Les cartels à Paris

Une autre approche du savoir !
Un petit groupe pour étudier des textes, des concepts, des cas concrets… Ouvert à tous, antidogmatique & démocratique. Pour avoir la réponse à (presque) toutes mes questions… J’y vais !

 

L’équipe de Paris-cartels

Aurélie Charpentier-Libert et l’équipe de Paris-Cartel : Andrea Castillo, Chicca Loro, Rosana Montani et Véronique Outrebon (pour l’ACF Ile-de-France).

Lors de la rentrée des cartels 2018, 11 cartels ont été constitués pendant cette soirée ! En savoir plus, et voir toutes les photos>

cherche cartel !

Pour déposer une annonce vous pouvez contacter
Serana Guttadauro.

Franziska Dasnoy recherche à rejoindre un cartel, sans forcément de thème spécifique. Vous pouvez la contacter par mail> ou par téléphone 0674669690.


Vincent Lequeux et Ana Romero Novelli proposent un cartel sur le séminaire VII, L’éthique de la psychanalyse. Si vous êtes intéressés, vous pouvez leur envoyer un mail : 

Jeudi 15 octobre à 21 heure, à un mois des J50 : Attentat Sexuel, se tiendra la Soirée de rentrée des cartels.

Cette année nos trois invités, Alice Ha-Pham, Pierre-Ludovic Lavoine et Guillaume Libert nous transmettrons ce qu’ils ont extrait de leur travail en cartel. Plus précisément ils présenteront comment ce travail si particulier, à la fois ensemble et seul, a éclairé la question posée par les journées à venir.

Ils nous donneront leur lecture de :

Il y a attentat sexuel

Il n’y a pas de rapport sexuel

Beatriz Gonzalez Renou a généreusement accepté de venir discuter avec nous ces riches travaux.

Pour finir aura lieu le tirage au sort des nouveaux cartels.

Nous aurons le plaisir de nous réunir au local de l’École, dans la limite des places disponibles.

Pour s’inscrire : cartelsedp@gmail.com

Aurélie Charpentier-Libert

Déléguée aux cartels pour l’Envers de Paris

Véronique Outrebon

Déléguée aux cartels pour l’ACF Ile-de-France

Rentrée des cartels du 15 octobre 2020

Par Marga Auré

Cette soirée de rentrée des cartels est l’occasion de souligner leur importance, et dans la formation des analystes, et dans l’École, et plus concrètement, dans la politique de l’École. Le cartel en est en effet l’organe de base et, avec le contrôle et la passe, constitue l’un des trépieds de la formation de l’analyste.

 Pour introduire l’importance des cartels dans la politique de l’école il nous faut tout d’abord rappeler le contexte historique de la création de cet organe de base par Lacan, et plus particulièrement faire référence à l’« Acte de fondation »[i] de son École, l’EFP (École française de psychanalyse), en 1964, dans lequel il renvoie très spécialement à la constitution des cartels.

Lacan avait créé le 18 juin 1953 avec Daniel Lagache la SFP (Société française de psychanalyse). Cette association de psychanalyse avait été créée suite au désaccord politique et conceptuel qui les opposait à la SPP, (Société de psychanalyse de Paris) présidée alors par Sacha Natcht. Lacan prenait ses distances avec les thérapies du moi, l’egopsychology, et défendait l’analyse profane – élargissant le spectre de la formation des analystes au-delà des médecins tel que l’IPA postulait. Lacan demandait dès les premiers temps de la fondation de la SFP la reconnaissance de son groupe au sein de l’IPA (International Psychoanalytical Association). De 1953 à 1963 Lacan poursuivit son enseignement tout en demandant régulièrement la reconnaissance de son groupe (SFP) au congrès international de l’IPA, tous les deux ans ; cette reconnaissance était déclinée à chaque fois.

Rappelons qu’en 1961 Lacan, tout comme François Dolto, avaient été exclu du circuit de formation de l’IPA, soit exclus de la liste des analystes didacticiens de l’IPA – ainsi qu’on les appelait à l’époque. Ces analystes didacticiens étaient les garants, selon l’IPA, de la bonne formation au sein de leur association. Et deux années plus tard, en novembre 1963, lors du Congrès de Stockholm en Suède, le comité de l’IPA prononça l’exclusion définitive de la SFP fondée par Lacan en 1953 avec la mention : « pour toujours ». Lacan fut donc excommunié à cette date de l’IPA, et la SFP a été dissoute cette même année. Toujours en novembre 1963, Lacan avait interrompu pendant deux mois son enseignement pour ne reprendre son séminaire qu’à partir de janvier 1964 à l’École Normale de Paris, invité par Althusser, et débutant son séminaire, le XIe, ayant pour titre Les Quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse.

 Ce n’est donc que quelques mois plus tard, en juin 1964, que Lacan, prenant acte de la situation politique, fonde son école, l’École française de psychanalyse et ce, à la première personne : « Je fonde – aussi seul que je l’ai toujours été dans ma relation à la cause analytique – l’École française de psychanalyse »[ii]. Et il ajoute que dans cette École « doit s’accomplir un travail – qui dans le champ que Freud a ouvert, restaure le soc tranchant de sa vérité »[iii] dénonçant les déviations et les compromissions qui dégradaient l’association, faisant référence à l’envahissement du champ freudien par l’egopsychology qui venait des États-Unis tout autant qu’aux clans et aux systèmes de pouvoir qu’il voulait éviter dans sa nouvelle École.

