Jacques Lacan

Le noeud, dernier amour.

Horizon n°70

Le dernier numéro de notre bulletin est disponible à la librairie de l’ECF.

Édito

décembre 2026

Mars à l’Envers

Édito

À lire agendas à la main, vous découvrirez dans le présent numéro de la newsletter de l’Envers des événements qui arrivent ce mois-ci, d’autres qui se préparent – organisés par les vecteurs Psynéma, Clinique et addictions, Seminario Latino, Théâtre et psychanalyse. Nous avons aussi le plaisir de vous transmettre l’invitation à la présentation du nouveau film de Nurith Aviv, Prénoms, suivi d’une conversation avec Éric Laurent. Nurith a bien voulu associer l’Envers à cet événement.

Autour de la Vie des vecteurs vous découvrirez aussi ce qui se trame dans chacun des vecteurs, l’invitation restant ouverte pour ceux qui souhaitent y participer. Ce mois-ci, après un long travail, le vecteur Lectures freudiennes a achevé une nouvelle traduction, celle du texte « Un enfant est battu ». Nous attendons avec impatience de le trouver en librairie.

Bonne lecture,
Adriana Campos

Événements à venir

Le mercredi 1er avril
Vecteur Théâtre et psychanalyse, Roberto Zucco.

Le vecteur Théâtre et psychanalyse vous convie à une rencontre le mercredi 1eravril à 20h au Théâtre 14, après la représentation de Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès, mise en scène par Rose Noël. Les places sont en vente sur le site du théâtre et bénéficient d’un tarif préférentiel de 18 euros avec le code KOLTES26. France Jaigu a accepté d’être notre invitée.

L’écriture de Bernard-Marie Koltès, loin d’irréaliser le crime, nous donne un aperçu vivant et incarné de Roberto Zucco, personnage inspiré d’un tueur en série italien ayant défrayé la chronique dans les années 80. Au moyen de dialogues parfois déroutants, l’énonciation incomparable de Roberto Zucco se fait entendre, toujours pris dans un effort de nommer son être alors même que son nom propre risque de lui échapper. Emporté par la dérive du signifiant, il passe d’une identification à une autre, sans qu’aucune ne l’habille plus d’un instant. Véritable « caméléon », il est tour à tour « agent secret », « garçon normal et raisonnable », « rhinocéros » et « meurtrier de [son] père ». Habillé d’un treillis militaire qu’il voulait revêtir à tout prix, quitte à tuer sa mère, il se lance depuis sa prison dans une fuite éperdue ponctuée de rencontres et de passages à l’acte qui itèrent, sans effet résolutoire. La contrainte intérieure le pousse sans cesse à commettre l’irréparable jusqu’à sa chute, inéluctable. Pourtant, rien ne semblait l’annoncer : « Pourquoi cet enfant, si sage pendant 24 ans, est-il devenu fou brusquement ? » s’interroge sa mère. Les interrogations ouvertes par cette pièce ont des résonances dans le discours de notre époque, que ce soit sur le plan de la prévention : « tu es fou Roberto. On aurait dû comprendre ça quand tu étais au berceau et te foutre à la poubelle », ou sur celui de la monstruosité du criminel dont il faudrait retrouver « où se loge l’instinct meurtrier ».

Le vendredi 10 avril
Vecteur Psynéma

La prochaine projection organisée par le vecteur PSYNÉMA, suivie d’un débat, sera consacrée au film CHRISTINE de John CARPENTER.

Projection prévue le vendredi 10 avril à 19h00 au Patronage Laïque Jules Vallès (72, Av. Félix Faure – Paris 15ème).

CHRISTINE, film américain de John Carpenter (USA, 1983) avec Keith Gordon, Dennis Guilder et Alexandra Paul.

Christine est un film fantastique et d’horreur sorti en 1983, adapté du roman homonyme de Stephen King publié la même année.

Deux adolescents sont amis, Dennis est beau, courageux, sportif, populaire, habile ; Arnie est maladroit, au physique ingrat, malmené par les caïds du lycée et rabaissé par sa mère. Ce duo qui sera le vecteur du film, on peut penser qu’il illustre deux tendances d’un même corps, radicalement opposées et pourtant liées. Voyons comment le surgissement de l’objet du désir va tragiquement opérer une coupure entre ces deux faces sans remède.

