Vecteur Psynéma

Responsables Karim Bordeau et Elisabetta Milan-Fournier

La prochaine séance de travail aura lieu le 13 octobre 2018.

renseignements et inscriptions Karim Bordeau

Trois projections, dans la très belle et spacieuse salle du Le Patronage Laïque Jules Vallès à Paris sont d’ores et déjà programmées :

le 13 octobre 2018,

le 19 janvier 2019,

le 13 avril 2019.

Psynéma prépare activement le prochain ciné-débat qui aura lieu de 13 octobre 2018 à 14h dans la salle du Patronage Laïque Jules-Vallès à Paris. Valeria Sommer a accepté d’être l’extime de notre travail. Nous projetterons le célèbre  film A serious man des frères Coen, qui sera suivi d’un débat jusqu’à 18h. Le thème d’étude du Patronage pour la prochaine année scolaire sera L’Utopie et le réel. Ce premier ciné-débat s’inscrira aussi dans la thématique des prochaines Journées de l’École de la Cause freudienne, en guise donc de rencontre préparatoire à ces J-48 intitulées : Gai,Gai, marions-nous ! 

Oh belle cité !  Dis-moi  ton nom !

Notre dernière  séance de travail  a consisté  pour l’essentiel à serrer de plus près le nœud : plaisir-bonheur-utopie. Nous avons déchiffré à cet effet quelques passages du célèbre livre de Thomas More intitulé L’Utopie, et aussi des parties du texte du dialogue platonicien La République.

Laure de Bortoli et Elisabetta Milan nous ont fort bien montré en quoi l’utopie à la More est nouée à un « rejet », ou du moins une certaine forme de négation, des déterminations historiques, lequel rejet est coextensif à une dialectique du plaisir et de la jouissance qui n’est pas sans rappeler ce que formule Platon dans son dialogue La République, notamment dans le livre IX où on aperçoit très bien que la cité qu’imagine Platon n’est pensable pour celui-ci que si elle écarte du jeu politique les jouissances dérangeantes. Il imagine à l’occasion sa cité idéale comme un corps en harmonie avec l’univers du discours… L’Utopie de More est tramée elle aussi d’une logique qui exclut une jouissance, – celle précisément « qu’il ne faut pas » -, dans la mesure où cette jouissance vient  troubler le bel ordre de l’Île d’Utopie. Difficile ici de ne pas penser à ce que formule Lacan dans son Séminaire Encore quant à la jouissance phallique et son « au-delà » du pas-tout de la jouissance féminine : « Si il y avait une autre jouissance que la jouissance phallique, il ne faudrait pas que ce soit celle-là. »(1)

La triade du corps, de l’âme et de la justice est nouée dans La République de Platon à la façon d’un nœud de trèfle liant le réel, le symbolique et l’imaginaire. En effet, ce dialogue a son terme étrange dans l’évocation spectaculaire et grandiose du fameux mythe d’Er, où il est question de la mémoire, de la réminiscence et de la Justice des dieux, avec cette idée d’une nécessaire immortalité non pas du corps mais de l’âme ; le christianisme s’emparera de ça d’une certaine façon dans la perspective du Jugement dernier, mais avec l’idée d’une résurrection des corps…

Comme on le sait le terme d’εἶδος (Eidos, Idée) est un terme chez Platon fondamental. À l’occasion de la sortie d’un texte (qui a fait date) du logicien Kripke(2) portant sur la nomination et la nécessité (dont Jacques-Alain Miller a fait grand état dans son séminaire(3)), Lacan revient sur l’Idée de Platon en des termes étonnants qu’il faut retenir : « Il y avait un nommé Platon qui s’est rendu compte qu’il fallait le tiers terme, le troisième terme de l’Idée, de l’εἶδος, qui est quand même un très bon mot grec pour traduire ce que j’appelle l’Imaginaire, parce que ça veut dire l’image. Il a très bien vu que sans l’εἶδος il n’y avait aucune chance que les noms collent aux choses… L’Idée faisait pour lui la consistance du réel. »(4)

Quoiqu’il en soit la question du juste rapport qui s’écrirait, disons entre les mots et les choses, est au fondement de la République de Platon, avec tout que cela implique quant au dressage ou l’éducation des corps parlants dérangés par les jouissances… Quand Lacan formule : il n’y a pas de rapport sexuel qui puisse s’écrire, sans doute a-t-il en tête, entre autres textes, ceux de Platon qui rêve en effet d’une cité (un lieu de nulle part comme il le formule lui-même) où il y aurait du rapport : « C’est bien pourquoi Platon, qui croyait à l’éternité de tous les rapports idéiques, fait une Politeia idéale où tous les enfants sont en commun. À partir de ce moment-là, vous êtes sûrs que ce dont il s’agit, c’est à proprement parler de centrer la société sur ce qu’il en est de la production sexuelle.» (5)Le mythe d’Er en est en quelque sorte l’étoffe ; le fait en effet que Platon soit contraint de passer à l’écriture d’un mythe, – au terme d’un long chemin censé donner les fondements de la cité idéale où le mariage par ailleurs a une fonction tout à fait particulière -, est significative d’un point de butée logique, comme certains commentateurs de Platon ont pu le souligner à l’occasion. Le Mythe de la Caverne, qui ouvre le livre VII de La République, est à cet égard lui aussi paradigmatique et quelque peu étrange… Karim Bordeau

(1)Lacan J., Le Séminaire, livre XX, Encore, Editions du Seuil, Paris, 1973, p.56.
(2) Kripke S., La logique des noms propres, Editions de minuit, Paris, 1995.
(3) Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Le lieu et le lien », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université Paris VIII, leçon du 7 mars 2001, inédit.
(4) Lacan J., Le Séminaire, livre XXII, « RSI »,  leçon du 11 mars 1975, inédit.
(5) Lacan J, Le Séminaire, Livre XVI, D’un Autre à l’autre, Editions du Seuil, Paris, 2006, p.215.

