La praxis du cartel, autour des phrases marquantes Le comique dans la clinique, lectures en cartel

La praxis du cartel, autour des phrases marquantes Le comique dans la clinique, lectures en cartel

Rentrée des cartels 2025

Un cartel est une occasion unique de rencontrer l’enseignement de Lacan et de Freud, un réveil du désir de savoir. Il ne s’agit pas de se faire enseigner par un autre, ni d’enseigner ce que l’on sait déjà. Un cartel, c’est une confrontation à la castration, à son « Je ne comprends rien », « Je ne veux rien savoir », une remise en cause du savoir totalisant, tel qu’on se l’imagine. Se réunir en cartel, c’est s’adjoindre à d’autres solitudes, devenir « cartellisants », former un petit groupe comme « essaim [1] », afin que s’éclairent les concepts de la psychanalyse.

Ce petit groupe de quatre plus-un est une invitation à « l’élaboration provoquée [2] ». Il peut permettre une rencontre surprenante avec l’enseignement de Lacan et de Jacques-Alain Miller. Cette rencontre, qu’elle soit première fois ou non, est une ouverture vers un bout de savoir nouveau.

C’est ainsi que la soirée de rentrée des cartels de l’ECF, vers les prochaines Journées de l’ECF, Le comique dans la clinique, a invité Chloé Fernando et Bénédicte Jullien. Elles nous exposeront leurs travaux. Entre désir, équivoque et trait d’esprit, nous risquons de rire sérieusement ! Hélène Bonnaud, psychanalyste membre de l’ECF a accepté d’être notre extime. Nous procéderons, en fin de soirée, au tirage au sort des nouveaux cartels. Nous vous attendons avec joie, le jeudi 16 octobre 2025 à 21h, au local de l’École de la Cause freudienne, au 1, rue Huysmans, 75006 Paris.

Contacts :
Stéphanie Lavigne  enversdeparis-cartels@causefreudienne.org
Laurence Maman acf.dr-idf@causefreudienne.org



1. Miller J.-A., « Cinq variations sur l’élaboration provoquée », intervention lors de la soirée des cartels de l’ECF du 11décembre 1986, la Lettre mensuelle, n° 61, juillet 1987, p. 5-11.
2. Ibid.

Une mise en scène comique du fantasme fondamental

Une mise en scène comique du fantasme fondamental

par Susanne Hommel

En 1974, elle arrive chez Lacan et lui dit : « J’ai quitté mon analyste de l’IPA. J’ai de gros vertiges ».
J’avais dit à mon analyste au mois de mai : « Je veux arrêter mon analyse. » Il m’avait répondu : « Oui, on va arrêter dans trois mois. » Effectivement, on a arrêté les séances trois mois plus tard. Tout de suite après, j’ai eu mes vertiges de Ménière. Lacan a dit : « C’est ça que j’appelle laisser tomber quelqu’un. »

Lacan ne m’a jamais laissée tomber. Au cours de l’analyse avec lui, je suis arrivée à une séance et je lui ai dit : « Il faut que je quitte mon mari. » Je ne sais pas ce qu’il m’a dit, il m’a tout de suite fait entendre qu’il n’en était pas question et qu’il ne faut pas nous laisser tomber.
Un peu plus tard, mon mari et moi, on a eu deux filles, on voulait un garçon. Dans ma folie, j’ai suivi des régimes qui prescrivaient ce qu’il fallait manger pour avoir un fils – j’avais lu un livre sur ce sujet, chez Lipp, un restaurant à côté de chez Lacan, boulevard Saint-Germain.

Donc j’ai fait ça, j’étais enceinte.

Je suis arrivée chez Lacan, je lui ai dit : « Je suis enceinte, je ne sais même pas si je suis contente. » Il m’a répondu avec sa voix grave : « Bien sûr que vous êtes contente. » C’était effectivement un fils.

Des années plus tard, j’ai dit à Lacan : « Je ne viendrai plus. » Il m’a répondu : « Vous ne venez plus, je vous attends demain à la même heure. » C’est vraiment la mise en scène. Tu ne m’as pas laissée tomber. Après la séance, j’ai traversé le bureau. Je suis passée devant Jacques Lacan qui était debout devant son miroir et devant sa cheminée, il s’est laissé tomber, ce n’est pas moi qui l’ai laissé tomber. Tout ça c’est une mise en scène comique qui ne m’est claire que maintenant, cinquante ans après. Être laissé, c’est ça que j’appelle laisser tomber quelqu’un.

