Jacques Lacan

Le noeud, dernier amour.

Horizon n°70

Le dernier numéro de notre bulletin est disponible à la librairie de l’ECF.

Édito

décembre 2026

Février à l’Envers

Édito

À lire agendas à la main, vous découvrirez dans le présent numéro de la newsletter de l’Envers des événements qui arrivent ce mois-ci, d’autres qui se préparent – organisés par les vecteurs Psynéma, Clinique et addictions, Seminario Latino, Théâtre et psychanalyse. Nous avons aussi le plaisir de vous transmettre l’invitation à la présentation du nouveau film de Nurith Aviv, Prénoms, suivi d’une conversation avec Éric Laurent. Nurith a bien voulu associer l’Envers à cet événement.

Autour de la Vie des vecteurs vous découvrirez aussi ce qui se trame dans chacun des vecteurs, l’invitation restant ouverte pour ceux qui souhaitent y participer. Ce mois-ci, après un long travail, le vecteur Lectures freudiennes a achevé une nouvelle traduction, celle du texte « Un enfant est battu ». Nous attendons avec impatience de le trouver en librairie.

Bonne lecture,
Adriana Campos

Événements à venir

Le samedi 14 février
Vecteur Psynéma

La prochaine projection organisée par le vecteur Psynéma, suivie d’un débat, sera consacrée au film Blackmail (Chantage, 1929) d’Alfred Hitchcock avec Anny Ondra et John Longden, le samedi 14 février à 14h00 au Patronage Laïque Jules Vallès (72, av. Félix Faure, Paris 15ème).

Blackmail, premier film parlant britannique, est considéré comme la matrice des grands films à venir d’Hitchcock. S’y trouvent déjà, entre autres, les thèmes de la blonde victime, du secret et de la culpabilité (ici sous la forme inversée du « faux coupable »). De même y trouve-t-on déjà les fameuses courses-poursuites dans des lieux historiques et/ou spectaculaires, le tout assorti de l’habituel suspense et d’une bonne dose d’humour, typiquement hitchcockien.

Le film, tiré d’une pièce policière de Charles Bennett, où il est question de tentative de viol, de meurtre et de chantage, met en scène les angoisses d’une jeune femme au comportement frivole, confrontée à la question du désir et donc de la loi, incarnée par son fiancé, policier à Scotland Yard.

Hitchcock se place du côté de la femme, dans ce qu’elle a d’énigmatique mais aussi de moderne pour l’époque : la femme qui ne renonce pas à son désir au nom des conventions sociales et morales, sans en mesurer au départ les conséquences. D’où ce sentiment de culpabilité de plus en plus envahissant qui traverse Blackmail et auquel renvoient les figures surmoïques du film.

D’abord à travers le tableau qui représente un bouffon à la fois ricanant et féroce, soit l’« objet regard », symbolisant un des versants du surmoi qui, tel que l’a décrit Jacques-Alain Miller « s’inscrit dans une tradition qui ridiculise immanquablement la représentation de l’autorité[1]», en même temps qu’il pointe du doigt celui qui transgresse la loi. Aussi, le passage au sonore à travers l’« objet voix », à un moment du film, confère au surmoi, par le forçage qu’il produit, une dimension de « réel » encore plus terrifiante.

Si Blackmail préfigure ainsi les œuvres maîtresses d’Hitchcock, ne représente-t-il pas également le véritable point de départ de la rencontre du cinéaste avec la psychanalyse et plus particulièrement Lacan ?

Programmation 2025-2026, en partenariat avec le Patronage Laïque sur le site : https://www.patronagelaique.eu

Entrée libre sur réservation sur le site dans la rubrique « Évènements » et « Ciné-débats ».

Responsables : Marie Majour et Leila Touati.
Nous contacter à : vecteur.psynema@gmail.com


[1] Miller J.-A., « Clinique du surmoi », Mental, n°50, novembre 2024, p. 21.

