Le comique dans la clinique

Le comique dans la clinique

Les 55e Journées de l’École de la Cause freudienne auront lieu à Paris les 15 et 16 novembre 2025. L’actualité ne nous invite pas forcément à rire. Et on ne peut pas rire de tout. Pourtant le ratage est au coeur de notre humanité de parlêtre dans lequel surgit le comique. Préliminaires nous ouvre la voie psychanalytique. Éclat est un écho de l’époque, Épigramme fait résonner les citations aujourd’hui. Rubricabrac nous parle, nous dessine, nous interprète.

Jacques Lacan : le noeud, dernier amour.

Jacques Lacan : le noeud, dernier amour.

Jacques Lacan a voué, a noué son existence à la psychanalyse. Dans cette vidéo exceptionnelle, Jacques-Alain Miller évoque pour la première fois sa trajectoire sur un versant plus personnel. Il dégage la singularité de son style, sa méthode, sa façon de procéder avec ses objets de pensée. Pourquoi la topologie pour rendre compte de l’expérience analytique ? En quoi permet-elle de situer des termes complexes comme l’inconscient ou la jouissance ? La topologie de Lacan, loin de se réduire à l’image des surfaces et à la manipulation des nœuds, est au cœur de sa méthode ; elle “est présente dans sa phrase même”. J.-A. Miller nous permet ici d’approcher la passion de Lacan pour le nœud borroméen, véritable coup de foudre. Un éclairage précis et inédit sur la topologie de Lacan. Et un témoignage saisissant sur son existence hors du commun et ses confins.

La vidéo intégrale ici 

Édito juin 2025

Édito janvier 2025

Avec le bureau je tiens à vous présenter, nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année. Qu’elle soit une année pleine de rencontres, d’activités et de surprises, pour tout un chacun. Notre association repart, après la pause de fin d’année, chargée de nouvelles énergies et pleine de projets intéressants. Nous continuons à travailler sur le thème Fantasmes contemporains du corps, à interroger avec ce prisme de lecture, l’actualité, le cinéma, le théâtre, la littérature, la clinique et à tisser les connexions entre la psychanalyse et la cité, selon la vocation de L’Envers de Paris.

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ÉDITO DÉCEMBRE 2024

Les 54es journées de l’École de Cause freudienne se sont terminées depuis peu avec succès et leur richesse clinique et théorique est maintenue vivante afin de poursuivre la réflexion et l’étude de la psychanalyse au sein de notre association.

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ÉDITO JUIN 2024

Nous débutons ce mois de juin avec une riche palette d’activités et d’événements, toujours en
connexion étroite avec la ville. Nous suivons notre fil rouge : Fantasmes contemporains du
corps, qui guide notre recherche. À ce propos, une référence de Lacan, tirée du Séminaire
VI, Le Désir et son interprétation, nous éclaire : « Cet autre est l’image du corps propre […].
C’est là, dans ce fantasme humain, qui est fantasme du sujet […] c’est

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Édito juin 2025

Édito février 2025

Cinzia Crosali,
directrice de l’EdP

Chers membres et amis de L’Envers de Paris,
Nous vous rappelons deux évènements majeurs de notre champ :

– Le Congrès de l’EuroFédération de Psychanalyse, PIPOL 12 qui se tiendra les 12 et 13 juillet 2025 à Bruxelles, sous le titre :  Malaise dans la famille.
https://www.europsychoanalysis.eu/malaise-dans-la-famille-pipol-12/

– Les Journées de l’ECF, qui se dérouleront, les 15 et 16 novembre prochains, au Palais des Congrès de Paris, sous le titre : Le comique dans la clinique.
https://www.causefreudienne.org/evenements/le-comique-dans-la-clinique/

Le mois de juin s’ouvre à L’Envers de Paris avec nombreux évènements, en lien avec notre sujet de recherche : Fantasmes contemporains du corps. Nous poursuivons notre travail sur ce thème, en nous appuyant sur la notion du fantasme, dans sa double fonction : d’une part, faire barrière à la jouissance, et d’autre part, permettre de récupérer des bribes de jouissance, comme on peut le voir dans la construction que Freud fait du fantasme « On bat un enfant [1] ». La jouissance dont il est question ici est celle du corps, le corps vivant, dont la jouissance est directement connectée au langage. Jacques-Alain Miller souligne cette corrélation entre fantasme et langage dans un passage de son cours du 1982 quand il dit : « Le fantasme n’est pas une fonction annexe. Le fantasme est la condition même pour que le sujet puisse s’instituer dans le signifiant. C’est la condition même pour que du signifiant puisse se représenter auprès d’un autre signifiant [2] ». Notre recherche sur les fantasmes contemporains du corps, prend en compte cette indication ainsi que ses implications pour la clinique et la civilisation.