Il vous a laissé tomber, je ne vous laisse pas tomber, vous me laissez tomber, je ne nous laisse pas tomber. Je vous attends demain à la même heure, c’est comme ça que ça a commencé. J’avais appelé Lacan dans le sous-sol d’un café pour lui demander un rendez-vous. Il m’avait dit : « Il y a longtemps que j’attends votre appel, venez la semaine prochaine exactement à la même heure. » Pendant une semaine, j’étais tourmentée, car exactement c’est impossible. J’étais confrontée au réel ; le réel, pour Lacan, c’est l’impossible.

L’intériorité fantasmée du corps artificiel 

L’intériorité fantasmée du corps artificiel 

par René Fiori

L’expression « machine à penser », utilisée autrefois pour désigner une machine à calculer et aujourd’hui, celle d’« intelligence artificielle » nous invite à nous arrêter sur l’illusion, voire le sentiment de l’existence d’une intériorité de la machine. Ainsi au mois d’octobre de l’année 2016, le quotidien Le monde publie t-il la photo d’une journaliste japonaise en visite dans un cimetière avec son robot avec cette légende : « En janvier elle déclarait au site Wall Street International : “C’est mon Pepper, il a sa propre personnalité” 1 ».

En 2024 est diffusée l’émission Rembob’Ina présentée par le journaliste Patrick Cohen au cours de laquelle, les invités sont conviés à commenter une archive des années 70, qui revient sur les débuts de l’intelligence artificielle. Alors que le documentaire montre une petite machine sur roues cherchant à s’orienter dans l’espace parmi les meubles avancer, reculer, s’arrêter longuement le physicien Étienne Klein fait alors remarquer, au cours d’un arrêt prolongé de l’appareil : « regardez on dirait que la machine réfléchit », faisant alors interprétation pour les personnes présentes. Plus que l’apparence humanoïde, plus encore que le simulacre de la parole, cet épisode montre que la capacité de rétro-action, de feed-back qui équipe ces machines, provoque, satisfait l’imaginaire comportemental de la méthode essai/erreur à laquelle est communément réduite l’intelligence humaine. Rétro-action, feed-back dont la sophistication a produit aujourd’hui le machine-learning, soit ces machines dont les logiciels sont à même d’apprendre instantanément, confrontés à leur interlocuteur, comme le robot évoqué ci-dessus. Une illusion à l’œuvre, autrefois avec les automates de Vaucanson 2, qui déjà rendaient sensible la dimension d’une finalité avec leur programme dissimulé dans leur mécanisme. 

D’autres traits concourent à instaurer ce sentiment. Dans le livre d’Agnès Girard Un désir d’humain, qui traite de la vogue et du marché des poupées et des robots sexuels au Japon, on peut lire : « Lorsque la firme Mitsubishi met au point son premier robot de compagnie en 2003 (Wakamaru), celui-ci est conçu pour avoir « le regard qui attend 3 ». Autrefois, d’autres moyens étaient sollicités pour créer ce sentiment d’une intentionnalité de la machine : la pose que l’on fait prendre au mannequin de vitrine, regardant fixement le badaud, ou encore la statue : pensons à la statue de Ste Thérèse d’Avila du Bernin et à la jouissance extatique qu’elle présentifie 4. Il suffit que l’unité de ces corps, si divers dans leur matérialité et leur forme, intègre un seul des traits humains, pour apparaître comme une version plausible, vraisemblable, de l’extériorité de notre moi spéculaire et imaginaire, de ce « compagnon permanent qui nous empêche d’être seul et qui s’appelle le moi 5 ». 

Ainsi l’individu technique, technologique, celui de notre époque, plus que tout autre, est à même de susciter ce fantasme, car non seulement il a une mémoire, mais les plus sophistiqués ont aussi cette large marge d’indétermination permise par leur programme 6 qui nous font supposer à leur endroit une faculté de décision, voire d’interprétation. « Les automates ont toujours joué un très grand rôle, et ils jouent un rôle renouvelé à notre époque […] ces petites machines […] auxquelles nous savons maintenant […] donner […] quelque chose qui ressemble à des désirs 7 » dit Lacan, précisant cependant : « Le seul objet de désir que nous puissions supposer à une machine est […] sa source d’alimentation 8 ». Ce faisant, Lacan évoque l’illusion téléologique dont s’affuble la machine et qui l’humanise encore un peu plus. Comme le moi qui se donne une finalité qu’il loge lui dans l’Idéal du moi. La machine programmée, qui rétro-réagit à une information, capture en nous ce sentiment. Tous ces éléments ne sont pas sans activer le transitivisme qui fait partie de l’histoire du moi, lorsque l’enfant se nommait à la troisième personne 9, se manifestant dans les réactions de jalousie, d’empathie, de rivalité, laisse ses traces, dans l’adulte. On peut gager que cette « ambivalence 10 » se fasse sentir jusque dans la relation de l’homme à la machine qui simule beaucoup de ses facultés. L’aspect humanoïde, ou animaloïde de la machine semble donc secondaire. Ainsi Lacan est-il frappé à l’orée de l’ère industrielle par la relation entre ce qu’il appelle l’homo psychologicu, et les machines que ce dernier utilise. Par « la relation si intime », par exemple, entre l’homme et l’automobile, dont « la signification émotionnelle provient du fait qu’elle extériorise la coquille protectrice de son ego 11 ». Mais nulle subjectivité, nulle intimité, nulle extimité ne saurait se loger dans cette intériorité fantasmée des machines.

