Les cinq premières pages

Les cinq premières pages

par Pascal Pernot 

Au XXe siècle une série télévisée proposait une énigme policière qui se dénouait durant « les cinq dernières minutes », d’où le titre donné à cette série.<

Au début de ce même siècle, c’est dès les cinq premières pages de son Mot d’esprit dans ses rapports avec l’inconscient que Freud nous livre les éléments de l’énigme en jeu et nous met sur la bonne piste.

En 1905, récoltant les écrits de ses contemporains, il met en exergue quelques indices précis. Avoir de l’esprit est le plus souvent abordé à partir du comique qui met en jeu le langage. Freud cite alors Th. Lipps. Le Sujet « tire jouissance » (c’est le mot de Freud) à se penser actif, utilisateur indépendant du langage dont Freud nous montre qu’en fait c’est le langage qui le lie. Voilà bien qui, dès la première approche de la présentation de l’énigme, relève en soi-même du comique dans la création symptomatique d’un mixte entre aliénation et jouissance. 

Le second point – c’est alors de K. Fischer que Freud se fait écho – est que ce comique met en jeu l’objet dans son versant de « laideur latente du monde des pensées 1». Le latent de l’objet des pensées présenté par les auteurs du XIXe siècle se repère aux valeurs esthétiques du beau, barrière masquant le réel. Mais Freud ne s’y laisse pas prendre et poursuit immédiatement sur ce qui fait cadre à la pensée et à son objet : le jugement. Plus tard il remettra en cause directement les a priori kantiens sur lesquels s’appuie le jugement de la raison. Ici Freud se contente d’avancer que K. Fischer a déjà noté la pertinence d’une forme autre de jugement : « le jugement ludique 2», sorte de « prêtre travesti qui unit tous les couples 3». Freud précise comment ce travestissement condense ou déplace les représentations verbales, découvrant « le semblable au sein du dissemblable » ou « scellant des unions » et introduisant une « unité parmi plusieurs notions étrangères ». L’introduction de Freud est rigoureuse : d’un côté l’Autre du langage, les formations de l’inconscient, de l’autre l’objet que Lacan dénotera de réel. Que produit leur articulation ? Si Freud nous invite à un Scilicet, il est possible de savoir comment l’énigme se noue –, la chute du scénario qui met en scène jugement ludique et jouissance est à ranger dans ce que les latins taxeraient de non liquet : faute de superposition entre les éléments, de résorption entre les deux domaines, on ne peut pas trancher. Pas d’ordonnancement dans les couples mariés, pas de rapport inscriptible dans la structure du langage souligne déjà Freudavant la lecture lacanienne de 1970 : « le signifiant n’est pas propre à donner corps à une formule qui soit du rapport sexuel 4». 
Voici encore quelques points soulevés par Freud dès ces cinq premières pages : Le sujet qui use du comique par le langage a affaire à une temporalité singulière. Freud parle de l’instant d’un éclair produisant « sidération et lumière 5». L’éclair unique, sitôt illuminant a déjà disparu. Différemment là aussi des a priori kantiens, le temps est ici ce qui fait apparaître pour disparaître aussitôt.

Enfin, qu’est-ce qui apparaît dans cet éclair ? Le vide, le trou, que sont les espaces noués par ces leurres du langage estampillés par le jugement ludique. Freud conclue ces pages par le fait que ce que nous trouvons quand le chiffrage du comique révèle son nouage est un « vide de sens 6». 

Lacan ajoutera, cette fois au titre de l’humour, qu’au comique de l’existence du sujet et d’une énigme du dévoilement, l’analyse est « la réponse, […] une réponse, il faut bien le dire […] tout à fait spécialement conne 7 ». L’humour du dernier Lacan ajoute cette note à la perspective freudienne de l’humour comme marque du surmoi : malgré et au vif de l’impossible du rapport et de l’expression de ce trou, il relève de la « force démoniaque qui pousse à dire quelque chose 8 ».

 


 

[1] Freud S., Le mot d’esprit et son rapport avec l’inconscient (1905), Paris, Gallimard, 1978, p. 13.
[2] Ibid., p. 14.
[3]Ibid., p. 15.
[4] Lacan J., « Radiophonie », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 413.
[5] Freud S., Le mot d’esprit et son rapport avec l’inconscient, op. cit., p. 15.
[6] Ibid., p. 17.
[7] Lacan J., Le Séminaire, livre XXIII, Le Sinthome, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2005, p. 72.
[8] Lacan J., Le Séminaire, livre XXIV, « L’insu que sait de l’Une-bévue s’aile à mourre », leçon du 8 février 1977, inédit.

L’émoticône nous interprète

L’émoticône nous interprète

par René Fiori« Elle aime à bricoler des paquets », dit Polio. « C’est comme s’il avait honte de porter devant moi tout ce soin [1] ».

« Et les mille bruits de l’obus ou de la balle : tonnerre dans le ciel, châtaigne qui éclate sous la cendre, chant de crapaud, cigales, abeilles, maison qui s’effondre. Je me réjouissais avec une joie enfantine de leur variété et de leur force [2] ».