Christine est une voiture, Plymouth Fury modèle 1958, dont on assiste à la naissance. Rouge au milieu d’une chaîne de blanches, et d’une méchanceté sans limite, elle tue qui l’approche sans l’adorer. Douée de pouvoirs extraordinaires, elle attend, tapie dans les déchets sous l’aspect repoussant d’un débris sans nom, que le regard d’Arnie lui redonne son aura irrésistible. Et c’est ce qui arrive, par le biais d’un véritable coup de foudre entre Arnie et Christine qui, une fois retrouvée sa beauté d’origine, se révèle une partenaire jalouse, encombrante et meurtrière.

Avec ce film nous explorerons l’illimité de la passion, de même que nous verrons, du point de vue de la forme, comment une singularité d’exception peut produire des déformations à n’en plus finir. Une chose quasi increvable !

Mais Christine est aussi un conte horrifique c’est-à-dire que, sous l’aspect d’un récit cruel, initiatique, porteur des normes sociales, Carpenter nous narre comment un jeune homme pourvu de tous les colifichets de la vie américaine doit, afin de conquérir sa future petite amie, se muer en un véritable démon. S’il y a beaucoup d’autres lectures possibles du film, c’est à coup sûr l’offre, que fait l’Amérique à ses jeunes mâles en passe de devenir des hommes, qui fournit le carburant pour faire ronfler le moteur de Christine. 

Venez (re)découvrir avec nous ce film dont la vision se révèle un plaisir sans fin… comme l’est la fureur de Christine.

Programmation 2025-2026, en partenariat avec le Patronage Laïque sur le site : https://www.patronagelaique.eu

Entrée libre sur réservation sur le site dans la rubrique Évènements et « ciné-débats ».

Nous contacter à : psynema@enversdeparis.org

Responsable du vecteur PSYNÉMA : Marie Majour

Le mercredi 12 avril
Vecteur Théâtre et psychanalyse, La Vie secrète des vieux.

Le vecteur théâtre vous invite à découvrir la pièce La vie secrète des vieux de Mohamed El Khatib le 12 avril prochain au théâtre du Rond-Point au tarif préférentiel de 25 euros au lieu de 40 euros avec le code promo PSY2026 via la billetterie en ligne. Une discussion avec notre invitée Ariane Chottin et la compagnie Mohamed El Khatib, suivra la représentation.

Avec cette pièce, Mohamed El Khatib remet de nouveau au centre de la scène ce qui justement en est écarté : les vieux et leur vie affective et sexuelle. Plutôt que d’en parler « depuis l’extérieur », il invite les « vieilles et vieux » rencontrés en EHPAD à venir s’exprimer eux-mêmes, accompagnés d’une aide-soignante, figure tout aussi emblématique de ces établissements. Même si le corps se transforme et s’abîme, le désir perdure. Face au réel, « un petit drap de poésie » enveloppe la marche inéluctable de la vie vers la mort. Contre la réalité mortelle, un halo d’humour allant de l’ironie au comique, parcourt le discours des vieux devenus des personnages sur scène pour l’occasion. Du rire aux pleurs, chacun dira un bout de sa traversée dont la boussole « secrète » du désir, à la fois universelle mais ne se conjuguant qu’au singulier, se recouvre bien souvent de celle de l’amour

Vie des vecteurs

Vecteur Littérature et psychanalyse

En avril, chaque participant du vecteur interrogera, dans la nouvelle qu’il aura choisie dans le recueil Souvenirs de la marée basse que Chantal Thomas a écrit sur sa mère, la fonction d’appui de la répétition. Dans chacune de ses nouvelles, C. Thomas pousse à sa limite sa question sur le désir maternel et déploie son art littéraire autour de cette énigme. Il s’agira de mettre en lumière comment son usage métaphorique et métonymique du langage serre et sert, imaginairement et symboliquement, ce réel opaque qui fait trou dans l’Autre et ne l’atteint jamais. Chaque participant pourra s’appuyer sur les trouvailles précédentes du vecteur faisant apparaitre que loin de se vouloir un écrit autobiographique délivrant un sens vrai sur son rapport à la figure centrale de sa mère et à son désir énigmatique, l’écriture littéraire de C. Thomas fait toute sa place au mi-dire de son énonciation. Ce défaut de sens qu’elle prend soin de ménager dans et par son écriture, ouvre un espace séparateur entre le désir maternel et son propre objet (a). Cette opération de l’écart, chère à C. Thomas, ouvre la voie à la répétition et à sa quête d’une saisie de l’objet (a) impossible et sans cesse à recommencer.