Vous trouverez plusieurs textes sur ce thème sur le site de L’Envers de Paris 


[1]. Freud S., « Un enfant est battu, contribution à la connaissance de la genèse des perversions sexuelles » (1919), Névrose, psychose et perversion, Paris, PUF, 1973.
[2]. Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Du symptôme au fantasme et retour », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université de Paris 8, cours du 2 février 1982, inédit.

Édito février 2025

La parole maintenant à la déléguée des Cartels pour L’Envers de Paris.

Cartels

Édito février 2025

Entre PIPOL 12, Malaise dans la famille, au mois de juillet et les prochaines Journées de l’École de la Cause freudienne, Le comique dans la clinique, les cartels de Lacan sont bien au rendez-vous. C’est pourquoi la fine équipe de Paris-Cartels, vous invite à lire cet article de Frédérique Bouvet, car la famille est aussi prise dans l’époque du « pire que le père [3] ». Le discours analytique nous invite à se passer du père, ainsi il devient possible qu’« avec du pire, faire du rire, non du père [4] ».

Cartello n° 40 : /newsletters/du-pere-au-pire/

Stéphanie Lavigne : Contact cherche cartels


[3]. Miller J.-A., Comment finissent les analyses. Paradoxes de la passe. Paris, Navarin éditeur, 2022, p. 128.
[4]. Miller J.-A, « Conversation d’actualité avec l’École espagnole du Champ freudien », La Cause du désir, n° 108, juin 2021, p. 54.

Édito février 2025

Et maintenant la parole aux responsables des vecteurs et des groupes de l’Envers de Paris, qui nous informent sur les activités et les évènements du mois de juin :

Vecteur Lectures freudiennes

Édito février 2025

Nous continuons de lire et de traduire l’article de Freud : « Ein Kind wird geschlagen – Un enfant est battu », dans ce paragraphe Freud explore le fantasme d’être battu pour les deux sexes. Il insiste sur le fait que pour la fille comme pour le garçon c’est l’amour ravalé (erniedrigtes Geliebtwerden) pour le père qui est à l’origine du fantasme.

Citons-le dans notre traduction : 

Le fantasme masculin inconscient ne s’entendait pas donc originellement :  je suis battu par le père, comme nous l’avions d’abord provisoirement établi mais bien plutôt : je suis aimé par le père […] Le fantasme d’être battu du petit garçon est donc dès le début un fantasme passif, effectivement issu de la position féminine à l’égard du père. Il correspond tout comme le fantasme féminin (celui de la fille) au complexe d’Œdipe […] dans les deux cas le fantasme d’être battu dérive du lien incestueux au père. 

Nous nous sommes retrouvés chez Susanne Hommel le mardi 27 mai à 21h. 

Contact : lectures-freudiennes@

Seminario Latino

Édito février 2025

Le SLP vous invite le 11 juin à sa prochaine soirée intitulée : HARCÈLEMENT.

Le harcèlement scolaire, qui occupe aujourd’hui une place centrale dans les discours gouvernementaux et médiatiques, accompagne l’institution scolaire depuis ses origines.

Dans la parole des jeunes que nous recevons, le harcèlement apparaît de plus en plus comme un signifiant central, permettant de nommer une modalité de lien marquée par la violence, l’agressivité, voire la haine. Ainsi, tant pour le soi-disant harcelé, que pour le harceleur et le témoin passif, le rapport à l’Autre se dessine sur un fond de tension, de menace voire d’effacement.

Face à ce malaise, la réponse de l’institution scolaire s’oriente souvent vers une tentative de rééducation du lien. Les comportements violents sont alors interprétés comme le signe d’un déficit en compétences émotionnelles et sociales chez les jeunes, qu’une éducation devrait combler par l’apprentissage.

Cependant, une telle lecture reste insuffisante. Car, comme l’indique Philippe Lacadée, « le harcèlement met en jeu la pulsion de mort, soit la haine qui s’adresse à l’être, réduisant l’autre à sa valeur d’objet de jouissance, voire de déchet.[5]» Il ne s’agit pas d’un échec éducatif, mais d’un mode de lien fondé sur une jouissance sans limites.

