Lectures freudiennes

Collectif, responsable Susanne Hommel

“Une langue entre autres n’est jamais que l’ensemble des équivoques
que son histoire 
y a laissé persister.” (1)

 

Dans Le moment de conclure Lacan écrit que l’on ne peut pas traduire, qu’on ne parle jamais d’une langue que dans une autre langue. Il nous indique la voie, son attention à transmettre l’inédit de l’événement Freud lorsqu’il le traduit : création au plus près du son, corporéité du mot et de la lettre, primauté logique. En ce sens traduire relève d’une expérience analogue à celle d’une séance analytique, faite de trouvailles, de surprises, de coupures, de pertes.  Depuis 40 ans Susanne Hommel s’est attelée à cette tâche de traduire Freud et de le traduire à plusieurs(2). Au fil des groupes qui se font et se défont autour de cette tâche, un  choix perdure : rester au plus près du texte freudien et faire valoir l’intraduisible.

Chaque mois notre collectif se réunit autour d’un texte de Freud que nous avons choisi de traduire pendant l’année. Il n’est pas nécessaire de comprendre l’allemand pour participer à ce travail, éprouvant par là que traduire répond de l’incompréhensible, du passage entre les langues. Au-delà de la langue des dictionnaires, lalangue de chacun est à l’œuvre, mais aussi les langues. Lorsque nous achoppons sur un terme de Freud, nous convoquons sa traduction en hébreu, anglais, espagnol, portugais, ou telle autre langue familière à l’un d’entre nous, pour trouver là entre les langues, une solution qui nous convienne, une façon peut être de s’extraire « de l’immobilité, de la jouissance et de la soumission à un signifiant »(3). Dans ce babel on entend les choix d’une langue, ses préférences, une topologie même, prenons le français où gît la langue des Lumières, l’allemand où gît le corps et l’espace.

Il y a un enjeu politique et conceptuel à traduire Freud : proposer de traduire Einriss des Ich par fissure du Ich plutôt que par déchirure du moi, le verbe mit-teilen par faire-part plutôt que par communiquer, le verbe verlassen par laissé en plan plutôt qu’abandonner.

Mais aussi s’autoriser à jouer des équivoques et de se laisser guider par le signifiant : Ichveranderung traduit par altération pour garder la correspondance entre Anderung et alter par exemple. C’est aussi oser traduire verliebheit par amourosité, condensant amour et morosité. Nathalie Menier

(1) Lacan J., L’étourdit, Autres écrits, Paris, Seuil, 2001.
(2) Textes publiés : Esquisse d’une psychologie, Paris, Eres, 2011 et « Fétichisme » ainsi que de nombreux  articles sur ce travail parmi lesquels : « La langue est battue, la violence dans tout travail avec la langue », Tresses n° 49, décembre 2016-janvier 2017, pp. 67-73.
(3) Ibid., p. 72.

Ces dernières années nous avons traduit : Deuil et Mélancolie (1917), Constructions dans l’analyse (1937), Analyse finie et analyse infinie (1937) La division du Ich dans les processus de défense (1938). Ces quatre derniers textes écrits par Freud au crépuscule de sa vie seront publiés chez Eres dans l’année à venir, en édition bilingue. Ce fut l’occasion d’un important travail de relecture et de notes. A la sortie de ce livre, c’est avec joie que nous transmettrons cette expérience.

Ce groupe de travail est ouvert à toute personne ayant le désir de traduire Freud.
Pour participer contacter  Susanne Hommel>  au 9 rue de Grenelle 75007 Paris

Participants actuels : Niels Adjiman, Jocelyne Clarke, Christine Hyot, Michèle laboureur, Brigitte Lehmann, Guillermo Crosetto, Nathalie Menier.

 

 

Nos rencontres
Désir de dormir et désir du rêve

Désir de dormir et désir du rêve

Par Niels Adjiman
Si Freud s’attache dans L’Interprétation des rêves à cerner l’essence de l’activité psychique du rêve, il ne faudrait pas croire que l’œuvre princeps clôt toute réflexion sur le rêve : elle est le fondement d’un édifice qui ne cesse en réalité de se construire, auquel Freud ajoute régulièrement de nouvelles pierres.

L’AMENTIA

L’AMENTIA

Le groupe Lectures Freudiennes a pu tenir une réunion de travail avant le confinement, le 4 mars. Nous avons continué l’étude du texte de Freud Metapsychologische Ergänzung zur Traumlehre – « Complément métapsychologique à la doctrine du rêve »...

L’AMENTIA

L’AMENTIA

Le groupe Lectures Freudiennes continue son travail autour du texte de Freud « Complément métapsychologique à la Doctrine du Rêve », écrit en 1915 pendant la Première Guerre mondiale. Freud interroge l’amentia. De quelle façon l’épreuve de...

Comme tous les mois depuis plus de dix ans, le groupe Lectures Freudienne reprend le travail de lecture, d’analyse et de traduction des textes de Sigmund Freud notamment le texte rédigé pendant la première Guerre Mondiale, en 1916 « Compléments métapsychologique à la Doctrine du rêve ».

Vecteur Lectures Freudiennes

Vecteur Lectures Freudiennes

Nous poursuivons la lecture et la traduction du texte de Sigmund Freud Psychologische Ergänzung zur Traumlehre –  Complément métapsychologique à la doctrine du rêve -, rédigé en 1916. Notre prochaine rencontre aura lieu le 6 janvier 2020 à 21 heures chez Susanne Hommel.

Lectures Freudiennes

Lectures Freudiennes

Nous continuerons à lire, à commenter et à traduire les texte de Sigmund Freud Mmetapsychologische Ergänzung zur Traumlehre – Complément métapsychologique à la Doctrine du Rêve – rédigé par Freud en 1916, donc pendant la Première Guerre Mondiale. Nous désirons transmettre ce que Freud nous a offert, cette ouverture de l’esprit, ce qui suit la Aufklärung, Les Lumières. Goethe est mort en 1832, Freud est né en 1856… Par Susanne Hommel

 Lectures Freudiennes

 Lectures Freudiennes

Ce qui est fondamental c’est de distinguer les perceptions d’un côté des représentations remémorées, qu’elles soient très intenses ou non, de l’autre. Pour combler ce trou de l’objet manquant, le sujet hallucine cet objet. Mais la satisfaction fait défaut dans le cas de l’hallucination. Alors le sujet installe ce que Freud a appelé une épreuve de réalité. En quoi consiste-t-elle ? … Par Susanne Hommel

Lectures freudiennes

Lectures freudiennes

Nous avons continué de lire et de traduire « Metapsychologische Ergänzung zur Traumlehre » – Complément métapsychologique à la doctrine du rêve -, écrit par Freud en 1916, pendant la Première Guerre Mondiale. Freud y interroge l’hallucination dans le rêve. Si le mystère de l’hallucination n’était rien d’autre que celui de la régression chaque régression intense devrait aboutir à une hallucination avec croyance en la réalité… Par Susanne Hommel

Lectures freudiennes…

Lectures freudiennes…

Nous continuons la lecture, la traduction, les commentaires du texte de Freud : « Compléments métapsychologique à la doctrine du rêve », écrit en 1916 pendant la Première Guerre Mondiale. La psychose de désir hallucinatoire accomplit deux travaux qui ne coïncident nullement. D’une part elle mène à la conscience des désirs occultés ou refoulés, d’autre part elle les représente comme entièrement réalisés. Il s’agit de comprendre cette rencontre… Par Susanne Hommel