ÉDITO AVRIL 2022

Paris Leaks
Avril 2022

Les Grandes Assises Virtuelles Internationales (GAVI) ont eu lieu du 31 mars au 3 avril dernier. La qualité des présentations aussi bien thématiques que cliniques a fait entendre la voix de l’orientation lacanienne vis-à-vis des questions actuelles.
Lorsque Jacques-Alain Miller 1 interroge la politique lacanienne telle que Lacan la présente dans ‘La direction de la cure’, il l’associe à l’éthique. En Psychanalyse, la politique se situe dans le registre des fins d’une cure et s’adresse au cœur de l’être. Inversement, l’éthique est présente dans la politique des institutions psychanalytiques dans la doctrine de formation et dans la façon dont elles se positionnent vis-à-vis de la société et de l’État.
Récemment, l’École la Cause Freudienne a su faire entendre les principes de son orientation dans l’amendement proposé à l’Assemblée dans le projet de loi concernant le changement de sexe. C’est une question éthique et politique essentielle.
Les GAVI, quant à elles, ont su faire résonner la position de la psychanalyse d’orientation lacanienne dans le débat initié par le mouvement me-too. C’est aussi bien la direction vers laquelle s’acheminent les activités proposées par L’Envers de Paris.

Voici les Rendez-vous à venir :
Le Vecteur Seminario Latino de L’Envers de Paris prévoit une réunion en avril afin de peaufiner leur prochaine soirée, courant mai, dont le thème sera « Le réel de la guerre ». « En nous appuyant sur deux aphorismes de Lacan – « le discours de l’inconscient c’est le discours du maître » et « l’inconscient c’est la politique » et sur la définition du réel pour la psychanalyse d’orientation lacanienne, notre soirée se prêtera à une réflexion sur le rapport entre la guerre et l’inconscient, aujourd’hui. La guerre de la Russie contre l’Ukraine nous a frappés, nous a bouleversés, et, comme la « guerre » contre le Covid, elle transformera désormais le paysage du monde contemporain. Voilà pourquoi nous avons voulu consacrer une soirée du Seminario Latino à revenir sur ce thème de la guerre qui reste Unheimlich : si étranger, et pourtant, intimement lié au genre humain. La prochaine soirée, dont la date sera annoncée prochainement, est prévue pour le mois de mai en présentiel à la Maison de l’Amérique Latine »
Patrick Almeida
Pour tout renseignement contacter le comité d’accueil >>par mail

La prochaine conversation Clinique et Addictions aura lieu lundi 11 avril à 21h en présentiel. Camille Burais interviendra sous le titre : « Sieste mortelle ». Le cas sera présenté par Coralie Haslé.
Renseignements et inscriptions sur addicta.org/conversations

« Dans notre Vecteur des lectures cliniques nous avons poursuivi notre style de « jam sessions » (avec toute la polysémie qu’inclut la référence à JAM). Comme dans les « improvisations de jazz » les interventions étaient vives et improvisées, mais préparées en avance. Il était passionnant de voir comment les « performances » ont évolué entre le travail en cartel du 15 mars et la réunion du Vecteur le samedi 26 mars. Le cas clinique présenté par Anna Cominetti a suscité une discussion animée, avec de nombreux allers-retours avec les points théoriques issus des remarques de Lacan « Sur l’homme aux loups », commentées par Jocelyne Lamotte et Antonio Alberto de Almeida. L’intervention d’Antonio Alberto a montré le sérieux de son approche, alors que le travail de Jocelyne sur « Le temps logique » était d’une finesse exceptionnelle! » Janis Galis.
Renseignements : >>R. Schabelman ou >>J. Galis

Le Vecteur Théâtre et Psychanalyse nous fait parvenir les nouvelles suivantes :
Le 15 mai prochain, au Théâtre de l’Odéon, on pourra assister à la mise en scène de « Kliniken », de Lars Noren. Philippe Bénichou sera l’invité et Hélène de la Bouillerie animera le débat.
« Dans cette pièce, on se trouve dans la salle commune d’un hôpital psychiatrique. On assiste aux conversations, aux déambulations d’une dizaine de patients qui se croisent, fument, se parlent de presque rien, s’invectivent, se disputent. Mais c’est surtout un sentiment de solitude et de vide qui saisit, ils sont ensemble mais tout seuls. Ces patients ont des âges divers, viennent d’horizons très différents et ne se seraient certainement jamais rencontrés ni parlé en dehors de ces murs.
Pourquoi sont-ils ici, comment s’occupent-ils, comment les soigne-t-on ? Comme le dit Maud : « Je ne comprends pas pourquoi on est ici en fait (…) j’ai été ici depuis presque un mois et personne ne m’a parlé ». Ils ont l’air livrés à eux même, dans un temps hors du temps et un lieu coupé du reste du monde qui, tout en les enfermant, leur sert de refuge. Petit à petit, des bribes de leur histoire se dévoilent et on entrevoit quel a été le drame intime qui les a conduits entre ces murs.

