le feu des mitraillettes et des obus allemands. Par Marie-Christine Baillehache

LE DIREKTOR, de l’ironie à l’humour et plus…

L’adaptation du film en pièce de théâtre fut là l’occasion d’un déplacement, celui de l’ironie en humour, déplacement voulu par le metteur en scène : comique situationnel, absurde, direct, et aussi «  la mauvaise blague qui ne fait rire que cinq personne «  (Interview du metteur en scène, Théâtre de la Bastille) – Le débat fut l’occasion d’échanges sur l’implication d’aujourd’hui du salarié dans l’entreprise. Le discours du maître y est supporté par chacun jusqu’à la dépersonnalisation, la déshumanisation… Par René Fiori

Psychanalyse et psychiatrie

Écouter, voir..

Moment de conclure

Psynéma poursuit sa route en mettant à l’étude Minority Report(1) de Steven Spielberg, sorti en 2002. Une projection intégrale du film, suivie d’un débat, aura lieu au Patronage laïques Jules Vallès (Paris 15ième) le 13 avril à 14H.

ZADIG* à Paris !

L’Envers de Paris saisit l’occasion de faire circuler l’actualité du mouvement Zadig à Paris, autour d’un débat sur « Les Hérétiques ». Cette pièce, création de François Rancillac, sur un texte de Mariette Navarro, se veut une réflexion sur l’actualité politique de la montée de l’intolérance et de l’obscurantisme. Voici la vidéo du débat avec François Rancillac et Caroline Leduc, psychanalyste, membre de l’ECF.

Regards lacaniens au Louvre…

Dans le cadre des Journées internationales du film sur l’art, le Louvre organise le vendredi 1er février, à 19h, à l’Auditorium  sous la pyramide, dans la série « Un œil, une histoire », la projection du film de Pascal Bouhénic et Marianne Alphant : Gérard Wajcman, si on est narcisse ou jonquille.

La nuit des mille heures

Projection du film « La nuit des mille heures », suivie d’une conversation avec Virgil Widrich, réalisateur, et Clotilde Leguil, psychanalyste membre de l’ECF. Le jeudi 7 février 2019, 20h30 à Paris. cette soirée s’inscrit dans la série d’événements du mouvement Zadig à Paris.

Lire encore…

Collectif « Lectures Freudiennes »

Lors de notre rencontre du mois de février nous avons continué l’investigation du texte de Freud « Compléments métapsychologiques de la doctrine du rêve », que Freud a publié en 1915. Il s’agit de la Rücksicht auf Darstellbarkeit, eu égard la figurabilité. La...

Freud, Lacan, Hitchcock sortant de la caverne platonicienne…

Le texte qui suit noue les principales références textuelles et psychanalytique travaillées à l’occasion de l’étude de L’ombre d’un doute d’Alfred Hitchcock, sorti en 1943 ; film extraordinaire articulant de façon subtile la triade du doute, de l’ombre et de l’objet. L’allégorie de la caverne de Platon(1), peuplée de ses étranges ombres, est à cet égard un texte fondamental interrogeant la fonction de l’image dans le discours. par Karim Bordeau

Psynéma dans l’après-coup…

On connaît l’attention extrême d’Alfred Hitchcock pour les cadrages et les plans, dont les story-boards sont d’une minutie sans pareille. Cependant, les dialogues aussi ont une importance capitale et dans L’ombre d’un doute (1943), son premier film véritablement américain, ils viennent complexifier voire subvertir le poids des images. Dans ce film, les deux personnages principaux, pourtant présentés d’une manière similaire dans beaucoup de scènes, s’opposent profondément quant à leur éthique d’appréhender le monde, que leur dire révèle sans… l’ombre d’un doute ! Par Maria Luisa Alkorta et Elisabetta Milan-Fournier

N’oublions pas ceux qui oublient

Quand les souvenirs de la vie, les gestes du quotidien, la reconnaissance des objets, mais aussi la mémoire des mots, s’appauvrissent, les sujets atteints de la maladie d’Alzheimer s’expriment souvent d’une façon répétitive et/ou incohérente(1)… Par Maro Rumen-Doucoure

Contacter l'Envers de Paris

7 + 12 =