S’il fallait aujourd’hui adresser un message par mail avec ces deux phrases. Quel émoticône choisirions-nous dans ces deux cas ? Pour ces deux sentiments, il n’en existe pas, ou bien s’ils existent, ils apparaissent tout de suite réducteurs. Quoiqu’il en soit, l’énonciation perçue dans ces deux phrases se présente, dans le message internet, comme amputée ou, dans le meilleur des cas, atrophiée. D’autres machines y concourent comme le questionnaire dans le domaine du soin, ou la profuse novlangue angloïde dans le discours courant.

 

De l’imaginaire au réel du corps

Ces phrases, dans la mesure où elles sont extraites d’une œuvre littéraire, révèlent à un haut degré la problématique de l’énonciation. Le désir pour celui qui écrit, qui devient le désir de l’autre, pour celui qui reçoit le mail et le lit, apparaissent, entamés de cette dernière. Ce réel du sujet, tel qu’il se présente dans l’image d’un autre en présence, est for-clos, c’est-à-dire, au sens littéral, enfermé au loin. Il s’agit bien ici de ce « désir de l’autre, qui est le désir de l’homme, [et qui] entre dans la médiation du langage […] dans la relation symbolique du je et du tu [3] ».

Celui qui communique avec un autre par internet, et par toute machine numérique appareillée à un algorithme programmatique, n’a accès qu’à une énergie du désir de l’Autre broyée, pulvérisée, par le programme et l’algorithme, rendue ainsi méconnaissable. Ce réel de l’autre, inclus dans le corps, participe de la vivification de la relation intersubjective. Avec le numérique on peut dire qu’il y a atteinte au nouage du réel du corps avec son imaginaire spéculaire, pensée comme image dégagée par le corps en présence. Aussi celui qui écrit comme celui qui le lit, ne se reconnaissent-ils pas dans un message humoristique par exemple, et tout juste s’il est précisé par un émoticône. Le « maileur » est comme la caissière du supermarché qui, aujourd’hui, scanne les articles du client, et dont l’addition des prix des produits est calculée par la machine. Tous deux ne se reconnaissent pas dans le produit de leur travail. Ainsi la caissière est-elle en passe d’être remplacée par la caisse automatique, quand celui qui écrit sans énonciation, tôt ou tard pourra faire appel à l’IA façon ChatGPT pour correspondre avec l’autre. Ainsi les mots de la machine, sans énonciation, deviennent-ils grimaçants et persécuteurs.

 

Le symbolique désappareillé de l’imaginaire et du réel

Nous avons cédé à la machine. Mais avons-nous consenti [4] ? Lorsqu’apparut la machine à calculer, on l’appela dans les années 50, « machine à penser ». Aujourd’hui la formule « Intelligence artificielle » fait florès. Pourquoi n’a-t-on pas utilisé d’autres formules comme « intellection artificielle », ou « expressivité artificielle », ou encore créé un néologisme ad hoc ? En créant cette formule nous avons consenti sans savoir à quoi nous allions céder, ceci en anthropologicisant la machine.

Ainsi en est-il du terme « téléportation » qui court dans les romans et les séries de science-fiction [5]. C’est impossible dirons-nous. Mais l’intelligence artificielle aussi est impossible. C’est justement au moment où les machines étriquent l’énonciation du sujet que la « téléportation » peut se diffuser dans le discours courant. Impossible de téléporter un esprit, un mental par machine. Mais la langue et notre rapport aux mots se chargent préalablement d’opérer « une rectification subjective de masse [6] ». Et à cette téléportation, nous y croyons déjà. Téléporter, rien de plus aisé. Un algorithme amalgamera toutes les traces numériques de qui voudra s’y conformer : ses messages, ses images, sa voix, l’image de son corps et il se chargera de produire un avatar plausible, croyable qui, par exemple, restituera un proche disparu et avec lequel nous pourrons converser post-mortem. Comme dans le cas de la transition sexuée, se posera la question du qui suis-je, et « mon avatar ne serait-il pas plus réel que moi ? » Et peut-être créera-t-on des communautés d’avatar. L’avatar pourra aussi trouver une fonction thérapeutique. Pour cela on peut faire confiance à la séduction opérée par la science sur les instances de la santé mentale.

 

 

 

[1] Paulhan J., Le guerrier appliqué, Paris, 1982, p. 49-50.

[2] Ibid., p. 81-82.

[3] Lacan J., Le Séminaire, livre I, Les Écrits techniques de Freud, Paris, Seuil, 1975, p. 201.

[4] Leguil C., Céder n’est pas consentir, Paris, PUF, 2021.

[5] Years and years, série écrite par Russel Davies, diffusée sur France 2.

[6] Miller J.-A., « Parler avec son corps », Mental, no 27/28, 2012.

 

Le parlêtre à l’épreuve du noeud

Le parlêtre à l’épreuve du noeud

par René Fiori

La journée d’études organisée conjointement par L’Envers de Paris et l’Association Cause freudienne-Île-de France au mois de décembre 2025, Fantasmes contemporains du corps, est l’occasion de se plonger dans le beau livre d’Anne Colombel-Plouzennec : Lacan et les nœuds. Corps vivant, corps jouissant, corps parlant paru aux Presses Universitaires de Vincennes, dans la collection Arguments Analytiques.