Etonnamment, Lacan nous fait apercevoir une autre face de ce transitivisme machinique, où il est question du corps. Dans une critique de Bergson sur la question du rire, il fait état d’un petit écrit de Kleist Sur le théâtre de marionnettes12, en soulignant que l’élégance du mouvement de ces machines agitées par un fil que sont les marionnettes, réside dans la « constance du centre de gravité de leur courbe, pour peu qu’elles suivent les strictes caractéristiques humaines dans leur construction. « Nul danseur […] ne peut atteindre à la grâce d’une marionnette agitée avec doigté 13 ». Ici la machine surpasse même l’humain. 

Aujourd’hui les machines nous encombrent 14 : machines à communiquer, machines de guerre, véhicule autonome, robot humanoïde, robots ménagers. Ce rapport aux machines contribue à l’insupportable du réel, il l’exaspère, le nourrit, tout en se présentant comme un remède au malaise, aux impasses de la civilisation. « D’une certaine façon, dit Jacques-Alain Miller, la clinique est partout, et c’est bien parce que le réel est de plus en plus difficile à supporter que l’on assiste à la promotion de la santé mentale 15

Les machines sont le symptôme de l’isolement du sujet qui ne trouve pas à s’appuyer sur sa propre solitude. Aujourd’hui l’échange machinique et boulimique d’informations à distance prend peu à peu la place de la rencontre vivante avec l’autre, et nous éloigne aussi bien de notre for intérieur, duquel nous nous délestons graduellement. Peut-être pourrait-on aller jusqu’à dire que pour certains il mortifie le vivant de cette rencontre, quand pour d’autres qui ne peuvent affronter ce vivant en l’autre, elle en tamponne les effets. C’est pourquoi, l’animal de compagnie tient une telle place dans nos sociétés. Son intelligence inductive, sa présence vivante, directe, spontanée, dans cette conjoncture, nous satisfait.

Comme le formule Philippe La Sagna, l’expérience analytique contrevient à cet éloignement « pour fabriquer une nouvelle solitude qui va permettre de constituer une base d’opération solide pour rencontrer les autres 16

 



[1] « Il ne nous aimera pas, mais nous finirons par l’aimer », Le Monde, supplément L’époque, dimanche 16 / lundi 17 octobre 2016.
[2] Doyon A. & Liaigre L., Jacques Vaucanson. Mécanicien de génie, Paris, PUF, 1967.
[3] Girard A., Un désir d’humain, Les Love doll au Japon, Paris, Les belles lettres, p. 238.
[4] Lacan J., Le Séminaire, livre XX, Encore, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1975, p. 70. « C’est comme pour Sainte Thérèse – vous n’avez qu’à aller regarder à Rome la statue du Bernin pour comprendre tout de suite qu’elle jouit, ça ne fait pas de doute ».
[5] La Sagna P., « De l’isolement à la solitude », La Cause freudienne, n° 66, Paris, Navarin, 2007, p. 45.
[6] Simondon G., Du mode d’existence des objets techniques, Paris, Aubier, 2022.
[7] Lacan J., Le Séminaire, livre II, Le Moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1978, p. 67
[8] Ibid., p. 72.
[9] Lacan J., « Propos sur la causalité psychique », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 180.
[10] Ibid.
[11] Lacan J., « Quelques réflexions sur l’ego » (1951), Le Coq-Héron, n° 78, Paris, 1980, trad. Nancy Elisabeth Beaufils.
[12] Kleist Heinrich Von, Sur le théâtre de marionnettes, Paris, éd. Mille et une nuits, 1998.
[13] Lacan J., Le Séminaire, livre V, Les Formations de l’inconscient, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1998, p. 130.
[14] Miller J.-A., « L’ère de l’homme sans qualités », La Cause freudienne, n° 57, Paris, Navarin, juin 2004, p. 91.
[15] Ibid., p. 92.
[16] La Sagna P., « De l’isolement à la solitude », op. cit., p. 45.

