Littérature et psychanalyse

Vecteur, responsable Marie-Christine Baillehache
 Prochaines dates de réunion 2018-2019

Mardi 18 Septembre 2018
Mardi 23 Octobre 2018
Mardi 20 Novembre 2018
Mardi 18 Décembre 2018
Mardi 5 février 2019

Demandes d’informations, et inscriptions 
Marie-Christine Baillache>
06 42 23 37 03
01 43 37 04 97

Lieu des réunions à 20h30
7 Rue Linné
Paris 75005

Notre Vecteur « Psychanalyse et littérature » terminera en décembre 2018 sa recherche et son travail sur l’articulation du fantasme et de la littérature avec le roman de Pascal Quignard Tous les matins du monde qui met en jeu, au-delà de l’objet phallique du fantasme qui fait fiction, un reste fixe de Jouissance hors sens. Cette énigme qui ne se résout en aucun sens est ce qui travaille une certaine littérature contemporaine.

Pour l’année 2019, nous nous orienterons du Séminaire XX Encore de Jacques Lacan qui nous enseigne sur les deux jouissances – la jouissance phallique et la jouissance Autre –  et du cours inédit de 2007-2008  « Tous le monde est fou » de Jacques-Alain Miller qui déplie le concept de coupure non orienté sur le sens, pour aborder pas à pas l’enjeu du réel dans l’écriture de certains écrivains contemporains. Pour cela, nous nous laisserons enseigner par quatre romans de quatre romanciers : Frères d’âme de David Diop (Ed. Seuil, 2018) ;  Arcadie  d’Emmanuelle Bayamack-Tan (Ed. P.O.L 2018) ; K O d’Hector Mathis (Ed. Buchet-Chastel, 2018) et Lambeau de Philippe Lançon (Ed. Gallimard, Prix Femina 2018).

Le choix de ces écrivains est de situer leur écriture au joint du réel, là où un reste de jouissance hors sens a le pouvoir de rendre la langue, selon l’expression de Roland Barthes, sexy : « De même, distinguées dans le texte, on dirait qu’il y a des phrases sexy : des phrases troublantes par leur isolement même, comme si elles détenaient la promesse qui nous est faite à nous, lecteurs, d’une pratique langagière, comme si nous allions les chercher en vertu d’une jouissance qui sait ce qu’elle veut. » (1) Au-delà du fantasme et de ses fictions, ces écrivains se donnent pour visée de tourmenter le langage déjà là en le coupant, chacun à leur façon singulière, d’ajustements disparates, de montages insolites, de liens arbitraires, de points de silences sensibles, d’homophonies, de jeux de mots, d’équivoques, d’usages percutants de la Lettre, … Chacune de ces coupures est un saut de jouissance énigmatique dans le langage qui leur permet de faire fiction autrement. Cette recherche de faire un récit littéraire d’un enjeu réel intéresse la psychanalyse qui prend en compte l’incidence du réel, comme mode de jouir singulier du sujet, dans le langage.

Avec la psychanalyse qui considère que ce réel est ce qu’il a de plus étranger pour représenter le sujet de la parole et du langage, cette recherche littéraire contemporaine trouve une incidence et un prolongement politique des plus brulants. Marie-Christine Baillehache

(1) Barthes R., « Roland Barthes par Roland Barthes », 1975, Oeuvres complètes, T. IV, Ed. Seuil, 2002, p. 737.

 

 

Nos rencontres précédentes

LOLIT(a) : les deux faces du fantasme

Au scandale que suscite, au Etats-Unis et en France, son roman Lolita, Nabokov répond avec Flaubert et Madame Bovary : « Le livre traite de l’adultère et il contient des situations et des allusions qui ont choqué le régime prude et philistin de Napoléon III. […] par Marie-Christine Baillehache

Lolita : Une écriture de la perversion

HUMBERT HUMBERT ET LA PERVERSION
Au cœur de la perversion il y a l’œil désirant. Dans le roman Lolita de Nabokov, il y a une illustration de cet œil désirant pervers qui va chercher son objet, découper son objet, à travers la fenêtre du fantasme : Il m’arrivait par exemple… par Philippe Doucet

LOLITA : un défi au langage

Emigré aux Etats-Unis depuis 1940, où il est professeur de littérature à Cornell University et entomologiste chargé de recherche au Muséum of Comparative Zoology de Harvard, V. Nabokov écrit Lolita, en 1955, en plein Maccarthisme. Jugé trop scandaleux, […] par M.-C. Baillehache

Prévert, le chant de la race

Nous reprendrons notre vecteur le 13 Septembre, en nous orientant du thème des J47: « Apprendre. Désir ou dressage », et en l’articulant au roman de Nabokov « Lolita » et des deux films qu’en ont fait Kubrick (62) et Adrian Lyne (97).

Les Lumières de Marivaux sur «L’ile des esclaves»

L’intelligence du théâtre de Marivaux vient de sa satire dénonciatrice des dangers d’une société fondée sur la ségrégation esclavagiste
Dans une interview accordée à La Nouvelle Edition, Jean-Marie Lepen injurie la Première Dame de France en la traitant de «Madame Cougar», la désignant ainsi comme un animal carnassier d’Amérique. Lors du 3° débat de la campagne présidentielle américaine, Donald Trump injurie Hillary Clinton en la traitant de «Nasty woman». (…) par Marie-Christine Baillehache

Logique du Sinthome par Fabienne Hulak

Mercredi 31 mai à 21h15. L’envers de Paris et l’Association des psychologues freudiens vous convient à une soirée avec Fabienne Hulak autour de son livre.

Gaël Faye : mi-dire un « Petit pays »

Par une succession de 31 chapitres courts, de 31 petits tableaux pointillistes qui s’achèvent le plus souvent sur une chute lourde de menaces, G. Faye parvient de façon subtile et efficace à laisser entrevoir le réel innommable qui se tapit derrière les mots rassurants et les apparences séduisantes d’une Afrique coloniale. Chaque dernière phrase est là pour faire saisir au lecteur la fragilité du présent travaillé par des forces meurtrières. Le récit se déroule au Burundi, pays voisin du Rwanda, parcourt les jours heureux de l’enfance de « Gaby » pendant l’année 1993 et se termine avec les massacres racistes des Hutus contre les Tutsis d’Avril à Juin 1994.
Par ce pointillisme littéraire […] par Philippe Doucet

Le corps imaginaire, le corps parlant et le racisme

[…] L’économie de la jouissance liée à l’image du corps est toute entière centrée sur l’affirmation et la protection du corps contre « le plus grand danger » : « Les bandes de jeunes hommes qui avaient transformé leur peur en rage » et qui sont « capables de te briser la mâchoire, de te piétiner le visage, de t’abattre même, à la seule fin d’éprouver ce pouvoir, de se délecter de la puissance de leur corps. Et cette jouissance sauvage, ces agissements spectaculaires faisaient résonner leur nom. » Le corps et l’image du corps sont au carrefour du réel (le corps disloqué), de l’imaginaire (le pouvoir sur le semblable) et du symbolique (se faire un nom). […] par Philippe Doucet

Psychanalyse et littérature

Par l’angle de l’expérience sensible indémontrable ou par l’angle du cérémonial, la religion est pour Freud une illusion résorbable par la psychanalyse. C’est ce point de vue freudien sur la religion que J-A Miller, dans « Religion, psychanalyse », reconsidère pour l’articuler à l’analyse que Lacan propose de la religion.
Ecartant la dimension de l’ « expérience subjective vécue, privatisée » qui rattache la religion au rapport direct, sans cérémonial, à la vérité du […] Marie -Christine Baillehache