Signifiant omniprésent dans les écoles, le harcèlement dépasse cependant le cadre scolaire. C’est dans la société elle-même que ce signifiant s’est généralisé : le mobbing, le harcèlement sexuel, le cyberharcèlement, le stalking… Un « harcèlement pour tous » ?
Comment lire les différentes situations de harcèlement, qui touchent au lien social et au rapport du sujet à ce qui fait altérité en lui ?

Rendez-vous le mercredi 11 juin à 21h00, à la Maison de l’Amérique Latine, 217 Bd Saint Germain, 75007 Paris.

Soirée en présentiel et en français. Pas d’inscription requise.

Nous vous attendons nombreux !

Contact : seminario-latino-de-paris@


[5]. Lacadée P., « Harcèle-ment à l’erre du numérique », L’Hebdo-Blog, n° 338, disponible sur internet.

Vecteur Lectures cliniques

Édito février 2025

La seconde année du cycle 2023-2025 sur « La clinique différentielle » s’est ouverte en octobre pour une année scolaire. Durant cette période, le vecteur se réunira cinq fois, chaque fois en présence d’un invité extime. Il a déjà reçu Adela Bande-Alcantud, Ricardo Schabelman, Ariane Chottin et Cinzia Crosali. Au mois de juin, pour le dernier rendez-vous, il accueillera Pascale Fari.
Le vecteur est l’occasion de prendre la parole, de présenter un exposé et d’en débattre à plusieurs. Pour que chacun puisse présenter son travail, le nombre de participants est limité.
La commission d’organisation du vecteur est composée de : Andréa Castillo, Noa Farchi, Caroline Happiette, Pauline Préau et Sophie Ronsin.

Responsables : Caroline Happiette et Sophie Ronsin

Contact : vlc.enversdeparis@

Vecteur Psychanalyse et littérature

Édito février 2025

Dans la continuité de l’étude par le vecteur de la fonction et de l’usage de la coupure dans l’écriture de Chantal Thomas, Marie-Christine Baillehache présentera le chapitre XXII, intitulé « Coupure et fantasme »du Séminaire de Lacan, Le Désir et son interprétation[6]. Dans le chapitre précédent, présenté en mai par Françoise Burlot, Lacan fait valoir que l’objet  est un objet qui se coupe et dont l’usage se structure en scansion. À sa fonction de mutilation d’une part de satisfaction de corps, il ajoute la fonction de passage de cet objet a au symbolique. Avec le chapitre XXII, il s’agira de lire pas à pas le prolongement que Lacan apporte avec précision sur la nature de cet objet a, sur sa fonction de coupure et sur son articulation, au-delà du fantasme, avec le processus de création littéraire. La nouvelle de Chantal Thomas « De l’huitre », tirée de son recueil La Vie réelle des petites filles[7]permettra de mettre en lumière l’usage spécifique que cette écrivaine fait de la coupure dans ce court récit et l’effet recherché et produit sur son lecteur.

Le vecteur se réunira par Zoom, le lundi 16 juin à 20h, pour continuer à élaborer ce point de la coupure, essentiel à l’écriture de Chantal Thomas et à la psychanalyse.

Contact : M-C Baillehache : litterature@



6. Lacan J., Le Séminaire, livre VI, Le Désir et son interprétation, texte établi par J.-A. Miller, Paris, La Martinière/le Champ freudien, 2013.
7. Thomas C., La Vie réelle des petites filles, Paris, Gallimard, 1995.

Vecteur Le corps, pas sans la psychanalyse

Édito février 2025

Lors de notre rencontre de mai, Geneviève Mordant a présenté un texte issu de nos échanges avec Julien Fournié, créateur de mode. Elle pointe l’insistance du designer sur ce que sa création doit à un travail de destruction. Elle le lit à la lumière d’une phrase de Lacan dans le Séminaire VII, L’Éthique de la psychanalyse : « La fonction du beau étant précisément de nous indiquer la place du rapport de l’homme à sa propre mort et de ne nous l’indiquer que dans un éblouissement.[8] » 

Prochaine rencontre : le 17 juin, au 76 rue des Saints-Pères.

Membres du vecteur : Geneviève Mordant, Pierre-Yves Turpin, Guido Reyna, Martine Bottin, Isabelle Lebihan, Marie Faucher-Desjardins, Elisabetta Milan Fournier, Ana Dussert, Baptiste Jacomino (coordinateur).