Fantasmes comtemporains du corps – La journée

Fantasmes comtemporains du corps – La journée

À l’époque où les rencontres humaines deviennent toujours plus virtuelles, le corps ne cesse pas moins de s’imposer, traversé par les discours et les symptômes qui le percutent. Objet de multiples avancées scientifiques, il se trouve investi de nouvelles représentations fantasmatiques qui semblent se concrétiser sans faille, ni reste. Pourtant, avoir un corps ne va pas de soi : tour à tour objet précieux et impossible à supporter, il peut être ignoré, refusé, maltraité, ou, au contraire, objet d’amour et de soins de plus en plus performants. C’est l’idéologie actuelle qui opère, à partir du discours de la science, sur la maîtrise et les fondements d’un nouveau savoir sur le corps.

Ainsi, à l’heure où donner la meilleure version de soi-même devient une injonction performative, se confirme que « le parlêtre adore son corps parce qu’il croit qu’il l’a », mais, comme le souligne Lacan, « sa seule consistance est mentale, car son corps fout le camp à tout instant 1 ». Face à ce corps qui lui échappe, le sujet fantasme qu’il peut jouir de son corps sans entraves, niant les limites de sa condition humaine.

Quels sont alors les fantasmes contemporains du corps, s’ils semblent depuis toujours se décliner en une phrase : Comme il serait beau de rester jeune, séduisant, en pleine santé, avec le sexe de son choix et immortel… ?

Aujourd’hui, la beauté, si elle reste un idéal féroce, trouve ses réponses dans les multiples programmes qui en vantent les bienfaits. La chirurgie esthétique répare les imperfections du corps qu’on a pour le corps qu’on veut, chacun s’imaginant être le maître de ce qu’il désire devant son miroir. La transidentité cristallise les multiples questions que pose le dégoût pour son sexe, voire son rejet, le transhumanisme fait miroiter la possibilité de « tuer la mort » et l’Intelligence Artificielle, en se passant du corps, mise sur la toute-puissance des algorithmes. La fin de vie se fantasme apaisée grâce à la maîtrise de sa programmation. Ce sont là les effets du discours scientifique dont Descartes a initié le mouvement, fantasmant l’homme « comme maître et possesseur de la nature 2 » et la machine, capable de le singer.

Dès lors qu’ils paraissent aujourd’hui réalisables, via la science, peut-on encore parler de fantasmes ? Et si oui, en quoi celle-ci peut-elle prétendre les modifier en proposant, à chacun, d’obtenir le corps idéal dont il rêve et de s’en satisfaire ?

Lors de cette journée de travail, nous chercherons, avec nos invités, à cerner en quoi l’immixtion de ces fantasmes et de leurs potentielles réalisations nourrissent un débat passionné sur le désir, la sexuation, la jouissance de son corps propre et le choix de sa fin de vie. En écho, nous tenterons de saisir comment la présence de ces fantasmes, tels qu’ils surgissent dans le cours d’une analyse, parvient encore à voiler le réel d’un corps sans choix ni loi.


1.Lacan J., Le Séminaire, livre xxiii, Le Sinthome, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2005, p. 66.
2.Descartes R., OEuvres philosophiques, t. i, « Le discours de la méthode », Paris, Garnier, p. 634.

Édito juillet 2025

Édito mars 2025

Mars est aussi le mois du printemps et de son réveil ; nous sommes sensibles à tous les types de réveils, car c’est le réveil qui nous oriente avec les effets du réel et ses irruptions. L’émergence du réel est précisément ce qui nous réveille, le réel affecte le corps et produit des tensions insupportables, dues au fait qu’on se cogne à l’impossible. Même s’il nous est impossible de nous réveiller complètement, nous pouvons néanmoins avoir un désir de réveil et énoncer avec Jacques-Alain Miller que cet impossible « n’interdit pas de le prendre pour fin, ce réveil…

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Édito février 2025

« La rêverie, si on prend les choses par la rêverie fantasmatique, ça fait tout de suite valoir les deux aspects, deux registres du fantasme. D’abord, je dirais, une fonction imaginaire – ne serait-ce que parce que le fantasme comporte apparemment, des formes, des personnages, une scène, et comme un petit roman […] À côté de cette dimension imaginaire, qui paraîtra aussi de premier plan, il y a une dimension symbolique du fantasme […] on peut même poser […] qu’une phrase en est le support, et même le résumé, ou même que, le fantasme, c’est une phrase, c’est la phrase « Un enfant est battu ». Et, je dirais que ces deux aspects du fantasme […] sont ceux que Lacan a présentés d’abord […] c’est-à-dire qu’il lui a paru d’abord, qu’il était toujours, dans le fantasme, question de corps…

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ÉDITO OCTOBRE 2024

Deux événements majeurs nous attendent dans les prochains mois : la soirée de rentrée des cartels en octobre et les Journées de l’École de la Cause freudienne en novembre. Concernant le premier, Stéphanie Lavigne, déléguée des Cartels pour L’Envers de Paris, nous donnera ci-dessous un premier aperçu ; pour le deuxième nous vous renvoyons au site de l’ECF en suivant ce lien 54es Journées de l’ECF.

