Lacan Web Télévision s’entretient avec Stéphane Braunschweig. Stéphane Braunschweig est metteur en scène, et il a notamment été directeur du théâtre de l’Odéon de 2016 à 2024. Il est particulièrement reconnu pour son travail d’adaptation d’auteurs...
L(a) Mouette : comédie shakespearienne de Tchekhov La première production de La Mouette fut un tel échec que Tchekhov était sur le point de suivre le destin de son personnage Tréplev : le suicide. C’est l’interprétation de Constantin Stanislavski qui apporta le succès...
Une femme dans la tourmente de Mikio Naruse (1964) retrace le destin tragique de Reiko (Hideko Takamine), une veuve de guerre qui, depuis la mort de son mari, gère avec abnégation l’épicerie de sa belle-famille, dorénavant concurrencée par l’arrivée des supermarchés. À cette menace, vient s’ajouter le retour de Koji, le frère cadet de son mari. Inquiet de l’avenir de Reiko...
L’axe de notre travail de cette année sera le corps dans la perspective post #MeToo, le temps ayant libéré la parole, voire parfois l’avoir trop exposée, à défaut de ne plus savoir où et comment accueillir ses débris. Nous entrerons dans le vif du sujet à travers le livre de Neige Sinno, Triste tigre, qui nous permettra d’aborder plusieurs aspects de la violence et plus particulièrement de l’inceste : son aspect familial, culturel, sociologique, philosophique, juridique, féministe, littéraire, psychologique… Mais avant tout, il nous permettra d’appréhender ses effets subjectifs, dans la mesure où l’écriture de Neige Sinno donne à lire le corps tel qu’il se déploie dans l’acte même de l’écriture, saisissant l’impossible à dire, propre au trauma, mais aussi constitutif de la parole et donc d’une portée universelle. Son écriture ne pouvait se tenir plus près de ce qu’elle tisse comme toile au bord de ce trou qui la constitue, permettant au sujet non pas de tourner la page du viol, ni d’en constituer une nouvelle adresse comme cela aurait pu se produire dans la perspective d’une écriture littéraire, mais plutôt de cerner ce qui, au plus près de la jouissance de l’Autre qui l’envahit, saisit ce retournement propre à l’objet petit a que nomme ce corps étranger, le Tigre. Triste, car inépuisable au fond et inatteignable dans sa vérité, mais parvenant néanmoins à tracer un premier trait de séparation – celui de pouvoir et vouloir se tenir au bord de ce monde du mal absolu qui bâtit son être. Il ne peut s’y dessiner qu’une sortie, celle du désir, qui sera aussi le vecteur de notre lecture, de nos lectures.