Littérature et psychanalyse

Vecteur, responsable Marie-Christine Baillehache


Est-ce insensé d’écrire ?
Par Marie-Christine Baillehache

Le Vecteur Psychanalyse et Littérature a donc conclu son travail sur l’autofiction de N. Bouraoui Mes mauvaises pensées par la question du lien singulier que l’écrivain invente entre le signifiant et la jouissance énigmatique et irreprésentable qui mobilise son corps vivant. Pour continuer à affiner cette question de la relation du signifiant à la jouissance dans l’écriture littéraire, le concept de la Lettre, tel que Lacan le précise et le déplie dans son écrit de 1971 Litturaterre, continuera à être la boussole du Vecteur. Avec la Lettre, à rebours de la capture de la jouissance du corps par le signifiant et son articulation, Lacan fait valoir l’évènement de jouissance, et non de signification, que la Lettre produit et qui est à la racine du symptôme. Dans sa conférence de 1974 La Troisième, Lacan relie la Lettre à lalangue qu’il définit comme cette langue privée et hors l’ordre syntaxique qui a eu et garde ses effets de jouissance hors-sens dans le corps. Dès lors, notre recherche quant à l’art littéraire sera de se laisser enseigner par la manière dont tel écrivain travaille au « surgissement d’une présence » (C. Bobin) dans son écriture en prenant appui sur son expérience de sa lalangue, sur la façon dont une langue parlée ne cesse de produire une sensation dans son propre corps, continue d’affecter son corps comme un coup de poing ou une caresse, persiste à laisser une trace dans son corps pas uniquement à cause de sa signification. Cette dimension lacanienne de lalangue met en valeur l’imprégnation du langage par la jouissance.

Pour approcher un peu mieux cet enjeu de la langue privée qui sert non pas à la communication et à l’échange, mais à la jouissance, le Vecteur Psychanalyse et Littérature s’est donné pour nouvel axe de travail « L’exil et lalangue » et pour écrivains parmi lesquels un sera plus particulièrement choisi :

– François Cheng : Le dialogue (2002)

– Agota Christophe : L’analphabète (2004)

– Aimé Césaire : Retour au pays natal (1930)

– Marise Condé : Desirada (1997)

– Monsi : La noce de fous (1986)

Demandes d’informations, et inscriptions Marie-Christine Baillache> 06 42 23 37 03 ou 01 43 37 04 97 Lieu des réunions à 21h 7 Rue Linné Paris 75005 – Métro Jussieu

Nos dates de réunions :

  • Mardi 4 février
  • Mardi 3 mars
  • Mercredi 1er avril
  • Mardi 12 mai
  • Mardi 9 juin

Le mardi 4 février, Isabela Otéchar nous présentera son travail sur l’article de J-A Miller Lire un symptôme (Mental N° 26) et nous déterminerons notre choix d’auteur(s) et de roman(s).

 

Nos rencontres précédentes

L’insoutenable légèreté de l’être, Milan Kundera

Compte rendu « Psychanalyse et littérature » du 10 Avril 2018. Le rapport essentiel du sujet est son rapport à l’Autre en tant que dans ce rapport le sujet puisse rencontrer un Autre lui-même sujet, un Autre lui-même subjectivable.

Tous les matins du monde de Pascal Quignard

L’Histoire, la musique comme passion du silence et l’objet à jamais perdu sont les thèmes centraux que P. Quignard entremêle  pour interroger encore/en-corps le langage dans son rapport de tension au silence et à la musique.

l’expérience du fantasme

Durant cette Année 2018, le Vecteur Psychanalyse et littérature orientera son travail avec la phrase de Lacan : « l’expérience du fantasme est intimement tissée à l’œuvre. Dés lors, il devient possible que celle-ci exprime cette dimension, le réel du sujet, qui est l’avènement de l’être au-delà de toute réalisation subjective possible » […] par Marie-Christine Baillehache

Compte rendu de la réunion du 6 Février

Compte rendu de la réunion du Vecteur Psychanalyse et littérature du 6 Février : Durant cette Année 2018, le Vecteur Psychanalyse et littérature orientera son travail avec la phrase de Lacan : « l’expérience du fantasme est intimement tissée à l’œuvre. Dés lors, il...

Nabokov à l’épreuve du Réel

Lolita est une œuvre de longue haleine. Nabokov le dit, il n’y a aucune source d’inspiration biographique à l’origine de ce roman, si ce n’est le Réel de son corps se manifestant brutalement par une maladie : « C’est à Paris, à la fin de 1939 […] par Alexandre Pécastaing et Marie-Christine Baillehache

LOLIT(a) : les deux faces du fantasme

Au scandale que suscite, au Etats-Unis et en France, son roman Lolita, Nabokov répond avec Flaubert et Madame Bovary : « Le livre traite de l’adultère et il contient des situations et des allusions qui ont choqué le régime prude et philistin de Napoléon III. […] par Marie-Christine Baillehache

Lolita : Une écriture de la perversion

HUMBERT HUMBERT ET LA PERVERSION
Au cœur de la perversion il y a l’œil désirant. Dans le roman Lolita de Nabokov, il y a une illustration de cet œil désirant pervers qui va chercher son objet, découper son objet, à travers la fenêtre du fantasme : Il m’arrivait par exemple… par Philippe Doucet

LOLITA : un défi au langage

Emigré aux Etats-Unis depuis 1940, où il est professeur de littérature à Cornell University et entomologiste chargé de recherche au Muséum of Comparative Zoology de Harvard, V. Nabokov écrit Lolita, en 1955, en plein Maccarthisme. Jugé trop scandaleux, […] par M.-C. Baillehache

Prévert, le chant de la race

Nous reprendrons notre vecteur le 13 Septembre, en nous orientant du thème des J47: « Apprendre. Désir ou dressage », et en l’articulant au roman de Nabokov « Lolita » et des deux films qu’en ont fait Kubrick (62) et Adrian Lyne (97).