l'Envers de Paris https://enversdeparis.org Site de l'Association de l'Envers de Paris Thu, 02 Apr 2020 14:40:02 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.13 https://enversdeparis.org/wp-content/uploads/2017/10/cropped-Logo-lenvers-bleu-0000ff-carre-32x32.png l'Envers de Paris https://enversdeparis.org 32 32 Sans asile contre le coronavirus. Continuer à travailler dans l’humanitaire en temps de pandémie https://enversdeparis.org/2020/04/02/sans-asile-contre-le-coronavirus-continuer-a-travailler-dans-lhumanitaire-en-temps-de-pandemie/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=sans-asile-contre-le-coronavirus-continuer-a-travailler-dans-lhumanitaire-en-temps-de-pandemie Thu, 02 Apr 2020 14:36:05 +0000 https://enversdeparis.org/?p=13278

Par Lore Buchner

Je travaille depuis un an comme psychologue au sein d’une structure d’hébergement pour 160 demandeurs d’asile et réfugiés dans le cadre du Pôle d’accueil des réfugiés d’une association humanitaire, dont le financement provient de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII) et de la Préfecture.

La population qu’on accueille fait partie des « invisibles » de notre société, de ceux qui ne sont d’ailleurs que des chiffres pour l’administration. Notre travail d’accompagnement – du moins de la façon dont je le conçois – est donc un travail d’humanisation, de redonner à la subjectivité de chacun une dignité ; et cela même au-delà des parcours singuliers qui les ont menés à demander à l’État français cette reconnaissance qu’est l’asile, qui n’est que la reconnaissance du risque que comporte pour leurs vies le retour à leurs pays. Car l’asile se dit « politique » dans un sens bien étroit du terme, en oubliant souvent que la misère ou le manque d’opportunités relèvent aussi du domaine du politique.

Les rencontrer, tous les jours, laisse pour moi terne ce syntagme de « demandeurs d’asile » venant les nommer sans cesse. Ils sont Salim, Ahmed, Hasib, Fatima, Ammar, Mamadou… Toujours moins des victimes de tortures atroces, moins des proies d’une pauvreté abjecte, moins des survivants de la Méditerranée, que des êtres humaines dans la poursuite d’un lieu possible pour eux dans le monde. Et c’est dans ce quotidien que j’apprends à chaque fois combien l’exil peut être conçu plutôt comme un pari encore pour la vie, là où la pulsion de mort a tout ravagé sur son passage.

On accueille donc ces parieurs. Et on parie sur eux. On parie sur leurs paris. On garantit des conditions dignes de logement, on propose une orientation juridique, on veille au respect de leurs droits, on assure leur accompagnement santé, on les guide vers leur insertion, et surtout on les écoute… De sorte que parfois on peut même oublier à quel point est risqué de vouloir le bien de l’autre, de croire qu’on sait à quoi ça consiste, d’en devenir les martyres, les héros. Être avertis de cette limite de l’impossible à sauver, de l’inconsistance de notre « acte héroïque », me semble un horizon fondamental à garder dans notre travail, faute de quoi lui-même il devient impossible.

Et il s’avère que dernièrement il l’est devenu, dans ce temps sans asile ni frontières contre l’épidémie inarrêtable du COVID-19. Notre équipe a été appelée à se constituer « en exception » face au commandement du confinement annoncé le 17 mars dernier par le gouvernement français. Le télétravail n’étant pas envisageable, il fallait, d’une part, assurer des missions d’urgence, telles que la distribution alimentaire pour les jours à venir, mais aussi d’autre part suivre des directives visant à garantir malgré tout nos missions habituelles, même quand elles restent irréalisables. Et ce sont surtout nos corps qui sont appelés à être là – dans la rue, dans le métro, dans les logements des résidents, dans nos bureaux – où la norme générale interdit qu’ils le soient ; cette fois-ci au nom d’un autre commandement, celui de « ne pas abandonner nos protégés ». On se retrouve alors dans cette position paradoxale où nous-mêmes ne sommes pas protégés. La distribution de masques, le gants, gel hydro-alcoolique, toutes ces mesures restant prioritaires pour les soignants en première ligne ; nous, nous n’y avons pas le droit. Cette décision de distribution prioritaire vient aussi nous rappeler que ce n’est pas à nous de rester là pour sauver des vies, que ce n’est pas à ce front que se jouent nos possibles.

Lorsque le réel maraude dans chaque coin, nous « les protecteurs » non-confinés devenons les agents potentiels de sa propagation auprès de ceux que nous sommes censés protéger. Là où tout acte héroïque cloche, c’est avec notre chair qu’on vient payer son échec. Cette fois-ci, c’est nous qui attendons un pari pour ces vies qui sont les nôtres.

Paris, le 23 mars 2020.

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« UN DISCOURS QUI SERAIT DU RÉEL » https://enversdeparis.org/2020/04/01/un-discours-qui-serait-du-reel/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=un-discours-qui-serait-du-reel Wed, 01 Apr 2020 19:26:08 +0000 https://enversdeparis.org/?p=13271

Par Rosana Montani

Ma lecture du chapitre « D’un discours qui serait du réel » du texte de Jacques-Alain Miller « Lire un symptôme »[i] s’est plus particulièrement intéressée au dialogue de la psychanalyse avec la philosophie sur la question de l’Être, de l’Apparence et du Réel.

