Vecteur Psynéma…


Responsables Karim Bordeau 
et Maria-Luisa Alkorta

Le vecteur Psynéma termine le cycle commencé (1) en 2019 avec De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites de Paul Newman (1972), et A Touch of Sin de Jia Zhangke (2013) avec le très célèbre M. Le Maudit (1931) de Fritz Lang.

Ce sera l’occasion de revisiter le cinéma allemand contemporain de Freud, et d’étudier de près le lien étrange du fondateur de la psychanalyse à la naissance du cinéma. Notre prochaine réunion de travail sera le 8 février, à 15h chez Maria-Luisa Alkorta.

La projection intégrale du film, suivie d’un débat, est prévue le 25 avril 2020 à 14h au Patronage laïque Jules Vallès à Paris. Maria-Luisa Alkorta et Karim Bordeau

Renseignements Karim Bordeau>

(1) Ces deux films ont été projetés intégralement au Patronage laïque Jules Vallès, le 12 octobre 2019 et le 25 janvier 2020, et suivis d’un débat.

Ce qu’il y a sous le Ciel

Notre dernière séance de travail a été consacrée à la lecture de la première leçon du Séminaire XVIII, D’un discours qui ne serait pas du semblant. Dans son Séminaire précédent, L’envers de la psychanalyse, Lacan avait déjà qualifié, sans la nommer comme telle, la place du semblant dans le mathème du discours du maître comme suit : « La place dont il s’agit sera dite fonctionner comme place d’ordre, de commandement, tandis que la place qui lui est sous-jacente dans mes divers petits schémas, dits à quatre pattes, est la place de la vérité qui pose bien son problème. »(1) Lacan précise que cette place du semblant est celle à partir de quoi une économie est concevable : « Il s’agit du semblant comme objet propre dont se règle l’économie de discours. (…) Un sujet ne saurait être que le produit de l’articulation signifiante»(2). « Qui ne voit que l’économie, même celle de la nature, est toujours un fait de discours, celui-là ne peut saisir que ceci indique qu’il ne saurait s’agir ici de la jouissance qu’en tant qu’elle est elle-même, non seulement fait, mais effet de discours. »(3) On retrouve là le pari pascalien mettant en effet en jeu un plus-de-jouir dont un Autre serait le recéleur.

Ce qui situe la dimension de la vérité, non pas comme valeur, mais comme comme mi-dire : « L’interprétation n’est pas mise à l’épreuve d’une vérité qui se trancherait par oui ou par non, elle déchaîne la vérité comme telle. Elle n’est vraie qu’en tant que vraiment suivie. »(4) Ce qui met l’interprétation au niveau de l’oracle comme les mythes le démontrent : « la vérité parle Je », non pas pour dire la vérité car il n’y a pas de semblant de discours ou de métalangage pour en juger.

Nous avons été arrêté par la façon, plutôt énigmatique, dont Lacan conçoit la naissance d’un signifiant-maître ou d’une « société » de signifiants, et ce à partir du « rejet de quelque chose ». Ce qui n’est pas sans faire penser au texte de Freud relatif à la dénégation… Quoi qu’il en soit, un certain jeu de langage conditionne, selon Lacan, l’émergence de l’inconscient, soit « l’émergence d’une certaine fonction du signifiant »(5) : « L’inconscient et son jeu, cela veut dire que, parmi les nombreux signifiants qui courent le monde, il va y avoir en plus le corps morcelé ».(6) Karim Bordeau

 

(1) Lacan J., Le Séminaire, livre XVII, L’envers de la psychanalyse, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1991, p. 118.

(2) Lacan J., Le Séminaire, livre XVIII, D’un discours qui ne serait pas du semblant, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2006, p.18.

(3) Ibid., p. 21.

(4) Ibid., p.13.

(5) Ibid., p. 21.

(6) Ibid., p.16.

 

 

Nos Travaux…

Psynéma…

Psynéma…

C’est sur le statut de la contingence au sens lacanien du terme que s’est noué le débat ; l’utopie d’un discours sensé dominer le monde, sans reste, ni perte, et qui serait accointé à des algorithmes  « vivants », sorte de « nouvelle alliance » monstrueuse du corps et de la parole, est montrée d’une façon saisissante par Spielberg. Par Karim Bordeau

Moment de conclure

Moment de conclure

Psynéma poursuit sa route en mettant à l’étude Minority Report(1) de Steven Spielberg, sorti en 2002. Une projection intégrale du film, suivie d’un débat, aura lieu au Patronage laïques Jules Vallès (Paris 15ième) le 13 avril à 14H.