L’auteure nous invite à un parcours inédit dans l’enseignement de Jacques Lacan et de Jacques-Alain Miller, en s’aidant aussi de quelques autres, sur un sujet qui reste difficile dans son abord clinique et théorique, soit la théorie des nœuds dans le tout dernier enseignement de Lacan. Ce tissage minutieux, éclairant, qui invite délicatement le lecteur, avec le souci de ne laisser aucun terme ou concept dans l’obscurité de l’ambiguïté, à s’aventurer dans ce qui a poussé Lacan à s’en saisir pour éclairer la clinique, fait de ce livre un vade-mecum quasi indispensable.

La finalité qui oriente tout le propos est claire : en quoi la théorie des nœuds éclaire-t-elle la clinique, celle d’hier et d’aujourd’hui ? L’écrivain James Joyce en est bien sûr un cas paradigmatique, mais il ne s’agit pas d’en rester là. Pour aborder en quoi « cette monstration tactile de ce qui ne peut, ni se dire, ni se voir [1] » enrichit la clinique, le premier enseignement de Lacan n’est pas à délaisser, bien au contraire. Il vient en contrepoint accentuer la pertinence de ce nouvel abord. La clinique du parlêtre éclaire et prolonge la clinique du sujet. Des distinctions se déploient : le symptôme et le sinthome, la lettre littérale et la lettre littorale, l’unien et l’unaire, le sentiment de la vie, la vie, et le vivant, le moi et l’ego (sans le moi), l’ex-sistence et la consistance, le trou et le manque, l’ontologie et l’hénologie, agrafe, suture, raboutage et épissure, les Noms-du-père et la nomination, forclusion restreinte et forclusion généralisée, substance signifiante et substance jouissante… Le prisme de chacun des registres : Réel, Symbolique, Imaginaire, présents depuis 1953 dans l’enseignement de Lacan, auxquels s’adjoindra celui du sinthome, est aussi considéré selon ses différentes faces.

Solliciter, convoquer un tel appareillage permet certes d’aborder la clinique de Joyce, évoquée dans notre titre, mais aussi celle du petit Hans, tout comme celle qui relevait des catégories aujourd’hui en désuétude : névrose, perversion. Pour tout sujet se pose la question : quel opérateur lui a permis, lui permet, lui permettra encore, d’associer réel et symbolique [2] pour que le vivant, le jouissant, le parlant continuent à animer son corps ? La dernière partie du livre, proprement clinique dans les questions qu’elle soulève, et qu’elle partage avec d’autres collègues du Champ freudien, prolonge le débat en cours depuis que Jacques-Alain Miller a abordé le tout dernier enseignement de Lacan. Elles tournent autour d’un point cardinal : les nœuds permettent-ils une orientation à notre pratique et à la clinique des nouveaux symptômes que produit la scientifisation de l’existence. Celle-ci emporte le domaine de la santé mentale, ce qui conduit à une relative dépathologisation des sujets, à de nouvelles identifications et donc à de nouvelles catégorisations des symptômes, selon les biais comportemental et neurologique.

 

 

[1]Colombel-Plouzennec A., Lacan et les nœuds. Corps vivant, corps jouissant, corps parlant, Paris, PUV, coll. Arguments analytiques, 2022.

[2] Ibid., p. 95.

La réponse des hommes de Tiphaine Raffier ou l’énigme de chacun.

La réponse des hommes de Tiphaine Raffier ou l’énigme de chacun.

par Olivia Bellanco

Le vecteur théâtre et psychanalyse de L’Envers de Paris nous emmène le 14 janvier 2024 au théâtre de l’Odéon pour découvrir la pièce de Tiphaine Raffier intitulée La réponse des hommes, avec pour sous-titre « Variation sur neuf œuvres de miséricorde ». Avec sa compagnie « La femme coupée en deux », Tiphaine Raffier porte à la scène ses lectures de l’Évangile selon saint Matthieu mais aussi celles de philosophes comme Ruwen Ogien ou Frédérique Leichter-Flack.

Bien que le titre laisse entendre une réponse possible, la pièce pose au contraire des questions morales et éthiques transposées à notre époque sur des thèmes mêlant « sacré et profane [1]» tels que la maternité, la pédophilie, la guerre, la maladie, la prison. Les tableaux s’enchaînent et s’entremêlent. À la manière de séances courtes, quelque chose reste en suspens. Rien n’est résolu ou quand on pense y arriver, le contraire se démontre.

 

La pièce commence ainsi par le personnage de Madame Serra, une mère qui n’arrive pas à l’être et qui se retrouve de ce fait dans un service de « maternologie » où le personnel essaie de lui apprendre à s’occuper de son bébé. Madame Serra, quant à elle, semble ne vouloir parler que de son travail dans une ONG œuvrant dans des pays où la guerre fait rage. Le prénom de son enfant en porte la trace. Elle n’est pas entendue. Un rêve insiste et elle en parle au psychologue du service : on lui visse une couronne sur le crâne, elle a mal et en parle autour d’elle. On lui renvoie que c’est le prix à payer pour les femmes qui donnent la vie. Ce rêve fait écho au précepte de la Genèse : « tu enfanteras dans la douleur ». Le rêve rejoue ainsi sa partie biblique. La douleur est implacable, obligatoire, et rien ne peut se dire à l’image du psychologue qui lui souligne maladroitement la présence de la mère dans son rêve pour s’en détourner aussitôt : « On arrête, parlons du réel. Votre bébé a maintenant trois mois [2] ».