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ÉDITO SEPTEMBRE 2024

Chers amis de l’Envers de Paris, nous sommes aux portes des vacances d’été et nos dernières réunions et activités ont l’esprit léger et joyeux des derniers jours d’école. Le mois de juin a encore été dense de rencontres passionnantes au sein des vecteurs de l’Envers de Paris et des groupes de travail. Nous continuons à réfléchir autour de notre thème d’étude et de recherche « Fantasmes contemporains du corps » à propos duquel je souligne cette référence de Lacan : « Il n’y a pas à se casser la tête, le corps est fait pour inscrire quelque chose qu’on appelle la marque.

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ÉDITO JUILLET 2024

Chers amis de l’Envers de Paris, nous sommes aux portes des vacances d’été et nos dernières réunions et activités ont l’esprit léger et joyeux des derniers jours d’école. Le mois de juin a encore été dense de rencontres passionnantes au sein des vecteurs de l’Envers de Paris et des groupes de travail. Nous continuons à réfléchir autour de notre thème d’étude et de recherche « Fantasmes contemporains du corps » à propos duquel je souligne cette référence de Lacan : « Il n’y a pas à se casser la tête, le corps est fait pour inscrire quelque chose qu’on appelle la marque.

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Édito juillet 2025

Édito février 2025

Cinzia Crosali,
directrice de l’EdP

Chers membres et amis de L’Envers de Paris,

Dans quelques jours, le 12 et 13 juillet 2025 se tiendra à Bruxelles le Congrès de l’EuroFédération de Psychanalyse, PIPOL 12, sous le titre : Malaise dans la famille. Pour en savoir plus cliquez ici :

Édito février 2025

Nous vous rappelons que les Journées de l’ECF se dérouleront les 15 et 16 novembre prochains, au Palais des Congrès de Paris, sous le titre : Le comique dans la clinique.

Édito février 2025

Extrait de la vidéo de Jacques-Alain Miller, paru dans Miller-TV : ” Jacques-Lacan : le noeud, dernier amour ” à propos du comique pour Lacan :

Édito février 2025

Dimanche 22 juin, L’Envers de Paris a organisé la présentation du livre : Susanne Hommel. Une vie de désir, écrit par Michael Guyader. Ce fut un moment à la fois riche et convivial, autour de notre collègue et amie Susanne Hommel.  Elle a su nous transmettre la force de son engagement dans la psychanalyse, un engagement qui, depuis la rencontre avec Jacques Lacan, n’a cessé d’orienter sa vie, son éthique et son travail.

Édito février 2025

Nous sommes désormais aux portes de l’été et des vacances et L’Envers de Paris se prépare à la pause estivale. Les vecteurs de l’EdP travaillent déjà à la préparation de leurs programmes pour la rentrée, tandis que l’organisation de la Journée Fantasme contemporains du corps prévue pour le 6 décembre 2025, continue à se peaufiner avec soin. Vous recevrez prochainement l’argument, l’affiche, ainsi que le lien pour les inscriptions.

De plus en plus attentifs à la façon dont notre thématique entre en résonance avec l’actualité, nous trouvons dans les propos de Jacques-Alain Miller, extraits de « Biologie lacanienne », une lecture éclairante :

« Le corps morcelé, nous le connaissons au niveau fantasmatique. […] Il s’agit ici du morcellement en tant que réalisé par l’opération chirurgicale. […] Des nouvelles du morcellement, on en a tous les jours. Il y a un morcellement qui se fait sous une forme plus aimable, permise par le génie génétique. On arrive maintenant au génie génétique parce qu’on ne s’est pas arrêté à l’image de la belle forme du corps, mais que l’on sait opérer sur le réel du corps 1 ».

Ce corps morcelé, qui nourrit les fantasmes contemporains du corps, nous le retrouvons aujourd’hui dans de multiples domaines : les pratiques chirurgicales liées aux transitions de genre, les interventions de la science en vue de produire un corps augmenté, ou encore les techniques de procréation médicalement assistée.

Lors de notre journée du 6 décembre, nous interrogerons cette immixtion entre les fantasmes et leur réalisation, qui n’a jamais subverti autant qu’aujourd’hui la façon d’avoir, de penser et de se représenter un corps.

Nous vous donnons rendez-vous à la rentrée pour continuer ensemble cette exploration.