Le mercredi 18 mars, 
Seminario Latino

En ce mois de février, le Seminario Latino prépare sa soirée de mars à la Maison de l’Amérique latine.

À cette occasion, nous accueillerons Guy Briole pour converser autour de son ouvrage Monologue partagé avec la folie, avec la participation de notre collègue Olivia Bellanco, et d’Éric Laurent en tant qu’extime.

Responsables : Flavia Hofstetter et Pablo Llanque Nieto.
Contact : seminario-latino-de-paris@enversdeparis.org

Les amis de l’Envers

Le mardi 24 mars
Présentation du dernier film de Nurith Aviv : Prénoms.

Affiche de la présentation du film de Nurith Aviv

Le mardi 24 mars aura lieu la présentation du dernier film de Nurith Aviv, suivi d’un débat avec Éric Laurent au cinéma Les trois Luxembourg.

Nous remercions vivement Nurith Aviv d’avoir bien voulu associer l’Envers à ce bel événement.

Vie des vecteurs

Mercredi 11 février
Vecteur Conversations « Clinique et addiction »

Le vecteur Conversations « Clinique et Addiction » se réunira le 11 février prochain pour travailler autour d’un cas très déployé proposé par Éric Colas. Nous aurons donc un riche matériel clinique pour discuter, en présentiel et par Zoom, selon nos modalités habituelles.

Responsables : Mathilde Braun et Coralie Haslé.
Renseignements et inscription sur addicta.org.

Mercredi 1er avril
Vecteur Théâtre et psychanalyse

Le vecteur Théâtre et psychanalyse se réunira pour préparer la prochaine rencontre autour de la pièce Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès dans une mise en scène de Rose Noël au Théâtre 14, qui aura lieu le 1er avril.

Roberto Zucco nous permettra d’interroger la figure du tueur en série et de la monstruosité supposée au criminel. Il sera aussi question de la logique de l’acte et de l’énigme du passage à l’acte. Le texte magnifique de Koltès, à la fois poétique et cru, nous introduit à l’énonciation singulière de ce personnage errant qui ne s’arrime à rien et se précipite inéluctablement vers sa chute. France Jaigu a accepté d’être notre invitée pour ce débat qui s’annonce passionnant.

Responsable : Olivia Bellanco et Eva Carrère Naranjo
Contact : theatre@enversdeparis.org

Vecteur Corpsy

À partir de la présentation d’un cas, Marine Bottin a abordé la question de l’agrafe dans la psychose ordinaire en cherchant à pointer à la fois ce qui agrafe le corps au sujet, la solidité de cette agrafe et la réponse qu’elle peut représenter, du moins dans le cas présenté, à un certain « désordre provoqué au joint le plus intime du sentiment de la vie chez le sujet[1]».  Cette rencontre s’inscrit dans le cadre plus large d’un cycle de travail en cours au sein du vecteur autour de ce qui suture, noue et agrafe.

Membres : Geneviève Mordant, Pierre-Yves Turpin, Guido Reyna, Martine Bottin, Marie Faucher-Desjardins, Jaison Karukuttiharan, Ana Dussert, Anne-Marie Rieu-Foucault, Marilena Moustaka.

Responsable : Baptiste Jacomino.
Contact :baptistejacomino@gmail.com

Vecteur Littérature et psychanalyse

« La répétition, c’est là que Freud découvre l’au-delà du principe du plaisir[2]». Cet au-delà du principe de plaisir est la production d’une tension qui est « le principe même de tout ce qui a le nom de jouissance[3]». Que la répétition ait pour fondement la jouissance d’un objet (a) dont la place se situe entre les lignes de ce qui se dit et s’écrit implique que la fonction essentielle du langage ne soit pas dans ses significations mais dans la visée d’une retrouvaille avec cette jouissance de l’objet (a). C’est par la répétition d’une marque signifiante que l’accès à cet objet dont la jouissance est perdue, peut se faire. C’est précisément cette marque signifiante d’un trait unaire qui se répète que notre vecteur cherchera à dégager dans l’écriture de Chantal Thomas. Les chapitres du 22 janvier, du 5 février et du 12 février 1969 du Séminaire de J. Lacan D’un Autre à l’autre[4] nous orienteront et les nouvelles – « La valise-berceau », « Jeune homme dans sa course arrêtée », « Une championne en herbe », « Ramper, les enfants venus d’ailleurs » – tirées du recueil de nouvelles de Chantal Thomas Souvenirs de la marée basse[5], nous fraieront la voie.