Le discours de l’inconscient se trouve ainsi balayé au profit d’une thérapie éducative où la façon de prendre soin de son nouveau-né est inculquée par la répétition inlassable de gestes de nursing. Sa douleur est banalisée, comme dans son rêve, car toute parturiente passe par là peu ou prou. Elle n’est pas écoutée là où elle parle ; les autres veulent parler du bébé, lui donner un mode d’emploi. La couronne, qui n’est pas sans rappeler la passion du Christ, est le forçage des hommes à son endroit. Il faut que « ça lui rentre dans le crâne » : elle va et doit être mère. La suite de la pièce nous montre qu’il en va tout autrement car il est impossible, même par injonction, d’imposer un désir à l’autre au nom d’un bien commun ou d’un Dieu.

 

Les scènes qui suivent rendent compte de cette même problématique tout en abordant des thématiques sensibles et difficiles. Un personnage pris dans la tourmente se retrouve face à d’autres qui essaient de le sauver sans entendre l’enjeu qui lui est propre. Il s’agit surtout pour ces derniers de refermer la question une fois qu’elle est posée. L’idée du bien dirige paroles et actions de ces autres personnages auprès du sujet « déviant », « a-normal » pour le rediriger, le replacer dans le droit chemin, pensant par là que c’est une façon de répondre au symptôme. Ainsi, une discussion entre soignants à propos d’un patient pédophile prend cette tournure : « On peut réussir à reconstruire avec lui les barrières de l’interdit. Il a besoin d’un cadre ferme […] Il faut qu’on continue à lui dire “Tu peux faire ceci, mais pas cela.” Il est sur le chemin de la prise de conscience [3] ». Mais la jouissance ne s’éduque pas : l’alcoolique, le prisonnier, le dialysé en attente de greffe ou bien le pédophile le démontrent bien.

 

La miséricorde rate toujours son objet justement parce que désir et demande s’y retrouvent écrasés. La miséricorde « est un programme impossible. Une équation impossible, indécidable dirait-on en mathématiques. La miséricorde n’est pas un projet humain, c’est un projet divin [4] » dit le prisonnier Samy à son visiteur. Dans la religion, Dieu « désire ce qui s’accomplit [5] » indique Lacan soulignant que le désir du sujet se retrouve aboli avant même qu’il ne se crée. Il n’y a pas d’espace possible pour l’énigme même du sujet mais une réponse avant tout déjà-là, même si elle est en devenir. Pas de dialectique offerte au sujet mais un prêt-à-penser, une réponse déjà faite avant même qu’une quelconque question ne se pose.

Tiphaine Raffier nous montre alors comment ces personnages se détournent du chemin divin pour renouer avec leur être de désir. La question morale s’efface au profit de celle qui est propre à chacun. Leurs actes, témoignant de leur profonde singularité, traduisent l’échec d’une rééducation valable pour tous. Le personnage « amoral » est poussé à agir à partir de sa propre énigme dont son symptôme témoigne. Le symptôme insiste, se répète représentant la coordonnée commune à tous les hommes, chaque variation la déclinant. Chaque personnage en porte la marque : la jouissance itère, encore et toujours.

 

Mais plutôt que d’en montrer sa répétition infinie, la lecture de Tiphaine Raffier fait coupure. Les scènes se retrouvent interrompues, scandées par une alarme qui trouve sa ponctuation par l’image d’une fractale qui elle-même également apparaît sur différents accessoires scéniques. Une fractale est la reproduction d’un motif à l’infini, et parfois le même lorsqu’elle est dite « autosimilaire ». Dans La réponse des hommes, elle joue à la fois le rôle de scansion tout en indiquant un rapport infini. Un surgissement infini discontinu, donc.

La fractale [6] se rapproche ainsi du symptôme tel que Jacques-Alain Miller l’a souligné dans son cours « L’être et l’Un [7] ». Il y souligne que le symptôme est une répétition de l’ordre du Un qui n’est pas une addition. Il prend l’exemple de l’addiction en disant que chaque verre est au fond toujours le premier [8]. Le personnage de Catherine qui préfère troquer tout ce qu’elle a, dont son fils, contre une bouteille de gin l’exprime ainsi : « Là où le désir des autres est changeant, nous savons exactement de quoi nous avons besoin. Tu as besoin de Laurent et moi, aucun Dieu, aucune marchandise ni aucun Caravage ne pourront remplacer cette bouteille de gin. [9] » Le Un surgit, itère, encore et toujours mais à chaque fois depuis un statut unaire. Il se répète comme marque unique et intime du sujet.

Ce Un provient de l’impact du signifiant sur le corps conférant la pulsation du sujet dans sa vie. Tiphaine Raffier traite cette itération propre au parlêtre dans sa mise en scène tout en laissant en suspens une quelconque résolution. De fait, même après une profonde analyse, si tant est que cela soit possible, il y a toujours un reste. Le symptôme laisse des miettes de réel, l’infini ne se réduisant pas en un point.