Là où la philosophie se perd jusqu’au vertige dans sa tentative d’unir ces deux contraires que sont l’Être et l’Apparence, la psychanalyse avec Lacan propose de « cerner ce qui [est] à la fois être et apparence de façon indissociable »[ii] avec la notion de semblant. Par ailleurs, parmi les philosophes Grecs majeurs, Platon, dans son Parménide, interroge ce lien entre l’unité et la diversité de l’Être et, comme le souligne Lacan dans son Séminaire «… ou Pire », met en valeur la différence qui sépare l’Un de l’Être :

« cet Un que Platon si bien distingue de l’Être. C’est assurément que l’Être, lui, est Un toujours, en tous les cas, mais que l’Un ne sache être comme Être, voilà qui est dans le Parménide parfaitement démontré. C’est bien d’où est sortie la fonction de l’existence. Ce n’est pas parce que l’Un n’est pas qu’il ne pose pas la question, et il la pose d’autant plus que, où que ce soit à jamais qu’il doive s’agir d’existence, ce sera toujours autour de l’Un que la question tournera »[iii].

Cet Un de l’existence n’est pas de l’Être, précise Lacan, et il est ce qui surgit dans « le tout à coup, l’instant, le soudain », ce qui reste le « plus fuyant dans l’énonçable »[iv]. La psychanalyse lacanienne pose le Réel comme ce qui est précisément et problématiquement au-delà des semblants de l’Être : « Le réel, ce serait, si l’on veut, un être, mais qui ne serait pas un être du langage, qui serait intouché par les équivoques du langage, qui serait indifférent au make believe. »[v]

Pour la psychanalyse lacanienne, il y a donc le Semblant de l’Être et son au-delà, le Réel. Le terme de semblant est pour la psychanalyse ce qui cerne « à la fois être et apparence de façon indissociable ». J.-A. Miller propose pour sa traduction en anglais les termes de make believe. Par cette traduction, il fait saisir la dimension de la croyance en jeu dans le semblant. Si on croit, il n’y a pas de différence, pas de division, entre Être et Apparence. Pour les philosophes qui ont cherché un au-delà de ce semblant, ils se sont heurtés au réel dont J.-A. Miller souligne qu’il se tient radicalement hors du symbolique qui permet de croire à son Être.

Ce réel, les platoniciens l’ont trouvé dans les mathématiques dont les formules cernent un réel que les mathématiciens eux-mêmes considèrent comme déjà-là. Pour les mathématiques, ceux sont les petites lettres hors-sens de leurs formules qui, non pas créent le réel, mais épellent le réel déjà-là. Pour les mathématiques, le Réel ne varie pas. Seule la physique mathématique avec les recherches sur l’atome soutient que le Réel varie, qu’il est soumis à la contingence. Ce point est important, puisqu’il établit que « le complexe composé de l’observateur et des instruments d’observation interfère, et le réel devient alors relatif au sujet, c’est-à-dire cesse d’être absolu »[vi]. Si, comme le souligne J.-A. Miller, le sujet de la parole et du langage « fait écran au réel »[vii], les mathématiques contournent cette difficulté et accèdent au réel par un langage qui ne fait pas écran au réel, un langage réduit à sa matérialité, réduit à la lettre.

En 1971 dans son Séminaire D’un discours qui ne serait pas du semblant, Lacan pointe que la Lettre intéresse la psychanalyse, comme elle intéresse les mathématiques par le lien qu’elle entretient au réel radicalement hors-sens. Déjà en 1969-1670 dans Son Séminaire L’envers de la psychanalyse, Lacan ramène ses quatre discours, celui du maître, de l’hystérique, de l’universitaire et de l’analyste, à quatre places et quatre fonctions, celle de l’agent, de la vérité, du savoir et du produit, qui permettent qu’y circulent quatre petites lettres : S1, S2, $, (a). Avec ses quatre discours et leur écriture à l’aide de petites lettres, il rend lisible que :

« L’articulation, j’entends algébrique, du semblant – et comme tel il ne s’agit que de lettres – et ses effets, voilà le seul appareil au moyen de quoi nous désignons ce qui est réel. Ce qui est réel, c’est ce qui fait trou dans ce semblant »[viii].

Cette même année 1971, dans Lituraterre, Lacan fait de la Lettre la forme du signifiant qui est hors-sens, hors articulation signifiante et qui implique le réel de la jouissance auto-érotique du corps. Avec cette définition de la Lettre, il reproblématise le rapport entre le signifiant et la jouissance et, au-delà de la fonction d’interdit que le symbolique pose sur la jouissance, il établit que la Lettre est une « fixité de la jouissance »[ix].

C’est cette dimension de la Lettre, en tant qu’elle actualise « la rencontre matérielle d’un signifiant et du corps »[x], que le Vecteur Psychanalyse et Littérature continuera d’approfondir, avec le texte de J.-A. Miller « Lire un symptôme » pour orientation et à partir du livre de François Cheng Le Dialogue.

 Compte tenu de la crise sanitaire actuelle, le Vecteur Psychanalyse et Littérature continuera ses échanges de travail par mail et par téléphone. Pour ce mois d’avril, Philippe Doucet nous donnera à lire et à discuter sa lecture du Dialogue de F. Cheng.

[i]. Miller J.-A., « Lire un symptôme », Mental, n° 26, Juin 2011,

[ii]. Ibid., p. 52.

