Théâtre & Psychanalyse

Vecteur animé par Christiane Page et Philippe Benichou

L’Envers de Paris a eu l’occasion d’organiser plusieurs soirées depuis la rentrée 2014-2015, (Hôtel Europe, La place royale, Les règles du savoir vivre dans la société moderne, Hinkemann) et nous sommes sollicités par certains de nos interlocuteurs pour en organiser de nouvelles. Dans cette perspective, nous proposons de constituer un nouveau vecteur au sein de l’Envers de Paris, consacré à la préparation de ces soirées: lecture des textes, préparation des débats, interview des metteurs en scène, diffusion. Il s’agira également de nous intéresser aux auteurs contemporains et d’étudier en quoi leurs œuvres sont susceptibles de nous enseigner.

Si vous souhaitez vous joindre à nous, contacter Philippe Benichou par le formulaire de contact ci-dessous.

Contacter Philippe Benichou pour participer

10 + 8 =

Programme
2016 / 2017

Théâtre de la Bastille
samedi 8 octobre
Vivipares (posthume) brève histoire de l’humanité
SOIREE PREPARATOIRE AUX JOURNEES DE L’ECF
Texte et mise en scène de Céline Champinot
Invité : Fabian Fajnwaks

 

Théâtre de l’Aquarium
samedi 12 novembre
Richard III de William Shakespeare
SOIREE PREPARATOIRE A LA JOURNEE DE L’ENVERS DE PARIS sur le thème “Les nouveaux visages de la ségrégation”

Mise en scène de Jean Lambert-Wild
Invité : Camilo Ramirez

La Comédie française
Théâtre du Vieux-Colombier
Dimanche 11 décembre à 15h
La ronde d’Arthur Schnitzler

Mise en scène d’Anne Kessler
Invité : Eric Laurent

 

Théâtre de la Bastille
samedi 14 janvier
Où les cœurs s’éprennent

Texte et mise en scène de Thomas Quillardet
Invitée : Marie-Hélène Roch

RESERVATIONS :  Tarif préférentiel 17 euros au 01 43 57 42 14, donner la date du 14 janvier et prendre les places au nom de L’Envers de Paris.

Théâtre de la Colline
Mardi 28 février
MayDay de Dorothée Zumstein

Mise en scène de Julie Duclot
Invitée : Francesca Biagi-Chai

RESERVATIONS Anne Boisson Boscher au 01 44 62 52 69
Tarif préférentiel de 20 euros (10 euros pour les – de 30 ans)

Théâtre de l’Aquarium
samedi 4 mars
Les Métamorphoses d’Ovide

Adaptation et mise en scène d’Aurélie Van Den Daele
Invitée : Marie-Hélène Brousse

RESERVATIONS :  Tarif préférentiel à 15€ pour le spectacle si vous vous présentez de la part de l’Envers de Paris
Réservation impérative par téléphone au 01 43 74 99 61ou par mail en entrant le code enversdeparis sur le lien http://www.forumsirius.fr/orion/aquarium.phtml?offre= 

Théâtre de l’Odéon
vendredi 24 mars
Soudain l’été dernier de Tennessee Williams

Mise en scène de Stéphane Braunschweig
Invitée : Laure Naveau

RESERVATIONS : Tarif préférentiel 30 euros, Chèque à l’ordre de Théâtre de l’Odéon à envoyer à Philippe Benichou, 5 rue de Vouillé, 75015 Paris, en précisant votre email pour confirmation de réception.

BAAL

Après Les Liaisons dangereuses, Christine Letailleur monte la deuxième version de Baal, (1919) première pièce de Brecht (traduction Éloi Recoing) dont il fera cinq versions. La première, qu’il voulait intituler « Baal danse, Baal bouffe, Baal se transfigure », écrite juste après la Grande Guerre « constitue la matrice originelle et sans doute l’essence même de son œuvre à venir ». […] Philippe Benichou

Soudain l’été dernier

« Ce qui me passionne dans Soudain l’été dernier, c’est la manière dont la réalité se révèle sous les airs du plus terrifiant des fantasmes ». C’est ainsi que Stéphane Braunschweig présente ce qui fait la valeur de cette pièce de Tennessee Williams qu’il met en scène au Théâtre de l’Odéon. Est-ce cette réalité qui heurta l’auteur au point qu’il dit avoir quitté la projection du film qui en fut tiré, horrifié par une approche littérale qui en méconnaissait la dimension métaphorique ? (…) Philippe Benichou

Entretien avec Aurélie Van den Daele

Agnès Vigué-Camus : Vous avez écrit que Les Métamorphoses vous poursuivent depuis l’enfance. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
Aurélie Van den Daele : J’étais très intéressée par ces histoires fantastiques, par le côté ancestral, archaïque, qui me permettait d’expliquer un monde que je ne comprenais pas tout à fait. Enfant, j’étais une très grande lectrice ; ensuite, au lycée, on a travaillé sur la destinée et j’avais choisi de montrer comment la notion de fatalité, de tragique, est inscrite dans la mythologie. Plus tard, c’est une commande d’écriture à un auteur qui m’a fait revenir aux Métamorphoses. Finalement elles ont jalonné tout mon parcours et je me suis dit que c’était le bon moment pour les traiter.
[…]

Entretien avec Julie Duclos

Philippe Benichou : Pouvez-vous nous dire ce qui vous a amené à la mise en scène ?