Le vecteur Littérature et psychanalyse reste ouvert à toute personne qui a le désir de se joindre à notre recherche rigoureusement orientée et à nos avancées pas à pas.

Notre prochaine réunion Zoom aura lieu le lundi 23 février à 20h.

Responsable : Marie-Christine Baillehache.
Contact : litterature@enversdeparis.org

Vecteur Lectures cliniques

En janvier, le vecteur Lectures cliniques a été consacré à la préparation de notre prochaine réunion. Avec notre invitée, Francesca Biagi-Chai, nous étudierons le texte de G. G. de Clérambault « Les délires passionnels[6] ».

Lors de notre réunion de préparation avec le groupe d’organisation du vecteur, Leila Wolf et Stéphanie Maubrun ont présenté leurs textes et Isabelle Marty, son cas qui a permis une discussion en soutien de leur travail d’écriture. La prochaine réunion du vecteur aura lieu le 31 janvier 2026.

Commission d’organisation : Andrea Castillo, Noa Farchi, Jorge Mourao, Ceylin Ozcan, Karine Vincent et Jérémie Wiest.
Contact : vlc.enversdeparis@gmail.com

Vecteur Lectures freudiennes

Ce lundi 5 janvier nous avons fini de traduire l’article que Freud écrit en 1919 : « Ein Kind wird geschlagen – Un enfant est battu », c’est un moment fort car nous travaillons à cette traduction depuis plusieurs années. Il s’agit désormais d’entreprendre le long travail de relecture de l’ensemble de l’article, faire des choix impliquant toujours cette perte propre à la traduction. Nous envisagerons ensuite la publication de ce texte parmi d’autres déjà traduits.

Nous nous retrouverons chez Susanne Hommel le mercredi 4 février à 21h,

Responsable : Susanne Hommel.
Contact : lectures-freudiennes@enversdeparis.org


[1] Lacan J., « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », Écrits, Paris, Seuil, coll. Champ Freudien, 1966, p. 558.
[2] Lacan J., Je parle aux murs, Paris, Seuil, 2011, p. 27.
[3] Ibid., p. 29.
[4] Lacan J., Le Séminaire, livre XVI, D’un Autre à l’autre, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2006.
[5] Thomas C., Souvenirs de la marée basse, Paris, Seuil, 2017.
[6] Clérambault G. G. de., « Les délires passionnels », Ornicar ?, n° 32, 1985. p. 29-38.

Fantasmes contemprains du corps

Autonomie et morcellement du corps

Au cours des années 1960, dans un contexte révolutionnaire marqué par de grandes luttes sociales, le féminisme s’est approprié la notion d’autonomie pour revendiquer le droit des femmes à disposer de leur corps. À cette époque, la fameuse devise « mon corps, mon choix » est devenue un cri de ralliement pour l’accès à la contraception et à l’avortement.

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De l’injonction à l’injection

La célébration du corps, aujourd’hui fétichisé, nourrit la passion du sujet pour son reflet et l’illusion d’une complétude imaginaire, en lien avec les mutations du discours de la science. Les interventions à visée narcissique se multiplient : chez les femmes, par exemple, la liposuccion est devenue l’acte chirurgical le plus pratiqué.

Les réseaux sociaux amplifient ce phénomène. Les influenceurs lifestyle diffusent des préceptes d’optimisation de soi : esthétique idéale, normes corporelles et valeurs néolibérales (bonheur, performance, autonomie). Le corps devient marchandise, soumis à une discipline exigeante, non sans souffrance.