Freud, Lacan, Hitchcock sortant de la caverne platonicienne…

Freud, Lacan, Hitchcock sortant de la caverne platonicienne…

Le texte qui suit noue les principales références textuelles et psychanalytique travaillées à l’occasion de l’étude de L’ombre d’un doute d’Alfred Hitchcock, sorti en 1943 ; film extraordinaire articulant de façon subtile la triade du doute, de l’ombre et de l’objet. L’allégorie de la caverne de Platon(1), peuplée de ses étranges ombres, est à cet égard un texte fondamental interrogeant la fonction de l’image dans le discours. par Karim Bordeau

Psynéma dans l’après-coup…

Psynéma dans l’après-coup…

On connaît l’attention extrême d’Alfred Hitchcock pour les cadrages et les plans, dont les story-boards sont d’une minutie sans pareille. Cependant, les dialogues aussi ont une importance capitale et dans L’ombre d’un doute (1943), son premier film véritablement américain, ils viennent complexifier voire subvertir le poids des images. Dans ce film, les deux personnages principaux, pourtant présentés d’une manière similaire dans beaucoup de scènes, s’opposent profondément quant à leur éthique d’appréhender le monde, que leur dire révèle sans… l’ombre d’un doute ! Par Maria Luisa Alkorta et Elisabetta Milan-Fournier

Circuler ! Y’ a rien à voir !

Circuler ! Y’ a rien à voir !

    En savoir plus sur le vecteur Psynéma>Circuler ! Y’ a rien à voir ! Par Karim Bordeau Le vecteur Psynéma poursuit son travail autour de l’utopie et du réel. La dernière projection-débat qui s’est tenue au Patronage laïque Jules Vallès le 19 janvier 2019, consacrée...

Psynéma, présente l’ombre d’un doute…

Psynéma, présente l’ombre d’un doute…

Dans son texte fondamental « Deuil et mélancolie » Freud parle de « l’ombre de l’objet perdu » dont le Moi est la proie. Dans le débat qui suivra la projection du film nous verrons ce qu’Hitchcock nous enseigne sur ce point et d’autres : En quoi nous transporte-t-il au joint des passions de la Cité et du « malaise dans la culture » ? Par Karim Bordeau

Psynéma, “De l’ombre à la lettre”

Psynéma, “De l’ombre à la lettre”

La  dernière séance de Psynéma  a été consacrée au film Shadow of a Doubt d’Alfred Hitchcock. Notre débat s’’est noué pour l’essentiel ⎯ à partir de références textuelles très précises  ⎯  autour de l’ombre et de la lettre  comme objet (a).  Dans son écrit sur La lettre volée Lacan parle en effet de la « la proie de l’ombre » projetée par la lettre, ombre que devient le sujet dès qu’’il la possède ⎯ avec ce renversement topologique qu’il en est possédé… Par Karim Bordeau

Psynéma, dans l’après-coup du film Serious Man

Psynéma, dans l’après-coup du film Serious Man

Dans “l’après-coup…” de la rencontre du 13 octobre 2018, autour du film A Serious Man des frères Coen, lire le texte de Valeria Sommer Dupont : “le ronron, c’est sans aucun doute la jouissance du chat. Que ça passe par son larynx ou ailleurs, moi je n’en sais rien, quand je les caresse, ça a l’air d’être de tout le corps” J. Lacan.

Psynéma

Psynéma

  Psynéma prépare activement le prochain ciné-débat qui aura lieu de 13 octobre 2018 à 14h dans la salle du Patronage Laïque Jules-Vallès à Paris.   A Serious Man est sans doute le film le plus mystérieux des frères Coen, dont l’opacité du prologue, sorte de...

Vecteur Psynéma

Vecteur Psynéma

Notre dernière  séance de travail  a consisté  pour l’essentiel à serrer de plus près le nœud : plaisir-bonheur-utopie. Nous avons déchiffré à cet effet quelques passages du célèbre livre de Thomas More intitulé L’Utopie, et aussi des parties du texte du dialogue platonicien La République. Par Karim Bordeau

Jackie Brown de Quentin Tarantino

Jackie Brown de Quentin Tarantino

La prochaine réunion de Psynéma aura lieu le 7 avril chez Carole Herrmann. Nous verrons quelle suite donner à nos travaux en les nouant à la nouvelle politique de l’Envers de Paris.

Projection-Débat de Jackie Brown de Q.Tarantino

Projection-Débat de Jackie Brown de Q.Tarantino

Psynéma se consacre activement, dans la hâte, à la préparation de la projection-débat qui aura lieu le 10 mars dans les locaux du Patronage Laïque Jules Vallès à Paris, à 14H. Jackie Brown de Q.Tarantino, sorti en 1998, sera l’objet d’étude de cette rencontre.

Renseignements et inscriptions

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