Édito décembre 2016

Chers collègues,

Seulement trois jours nous séparent du vote à l’Assemblée de la virulente résolution déposée par le député Fasquelle et 93 autres députés, invitant « à condamner et interdire les pratiques analytiques sous toutes leurs formes car n’étant pas recommandées par la HAS » et voilà que la pétition lancée par l’Ecole de la Cause freudienne récolte déjà les 10 000 premières signatures en quelques jours. Je vous invite à diffuser le plus largement autour de vous via vos contacts et réseaux professionnels cette pétition nommée « Prise en charge de l’autisme : oui au libre choix de la méthode de soin, non à l’interdiction de la psychanalyse » qu’il suffit de signer en allant sur le lien https://cause-autisme.fr. Conscients du fait que cette démarche aura une portée importante mais limitée, toutes les délégations régionales se mobilisent pour aller à la rencontre des députés.

L’AG des ACF qui s’est tenue hier au local de l’Ecole, présidée par Christiane Alberti et Gil Caroz, fut l’occasion de repenser nos outils de bataille face à cette attaque insensée envers la psychanalyse qui ne cesse d’y revenir, et face à laquelle nous ne pouvons plus nous contenter de répondre au coup par coup, car nous risquons de nous trouver comme Hamlet face à l’imminence d’un « toujours trop tard », et même si nous réagissons par une hâte décidée telle celle qui a vu le jour cette semaine, celle-ci ne saurait poser les bases d’un rempart plus efficace et plus solide. Nous répondrons à partir de l’Orientation Lacanienne en créant des groupes et des moyens de diffusion pérennes se consacrant à défendre notre cause avec vigueur, avertis de la puissance et la hargne avec lesquelles cet Autre comptable et pragmatique tente d’éjecter les psychanalystes au-dehors du traitement de l’autisme, tout comme il attaque déjà dans plusieurs autres endroits la pertinence de sa présence dans des lieux telles que l’Université et la clinique en milieu psychiatrique. Un blog La Cause de l’Autisme verra le jour au cours des prochains jours et Serena Guttadauro sera la responsable pour faire remonter les contributions issues de l’Envers de Paris que nous espérons nombreuses.

Le comité scientifique poursuit son travail de préparation de notre Journée « Les nouveaux visages de la Ségrégation » samedi 10 juin. En ce qui concerne les intervenants nous sommes ravis d’avoir obtenu une réponse favorable de la part de notre collègue Eric Laurent et du philosophe Jean-Luc Nancy. Nous avons rencontré il y a trois semaines Olivier Roy, politologue et spécialiste de l’islam de grande renommée, qui après nous avoir donné un oui enthousiaste à notre invitation à participer ne pourra pas malheureusement être là à la date de la Journée.

Dimanche 11 décembre nous sommes attendus à La Comédie Française, Théâtre du Vieux Colombier, pour assister à la représentation de La Ronde d’Arthur Schnitzler, pièce contemporaine de la naissance de la psychanalyse et ayant fait grand scandale à l’époque par sa façon osée de dénuder l’omniprésence du désir et de la pulsion sur la scène de la rencontre amoureuse. Eric Laurent fera résonner ce qu’un tel dénudement, dans un contexte de civilisation tout autre, interprète de notre époque, dans la conversation qu’il aura avec Anne Kessler (metteur en scène) et Guy Zilberstein (traducteur et scénographe).

 

Samedi 9 janvier aura lieu la Journée du département de psychanalyse de l’Université de Paris 8 sous le titre « Identité et Trauma », sous réserve de places disponibles en faisant la demande à cette adresse : psychanalyse@univ-paris8.fr. Vous trouverez ci-joint le programme ainsi que l’argument.

Vous trouverez aussi dans ce courrier les activités proposées par les Vecteurs « Clinique et Addictions », « Le corps, pas sans la psychanalyse » et « Les enfants de la science » pour cette fin d’année.

