Vous avez reçu l’argument, l’appel à contribution et le blog concernant les prochaines Journées de l’ECF, qui se dérouleront, les 15 et 16 novembre prochains, au Palais des Congrès de Paris, sous le titre Le comique dans la clinique.
Une vie de désir
Une vie de désir
parNathalie Menier
Ce dimanche 22 juin après-midi, parmi les rayonnages de la librairie Tschann et les tableaux de Fred Hommel, une petite foule se pressait pour accueillir la sortie de l’ouvrage de Mickaël Guyader : Suzanne Hommel : une vie de désir [1], une forme de biographie ou plutôt comment le sujet Suzanne Hommel traverse le siècle via l’art et la psychanalyse. L’Envers de Paris a souhaité organiser cet événement en présence de l’auteur et de Suzanne. Ce fut un moment chaleureux, beaucoup de collègues psychanalystes de notre champ dans l’assistance, témoignant du vif de la transmission de la psychanalyse lacanienne. L’enfance, le nazisme, l’arrivée en France, la rencontre avec Lacan, avec le peintre Fred Hommel, devenir psychanalyste, écrire, traduire Freud puis Thomas Bernhard, le théâtre… Autant de moments, de rencontres marquantes qu’aborde ce livre en tentant de concert une analogie, une démonstration sur la possibilité du pire devant la montée actuelle des extrêmes droite en Europe, un puissant désir de l’auteur de nous alerter.
Nous avons évoqué le remarquable ouvrage de Suzanne : L’histoire du sujet dans l’Histoire du siècle : lectures de textes, lectures de cures avec Freud et Lacan dans lequel elle commente l’aphorisme : Wo Es war, soll Ich werden d’abord avec Freud [2] comme métaphore du travail de civilisation qu’est l’analyse de l’inconscient, puis avec Lacan au fil de son enseignement. Suzanne reprend parmi d’autres cette citation du Séminaire IX où Lacan appelle non pas à « déloger le ça » (via la traduction de la SPP) mais : « à se loger dans sa loque [3] ». Tout au long de son travail Lacan remettra cet aphorisme sur le métier et l’Es allemand deviendra S puis $, jusqu’au Séminaire XV où il modifie ainsi la formule à propos de l’acte : « Wo $ tat, là où le signifiant agissait […] muss Ich(a) werden, […] je dois devenir le déchet [4] ». De quoi orienter toute une vie… de désir.
[1] Guyader M., Suzanne Hommel : une vie de désir, Essai biographique, Vanves, JMW Fédition, 2025.
[2] La suite de l’aphorisme : Es ist Kulturarbeit wie die trockenlegung der Zuydersee, l’assèchement du Zuydersee, métaphore produite par Freud à l’époque des constructions des polders sur le Zuydersee.
[3] Cité par Suzanne Hommel in L’histoire du sujet dans l’Histoire du siècle, article « Wo es war, soll ich werden », Tours, Soleil Carré, 1993, p. 30.
[4] Lacan J., Le Séminaire, livre XV, L’Acte analytique, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil et le Champ Freudien, 2024, p. 121.

Dans une forme très singulière de stand-up qu’il profère assis, Éric Feldman nous invite à renouveler l’écoute de certains signifiants qu’il s’attache à faire résonner. Il les répète d’abord beaucoup, frôlant le bégaiement, comme pour mieux les cisailler, les taillader, en extraire le « trop » dont il sait que certains mots sont porteurs. Cette opération évoque celle du poète roumain Ghérasim Luca, qui pratique dans ses poésies des itérations de la langue afin de « répudier les mots et la syntaxe qui, pour lui, ont structuré un inconscient […] coupable des plus innommables atrocités 
Le titre de cette journée, Fantasmes contemporains du corps, nous interpelle et nous met au travail. De quels fantasmes s’agit-il ? Et en quoi se distingueraient-ils vraiment de ceux qui, depuis toujours, protègent le sujet de l’impact insoutenable du réel sur le vivant ? Nous ne soutenons pas l’idée que de nouveaux fantasmes auraient remplacé les anciens. Depuis la nuit des temps, les fantasmes des êtres parlants visent à dépasser les limites de la condition humaine – mirage de jeunesse éternelle, de santé indéfectible, et d’immortalité du vivant. Ce qui a changé, et ce qui fait le noyau de notre époque, c’est la combinaison de ces mêmes fantasmes avec les avancées de la science et de la technique. La rencontre de la médecine, toujours plus scientifique, depuis les années cinquante, les innovations dans le champ du numérique et de l’intelligence artificielle, renforcent toujours plus l’illusion qu’il serait possible de réaliser ces fantasmes. Jamais la science n’a autant soutenu l’idée d’une maîtrise totale du corps, de la vie, du sexe, de la naissance et de la mort. Le corps occupe ici une place centrale : manipulé par la médecine, transformé par la chirurgie esthétique, modifié par les techniques de transition de genre, augmenté par l’implantation des microprocesseurs et des connexions bio-numériques, ce corps devient l’objet privilégié des technologies contemporaines… Et pourtant, il nous échappe par principe et peut-être toujours plus. Ainsi, la chirurgie actuelle, confrontée au corps morcelé dans le réel, nous confronte ainsi, non sans violence, au corps que – comme le formule Jacques-Alain Miller – « nous […] connaissons au niveau fantasmatique 

Un cartel est une occasion unique de rencontrer l’enseignement de Lacan et de Freud, un réveil du désir de savoir. Il ne s’agit pas de se faire enseigner par un autre, ni d’enseigner ce que l’on sait déjà. Un cartel, c’est une confrontation à la castration, à son « Je ne comprends rien », « Je ne veux rien savoir », une remise en cause du savoir totalisant, tel qu’on se l’imagine. Se réunir en cartel, c’est s’adjoindre à d’autres solitudes, devenir « cartellisants », former un petit groupe comme « essaim
Le vecteur organise le prochain cycle autour du thème « Lecture clinique des trois passions : l’amour, la haine et l’ignorance ». Il sera abordé par la clinique, tout en s’appuyant sur des textes théoriques, afin de nous éclairer sur les appareils psychiques des trois passions, si présentes dans l’actualité.Le vecteur se réunira cinq fois cette année, à partir du mois de novembre et jusqu’à l’été prochain, chaque fois en présence d’un invité extime. Nous aurons l’occasion de prendre la parole, de présenter un cas, un exposé et de discuter les textes à plusieurs.Il reste des places pour rejoindre ce cycle de deux ans.
La prochaine projection organisée par le vecteur Psynéma, suivie d’un débat, sera consacrée au film
Projection de