1. Miller J.-A., « Biologie lacanienne et événements de corps », La Cause freudienne, n° 44, février 2000, p. 11.

Édito février 2025

Et maintenant la parole aux responsables des vecteurs et des groupes de l’Envers de Paris, qui nous informent sur les activités et les évènements du mois de juin :

Vecteur Lectures freudiennes

Édito février 2025

Nous continuons de lire et de traduire l’article de Freud : « Ein Kind wird geschlagen – Un enfant est battu ». Le passage de l’article étudié, le 27 mai, témoigne au plus haut point de la conception structurale et signifiante que Freud se fait du fantasme « un enfant est battu ». Freud dessine des places : auteur du fantasme, personne qui bat, objet battu, contenu et signification du fantasme et précise les transformations qui s’opèrent au cours des différentes phases. Il explore le fantasme chez la fille et chez le garçon. Il n’y a pas de « parallélisme » entre eux même si les deux se rapportent au complexe d’Œdipe. Là où la fille achève les transformations par un fantasme dans lequel le père bat une série de garçons, le garçon, lui, conclut par un fantasme dans lequel la mère le bat. Ainsi la fille se fantasme en homme, mais maintient la personne du père qui bat, alors que le garçon change la personne de celui qui bat, mais maintient le sexe de la personne battue, refoulant par-là l’homosexualité de sa position féminine à l’endroit du père.  

Nous nous retrouverons chez Susanne Hommel, le mardi 17 juin à 21h. 

Contact : lectures-freudiennes@enversdeparis.org

Seminario Latino

Édito février 2025

En ce mois de juillet, le Seminario Latino prend congé avant de poursuivre la préparation de ses événements à la rentrée. Notre prochaine soirée est prévue en octobre, en présence de Domenico Consenza, autour de son dernier ouvrage, Clinica dell’eccesso, disponible désormais également en espagnol. Nous vous proposons sa lecture pendant cette période estivale. Cependant, la rencontre avec l’auteur se déroulera en français. Vous êtes donc tous les bienvenus ! Plus d’informations à venir.  

Responsables : Flavia Hofstetter et Nayahra Reis
 
Contact : seminario-latino-de-paris@enversdeparis.org

Soirée organisée par Le Seminario Latino, le 11 juin 2025, intitulée : HARCÈLEMENT.

Intervenants : Célia Brousse, Julia Cauto, Claudia Vilela. Invités: Sébastien Pannou. Coordination : Pablo Llanque Nieto. Responsables : Flavia Hofstetter, Nayahra Reis.

Vecteur Lectures cliniques

Édito février 2025

Le cycle 2023-2025 du vecteur lecture clinique sur « La clinique différentielle » s’est achevé ce mois de juin. Le 14 juin nous nous sommes réunis en présence de Pascale Fari, psychanalyste membre de l’ECF, pour discuter le texte de Jacques-Alain Miller « Effet retour sur la psychose ordinaire » dans Quarto, no 94-95. Manuela Rabasahala et Leila Wolf ont présenté leurs lectures du texte et Elisabeth Gurniki a présenté un cas de sa pratique. Nous les remercions chaleureusement pour leurs contributions éclairées. Notre gratitude est adressée aussi aux responsables du vecteur de cette année, Sophie Ronsin et Caroline Happiette, ainsi qu’à Pauline Préau du groupe d’organisation sortant.

Une mutation se fait vers le prochain cycle du VLC, 2025-2027. La commission d’organisation du vecteur est composée désormais de : Andrea Castillo, Noa Farchi, Jorge Mourao, Ceylin Ozcan, Karine Vincent et Jérémie Wiest. Nous préparons le prochain cycle dont voici quelques éléments.

Notre sujet sera « Lecture clinique des trois passions de l’être ». Nous l’étudierons avec des extraits des Séminaires I et XX de Lacan, une leçon de J.-A. Miller, « La passion chez le névrosé 1 », un texte de Clérambault sur « Les délires passionnels 1 » et sur la haine, avec le livre d’Anaëlle Lebovits-Quenehen, Actualité de la haine 2, afin de nous éclairer sur les appareils psychiques des trois passions – l’amour, la haine et l’ignorance – si présentes dans l’actualité. Comment un sujet traite-t-il ses passions dans sa cure ? Lacan attire notre attention sur la primauté des trois passions, dès l’entrée en analyse, dans le chapitre XXI du Séminaire I, il dit : « Or, ces deux possibilités de l’amour et de la haine ne vont pas sans cette troisième, qu’on néglige, et qu’on ne nomme pas parmi les composantes primaires du transfert – l’ignorance en tant que passion […]. Pas d’entrée possible dans l’analyse sans cette référence – on ne le dit jamais, on n’y pense jamais, alors qu’elle est fondamentale 3 ».