 Lacan lance son opération de reconquête du socle freudien par cet Acte de fondation où il donne une place prioritaire au cartel. Le cartel est conçu comme la cellule d’exécution du travail dans une École dont « l’objectif de travail est indissoluble d’une formation à dispenser dans ce mouvement de reconquête »[iv]. Le cartel est donc l’organe base d’un travail engagé pour la reconquête freudienne. Lacan adopte pour principe de l’exécution de ce travail « l’élaboration soutenue dans un petit groupe », qu’il appellera le cartel. Chaque cartel, poursuit Lacan, « se composera de trois personnes au moins, de cinq au plus, quatre est la juste mesure. plus une, chargée de la sélection, de la discussion et de l’issue à réserver au travail de chacun »[v]. C’est-à-dire quatre personnes, plus une, qui se mettent ensemble pour travailler autour d’un sujet et provoquer chacun individuellement son élaboration. Pourquoi un groupe de petite taille ? Un groupe de petite taille permet mieux l’étude, le questionnement, la conversation, la discussion et le débat. Il facilite la circulation de la parole et donne plus de liberté d’expression pour chacun. Par ailleurs ce sont des groupes ouverts non seulement aux analystes et analysants mais aussi à toute personne qui s’intéresse à l’étude de la psychanalyse.

Le cartel n’est pas seulement l’élément primordial de formation dans l’École mais il est aussi un principe d’engagement avec l’École. Chacun peut s’engager dans l’École par la voie d’un travail en cartel.

[i]. Lacan J., « Acte de fondation », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, pp. 229-242.

[ii]. Ibid., p. 229.

[iii]. Ibid.

[iv]. Ibid.

[v]. Ibid.

Ni plus, ni moins : du pas-tout dans le savoir

Par Maria Novaes

Le thème du savoir s’est révélé au cœur de mon dernier travail en cartel, non seulement par rapport à la lecture du Séminaire Encore – autour duquel ce cartel s’est mis au travail – mais aussi par rapport à une question qui me traversait dont je ne soupçonnais pas les ressorts.

J’essaierai ici d’articuler cette dernière expérience de cartel à la question du féminin, à partir de la formulation de Lacan de pas-tout, présente dans ce Séminaire. Non seulement à travers le « pas toute dans le savoir », comme l’indique le titre de cette soirée, mais aussi à partir d’une citation de ce même Séminaire qui me semble être une voie possible pour l’articuler avec le travail de cartel.

Lacan, dans la deuxième partie du chapitre V de ce séminaire, parle de deux manières de rater le rapport sexuel : la façon mâle de tourner autour, et l’autre, « comment, de la façon femelle,  ça s’élabore. Ça s’élabore du pas-tout », dit-il. Plus tard, il affirme que « c’est de l’élaboration du pas-tout qu’il s’agit de frayer la voie. C’est mon vrai sujet de cette année, derrière cet Encore, et c’est un des sens de mon titre. Peut-être arriverai-je ainsi à faire sortir du nouveau sur la sexualité féminine »(1).

Le sujet de l’élaboration m’a tout de suite renvoyée au texte de Jacques-Alain Miller, issu de son intervention lors d’une soirée de cartels en 1986, sur ce qu’il a présenté comme les cinq variations sur le thème de l’élaboration provoquée(2). Il y affirme, d’emblée, qu’une élaboration est toujours provoquée. Comment l’articuler avec l’élaboration du pas-tout dont parle Lacan dans Encore, au cœur même de ce terme, comme évoqué ci-dessus ?

L’élaboration provoquée résume bien le dispositif du cartel, pour le dire en quelques mots. À la place de l’agent, nous avons le sujet, en tant que divisé, « portant l’interrogation », qui interpelle les autres membres du cartel à partir de leur traits propres, leurs insignes, signifiants-maîtres, pour produire un savoir. L’objet doit aussi être à sa juste place, c’est-à-dire qu’il n’est pas du côté du plus-Un. Ce dernier ne s’approprie pas l’effet d’attrait, mais il doit le référer ailleurs, à Freud et à Lacan en l’occurrence.

Miller précise ainsi que le discours hystérique est celui qui convient le mieux à la structure du cartel : comme dans l’enseignement de la psychanalyse, par le transfert de travail, l’analyste y est en tant qu’analysant ; c’est de cette place qu’il obtient « qu’on s’y mette », ce que Lacan a appelé aussi induction (3). La place du Plus-Un donc n’est pas celle du sujet supposé savoir, mais de celui qui prend sur lui la division subjective, d’insérer dans le cartel l’effet de sujet. Miller énonce sur le Plus-Un qu’il « s’ajoute au cartel qu’à le décompléter, de devoir s’y compter et d’y faire fonction de manque ». En savoir plus>

 

Rentrée des cartels


Cartello n°28

(1) Lacan, J. Le Séminaire livre XX, Encore, Paris Seuil, 1975. Chapitre V, partie 2

(2) Miller, J.-A., https://www.causefreudienne.net/cinq-variations-sur-le-theme-de-lelaboration-provoquee/, intervention du 11 décembre 1986.

(3) Miller, J.-A. « L’École, le transfert et le travail », La Cause du désir n.99, Paris, Navarin Editeur, 2018.

Soirée de rentrée des Cartels

Soirée de rentrée des Cartels

Affiche réalisée par le plasticien Éric Le Maire http://ericlemaire.net Lors de la prochaine Soirée de rentrée des Cartels, le 15 octobre à 21h nous aurons l’occasion d’entendre le travail de cartel de trois intervenants, ayant chacune choisi comme axe d’élaboration...

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La rentrée des cartels 2018 !

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L’équipe de Paris-Cartels a organisé sa soirée annuelle le 16 octobre 2018 sous le titre « Le choix du cartel aujourd’hui, rencontre avec le savoir analytique ». Les invités ont présenté un témoignage inédit sur leurs premières expériences de cartel et Clotilde Leguil a répondu à notre invitation d’animer une discussion avec les intervenants et la salle. (…) Par Serena Guttadauro

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