 

À l’image du conférencier musicologue à tendance pédophile, loin d’adoucir les mœurs, Tiphaine Raffier tord un discours commun de bienveillance pour en dévoiler toute sa complexité et son ressort. En en passant par le chaos voire l’horreur, elle montre l’envers du décor lorsque l’on essaie de rééduquer le symptôme en le prenant pour ce qu’il n’est pas : une erreur à rectifier. Cette pente peut mener au pire par la fixité imposée comme le démontre aussi bien la première scène de la couronne de fleurs vissée sur le crâne de la parturiente, que la dernière où les murs se referment sur les personnages. À ceci près qu’une indication apparaît dans ce dernier tableau : « Sauvegarder la Création ». Car aussi bien le signifiant a-t-il frappé le corps, qu’il permet également de manier quelque chose du sujet dans son rapport à la jouissance dont le symptôme est le paradigme. D’avoir arraché le verbe ou la parole à Dieu en croquant le fruit défendu par l’entremise d’Ève, l’homme est ravalé à sa propre faute, le sin [10]. Cette faille [11] s’insère dans la chair du sujet qui n’aura pour seul recours que sa parole, soit sa propre façon d’habiter le langage. La création est celle du signifiant lui-même dans la lecture de l’énigme qu’est le sujet pour lui-même l’amenant vers un bien-dire. S’en détourner ouvre à un chaos sans nom.

 

 

 

[1] Raffier T., La réponse des hommes. Variation sur neuf œuvres de miséricorde, Paris, L’avant-scène théâtre, 2021, p. 65.

[2] Ibid., p. 19.

[3] Raffier T., La réponse des hommes, op.cit., p. 70.

[4] Ibid., p. 61.

[5] Lacan J., Le Séminaire, livre xxi, « Les non-dupes errent », leçon du 18 décembre 1973, inédit.

[6] Les fractales ont été découvertes par le mathématicien Benoît Mandelbrot en 1975.

[7] Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. L’être et l’Un » (2010-2011), enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de Paris VIII, inédit.

[8] Ibid.

[9] Raffier T., La réponse des hommes, op.cit., p. 43.

[10] Cf. Lacan J., Le Séminaire, livre xxiii, Le Sinthome, Paris, Seuil, 2005, p. 12 & sq.

[11] Ibid.

 

Édito octobre 2025

Édito juillet 2025

Le mois de juin s’ouvre à L’Envers de Paris avec nombreux évènements, en lien avec notre sujet de recherche : Fantasmes contemporains du corps. Nous poursuivons notre travail sur ce thème, en nous appuyant sur la notion du fantasme, dans sa double fonction : d’une part, faire barrière à la jouissance, et d’autre part, permettre de récupérer des bribes de jouissance, comme on peut le voir dans la construction que Freud fait du fantasme…

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Édito juin 2025

Le mois de juin s’ouvre à L’Envers de Paris avec nombreux évènements, en lien avec notre sujet de recherche : Fantasmes contemporains du corps. Nous poursuivons notre travail sur ce thème, en nous appuyant sur la notion du fantasme, dans sa double fonction : d’une part, faire barrière à la jouissance, et d’autre part, permettre de récupérer des bribes de jouissance, comme on peut le voir dans la construction que Freud fait du fantasme…

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Édito avril 2025

L’argument des prochaines Journées de l’ECF, transmis par la Directrice Laura Sokolowsky, est désormais disponible !
Ce document offre un éclairage précieux sur cet événement majeur qui se déroulera, le 15 et 16 novembre prochains, aux Palais des Congrès de Paris, sous le titre Le Comique dans la clinique.
Ce thème n’intéresse pas seulement les psychanalystes, il invite également tous les acteurs du champ culturel et social à participer aux Journées 55. Les interlocuteurs habituels de L’Envers de Paris y sont ainsi conviés : artistes, enseignants, éducateurs, chercheurs, ainsi que des professionnels du théâtre et du cinéma, des arts figuratives, de la musique, de la littérature..

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Édito mars 2025

Mars est aussi le mois du printemps et de son réveil ; nous sommes sensibles à tous les types de réveils, car c’est le réveil qui nous oriente avec les effets du réel et ses irruptions. L’émergence du réel est précisément ce qui nous réveille, le réel affecte le corps et produit des tensions insupportables, dues au fait qu’on se cogne à l’impossible. Même s’il nous est impossible de nous réveiller complètement, nous pouvons néanmoins avoir un désir de réveil et énoncer avec Jacques-Alain Miller que cet impossible « n’interdit pas de le prendre pour fin, ce réveil…

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Édito février 2025

« La rêverie, si on prend les choses par la rêverie fantasmatique, ça fait tout de suite valoir les deux aspects, deux registres du fantasme. D’abord, je dirais, une fonction imaginaire – ne serait-ce que parce que le fantasme comporte apparemment, des formes, des personnages, une scène, et comme un petit roman […] À côté de cette dimension imaginaire, qui paraîtra aussi de premier plan, il y a une dimension symbolique du fantasme […] on peut même poser […] qu’une phrase en est le support, et même le résumé, ou même que, le fantasme, c’est une phrase, c’est la phrase « Un enfant est battu ». Et, je dirais que ces deux aspects du fantasme […] sont ceux que Lacan a présentés d’abord […] c’est-à-dire qu’il lui a paru d’abord, qu’il était toujours, dans le fantasme, question de corps…