[iii]. Lacan J., Le Séminaire, livre XIX, « … ou Pire », Séminaire XIX, Paris, Seuil, 2011, p. 134.

[iv]. Ibid., p. 135.

[v]. Miller J.-A., Op. cit., p. 52.

[vi]. Ibid., p. 53.

[vii]. Ibid., p. 53.

[viii]. Lacan J., Le Séminaire, livre XVII, D’un discours qui ne serait pas du semblant, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2006, p. 28.

[ix]. Miller J.-A., Op. cit., p. 58.

[x]. Ibid., p. 58.

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INTERNET SOUS TRANSFERT https://enversdeparis.org/2020/04/01/internet-sous-transfert/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=internet-sous-transfert Wed, 01 Apr 2020 19:16:59 +0000 https://enversdeparis.org/?p=13267

Par Nayahra Reis

En novembre 2017, le numéro 97 de La Cause du Désir intitulé « Internet avec Lacan », s’interrogeait sur les effets de l’internet et de la technologie dans la subjectivité des sujets contemporains et sur les enjeux de la pratique de séances analytiques et de supervisons online, réalisée par certains courants analytiques en Chine et un peu partout dans le monde. Même si ces pratiques défendaient leur méthode en s’appuyant sur l’orientation de Lacan – d’après laquelle le seul médium de l’analyse, c’est la parole du patient –, tout cela nous semblait scandaleux et nos critiques portaient notamment sur le fait qu’une analyse ne pouvait pas se dérouler sans la présence du corps. Mais nous voilà en mars 2020, confrontés au réel de la pandémie du Covid-19, et en train de réinventer notre pratique du fait même de la mesure de protection – celle de la distanciation sociale, imposée par le risque de contamination. Dans un laps de temps très écourté, comme celui de la propagation du virus, nous constatons que de nombreux psychologues, thérapeutes et aussi de psychanalystes de l’ECF – exerçant en libéral ou dans des institutions – proposent des séances par téléphone ou vidéo via les applications telles que Skype, WhatsApp et FaceTime. Ceci étant dit, et en suivant le fil de notre orientation, quelle place pour la psychanalyse et que reste-t-il de la « confrontation de corps »[i] lors d’une consultation virtuelle, dans ce contexte inédit de crise sanitaire et d’urgence subjective, où l’Autre qui incarne l’internet semble emporter la bataille ?

 

 

Il est vrai que la technologie, dit Jacques-Alain Miller[ii], met en place des « modes de présence » inédits, où le contact à distance en temps réel s’est banalisé avec les smartphones, internet, etc., et où le corps est devenu lui-même « portable ». Dans ce contexte, ajoute-t-il, nous, psychanalystes, sommes fréquemment interrogés sur « Pourquoi ne fait-on pas une analyse par téléphone, puisqu’au moins on a la voix ? », ou encore, « pourquoi ne fait-on pas des analyses en vidéo-conférence, la vidéo-psychanalyse, si nous avons le support de l’image ? »[iii]. À ces questions, il répond que « se voir et se parler, cela ne fait pas une séance analytique »[iv]. Pour lui, « être là sans le corps n’est pas être là, ce n’est pas le vrai de vrai de la présence »[v], puisqu’elle ne comporte pas ce que caractérise la présence de l’analyste. Ce dernier, « dans sa présence, incarne la partie non symbolisable de la jouissance »[vi]. Autrement dit, dans une analyse, l’analyste et l’analysant ne sont pas là pour se voir. Bien plus qu’une confrontation d’images, c’est de la jouissance du corps dont il s’agit et, dans ce sens, « tous les modes de présence virtuelle, même les plus sophistiqués, buteront là-dessus »[vii], conclut-il.

Quelques années plus tard, Éric Laurent présentera une position en amont, étant donné les reformulations exponentielles des usages d’internet des dernières années. Pour lui, « l’analyste contemporain peut aussi se servir de Skype quand les circonstances ne permettent pas de faire autrement. Il y a des dits qui portent, même transportés par internet »[viii]. L’analyse, précise-t-il, « c’est tout ce que peuvent se dire deux corps parlants, deux parlêtres dans une rencontre inédite. Il faut se servir de Skype pour ensuite s’en passer »[ix] et pas s’y limiter. Voilà l’indication que nous livre É. Laurent et que nous aide à moduler notre savoir y faire notamment face aux conjonctures actuelles.

Rappelons que Lacan, dans son « Rapport du congrès de Rome »[x], avait jadis invité les analystes à ne pas reculer face à la subjectivité de son époque. Si les séances virtuelles sont devenues répandues dans notre champ en cette période de Coronavirus, cela indique non seulement que l’inconscient c’est la politique, mais aussi que les analystes qui s’y prêtent suivent Lacan, ne cédant surtout pas quant à l’éthique de la psychanalyse, appuyée sur leur désir d’analyste et le transfert.

Pour finir, il n’est donc pas question de considérer qu’une analyse par Skype ou WhatsApp deviendra l’usuel de notre pratique. Au contraire, tel que le dit J.-A. Miller, « plus la présence virtuelle se banalisera, d’autant plus précieuse sera la présence réelle »[xi].

[i]. Lacan J., Le Séminaire , livre XIX, … Ou pire, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2011, p. 228.