Responsable : Baptiste Jacomino
Contact : corpsy@



8. Lacan J., Le Séminaire, livre VII, L’Éthique de la psychanalyse, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1986, p. 342.

Vecteur Psynéma

Édito février 2025

La prochaine projection organisée par le vecteur Psynéma, suivie d’un débat avec les spectateurs, sera consacrée au film de Pedro Almodóvar LA PIEL QUE HABITO. Elle aura lieu, le jeudi 5 juin 2025 à 20h, au cinéma Les 7 Parnassiens, 98 bd du Montparnasse, Paris 14e.

La Piel que habito (2011) est un film de Pedro Almodóvar dans lequel le cinéaste espagnol revisite le mythe de Frankenstein et du savant démiurge. Un chirurgien plasticien (Antonio Banderas), sous prétexte de vengeance et pour créer un être à l’image de sa femme disparue, a mis au point, grâce à la transgénèse, une peau synthétique. Telle une araignée, il y a emprisonné sa « proie » (Elena Anaya), après lui avoir fait subir un changement de sexe. Abandonnant les couleurs bariolées de ses films précédents pour une tonalité plus froide, en écho avec le discours de la science et l’art contemporain, Almodóvar met en lumière les liens troubles qui unissent le chirurgien et sa victime. Celle-ci, confrontée au réel de sa perte d’identité sexuée, devient pour son bourreau pur objet de jouissance. Pour exister, il/elle recourt à la création, qui passe par l’écriture et la confection de poupées (inspirée des œuvres de Louise Bourgeois), dont la peau est figurée par des morceaux de tissus, autant de modes de jouissance qui lui permettent d’« habiter sa peau ». Si, comme le dit Almodóvar : « Il y a quelque chose d’intouchable, d’inaccessible à la science, qui renvoie à l’identité de la personne », le titre La piel que habito résonne avec la formule lacanienne : Le corps, le parlêtre ne l’est pas, « l’homme dit que son corps, il l’a », précise Lacan[9]. L’homme adore son corps dans la mesure où il y trouve sa consistance imaginaire. Tant qu’on reste captif de sa forme, qui impose l’idée de son unité, on ne s’aperçoit pas que le corps est fait de pièces détachées, indique J.-A. Miller[10]. Avec ce film, déjà très actuel en 2011, Pedro Almodóvar nous amène à explorer la question du corps au-delà de l’image, soit la question du corps parlant qui noue la parole à la substance jouissante. 

Responsables du vecteur Psynéma : Marie Majour et Leila Touati.

Nous contacter à : vecteur.psynema@



9. Lacan J., Le Séminaire, livre XXIII, Le Sinthome, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2005, p. 154.
10. Cf. Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Pièces détachées », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université de Paris 8, cours du 17 novembre 2004, inédit. 


Notre programmation 2025 en partenariat avec le cinéma Les 7 Parnassiens se trouve sur le site « Multiciné » avec les liens pour l’achat d’un billet.

Vecteur Théâtre

Édito février 2025

Le dimanche 1er juin à 15h au théâtre de l’Odéon, dans le 6arrondissement de Paris, le collectif Théâtre et psychanalyse vous propose un évènement préparatoire aux J55, autour de la pièce, L’Hôtel du Libre-Échange de Georges Feydeau, mise en scène par Stanislas Nordey. Ce célèbre vaudeville hilarant qui tourne autour de l’adultère sera certainement un support formidable pour nous aider à saisir la question du comique, notamment dans son rapport avec le phallus. Catherine Lazarus-Matet a accepté de venir participer à un débat avec le metteur en scène, animé par Hélène de La Bouillerie.

Vous pouvez réserver vos places en envoyant un mail à l’adresse : theatreetpsychanalyse@ (prix des places 34€).

Vecteur Clinique et addictions

Édito février 2025

La prochaine conversation aura lieu mercredi 4 juin 2025 à Paris sous le titre : L’institution réelle : Le lien social, c’est le symptôme : il s’instaure de la rencontre des singularités. De même, les institutions en sont une émanation fondatrice. C’est dire qu’il y a un réel auquel elles répondent. Il convient donc de ne pas l’idéaliser pour en instaurer la fonction. Avec Marco Androsiglio et Pierre Sidon.

Renseignements et inscriptions sur addiction.org/conversations

REVUE HORIZON

Édito février 2025

Le dernier numéro de notre bulletin, Horizon 69, est disponible à la librairie de l’ECF.