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Édito octobre 2025

Édito février 2025

Cinzia Crosali,
directrice de l’EdP

Chers membres et ami(e)s de L’Envers de Paris,
Le mois d’octobre s’ouvre sous le signe d’initiatives vivantes et porteuses, à L’Envers de Paris, ainsi qu’avec une intensification de la préparation des Journées 55 de l’École de la Cause freudienne qui se dérouleront les 15 et 16 novembre prochains, au Palais des Congrès de Paris, sous le titre : Le comique dans la clinique.  
Le lien que vous trouverez ci-dessous vous permettra de lire l’argument de sa directrice, Laura Sokolowsky, dont j’extrais la phrase finale, qui éveille notre appétit de savoir :
« Le comique dans la clinique est-il la voie royale pour saisir l’ampleur du malaise dans la culture ? Est-il l’index pointant l’inexistence du rapport entre les sexes dans l’inconscient ? Les 55es Journées de l’École de la Cause freudienne sont ouvertes à tous. Soyez nombreux à ce grand rendez-vous de la psychanalyse, le plus sérieusement comique. »

Édito février 2025

Le comique dans la clinique : que vous évoque ce thème
dans l’enseignement de Lacan ?

« Dans une analyse, un mot vous échappe ; vous vouliez dire quelque chose et vous dites le contraire ; un acte manqué vise juste au niveau du désir inconscient et une interprétation vous déroute et vous ne la comprenez pas. Tout cela ne passe pas par la comprenette. Il n’est pas rare d’en rire sur le moment ou en sortant de la séance. Le comique surgit donc dans la clinique quand le sens est déplacé, subverti, mis sans dessus dessous ».

Laura Sokolowsky, “Sur le vif”, Lacan Web TV

Édito octobre 2025

Nous continuons également, et avec un enthousiasme renouvelé, la préparation de la Journée d’étude, Fantasmes contemporains du corps, en collaboration avec l’ACF en IdF.
Vous êtes invité(e)s à vous y inscrire le plus tôt possible et à réserver la date du 6 décembre 2025. 
Nous recevons de plus en plus, dans nos cabinets, des patients aux prises avec leur rapport inquiet au corps. Corps qui leur échappe, qui se présente comme étranger, insatisfaisant, et qui fait souvent un obstacle à l’inscription du sujet dans le lien social comme dans l’expérience amoureuse. « Qu’il serait beau d’être beau, séduisant, athlétique, parfait » : tel est le fantasme immémorial de l’humanité. Mais aujourd’hui, il est redoublé par les promesses de la science appliquée à la médecine et à la chirurgie, qui prétendent offrir la jeunesse éternelle, voire l’immortalité.
Et pourtant, la clinique nous enseigne que, sous le voile du fantasme, c’est le réel qui insiste. Alors, entre le voile du fantasme et l’illusion de sa réalisation, c’est le réel du corps qui sera au cœur de notre réflexion lors de notre Journée d’étude.
Nous vous y attendons nombreux, le 6 décembre, pour interroger, avec nos invité(e)s, cette énigme contemporaine.

Édito février 2025

La parole maintenant à la déléguée des Cartels pour L’Envers de Paris, Stéphanie Lavigne, et aux responsables des vecteurs :

Cartels

Édito octobre 2025

Le comique dans la clinique, lectures en cartel

Un cartel est une occasion unique de rencontrer l’enseignement de Lacan et de Freud, un réveil du désir de savoir. Il ne s’agit pas de se faire enseigner par un autre, ni d’enseigner ce que l’on sait déjà. Un cartel, c’est une confrontation à la castration, à son « Je ne comprends rien », « Je ne veux rien savoir », une remise en cause du savoir totalisant, tel qu’on se l’imagine. Se réunir en cartel, c’est s’adjoindre à d’autres solitudes, devenir « cartellisants », former un petit groupe comme « essaim 1 », afin que s’éclairent les concepts de la psychanalyse.

tit groupe de quatre plus-un est une invitation à « l’élaboration provoquée 2 ». Il peut permettre une rencontre surprenante avec l’enseignement de Lacan et de Jacques-lain Miller. Cette rencontre, qu’elle soit première fois ou non, est une ouverture vers un bout de savoir nouveau.
C’est ainsi que la soirée de rentrée des cartels de l’ECF, vers les prochaines Journées de l’ECF, Le comique dans la clinique, a invité Chloé Fernando et Bénédicte Jullien. Elles nous exposeront leurs travaux. Entre désir, équivoque et trait d’esprit, nous risquons de rire sérieusement ! Hélène Bonnaud, psychanalyste membre de l’ECF a accepté d’être notre extime. Nous procéderons, en fin de soirée, au tirage au sort des nouveaux cartels. Nous vous attendons avec joie, le jeudi 16 octobre 2025 à 21h, au local de l’École de la Cause freudienne, 1 rue Huysmans, 75006 Paris.


1. Miller J-A., « Cinq variations sur l’élaboration provoquée », intervention lors de la soirée des cartels de l’ECF du 11 décembre 1986, la lettre mensuelle, n°61, juillet 1987, p. 5-11.
2. Ibid.