Notre réunion aura lieu le lundi 27 avril à 20h par Zoom. Elle reste ouverte à ceux qui désirent participer dans le vecteur.

Responsable : Marie-Christine Baillehache

Contact : litterature@enversdeparis.org

Vecteur Lectures freudiennes

Nous relisons actuellement notre traduction de : « Complément métapsychologique à la doctrine du rêve ». Dans cet article que Freud écrit en 1915 il explore : « les modèles normaux d’affections pathologiques / les états d’affect comme le deuil et l’état amoureux, mais aussi l’état de sommeil et le phénomène qui est de rêver ».

Lors de cette soirée de relecture, nous avons précisé certains termes, parmi d’autres : « nouer » pour knüpfen, une longue discussion a eu lieu pour traduire respectivement Reiz et Erregung dans leur contexte, c’est à dire choisir entre « stimulation » et « excitation ». Ces trois termes traversent déjà toute L’esquisse d’une psychologie, paru chez Éres que Susanne Hommel a traduit avec un autre collectif. Citons à nouveau un passage de cet article de Freud :

« Un rêve nous indique que quelque chose s’est passé, qui voulait troubler le sommeil, et nous permet d’entrevoir la manière dont ce trouble a pu être repoussé. À la fin le dormeur a rêvé et peut poursuivre son sommeil ». C’est ce que Lacan reprendra en affirmant que l’on rêve pour continuer de dormir ou bien que le Ich renonce à dormir parce qu’il craint les rêves. Enfin, Lacan nous signale dans sa reprise du rêve de « l’injection faîte à Irma » que Freud a eu le courage de ne pas se réveiller.

Nous nous retrouverons chez Susanne Hommel le lundi 13 avril à 21h.

Responsable : Susanne Hommel

Contact : lectures-freudiennes@enversdeparis.org

Vecteur Lectures cliniques

Lors de la prochaine réunion, le samedi 11 avril 2026, nous allons discuter du chapitre « Les ressorts intimes de la haine » de l’ouvrage d’Anaëlle Lebovits-Quenehen Actualité de la Haine : une perspective psychanalytique. L’invitée pour cette réunion sera Hélène Bonnaud, qui accompagnera la discussion. Des commentaires du texte d’Anaëlle Lebovits-Quenehen seront préparés par Nora Merniz et Valeria Cetraro. Un cas clinique sera présenté par Marcela Fernandez Zosi.

Responsable : Noa Farchi

Commission d’organisation : Andrea Castillo, Jorge Mourao, Ceylin Ozcan, Karine Vincent et Jérémie Wiest.

Contact: vlc.enversdeparis@gmail.com

Vecteur Conversations cliniques et addiction

Le vecteur se réunira le 11 mars, selon les modalités habituelles, pour une conversation sur le thème du Kairos.

Céline Baladine, chargée de projet en CSAPA, nous proposera une réflexion intitulée « Es ist zeit », qui explore la question décisive du « moment opportun » dans la pratique analytique en prenant comme point de départ deux citations :« Ne manquez pas votre unique matinée de printemps » de Vladimir Jankélévitch et « Un coup de dés jamais n’abolira le hasard » de Stéphane Mallarmé, puis en convoquant la notion de kairos ainsi que les élaborations de Sigmund Freud et de Jacques Lacan.

 

Leila Wolf nous proposera un texte clinique.

Responsables : Mathilde Braun et Coralie Haslé

Contact : addictions@enversdeparis.org

Fantasmes contemprains du corps

Autonomie et morcellement du corps

Autonomie et morcellement du corps

par Florence Mendiondo

Au cours des années 1960, dans un contexte révolutionnaire marqué par de grandes luttes sociales, le féminisme s’est approprié la notion d’autonomie pour revendiquer le droit des femmes à disposer de leur corps. À cette époque, la fameuse devise « mon corps, mon choix » est devenue un cri de ralliement pour l’accès à la contraception et à l’avortement.

read more

De l’injonction à l’injection

Autonomie et morcellement du corps

par Mariel Martins Lecouturier

La célébration du corps, aujourd’hui fétichisé, nourrit la passion du sujet pour son reflet et l’illusion d’une complétude imaginaire, en lien avec les mutations du discours de la science. Les interventions à visée narcissique se multiplient : chez les femmes, par exemple, la liposuccion est devenue l’acte chirurgical le plus pratiqué.