Lars Noren, grand dramaturge suédois décédé l’année dernière, héritier de Strindberg et d’Ibsen, est un chroniqueur du réel qui saisit la vie telle qu’elle est. Il s’intéresse aux marges, à la vie quotidienne des gens qu’il attrape, à la manière du documentaire, tout en impliquant le spectateur qui, en regardant la scène, se laisse regarder par elle. Dans Kliniken, Lars Noren aborde la question de la maladie mentale qu’il connait intimement et la manière dont on prend en charge les fous dans notre société de la performance – des grands thèmes qui n’ont jamais été aussi actuels-, à une époque où la psychiatrie n’a plus ni moyens ni boussole.
Nous aurons le plaisir de rencontrer pour la troisième fois Julie Duclos, metteuse en scène talentueuse qui, dans une approche naturaliste, aime mêler théâtre et vidéo ».
Renseigments : >>H. de La Bouillerie
Hélène de La Bouillerie

Psynéma organise la projection du film de Stanley Lumet Network, dans le Patronage Laïque, 74 Av. Félix Faure, 75015, le 16 avril prochain à 14h. Ce film, sorti en 1976, nous portera au cœur de ce que Lacan affirmait déjà en 1974 quant à la puissance surmoïque des médias : «ce à quoi nous avons affaire […] c’est à un type d’informations dont le sens n’a d’autre portée que l’impératif, à savoir le signifiant Un. C’est pour nous commander, autrement dit, pour que le bout du nez suive, que toute information, à notre époque, est déversée comme telle »2 Cet évènement s’inscrira dans le thème des prochaines journées de l’Ecole de la Cause Freudienne : « Je suis ce que je dis ».
Karim Bordeau.
Renseignements : >>K. Bordeau

« Lors de la dernière réunion du vecteur ‘Le corps, pas sans la psychanalyse’, le 16 mars dernier, nous avons fait une synthèse sur les différentes vignettes rapportées par chacun des participants sur le thème du rapport du réel de l’objet a au vivant du corps. Puis nous avons engagé une réflexion sur les nouveaux thèmes proposés cette année à l’Envers, et tout particulièrement sur une mise en tension entre la pudeur (en tant que « retenue empêchant de se livrer, d’exprimer ses émotions … notamment sur le plan sexuel »3, comme le dit Alain Rey et « l’écharde dans la chair […] toujours en horreur à la sagesse » évoquée par Lacan.
Dans la prochaine réunion, qui aura lieu en présentiel le mardi 19 Avril à 20h30 à Cachan, nous explorerons cette distance entre le lieu de l’effacement de l’inconscient et celui de « là d’où ça parle ». Geneviève Mordant.
Contact : >>G. Mordant

« Pour sa réunion Zoom du dimanche 24 avril à 19h, notre Vecteur Psychanalyse et Littérature poursuivra son avancée sur le Savoir Absolu du Sage kojèvien dans son articulation avec le désir que Lacan déplie dans son Séminaire VI de 1958-59 Le désir et son interprétation. Nous inscrirons notre travail dans la suite du texte produit par notre Vecteur Le pas-sage du dimanche de la vie 4 Durant cette réunion du 24 Avril, Gabrielle Vivier nous présentera sa lecture de l’article de Kojève Les romans de la sagesse qui inclut largement le roman de R. Queneau Le dimanche de la vie qui reste notre référence littéraire. Le texte de J-A Miller Bonjour sagesse lui servira de contrepoint dialectique. Nous vous invitons, si vous le désirez, à nous rejoindre pour vous laisser interroger par cette lecture de Gabrielle Vivier. Son texte vous sera envoyé avant la réunion afin que vous puissiez prendre le temps de le lire et de préparer vos remarques et questions. Pour cela, il vous suffit de contacter
M-C Baillehache au : >>mail ou >>tél. Au Dimanche du gai savoir de la vie du 24 Avril !

Le Vecteur Lectures freudiennes nous dit :
« Notre livre annoncé depuis si longtemps vient de sortir chez Érès en édition bilingue, il s’intitule : « Fin d’analyse » et réunit trois textes de Freud : « L’analyse finie et l’analyse infinie », « Constructions dans l’analyse » et « La division du Ich dans le processus de défense » traduits par notre vecteur sous la responsabilité de Susanne Hommel.

Le livre a été présenté ce samedi 2 avril à l’Institut Protestant en présence de quelques représentants des éditions Érès et une soirée sera organisée par l’équipe de rédaction d’Horizon 66 le mercredi 18 mai à la librairie Libralire.

Notre vecteur s’est réuni le 5 avril pour reprendre le travail de lecture et de traduction de « Ein Kind wird geschlagen ». Notre prochaine rencontre est prévue le 10 mai chez Susanne Hommel ».
Nathalie Menier et Susanne Hommel.
Contact : >>N. Menier

Nous vous souhaitons des belles trouvailles et vous attendons nombreux aux activités de votre choix.
Dalila Arpin
Directrice de L’Envers de Paris

1 Miller, J.-A., Les divins détails, Enseignement prononcé dans le Département de Psychanalyse, Université de Paris 8, cours du 31 mars 1989, inédit.

2 Lacan, J., Le Séminaire, livre XXI, « Les non-dupes errent », cours du 15/1/1974, inédit.

3 Lacan, J., Ecrits, Paris, Seuil, 2001, p. 757.

4 Consultable sur le site enversdeparis.org