Contacts :
Stéphanie Lavigne : enversdeparis-cartels@causefreudienne.org
Laurence Maman : acf.dr-idf@causefreudienne.org 

Vecteur Lectures freudiennes

Édito octobre 2025

Le fantasme « un enfant est battu » constitue pour Freud en 1919 une véritable pierre de touche théorique : il y mesure sa propre théorie du complexe d’Œdipe, mais aussi les autres théories qui proposent une explication du rapport qu’il est possible d’établir entre refoulement et caractère sexuel. Mises à l’épreuve, deux de ces théories, issues de W. Fliess et d’A. Adler, n’apparaissent pas comme justes, mais au contraire source d’erreur. Même si leur principe diffère, elles ont en commun de vouloir dériver le motif du refoulement du caractère sexuel dominant de chacun des deux sexes. Mais outre leur aspect mécanique, ces deux théories présupposent un caractère sexuel déterminé, d’où tout dériverait. Freud souligne que le refoulement du fantasme chez la fille comme chez le garçon relève d’une autre logique, tenant à la complexité symbolique des positions de chacun des sexes dans le rapport au père.
Nous nous retrouverons chez Susanne Hommel, le mercredi 8 octobre 2025 à 21h,

Contact : lectures-freudiennes@enversdeparis.org

Seminario Latino

Édito février 2025

Une passionnante soirée a été organisée par le Seminario Latino, le 24 septembre 2025 ; à la Maison de l’Amerique Latine, en présence de Domenico Cosenza, membre de la Scuola Lacaniana di Psicoanalisi et de l’Association Mondiale de Psychanalyse, autour de son livre, Clinique de l’Excès. Sophia Guaraguara, Jorge Farah, Flavia Hofstetter, Nayahra Reis et Eleonora Renna ont dialogué avec l’auteur sur les points cruciaux de son ouvrage : les troubles alimentaires, les toxicomanies, les déconnexions-hyperconnexions à l’adolescence… Un débat animé s’en est suivi avec le public.

En octobre, le Seminario Latino de L’Envers de Paris poursuit son cycle d’études, Signifiants dans l’air du temps, et prépare sa dernière soirée de l’année, consacrée au thème de la liberté et de l’autonomie. Plus de renseignements à venir.

Responsables : Flavia Hofstetter et Nayahra Reis
Contact : seminario-latino-de-paris@enversdeparis.org

Vecteur Lectures cliniques

Édito février 2025

Le prochain cycle du vecteur, consacré au thème « Lecture clinique des trois passions : l’amour, la haine et l’ignorance » commence son activité en octobre. Le groupe d’organisation va se réunir pour préparer le 1er rdv du samedi 8 novembre, date à laquelle notre extime, Camilo Ramirez, sera présent. Pour ce rdv, nous préparons une lecture du Séminaire I de J. Lacan, leçon XXI « La vérité surgit de la méprise », partie 3 (pp. 408-414), et leçon XXII « Les concepts de l’analyse », partie 2 (pp. 419-425).

Le vecteur se réunira cinq fois cette année, le 8 novembre, 13 décembre, 31 janvier, 11 avril et 6 juin, chaque fois en présence d’un invité extime. Il reste des places pour rejoindre ce cycle de deux ans.

Contact : vlc.enversdeparis@gmail.com

Responsable : Noa Farchi

La commission d’organisation : Andrea Castillo, Jorge Mourao, Ceylin Ozcan, Karine Vincent et Jérémie Wiest.

Vecteur Psychanalyse et littérature

Édito février 2025

Le vecteur Psychanalyse et Littérature se réunira par Zoom le 20 octobre à 20h.

Le travail de Rosana Montani a précisé la fonction de coupure et de fixation du symbolique en tant que la coupure est ce qui « instaure dans la vie de l’homme la présence même du langage 1 » et que ce que le signifiant fait surgir, il « l’arrête comme une chose fixe à travers tout flux de transformations possibles 2 ». Notre vecteur poursuivra son avancée sur l’opération de la coupure signifiante en mettant en lumière ses liens avec la pulsion. Pour déplier comment la coupure signifiante permet d’engendrer « le monde du sujet qui parle 3 », Françoise Burlot et Valérie Chevassus nous présenteront leurs lectures des chapitres V et VI du Séminaire L’Angoisse de Lacan. Leur travail nous permettra de dégager précisément ce qui relie la coupure signifiante à l’objet cause du désir et de rendre compte de la façon dont Chantal Thomas use de cette opération articulant le symbolique et le réel pour produire son écriture de son ouvrage Comment supporter sa liberté 4.

Si la recherche du vecteur Psychanalyse et Littérature vous intéresse et que vous désirez l’enrichir de vos questions et de vos trouvailles, contacter M.-C. Baillehache à : litterature@enversdeparis.org



1 Lacan J., Le Séminaire, livre VII, L’Éthique de la psychanalyse, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1986, p. 325
Ibid., p. 324-325.
3 Lacan J., Le Séminaire, livre X, L’Angoisse, texte établi par J.-A. Miller Paris, Seuil, 2004, p. 92.
4 Thomas C., Comment supporter sa liberté, Paris, éd. Rivages poche, 2000.