Les réseaux sociaux amplifient ce phénomène. Les influenceurs lifestyle diffusent des préceptes d’optimisation de soi : esthétique idéale, normes corporelles et valeurs néolibérales (bonheur, performance, autonomie). Le corps devient marchandise, soumis à une discipline exigeante, non sans souffrance.

read more

Précis de décomposition

(The Fly de David Cronenberg, 1986)

par Marie MAJOUR 

Seth Brundle est un scientifique qui a mis au point un procédé de téléportation. Il fait la rencontre d’une journaliste, Veronica, pour couvrir l’avancée de ses travaux. Une histoire d’amour se noue entre Veronica et Brundle, mais dans un moment de jalousie, celui-ci tente l’expérience sur lui-même, ne s’apercevant pas qu’une mouche s’est glissée dans le télépod, ce qui provoque la fusion génétique des deux organismes. S’en suit une métamorphose progressive de Brundle en mouche, à laquelle Veronica assiste impuissante…

read more

Une mise en scène comique du fantasme fondamental

par Susanne Hommel
En 1974, elle arrive chez Lacan et lui dit : « J’ai quitté mon analyste de l’IPA. J’ai de gros vertiges ».
J’avais dit à mon analyste au mois de mai : « Je veux arrêter mon analyse. » Il m’avait répondu : « Oui, on va arrêter dans trois mois. » Effectivement, on a arrêté les séances trois mois plus tard. Tout de suite après, j’ai eu mes vertiges de Ménière. Lacan a dit : « C’est ça que j’appelle laisser tomber quelqu’un. »

read more

L’intériorité fantasmée du corps artificiel 

par René Fiori
L’expression « machine à penser », utilisée autrefois pour désigner une machine à calculer et aujourd’hui, celle d’« intelligence artificielle » nous invite à nous arrêter sur l’illusion, voire le sentiment de l’existence d’une intériorité de la machine. Ainsi au mois d’octobre de l’année 2016, le quotidien Le monde publie t-il la photo d’une journaliste japonaise en visite dans un cimetière avec son robot avec cette légende…

read more
Fantasmes comtemporains du corps – La journée

Fantasmes comtemporains du corps – La journée

À l’époque où les rencontres humaines deviennent toujours plus virtuelles, le corps ne cesse pas moins de s’imposer, traversé par les discours et les symptômes qui le percutent. Objet de multiples avancées scientifiques, il se trouve investi de nouvelles représentations fantasmatiques qui semblent se concrétiser sans faille, ni reste. Pourtant, avoir un corps ne va pas de soi

read more

La cession subjective ou l’effraction au « non » du corps

La cession subjective ou l’effraction au « non » du corps
par René Fiori
Emma, jeune fille, est reçue par Freud. Une idée l’obsède, qui fait symptôme : elle ne doit pas rentrer seule dans une boutique. Elle attribue cette hantise à un souvenir de ses treize ans où, entrant dans un magasin, les deux vendeurs s’étaient esclaffés de rire. L’un d’eux l’avait, à première vue, séduite et lui avait plu. S’est alors installée chez elle, cette mauvaise conscience, mais qui restait néanmoins sans fondement. Puis, quelque temps plus tard dans les entretiens, lui revient cet autre souvenir où à l’âge de huit ans, entrée dans une boutique pour acheter des friandises, « le marchand avait porté la main, à travers l’étoffe de sa robe, sur ses organes génitaux ». Malgré cet incident, elle était retournée une seconde fois dans la boutique. Voilà donc ce qui serait à l’origine de sa « mauvaise conscience », sous-tendue par de l’angoisse.

read more

Le corps, l’identificationAna Dussert

Le corps, l’identification
Ana Dussert

La prochaine Journée de L’Envers de Paris, Fantasmes contemporains du corps, affirme dans son titre que le corps relève du fantasme, mettant les fantasmes au pluriel afin d’indiquer leurs manifestations multiples et donc relatives au discours contemporain, dans la mesure où celui-ci érige, à la place de l’Un, un multiple hétérogène. Essayons cependant de saisir ce qui pourrait s’écrire du corps lorsqu’il s’énonce dans le registre de l’Un, faisant valoir que le multiple déclaré ne peut pas s’y extraire : non pas le Un unifiant l’image, les images, mais le Un accédant à la structure.

read more

Contacter l'Envers de Paris

Veuillez cocher cette case pour envoyer le formulaire.

10 + 2 =