Camilo Ramirez

Tous les détails de ces infos sur notre site www.enversdeparis.org et pensez à les diffuser le plus possible autour de vous et à nous rejoindre sur twitter : @EnversDeParis

Évènements à la Une

Psychanalyse et littérature

Par l’angle de l’expérience sensible indémontrable ou par l’angle du cérémonial, la religion est pour Freud une illusion résorbable par la psychanalyse. C’est ce point de vue freudien sur la religion que J-A Miller, dans « Religion, psychanalyse », reconsidère pour l’articuler à l’analyse que Lacan propose de la religion.
Ecartant la dimension de l’ « expérience subjective vécue, privatisée » qui rattache la religion au rapport direct, sans cérémonial, à la vérité du […] Marie -Christine Baillehache

Identité et trauma – Paris 8

La psychanalyse n’aborde pas la question de l’identité comme un idéal, comme une norme, ou comme un moyen de savoir qui on est. Jacques-Alain Miller dénonçait en ce sens un symptôme de notre époque, celui du « culte de l’identité de soi à soi ». Du point de vue de l’inconscient, ce qui prime est le rapport à l’Autre et non pas le rapport à soi. Jacques Lacan en 1946 allait jusqu’à penser la folie comme un […]

lectures freudiennes : … l’enfant en détresse est capable de choisir…

Déjà dans le courrier de novembre j’ai proposé une lecture précise de l’oeuvre freudienne. Dès le début, dès « L’Esquisse » écrit en 1895 Freud écrit que l’enfant en détresse est capable de choisir : il est capable de réaliser le travail nécessaire à l’intérieur de son corps pour produire un événement de satisfaction, ein Befriedigungserlebnis.
Dans un de ses derniers écrits « Die endliche und die unendliche Analhyse »,- L’analyse finie et l’analyse infinie – (1937), il défend la même idée : […] Suzanne Hommel

Psynema décembre

La séance du mois de novembre 2016 du Vecteur Psynéma a été amplement consacrée aux réflexions autour de la soirée de préparation aux dernières journées de l’École de la Cause Freudienne sur le thème de l’objet regard. Cette soirée, qui a eu lieu le 18 octobre au cinéma Escurial, proposait un travail intéressant autour du film Night Call (2014), réalisé par Dan Gilroy. Le Vecteur Psynéma avait invité le psychiatre et psychanalyste Pierre Sidon et a été riche en échanges malgré le nombre de participants. […] Vecteur Psynema

Bibliographie ségrégation

La prochaine réunion du vecteur « Le corps, pas sans la psychanalyse » aura lieu le Mercredi 14 Décembre 2016 à 20h30. À l’ordre du jour : récollection et commentaires sur les lectures bibliographiques concernant la ségrégation, en tension avec ce que nous préparons pour le thème de la Journée de l’Envers de Paris du 10 Juin 2017.
Geneviève Mordant

Addiction et passion

Pour notre troisième soirée, du Vecteur « Clinique et addictions », nous vous donnons rendez-vous lundi 12 décembre à 20h30. Nous aborderons la notion de la passion autour d’un cas clinique présenté par Mathilde Braun : Monsieur V. interroge le rapport entre addiction et passion. Passion par sa profession d’une part, addictions d’autre part, sans lien apparent. Néanmoins, en déployant ces deux espaces séparés, nous verrons qu’un même objet les relie. En deuxième partie nous nous intéresserons à la littérature avec Elisabetta Milan Fournier : « Un vieux dégueulasse », il s’agira d’une fiction clinique autour du livre de Bukowski, Women.
Pierre Sidon

Autisme – Oui au libre choix de la méthode de soin / Non à l’interdiction de la psychanalyse

Chers membres de l’Envers de Paris, voici la pétition contre la résolution sur l’autisme qui sera votée à l’Assemblée nationale, laquelle je vous invite à signer et à diffuser auprès de vos collègues et connaissances le plus largement possible. Ce soir nous sommes à 6000 signataires. Vous pouvez la signer ici : www.cause-autisme.fr
Je vous invite également à me faire signe si vous avez des connaissances parmi les députés afin que nous puissions nous mettre en relation avec eux et pouvoir leur expliquer notre désaccord vis-à-vis de cette résolution.
bien cordialement, Camilo Ramirez