[ii]. Miller J.-A., « Le divan. XXIe siècle. Demain la mondialisation des divans ? Vers le corps portable » (entretien avec Éric Favereau), Libération, 3 juillet 1999. Disponible sur internet.

[iii]. Miller J.-A., « L’inconscient à venir », La Cause du Désir, n° 97, novembre 2017, p. 108. Extrait de la leçon du 17 novembre 1999 du cours de J.-A. Miller, « L’orientation lacanienne. Le us du laps ».

[iv]. Ibid.

[v]. Ibid.

[vi]. Ibid.

[vii]. Ibid.

[viii] Laurent É., « Jouir d’internet », La Cause du Désir, n° 97, novembre 2017, p. 18.

[ix]. Ibid.

[x]. Cf. Lacan J., « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 321.

[xi]. Miller J.-A., « L’inconscient à venir », op.cit., 1999.

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ÉDITO AVRIL 2020 https://enversdeparis.org/2020/04/01/edito-avril-2020/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=edito-avril-2020 Wed, 01 Apr 2020 18:48:18 +0000 https://enversdeparis.org/?p=13253

L’édito au temps du confinement

Chères et chers membres et amis de L’Envers de Paris,

En ce temps de pandémie, la psychanalyse peut nous permettre de rebondir, car elle nous éclaire dans notre pratique, dans ce moment inédit, et elle constitue notre lien à nous !

2020 avait commencé avec l’Australie en feu, conséquence selon les experts, du changement climatique. La pandémie du Covid-19 se répandait ensuite comme une trainée de poudre sur la planète depuis le marché de Wuhan en Hubei, jusqu’en Europe – aujourd’hui son épicentre – et le reste du monde. La vulnérabilité face à ce nouveau coronavirus, le SARS-CoV-2, et l’inadéquation des structures sanitaires publiques, dépouillées de leurs moyens depuis deux décennies, donnent la mesure de la plus grave crise sanitaire qu’ait jamais connue notre génération.

À l’époque des « corps mobiles » et de la globalisation homogénéisante, le réel impossible de l’épidémie nous réveille en nimbant nos villes silencieuses d’un sentiment d’Unheimliche. Nous pensons à nos proches. Le confinement, nous l’appliquons à la première personne et avec la décision subjective qui part d’un je. Et une lueur d’espoir apparaît grâce à l’effort des équipes sanitaires au chevet des malades et lorsque nos scientifiques et chercheurs s’inscrivent dans des projets communs, bien encadrés, en Europe et dans le monde pour créer un vaccin et un traitement qui permettraient une sortie urgente de la crise.

Beaucoup de nos collègues travaillant dans des structures de soins sanitaires et médico-sociales se mobilisent et donnent des réponses inédites d’écoute dans cette nouvelle situation. Ils nous font part de la façon dont ils actualisent leurs réponses orientées par la psychanalyse, en permanence ou par télétravail dans leurs institutions, ou dans leur cabinet. Internet avec ses applications, ses blogs, le téléphone sont devenus des outils qui permettent de soutenir le lien du transfert quand les circonstances empêchent de pouvoir faire autrement.

L’Envers de Paris s’adapte aux temps du confinement. Notre outil, c’est l’étude et la transmission de la psychanalyse, dans notre ville, dans nos institutions et dans nos groupes parisiens. Cela nous permet d’orienter notre écoute et notre pratique. Nos réunions sont toutes en conséquence annulées pendant le mois d’avril afin de freiner la propagation du virus. Les groupes d’étude et de travail de L’Envers continuent leurs échanges par la voie des différents types d’applications, par internet, WhatsApp, Skype, ou autres, en attendant des temps meilleurs qui permettent de nouveau la rencontre de nos corps parlants.

 

Le groupe Lectures Freudiennes dans ce temps de confinement continue ses études du texte de Freud Metapsychologische Ergänzung zur Traumlehre – « Complément métapsychologique à la doctrine du rêve » – rédigé par Freud en 1915 durant la Deuxième Guerre mondiale. L’état de rêve ne veut rien savoir du monde extérieur et retire l’investissement du système Cs alors que les autres systèmes Pcs et Inc obéissent à l’état de sommeil. Grâce à ce non-investissement du système Cs l’épreuve de réalité est abandonnée.

Le vecteur Théâtre et psychanalyse a dû annuler sa dernière rencontre prévue au Théâtre de la Bastille autour de l’adaptation des Illusions perdues de Balzac par Pauline Bayle du fait de l’épidémie. Nous attendons une nouvelle date entre le 11 juin et le 3 juillet, date de la reprogrammation du spectacle.

Le vecteur Psynema propose des réunions via Skype dans ce moment de confinement avec la lecture de Lituraterre et le choix de films autour du thème : « Migrations, Exil et Frontières ». Contacter Maria luisa Alkorta :  mail >> 

Durant le confinement d’avril, pour continuer à animer le vecteur Psychanalyse et Littérature du désir décidé et solidaire de chacun(e), Ph. Doucet nous donnera sa lecture du Dialogue de F. Cheng. À partir de son texte-mail, nous pourrons discuter ensemble par téléphone et par mail pour faire avancer le point central de ce livre. Pour tout contact, Marie-Christine Baillehache : mail >>

Le Vecteur Le Corps, pas sans la psychanalyse travaille en échange par mail sur le « Journal de confinement » de Wajdi Mouawad, directeur du théâtre de la Colline. Voici le lien qui s’y rapporte : cliquer ici >>. Mouawad décrit là un rêve qu’il a fait développant l’hypothèse d’un rêve unique pour tous, étendu à 7 milliards de sujets confinés. Contact Geneviève Mordant : mail >> 