Vecteur Le corps, pas sans la psychanalyse

Édito octobre 2025

La première rencontre de la saison du vecteur « Le corps pas sans la psychanalyse » a permis de déterminer une orientation pour l’année qui débute. Il sera question de la suture dans la clinique des corps morcelés et épars. Les supports envisagés pour les premières discussions dans cette perspective seront l’intervention d’Éric Laurent au Cera sur le corps dans la clinique de l’autisme, le numéro récemment paru de la revue Mental consacré au corps et le travail artistique de Luc Schuhmacher.

Prochaine rencontre : 8 octobre à 20h30, au 76 rue des Saints-Pères.

Membres du vecteur : Geneviève Mordant, Pierre-Yves Turpin, Guido Reyna, Martine Bottin, Isabelle Lebihan, Marie Faucher-Desjardins, Ana Dussert, Anne-Marie Rieu-Foucault, Baptiste Jacomino.

Responsable : Baptiste Jacomino
Contact : corpsy@enversdeparis.org

Vecteur Psynéma

Édito février 2025

La prochaine projection organisée par le vecteur Psynéma, suivie d’un débat, sera consacrée au film Gens de Dublin (The Dead) de John Huston.
Projection prévue le samedi 4 octobre à 14h00 au Patronage Laïque Jules Vallès, 72 Av. Felix Faure – Paris 15e. 
Discussion qui sera animée par Élisabeth Gurniki (membre de l’ECF et du vecteur Psynéma).

GENS DE DUBLIN (THE DEAD), film de John Huston (1987), avec Anjelica Huston et Donal McCann. 

Le dernier film de John Huston, The Dead, sorti six mois après sa mort, couronne sa carrière de réalisateur en 1986. Il s’agit d’une adaptation et interprétation de la dernière nouvelle – The Dead – du recueil « Dubliners » de James Joyce publié en 1914.
Dans le huis-clos d’un bal annuel à la période de Noël, il donne vie aux personnages de Joyce avec une chaleur et une tendresse teintées d’humour. Il insuffle du désir aux Dubliners que Joyce avait décrit minutieusement sur un mode naturaliste teinté d’ironie. Il fait résonner la poésie et la musique gaëliques avec des échos du conflit insulaire entre la culture britannique et la religion catholique.
Pour clôturer le bal il suit le glissement de Joyce dans the stream of consciousness à la fin de la nouvelle : la chaleur de la fête s’éteint dans les rues de la ville enneigée, avec le retour de Gabriel et Gretta à leur chambre d’hôtel. Dans cette scène finale Huston s’éloigne plus précisément de la mélancolie de l’auteur en interprétant le monologue de Gabriel du côté de la nostalgie quand Gretta s’absente dans son sommeil.
Là où, chez Joyce, Gabriel est happé par la mort dans les souvenirs de la femme avec qui il fait Un, pour Huston, rêve, perte et nostalgie se jouent au champ de l’Autre.

Programmation 2025-2026, en partenariat avec le Patronage Laïque sur le site : (entrée libre sur réservation dans la rubrique « ciné-débat »)

Programmation 2025 en partenariat avec le cinéma Les 7 Parnassiens sur le site « Multiciné » avec les liens pour l’achat d’un billet.

Prochaine réunion pour discuter du film de Kenji Mizoguchi Les musiciens de Gion (projection prévue au cinéma Les 7 Parnassiens le 27 nov.) Date de la réunion non encore fixée.

Responsables du vecteur Psynéma : Marie Majour et Leila Touati.
Nous contacter à : vecteur.psynema@gmail.com

Vecteur Théâtre

Édito octobre 2025

Le vecteur Théâtre et psychanalyse organise une rencontre, le dimanche 19 octobre à 15h, avec Éric Feldman, l’auteur et interprète de sa pièce, On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie.

Philippe Benichou sera notre invité pour débattre avec Éric Feldman à l’issue de la représentation.

Les places sont disponibles sur la billetterie du site du Théâtre de La Porte Saint- Martin, avec le code promo « ENVERSPETANQUE », qui vous permettra de bénéficier d’un tarif préférentiel de 23 euros au lieu de 30 euros.

Vous pouvez également réserver vos places par téléphone au 01.42.08.00.32 en précisant le code avantage.

Responsable du vecteur : Hélène de La Bouilleri
Contact : theatreetpsychanalyse@gmail.com

Vecteur Clinique et addictions

Édito février 2025

Le vecteur Clinique & Addictions reprendra ses travaux dès le 15 octobre 

prochain, sous la houlette de ses deux nouvelles responsables, Mathilde Braun et Coralie Haslé. Le thème de l’année : « Créations ».

Les conversations ont lieu les mercredis : 15 octobre, 12 novembre, 10 décembre, 14 janvier, 11 février, 11 mars, 15 avril, 21 mai et 17 juin.

REVUE HORIZON

Édito février 2025

Le dernier numéro de notre bulletin, Horizon 69 est disponible à la librairie de l’ECF.

 

Édito février 2025

Nous vous souhaitons un très beau mois d’octobre et nous vous attendons aux nombreux évènements de L’Envers de Paris.

Cinzia Crosali,
directrice de L’Envers de Paris.