Le vecteur se réunira cinq fois, à partir du mois d’octobre et jusqu’à l’été prochain, chaque fois en présence d’un invité extime. Nous aurons l’occasion de prendre la parole, de présenter un exposé et de discuter les textes à plusieurs. Pour que chacun puisse présenter son travail, le nombre de participants est limité. Nous invitons ceux qui souhaitent nous rejoindre à prendre contact par mail, et d’ici la rentrée, nous vous souhaitons un bel été.

Responsable : Noa Farchi

Contact: vlc.enversdeparis@gmail.com


1. Miller J.-A., « La passion du névrosé », La Cause du désir, n93, 2016, p. 112-122.
2. De Clérambault G.G., « Les délires passionnels », Ornicar ?, n32, 1985, p. 29-38.
3. Lebovits-Quenehen A., Actualité de la haine, une perspective psychanalytique, Paris, Navarin éditeur, 2020. 
4. Lacan J., Le Séminaire, livre I, Les Écrits techniques de Freud, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1975, p. 298.

Vecteur Psychanalyse et littérature

Édito février 2025

Durant cette année de travail, le désir d’élaboration de chaque vecteurisant a été constant et enthousiaste. À raison d’une réunion mensuelle, chacun(e) a pu préciser et approfondir ce que Lacan nous enseigne sur la fonction centrale de la coupure pour la psychanalyse. Cela a été éclairé par l’usage qu’en fait Chantal Thomas dans son écriture littéraire, notamment dans Journal de nage 1 et La Vie réelle des petites filles 2. Vous trouverez prochainement sur le site de L’Envers de Paris, les textes – « Un désir de coupure » de M.-C. Baillehache et « Chantal Thomas, la coupure d’un détail » de F. Burlot – qui rendent compte des avancées de leurs auteurs sur cet opérateur de la coupure essentiel à la littérature et à la psychanalyse. 

Le vecteur Psychanalyse et Littérature reprendra, le lundi 15 septembre, son étude sur la coupure. Il s’agira d’aborder le réel qui cause l’écriture de Chantal Thomas. Pour cela, nous nous orienterons des enseignements de Lacan et de J.-A. Miller, en s’appuyant sur le livre d’H. Castanet, S.K.Beau 3et nous suivrons pas-à-pas les trois ouvrages de Chantal Thomas – Comment supporter sa liberté 4, Souvenir de la marée basse 1 et De sable et de neige 2. 

Si vous désirez chercher avec nous de quelle blessure singulière l’œuvre de Chantal Thomas est l’effet, rejoignez le vecteur en contactant M.-C. Baillehache : littérature@enversdeparis.org


1. Thomas C., Journal de nage, Paris, Seuil, 2022.
2. Thomas C., La vie réelle des petites filles, Paris, Gallimard, 1995.
3. Castanet H., S.K.Beau, Paris, Des Compagnons d’humanité, 2024.4. Thomas C., Comment supporter sa liberté, Rivages, 2000.
5. Thomas C., Souvenir de la marée basse, Paris, Seuil, 2017.
6. Thomas C., De sable et de neige, Paris, Mercure de France, 2021

Vecteur Le corps, pas sans la psychanalyse

Édito février 2025

Lors de notre rencontre de juin, nous avons réfléchi à un projet de travail pour l’année prochaine. Sur une proposition d’Ana Dussert, nous avons discuté du concept de suture. Dans l’analyse du névrosé, la suture peut se rencontrer, au commencement, dans l’allégement des signifiants et des identifications qui suturent le sujet en même temps qu’elles le saturent. Elle peut se retrouver plus tard dans l’analyse quand, une fois la morsure de ces sutures réduite, il en reste des traces avec lesquelles le sujet peut jouer. Dans l’abord de l’autisme, une suturation peut se tisser à mesure qu’un bord se dessine et s’élargit. Nous voudrions explorer, étendre et certainement corriger ces premières intuitions, en considérant tout particulièrement en quoi le concept de suture pourrait aider à lire certains symptômes contemporains.

Prochaine rencontre : 9 septembre 2025, au 76 rue des Saints-Pères.

Membres du vecteur : Geneviève Mordant, Pierre-Yves Turpin, Guido Reyna, Martine Bottin, Isabelle Lebihan, Marie Faucher-Desjardins, Elisabetta Milan Fournier, Ana Dussert, Baptiste Jacomino (coordinateur).

Responsable : Baptiste Jacomino
Contact : corpsy@enversdeparis.org

Vecteur Psynéma

Édito février 2025

La prochaine projection organisée par le vecteur Psynéma, suivie d’un débat, sera consacrée au film The Fly de David Cronenberg, choisi en lien avec le thème « fantasmes contemporains du corps » de la Journée de L’Envers et de l’ACF IdF.