Le vecteur Seminario Latino de Paris poursuit son activité pendant le confinement à partir des échanges, nouvelles technologies à l’appui. Cela s’avère d’autant plus intéressant que la soirée annulée du 25 mars s’inscrivait déjà dans le questionnement des « nouages des subjectivités contemporaines ». Contacter Patrick Almeida responsable du groupe : mail >> 

 

Laurent Dupont, président de l’ECF, nous informait qu’à partir du 1er avril l’école met en place des enseignements du Grand Paris en direct sur votre ordinateur avec la plateforme Zoom par le moyen d’une inscription pour 100 personnes maximum à l’adresse suivante : mail >> 

Nous introduisons plusieurs textes dans notre site, réflexions sur le temps du confinement. Le texte de Nayahra Reis, Internet sous transfert souligne les modes de présence inédits à l’époque du corps « portable » et de la pandémie. Le texte de Lore Buchner, amie de L’Envers de Paris, concerne l’accueil et l’écoute proposée par une association humanitaire dans ces temps de propagation du COVID-19. Rosana Montani rend compte de son travail exposé au sein du vecteur Psychanalyse et Littérature.

Nos rencontres annulées du mois de mars seront reprogrammées lors de temps meilleurs. Il s’agit de la rencontre entre Nurith Aviv et Éric Laurent suite à la projection du film de Nurith Aviv, YIDDISH au cinéma Les trois Luxembourg.  De même, la soirée organisée autour du livre de Camilo Ramirez, Haine et pulsion de mort au XXIe siècle proposant une conversation avec l’auteur et Guy Briole, préfacier de l’ouvrage, à la librairie Le Divan sera à nouveau programmée par L’Envers de Paris et l’Association des psychologues freudiens.

Marga Auré, 30 mars 2020

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L’AMENTIA https://enversdeparis.org/2020/04/01/lamentia-2/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=lamentia-2 Wed, 01 Apr 2020 17:48:33 +0000 https://enversdeparis.org/?p=13242

Le groupe Lectures Freudiennes a pu tenir une réunion de travail avant le confinement, le 4 mars.

Nous avons continué l’étude du texte de Freud Metapsychologische Ergänzung zur Traumlehre – « Complément métapsychologique à la doctrine du rêve » – rédigé par Freud en 1915 pendants la Deuxième Guerre mondiale.

Ce que le refoulement fait dans l’amentia fait le renoncement volontaire dans le rêve. L’état de rêve ne veut rien savoir du monde extérieur, il ne s’intéresse pas à la réalité, ou seulement dans la mesure où le fait de quitter l’état de sommeil, le réveil, entre en ligne de compte. Donc il retire aussi l’investissement du système Cs ainsi que des autres systèmes Pcs et Ics tant qu’ils obéissent dans leur état actuel à l’état de sommeil. Grâce à ce non-investissement du système Cs l’épreuve de réalité est abandonnée.

J’espère que nous pourrons reprendre le travail en mai.

Susanne Hommel

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Qu’est-ce que savoir lire ? https://enversdeparis.org/2020/03/02/quest-ce-que-savoir-lire/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=quest-ce-que-savoir-lire Mon, 02 Mar 2020 16:43:02 +0000 https://enversdeparis.org/?p=13224

Par Isabela Otechar

 Ma lecture du texte majeure de Jacques-Alain Miller Lire un symptôme et les questions, discussions, relances, mises en mouvement provoqués par le travail du Vecteur ont fait résonner pour moi la question qu’il pose : quelle différence y a-t-il entre parler et écrire, écouter et lire ? Ce point de différence est essentiel à la psychanalyse et à la littérature.

C’est dans cette différence que la psychanalyse, orientée par le dernier enseignement de Lacan, travaille en mettant l’accent sur l’écriture et la lecture. J.-A. Miller situe cela dans son texte de manière limpide :

« La psychanalyse n’est pas seulement affaire d’écoute, listening, elle est aussi affaire de lecture, reading. Dans le champ du langage sans doute la psychanalyse prend-elle son départ de la fonction de la parole mais elle la réfère à l’écriture. Il y a un écart entre parler et écrire, speaking and writing. C’est dans cet écart que la psychanalyse opère, c’est cette différence que la psychanalyse exploite. »[1]

Si la psychanalyse, précise-t-il, participe de la rhétorique, « elle ne s’y réduit pas ». Si savoir dire est différent de savoir lire, c’est le savoir lire qui fait la différence et « le bien dire propre à la psychanalyse se fonde sur le savoir lire »[2]. Il s’agit de savoir « lire un symptôme ». Il s’agit de savoir lire ce qui est le plus singulier dans le symptôme du sujet. Au-delà des signifiants qui articulent un texte littéraire et une parole analysante, il y a un réel hors-sens qui ne peut que s’écrire. En psychanalyse comme en littérature, il s’agit d’aller au-delà du bien dire, en sachant lire ce qui s’écrit.

 Savoir lire s’apprend-t-il ?

Ce savoir lire dont il est question ici, pouvons-nous l’apprendre ? Et pouvons-nous l’enseigner ? Jacques Alain Miller répond que la cure apprend à l’analysant à bien dire et à savoir lire mais  « hors de toute pédagogie»[3].