Julie Duclos : Je suis née dedans en quelque sorte, une mère metteure en scène et professeure de théâtre à la fac, et un père acteur. Ils tenaient une école de théâtre ensemble et petite, je regardais les acteurs travailler. J’ai ensuite eu un parcours de comédienne, avec une formation de cinéma à Paris VIII et le Conservatoire national à Paris. J’y ai eu l’opportunité de faire un atelier d’élève qui fut ma première expérience de mise en scène et m’a confirmée dans un désir qui était déjà là. J’ai adapté les Fragments d’un discours amoureux de Barthes, c’était un grand collage de textes, puis monté avec ma bande du Conservatoire Masculin/Féminin, et enfin, Nos serments, que nous avons joué à la Colline, et qui est inspiré du film de Jean Eustache La maman et la putain. Chacun de ces projets avait impliqué un travail d’écriture pour la scène. Avec MayDay, c’est la première fois que je monte une œuvre théâtrale
[…]

Métamorphoses

Samedi 4 mars 2017, à 20h, au Théâtre de l’Aquarium, La Cartoucherie.
D’après OVIDE et Ted Hughes. Mise en scène d’Aurélie Van Den Daele.
L’Envers de Paris vous donne rendez-vous pour un débat à l’issue de la représentation, avec Aurélie Van Den Daele, metteur en scène, et Marie-Hélène Brousse, psychanalyste, membre de l’Ecole de la Cause freudienne.

MAYDAY

Francesca Biagi-Chai, psychanalyste, membre de l’ECF, a accepté l’invitation de l’Envers de Paris de venir dialoguer avec Julie Duclos. Rdv mardi 28 février à 19h30 au Théâtre La Colline, Paris.

« La ronde » de Schnitzler ou de l’importance d’être importun

Ecrite en 1897, publiée en 1903, jouée en 1920, condamnée comme « œuvre pornographique d’un auteur juif » par les conservateurs antisémites autrichiens en 1921 puis brulée lors des autodafés de 1933, la pièce d’Arthur Schnitzler « La ronde » n’en finit de faire scandale. Traduite et scénarisée par Guy Zilberstein et mise-en-scène par Anne Kesler au Vieux-Colombier jusqu’au 8 Janvier, elle continue d’interroger notre 21° Siècle envahi par le discours de la science qui écrase toutes illusions désirantes et autorise toutes les formes de la pornographie, sur cette vérité que la psychanalyse vise et qui dérange : la sexualité comporte un impossible à dire. […] par Marie-Christine Baillehache

Entrons dans la ronde

Le scandale de La Ronde
Scandaleuses, les « souillures du mariage et les désillusions de l’adultère » d’Emma Bovary (et non l’inverse comme le regrettera le procureur Pinard ), scandaleuses la même année les fleurs vénéneuses de Baudelaire, « obscènes et immorales », qui « conduisent nécessairement à l’excitation des sens par un réalisme grossier et offensant pour la pudeur », scandaleuse Nora qui laisse époux et enfants pour « prendre conscience d’[elle]-même et de ce qui [l’]entoure » et refuse face à son mari d’être « d’abord et avant tout épouse et mère » pour être « d’abord et avant tout un être humain » à la fin de Maison de poupée. […]

La Ronde

Si le scandale est étymologiquement « achoppement », peut-on encore trébucher sur La Ronde et s’y cogner sur un réel ? A l’époque de Youporn, de La Vie sexuelle de Catherine M. et des amours one shot banalisées, « ce n’est plus la reine Victoria, c’est la Reine Catherine » et même la « reine jouissance » comme le dit malicieusement Jacques-Alain Miller. Avec le déclin progressif du Nom-du-père, dont l’amorce se dessine précisément à l’époque de la pièce, notre « régime nouveau qui ne procède plus par la discipline et par la répression […], du même fait rend problématique la transgression » . Peut-on alors être choqué par ce speed-dating viennois ? Quel est l’enseignement de La Ronde, au-delà de l’intérêt littéraire de cet improbable laboratoire social, dont la transgression morale a fait effet de scandaleuse vérité en son temps ?

Partages 0