Pour l’achat on-line : www.ecf-echoppe.com

Édito février 2025

En vous souhaitant un très beau mois de juin, nous vous attendons nombreux aux évènements de L’Envers de Paris.

Cinzia Crosali,
directrice de L’Envers de Paris.

Entretien avec Stéphane Braunschweig : “Mise en scène et interprétation”

Lacan Web Télévision s’entretient avec Stéphane Braunschweig.

Stéphane Braunschweig est metteur en scène, et il a notamment été directeur du théâtre de l’Odéon de 2016 à 2024.
Il est particulièrement reconnu pour son travail d’adaptation d’auteurs comme Tchékov, Pirandello, Shakespeare, Ibsen, entre autres, et entretient une importante relation artistique avec l’auteur norvégien Arne Lygre.

Son travail porte une réflexion sur la dimension d’interprétation de la mise en scène, interprétation au niveau conscient de la signification du texte, mais aussi sur ce qui n’est pas dit et constitue une dimension inconsciente de l’oeuvre. Il en est question dans ce grand entretien.

Sous-titres en espagnol, portugais, italien, anglais et français.

 

Lire la littérature avec Lacan

Lire la littérature avec Lacan

par Marie-Christine Baillehache

Le vecteur Psychanalyse et Littérature est constitué par un groupe de personnes décidées à se laisser enseigner par la manière dont un écrivain opère pour traiter sa propre jouissance de corps afin de la nouer autrement au langage. Cerner son savoir-y-faire avec le hors-sens qui l’anime au plus intime de lui-même permet de s’orienter toujours mieux de l’enseignement de Lacan et de J.-A. Miller.

Freud et Lacan ont l’un et l’autre questionné et se sont laissé questionner par les écrivains et leurs œuvres : Jensen, Shakespeare, Beckett, Queneau, Gide, Hugo, Duras, Claudel, Joyce… Freud considérait les écrivains comme « de précieux alliés » qui « nous devancent de beaucoup […] notamment en matière de psychologie, parce qu’ils puisent là à des sources que nous n’avons pas encore explorées [1] ». De son côté, Lacan exhorte le psychanalyste à ne « pas faire le psychologue là où l’artiste lui fraie la voie [2] ». Dans leur rapport à l’art littéraire, l’un et l’autre se gardent de comprendre l’œuvre et son auteur pour en dévoiler les ressorts inconscients, mais bien au contraire libèrent-ils la psychanalyse de la psychologie en dégageant les points de structure de l’œuvre elle-même.

De septembre 2024 à juin 2025, chaque vecteurisant a donné à son travail la perspective de cette question : de quelle vérité insistante, l’art littéraire de Chantal Thomas est-elle la fiction ? L’étude de son Journal de nage [3] et de son recueil de nouvelles La vie réelle des petites filles [4] a permis de mettre en lumière la façon dont cette écrivaine construit ses différents récits avec la coupure. Avec cet exercice de la coupure, clairement référencé à Roland Barthes et sa conceptualisation de celle-ci en littérature, elle éclaire ce que Lacan nous enseigne sur l’inadéquation entre les mots et ce dont ils parlent, sur la fonction du manque lié à l’objet (a) et sur la possibilité de lier autrement le pas-de-sens [5] au langage. Le vecteur Psychanalyse et littérature entamera sa nouvelle année d’étude en septembre 2025 avec l’essai de Chantal Thomas Comment supporter sa liberté [6]. Basé sur le désir et le transfert de travail de chaque vecteurisant, il est l’occasion pour chacun de produire un texte écrit de là où il en est de son élaboration et de l’adresser à L’Envers de Paris. Il est ouvert à qui désire s’éclairer de la littérature pour mieux s’orienter de Freud, Lacan et J.-A. Miller.

Responsable du vecteur Psychanalyse et Littérature : Marie-Christine Baillehache.



[1] Freud S., Le délire et les rêves dans la Gradiva de Jensen, Paris, Gallimard, 1986, p. 141.
[2] Lacan J., « L’hommage fait à Marguerite Duras », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 193.
[3] Thomas C., Journal de nage, Paris, Seuil, 2022.
[4] Thomas C., La vie réelle des petites filles, Paris, Gallimard, 1995.
[5] Lacan J., Le Séminaire, livre V, Les formations de l’inconscient, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1998, p. 101.
[6] Thomas C., Comment supporter sa liberté, Paris, Rivages, 2000.