Lors de la réunion du vecteur, au moment de ma présentation du texte, j’ai souligné combien, dans mon expérience passée d’étudiante en psychologie, je m’étais confrontée à cet enjeu du hors de toute pédagogie. Longtemps attachée à un savoir complet, à un discours soutenu par un maître, à l’utilisation d’un mode d’emploi et à la recherche d’une réponse, j’ai pu, dans ma cure, m’orienter du réel et avoir un autre rapport avec le sens. La section clinique du département de psychanalyse de l’Université Paris VIII, lors de sa discussion sur les dangers de la Loi de programmation pluriannuelle sur la recherche, n’a pas manqué de faire valoir que l’enseignement de la psychanalyse est distant de toute pédagogie pour se tenir sur le bord du trou du non-savoir. Il s’agit de faire en sorte que le savoir résonne dans le corps pour qu’il produise des effets de formation. Cette remise en question du rapport au savoir maitre est en lien avec l’écrit de l’expérience de la subjectivité et le savoir lire. Ma lecture du texte complexe Action de la structure de J.-A. Miller m’a permis de faire un tour supplémentaire dans ma distanciation avec les discours aux prétentions totalisantes. Dans ce texte, J.-A. Miller met en valeur que le sujet de la parole comme sujet de l’inconscient structuré comme un langage possédant une dynamique propre « suffit à ruiner la possibilité d’un discours qui chercherait son fondement dans la sphère d’une donation immédiate, à la fin – à l’origine – du parcours historique ou méthodique d’une conscience »[4]. Le manque est en jeu dans l’Autre du langage et dans le sujet de la parole et ce manque est spécifique :

« Le manque dont il s’agit n’est pas une parole tue qu’il suffirait de porter à jour, ce n’est pas l’impuissance du verbe ou une ruse de l’auteur, c’est le silence, le défaut qui organise la parole énoncée, c’est le lieu dérobé qui ne pouvait s’éclairer parce que c’est à partir de son absence que le texte était possible, et que les discours se proféraient : Autre scène où le sujet éclipsé se situe, d’où il parle, pour quoi il parle. »[5]

 Ainsi, le manque est en jeu dans la parole d’un sujet. Ce qui est à entendre dans la parole du sujet est «  non seulement ce que ça veut dire, mais surtout ce que ça ne dit pas, dans la mesure où ça veut ne pas le dire »[6]. Ecouter la parole du sujet, c’est précisément entendre que ce ça veut ne pas dire met en jeu un réel qui ne se dit pas, qui ne se sait pas mais qui s’écrit.

Un réel qui s’écrit d’une Lettre.

Dans son texte Lire un symptôme, J.-A. Miller démontre que si l’être s’obtient du signifiant, cet être « appelle, nécessite un au-delà de l’être »[7]. Penser l’être, c’est envisager son contraire. De même, envisager le vouloir dire, c’est considérer le vouloir au-delà du dit. Lier le manque-à-être au vouloir dire, c’est lier le sujet du signifiant comme manque-à-être à un vouloir être. Le manque-à-être est animé d’un « désir de faire être ce qui n’est pas »[8]. Si l’inconscient est structuré comme un langage, il est aussi ce want to be, cette action de la structure. C’est ce want to be qu’il s’agit de savoir lire au-delà du bien-dire et de son écoute. Ramenant ce want au réel, J.-A. Miller en fait un « être mais qui ne serait pas un être de langage »[9]. Ce réel n’a pas de sens, mais il est un want to be qui en appelle au langage. Il est « un langage réduit à sa matérialité, c’est un langage qui est réduit à sa matière signifiante, c’est un langage qui est réduit à la lettre »[10]. Dans sa matérialité, la lettre ne produit pas de sens mais produit dans le langage une résonance singulière pour un sujet. C’est cette résonance que produit l’écriture littéraire lorsqu’elle se libère de l’unique recherche du sens d’une histoire cadrée et a un effet d’affect sur le corps sensible qui est sans pourquoi. L’art littéraire et la psychanalyse se rejoignent, lorsque ni l’un ni l’autre ne cherchent à faire de la vie une fiction au sens maitrisé et conduit de bout en bout sur une voie linaire, mais savent accueillir ce qui de la vie humaine de chacun va à la dérive, échappe à la signification et évoque un réel hors-sens. Dans sa conférence à Baltimore en 1956, Lacan écrit :

« [J]e suis aussi un homme et en tant qu’homme, mon expérience m’a montré que la caractéristique principale de la vie humaine […] que cette caractéristique est que la vie humaine va, comme on le dit en français, « à la dérive ». La vie descend la rivière, touchant une rive de temps en temps, s’arrêtant un moment ici ou là, sans rien comprendre à rien. Et c’est le principe de l’analyse que personne ne comprend rien à ce qui se passe. » [11]

[1] Miller J.-A., « Lire un symptôme », Mental, Juin 2011, n° 24, p. 1.

[2]Ibid.

[3]Ibid.

[4] Miller J.-A.« Action de la structure », p. 97, disponible sur internet : http://cahier. Kingston.ac.Uk/vol09.6miller.html

[5]Ibid.., p. 102.

[6]Ibid.

[7] Miller J.-A., « Lire un symptôme, Londres », Op. cit., p. 1.

[8]Ibid., p. 2.

[9] Ibid.