Travaux

Psynema décembre

La séance du mois de novembre 2016 du Vecteur Psynéma a été amplement consacrée aux réflexions autour de la soirée de préparation aux dernières journées de l’École de la Cause Freudienne sur le thème de l’objet regard. Cette soirée, qui a eu lieu le 18 octobre au cinéma Escurial, proposait un travail intéressant autour du film Night Call (2014), réalisé par Dan Gilroy. Le Vecteur Psynéma avait invité le psychiatre et psychanalyste Pierre Sidon et a été riche en échanges malgré le nombre de participants. […] Vecteur Psynema

l’inconscient pulsionnel

[…] un sujet arrive à construire, parfois à ses dépens, sa propre place dans le monde ou plus précisément dans ce que Lacan nomme poétiquement, quant à la métonymie comme déplacement de jouissance, « cette cohue de personnes déplacées » : « Car à la façon dont vont les choses, on ne le sait que trop, quand le langage s’en mêle, les pulsions doivent plutôt foisonner, et la question (si il y avait quelqu’un pour la poser) serait plutôt de savoir comment le sujet y trouvera une place quelconque. La réponse heureusement vient d’abord, dans le trou qu’il s’y fait » […] Karim Bordeau

Psynéma

La rentrée du Vecteur Psynéma, dans ce début du mois de septembre 2016, s’ordonne activement autour de deux points : l’organisation de soirées autour des Aliens dans le cinéma contemporain, visant à cerner la problématique du corps parlant d’une manière surprenante et inattendue, ainsi que la préparation d’une soirée sur le thème des prochaines Journées de l’École de la Cause Freudienne, l’objet regard.
Notre prochaine réunion aura lieu le 18 septembre à 14H.

Psynéma

Compte rendu de la séance du 25 Juin 2016 Le Vecteur Psynéma a « consacré » la séance du mois de juin 2016 au visionnage critique de quelques extraits des deux premiers films-épisodes de la saga Alien. Le terme « consacré » n’est pas excessif : cette saga a marqué à...

Psynéma

Rdv samedi 25 juin à 17 H. Nous parlerons de l’Alien de Ridley Scott, sorti en 1979. Un événement dans l’histoire du cinéma.

Notre séance du 14 mai a été consacrée à une lecture d’Under the Skin, film de Jonathan Glazer sorti en 2013. Nous avons resserré notre propos autour de l’avoir du corps et de la façon dont celui-ci est représenté comme Alien dans le cinéma. Ce que montrent en effet certains films centrés sur cette problématique c’est qu’un corps, en tant que consistance mentale, n’est pas donné d’emblée, qu’il y a une sorte d’antériorité logique où le corps se défait comme sac vide. Comment chacun fait-il alors avec son corps pour qu’il ne lui apparaisse pas trop comme alien ? (lire la suite) …

Psynéma

«Cela ne va pas de soi, pour le dire qu’un corps soit vivant. De sorte que ce qui atteste le mieux qu’il soit vivant, c’est précisément ce «mens» que j’ai introduit par la voie, le cheminement de la débilité mentale. Il n’est pas donné à tous les corps en tant qu’ils fonctionnent de suggérer la dimension de l’imbécillité. (…) Sans le langage pas le moindre soupçon ne pourrait nous venir de cette imbécillité qui est aussi ce par quoi le support qu’est le corps nous témoigne (…) d’être vivant.»

Psynéma

Pourquoi Lacan en vient-il à représenter le corps, sa consistance mentale, à l’aide du tore ? Prochaine rencontre
samedi 9 avril 2016, à 17h. Au 17 rue Baudoin, Paris 13e.

Psynéma

Prochain rdv, le 19 mars 2016, à 17H
Lecture du Séminaire L’identification où Lacan introduit pour la première fois dans son enseignement la topologie du tore comme consistance.

Psynéma :: Un certain traitement actuel du corps

Thématique 2016 : Le corps parlant, ses aspects insolites et significatifs à l’écran.
La prochaine réunion aura lieu le samedi 13 février à 18H, au 17 rue Baudoin, dans le 13ème arrondissement.

Au cinema et dans les séries : le mystère du corps parlant

Karim Bordeau Notre dernière réunion du 12 décembre 2015 a été consacrée d’une part à une première réflexion quant au prochain sujet d’étude de Psynéma, - et d’autre part à la soirée conclusive ( pour l’année 2015) des travaux du Vecteur[1] qui s’est tenue dans les...

Renseignements et inscriptions

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