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Précis de décomposition

(The Fly de David Cronenberg, 1986)

par Marie MAJOUR 

Seth Brundle est un scientifique qui a mis au point un procédé de téléportation. Il fait la rencontre d’une journaliste, Veronica, pour couvrir l’avancée de ses travaux. Une histoire d’amour se noue entre Veronica et Brundle, mais dans un moment de jalousie, celui-ci tente l’expérience sur lui-même, ne s’apercevant pas qu’une mouche s’est glissée dans le télépod, ce qui provoque la fusion génétique des deux organismes. S’en suit une métamorphose progressive de Brundle en mouche, à laquelle Veronica assiste impuissante…

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Une mise en scène comique du fantasme fondamental

par Susanne Hommel
En 1974, elle arrive chez Lacan et lui dit : « J’ai quitté mon analyste de l’IPA. J’ai de gros vertiges ».
J’avais dit à mon analyste au mois de mai : « Je veux arrêter mon analyse. » Il m’avait répondu : « Oui, on va arrêter dans trois mois. » Effectivement, on a arrêté les séances trois mois plus tard. Tout de suite après, j’ai eu mes vertiges de Ménière. Lacan a dit : « C’est ça que j’appelle laisser tomber quelqu’un. »

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L’intériorité fantasmée du corps artificiel 

par René Fiori
L’expression « machine à penser », utilisée autrefois pour désigner une machine à calculer et aujourd’hui, celle d’« intelligence artificielle » nous invite à nous arrêter sur l’illusion, voire le sentiment de l’existence d’une intériorité de la machine. Ainsi au mois d’octobre de l’année 2016, le quotidien Le monde publie t-il la photo d’une journaliste japonaise en visite dans un cimetière avec son robot avec cette légende…

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Fantasmes comtemporains du corps – La journée

Fantasmes comtemporains du corps – La journée

À l’époque où les rencontres humaines deviennent toujours plus virtuelles, le corps ne cesse pas moins de s’imposer, traversé par les discours et les symptômes qui le percutent. Objet de multiples avancées scientifiques, il se trouve investi de nouvelles représentations fantasmatiques qui semblent se concrétiser sans faille, ni reste. Pourtant, avoir un corps ne va pas de soi

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La cession subjective ou l’effraction au « non » du corps

La cession subjective ou l’effraction au « non » du corps
par René Fiori
Emma, jeune fille, est reçue par Freud. Une idée l’obsède, qui fait symptôme : elle ne doit pas rentrer seule dans une boutique. Elle attribue cette hantise à un souvenir de ses treize ans où, entrant dans un magasin, les deux vendeurs s’étaient esclaffés de rire. L’un d’eux l’avait, à première vue, séduite et lui avait plu. S’est alors installée chez elle, cette mauvaise conscience, mais qui restait néanmoins sans fondement. Puis, quelque temps plus tard dans les entretiens, lui revient cet autre souvenir où à l’âge de huit ans, entrée dans une boutique pour acheter des friandises, « le marchand avait porté la main, à travers l’étoffe de sa robe, sur ses organes génitaux ». Malgré cet incident, elle était retournée une seconde fois dans la boutique. Voilà donc ce qui serait à l’origine de sa « mauvaise conscience », sous-tendue par de l’angoisse.

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Le corps, l’identificationAna Dussert

Le corps, l’identification
Ana Dussert

La prochaine Journée de L’Envers de Paris, Fantasmes contemporains du corps, affirme dans son titre que le corps relève du fantasme, mettant les fantasmes au pluriel afin d’indiquer leurs manifestations multiples et donc relatives au discours contemporain, dans la mesure où celui-ci érige, à la place de l’Un, un multiple hétérogène. Essayons cependant de saisir ce qui pourrait s’écrire du corps lorsqu’il s’énonce dans le registre de l’Un, faisant valoir que le multiple déclaré ne peut pas s’y extraire : non pas le Un unifiant l’image, les images, mais le Un accédant à la structure.

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