[10]Ibid.

[11]Jacques Lacan, « De la structure en tant qu’immixtion d’un Autre préalable à tout sujet possible », Baltimore (USA), 1966, p. 3, disponible en ligne : http://www.acheronta.org/lacan/baltimore-fr.htm

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Nouages des subjectivités contemporaines https://enversdeparis.org/2020/03/02/nouages-des-subjectivites-contemporaines/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=nouages-des-subjectivites-contemporaines Mon, 02 Mar 2020 16:06:42 +0000 https://enversdeparis.org/?p=13213

Dans le cadre de son cycle « Science et psychanalyse », le Seminario Latino de Paris de L’Envers de Paris propose une soirée ouverte au public autour du thème Nouages des subjectivités contemporaines. Juliane Casarin interviendra à propos de « Des chirurgies symptomatiques à l’esthétique du sinthome », et Claudio Maino parlera sur « Alcoolisme et dépression : les traces du malaise chilien ». Soirée animée par Nayahra Reis et Ariel Altman, sous la responsabilité de Patrick Almeida. Le mercredi 25 mars à 21h, Maison de l’Amérique Latine.

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HAINE ET PULSION DE MORT AU XXIe SIECLE, ce que la psychanalyse en dit https://enversdeparis.org/2020/03/01/haine-et-pulsion-de-mort-au-xxie-siecle-ce-que-la-psychanalyse-en-dit/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=haine-et-pulsion-de-mort-au-xxie-siecle-ce-que-la-psychanalyse-en-dit Sun, 01 Mar 2020 16:35:21 +0000 https://enversdeparis.org/?p=13199

Guy Briole et Camilo Ramírez tiendront une conversation, autour de l’ouvrage de ce dernier, Haine et pulsion de mort au XXIè siècle, animée par les lecteurs attentifs de L’Envers de Paris et de l’Association des psychologues freudiens.

Mercredi 25 mars, 20h30, à la librairie Le Divan, 203, rue de la Convention, Paris 15ème.

Entrée libre

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ÉDITO MARS 2020 https://enversdeparis.org/2020/03/01/edito-mars-2020/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=edito-mars-2020 Sun, 01 Mar 2020 15:36:41 +0000 https://enversdeparis.org/?p=13184

Chers membres et amis de L’Envers de Paris,

Les membres de l’Envers de Paris ont un rendez-vous important le lundi 30 mars. L’Assemblée Général Ordinaire aura lieu à 21h00 au local de l’ECF, 1, rue Huysmans, 75006 Paris. L’AGO est un moment essentiel de notre vie associative. Il est vraiment important que nous soyons nombreux pour converser chacun de son travail, ses projets, son point de vue pour le bon fonctionnement de notre association et pour redonner force et vitalité à nos vecteurs, nos groupes, nos commissions ou collectifs pour que L’Envers de Paris puisse s’agrandir et continuer à faire palpiter la psychanalyse dans notre cité.

Cette année la Journée FIPA aura lieu à Lyon, le samedi 14 mars de 9h30 à 18h, sous le titre : Qu’attendre d’un traitement court ? La psychanalyse comme boussole. Il s’agit d’un important rendez-vous de la psychanalyse appliquée d’orientation lacanienne qui concerne tous ceux qui travaillent en institution. L’étude de cette question du traitement court donnera certainement des idées pour des dispositifs innovants.

L’AMP célèbre son XIIe Congrès International du 13 au 17 avril à Buenos Aires avec pour thème : « Le rêve. Son interprétation et son usage dans la cure lacanienne ». Les inscriptions sont ouvertes pour les membres et pour les non membres de l’AMP à l’adresse mail>> Et voici l’activité bouillonnante qui se présente pour le mois de mars à L’Envers de Paris :

 

Le 17 mars à 21h00, rencontre entre Nurith Aviv et Éric Laurent suite à la projection du film de Nurith Aviv, YIDDISH, au cinéma Les 3 Luxembourg, 67 rue Monsieur-le-Prince, 75006 Paris. Nous poursuivons ce long accompagnement des films de Nurith Aviv commencé il y a plus de quinze ans et qui se poursuit, en s’approfondissant chaque fois un peu plus au fil des conversations« Sept jeunes d’aujourd’hui, originaires de plusieurs pays d’Europe et aussi d’Israël, disent leur passion pour la poésie yiddish d’avant-garde, écrite par des auteurs qui avaient à peu près leur âge dans l’entre-deux-guerres. Pour les protagonistes du film, cette poésie n’appartient pas uniquement à un passé juif, elle permet de se situer face au présent ». Pour plus de renseignements >>

Et pour réserver, cliquer ici 

Le 25 mars à 20h30 à la librairie Le Divan, 203, rue de la Convention, Paris 75015, L’Envers de Paris et l’Association des psychologues freudiens organisent une rencontre-conversation autour du livre de Camilo Ramirez, Haine et pulsion de mort au XXIe siècle. Nous recevrons l’auteur avec Guy Briole, préfacier de l’ouvrage, tous deux psychanalystes membres de l’ECF.

Le vecteur Psychanalyse et Littérature se réunira le mardi 3 mars : Rosana Montani présentera sa lecture du texte de J-A Miller « Lire un symptôme » dans sa dimension de réel. Contacter : Marie-Christine Baillehache : 0642233703.