Projection qui aura lieu, le 25 septembre à 20h00, au cinéma Les 7 Parnassiens : 98, bd du Montparnasse, Paris 14e.

THE FLY (1986) de David Cronenberg avec Jeff Goldblum et Geena Davis. 

Inventeur d’un procédé qui permet la téléportation, un scientifique (Jeff Goldblum) se téléporte lui-même, mais la présence d’une mouche dans le télépod provoque, tel un « bug » au sens littéral, la fusion de ses codes génétiques avec ceux de l’insecte. The Fly perpétue les thématiques chères à Cronenberg que sont l’hybridation des corps, la « nouvelle chair », l’horreur intérieure, etc. ici combinées à une histoire d’amour entre le savant et une journaliste (Geena Davis) qui l’accompagnera jusqu’au bout dans sa transformation progressive en une « chose » monstrueuse. Un corps mutant, dont les sens se trouvent exacerbés, faisant naître chez le héros des fantasmes inédits, tel celui d’un corps de plus en plus viril, surpuissant. Sauf qu’à vouloir être un corps toujours plus « augmenté », il ne fait que précipiter sa disparition. Quand il surprend dans le miroir l’image de son corps en train de se décomposer en restes humains, surgit l’angoisse. Comment faire avec un corps qui, selon Lacan, « fout le camp à tout instant 1 » ? L’amour d’une femme pourra-t-il le sauver ? Chez Cronenberg se pose toujours la question du non-rapport sexuel. Si la science-fiction rend possible la fusion entre un homme et une mouche, du côté de l’homme et de la femme, Lacan n’a eu de cesse de rappeler l’impossibilité de faire Un, autrement dit que l’amour fusion entre deux êtres complémentaires n’est qu’illusion. Nous verrons comment Cronenberg fait résonner cet axiome lacanien.

Réunion fixée le 02 juillet à 20h30 pour discuter :

De la table ronde « Psychanalyse et cinéma » prévue pour la prochaine Journée de L’Envers et de l’ACF IdF.

Des arguments des 4 films qui seront diffusés début septembre sur le site du Patronage Laïque.

Programmation 2025-2026, en partenariat avec le Patronage Laïque

04/10/2025 à 14h00 : Gens de Dublin de John Huston (1987)

13/12/2025 à 14h00 : Les Innocents de Jack Clayton (1961)

14/02/2026 à 14h00 : Blackmail d’Alfred Hitchcock (1929)

10/10/2026 à 19h00 : Christine de John Carpenter (1983)

Responsables du vecteur Psynéma : Marie Majour et Leila Touati.

Nous contacter à : vecteur.psynema@gmail.com


1. Lacan J., Le Séminaire, livre XXIII, Le Sinthome, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, coll. Champ Freudien, 2005, p. 66.

Vecteur Théâtre

Édito février 2025

Le collectif Théâtre et psychanalyse a eu le plaisir de vous proposer un événement préparatoire aux J55es, dimanche 1er juin, au théâtre de l’Odéon, autour de la pièce L’Hôtel du Libre-Échange de Georges Feydeau, mise en scène par Stanislas Nordey. L’organisation de la rencontre fut placée sous le sceau de la surprise vaudevillesque puisque, après quelques contretemps de dernière minute, c’est finalement Bénédicte Jullien et les acteurs de la pièce qui sont restés pour un débat à bâtons rompus, animé par Hélène de La Bouillerie, autour de la question du comique chez Feydeau. Saluons la participation des comédiens Alexandra Blajovici, Cyril Bothorel, Raoul Fernandez et Anaïs Muller.

Responsable du vecteur : Hélène de La Bouillerie

Contact : theatreetpsychanalyse@gmail.com

Débat en bord de scène organisé le 1er juin 2025, autour de la pièce L’Hôtel du Libre-Échange de Georges Feydeau, mise en scène par Stanislas Nordey au Théâtre de l’Odéon à Paris. Pour L’Envers de Paris : Bénédicte Jullien et Hélène de La Bouillerie.

Vecteur Clinique et addictions

Édito février 2025

L’équipe du vecteur Clinique et addiction vous donne rendez-vous à la rentrée de septembre.

Responsable : Pierre Sidon

Renseignements et inscriptions sur addiction.org/conversations

REVUE HORIZON

Édito février 2025

Le dernier numéro de notre bulletin, Horizon 69, est disponible à la librairie de l’ECF.

Pour l’achat on-line : www.ecf-echoppe.com

Édito février 2025

Avec les membres du bureau de L’Envers du Paris, Olivier Miani, Chicca Loro et Stéphanie Lavigne, je vous souhaite d’excellentes vacances d’été et je vous donne rendez-vous au mois de septembre pour une prochaine Newsletter.

Cinzia Crosali,
directrice de L’Envers de Paris.