Le groupe Lectures Freudiennes continue son travail autour du texte de Freud « Complément métapsychologique à la Doctrine du Rêve », écrit en 1915 pendant la Première Guerre mondiale. Freud interroge l’amentia. De quelle façon l’épreuve de réalité peut-elle être mise hors activité ? Nous verrons cela mieux dans la psychose de désir, l’amentia, que dans le rêve. L’amentia nous offre le spectacle intéressant du Ich qui se sépare de l’un de ses organes qui était son serviteur et le plus intimement lié. La prochaine rencontre aura lieu le 4 mars 2020 à 21h00 chez Susanne Hommel >> 

Philippe Benichou nos informe des rencontres programmées par le collectif Théâtre et Psychanalyse pour ce mois de mars. Premier rendez-vous aux Ateliers Berthier du théâtre de l’Odéon, pour une rencontre à l’issue de de la représentation de Pelleas et Mélisandre le dimanche 8 mars à 15h00 avec Julie Duclos et Nathalie Georges-Lambrichs, psychanalyste membre de l’ECF. Œuvre phare du théâtre symboliste, Pelléas et Mélisande fut considérée comme une révolution littéraire par sa rupture avec le naturalisme régnant sur les scènes. Pleine de la puissance d’évocation du signifiant, cette œuvre, toute de poésie et d’énigmes, est aujourd’hui montée par Julie Duclos qui y trouve la représentation d’un monde au bord de l’effondrement en résonnance avec l’inquiétude collective d’aujourd’hui.

Ce collectif nous donne ensuite rendez-vous le samedi 21 mars à 21h00 au Théâtre de la Bastille pour une rencontre avec Pauline Bayle et Deborah Gutermann-Jacquet, psychanalyste, membre de l’ECF, suite à la représentation ded Illusions perdues, d’après Honoré de Balzac. « Les dialogues des Illusions perdues me galvanisent, me font réagir physiquement, car cette œuvre est un feu d’artifice d’idées et de vie. Cette force, trouvant sa résonance en moi, me confirme qu’il faut porter ce roman à la scène ». Pauline Bayle nous dit ici ce qui l’a décidée de se lancer dans l’adaptation théâtrale du plus long des romans de Balzac, roman dont Jacques-Alain Miller avait déchiffré la célèbre scène de la rencontre entre Lucien de Rubempré et Vautrin dans son cours « Un effort de poésie » (Cours du 15 janvier 2003).

Le Vecteur Le Corps, pas sans la psychanalyse nous propose pour sa prochaine réunion de réfléchir au rôle que la psychanalyse pourrait tenir pour réintroduire la place du rêve dans le vivant du corps-parlant, maintenant plongé dans la société de la « réalité virtuelle » qui a sans doute pour conséquences des influences sur le récit, l’élaboration et les effets de vérité du travail du rêve. Prochaine réunion le jeudi 19 mars à 20h30, au 24 rue Galliéni à Cachan. Contact : Geneviève Mordant : 06 08 26 49 46.

Le vecteur Psynéma poursuit la préparation de la projection-débat du 25 avril « M. le maudit » qui sera animé par Francesca Biagi-Chai, psychanalyste membre de l’ECF. Réservation au Patronage Laïque Jules Valles : 01 40 60 86 00. Nous avons commencé par le visionnage du film et continuerons par l’étude de la structure du passage à l’acte en étudiant le Surmoi chez Lacan. Deux textes seront mis à la tache : « Fonctions de la psychanalyse en criminologie », Écrits, pp. 125-149, et Les Noms-du-Père, leçon du 20 novembre 1963. Prochaine réunion 21 mars à 15h00 chez María Luisa Alkorta. Le vecteur est ouvert pour ceux qui désirent y participer. Contacter : Karim Bordeau 0607233929 ou Maria Luisa Alkorta >>

Pierre Sidon nous envoie des nouvelles du groupe d’étude Conversations Clinique et Addictions du TyA. Un étrange paradoxe contemporain : jouir et se soigner, les nouvelles obligations de la santé mentale. Fondée sur la contrainte, l’institution de soins est un dispositif du Discours du maître. Il en est de même de la santé mentale : soigner est un impératif sans limite. Or le pousse-à-jouir s’étend et, avec lui, ses excès sont à soigner : jouir et se soigner de jouir… trop ! Précipité au CSAPA, le condamné peut rencontrer l’occasion de trouver un chemin singulier. Avec Ana de Melo et Eric Colas. Le 23 mars 2020 à 20h30. Renseignements et inscriptions >> 

En mars L’Envers de Paris est en pleine floraison !

Marga Auré

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L’AMENTIA https://enversdeparis.org/2020/03/01/lamentia/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=lamentia Sun, 01 Mar 2020 15:17:28 +0000 https://enversdeparis.org/?p=13182

Le groupe Lectures Freudiennes continue son travail autour du texte de Freud « Complément métapsychologique à la Doctrine du Rêve », écrit en 1915 pendant la Première Guerre mondiale. Freud interroge l’amentia. De quelle façon l’épreuve de réalité peut-elle être mise hors activité ? Nous verrons cela mieux dans la psychose de désir, l’amentia, que dans le rêve. L’amentia nous offre le spectacle intéressant du Ich qui se sépare de l’un de ses organes qui était son serviteur et le plus intimement lié. La prochaine rencontre aura lieu le 4 mars 2020 à 21h00 chez Susanne Hommel >> 

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