Entrons dans la ronde

Le scandale de La Ronde
Scandaleuses, les « souillures du mariage et les désillusions de l’adultère » d’Emma Bovary (et non l’inverse comme le regrettera le procureur Pinard ), scandaleuses la même année les fleurs vénéneuses de Baudelaire, « obscènes et immorales », qui « conduisent nécessairement à l’excitation des sens par un réalisme grossier et offensant pour la pudeur », scandaleuse Nora qui laisse époux et enfants pour « prendre conscience d’[elle]-même et de ce qui [l’]entoure » et refuse face à son mari d’être « d’abord et avant tout épouse et mère » pour être « d’abord et avant tout un être humain » à la fin de Maison de poupée. […]

La Ronde

Si le scandale est étymologiquement « achoppement », peut-on encore trébucher sur La Ronde et s’y cogner sur un réel ? A l’époque de Youporn, de La Vie sexuelle de Catherine M. et des amours one shot banalisées, « ce n’est plus la reine Victoria, c’est la Reine Catherine » et même la « reine jouissance » comme le dit malicieusement Jacques-Alain Miller. Avec le déclin progressif du Nom-du-père, dont l’amorce se dessine précisément à l’époque de la pièce, notre « régime nouveau qui ne procède plus par la discipline et par la répression […], du même fait rend problématique la transgression » . Peut-on alors être choqué par ce speed-dating viennois ? Quel est l’enseignement de La Ronde, au-delà de l’intérêt littéraire de cet improbable laboratoire social, dont la transgression morale a fait effet de scandaleuse vérité en son temps ?

Entre fantasme et biotechnologies

Les enfants de la Science à la Pitié-Salpêtrière. Nouvelles demandes, nouvelles pratiques : le genre, la procréation. 1er rdv : Entre fantasme et biotechnologies avec F. Ansermet, N. Gründler, A. Condat. Le 9 décembre de 9h30 à 11h30

Mutation du religieux ou Retour du religieux …

[…] Pour O. Roy, la mondialisation est moins un discours qu’une séparation des discours qui écrase les religions incarnées dans une culture locale. Celle-ci entraine soit un isolement communautaire de l’entre-soi (les Amish, les juifs orthodoxes, les vieux catholiques,…) ; soit une universalisation absolu du religieux qu’O. Roy nomme « la sainte ignorance » ou « la religion sans culture ». […]
Par Marie-Christine Baillehache
Prochaine rencontre mercredi 9 novembre 2016

Traiter d’addictologie avec Jean-François Perdrieau et Jacqueline Janiaux

Rdv le 14 novembre 2016.

Pour cette deuxième Conversation clinique et addictions de l’année, deux interventions.

Jean-François Perdrieau : La deuxième édition du traité d’addictologie vient de paraitre, 12 ans après  la première édition. Dans son premier chapitre : « Comprendre les addictions : l’état de l’art », le Pr Michel Reynaud écrit : « Lors de la première édition (…), l’enjeu était de comprendre, accepter et intégrer l’intérêt d’un abord global des addictions » ;  « Aujourd’hui, en 2016, le terme “addiction” est assimilé par la société ». Il me semble utile de discuter des changements présentés dans cette nouvelle édition, la disparition de certaines parties, le développement de certains concepts, et l’arrivée bien venue des NPS (nouveaux produits de synthèse). 

Jacqueline JANIAUX : Une année de suivi en CSAPA : un cas clinique pour illustrer l’application d’une analyste en institution avec un sujet dit addict.
Pierre Sidon

Paris, c’est aussi les enseignements de l’École de la Cause Freudienne

Enseignement de la passe 2015-2016 Opacité et approches du réel   Lacan, dans son dernier enseignement, offre la perspective de « ne pas se faire leurrer de quelque fin plate »1 quand on termine son analyse, et il offre la passe à « ceux qui se risquent à témoigner au mieux de la vérité menteuse »2. Si elle est menteuse, c’est que le réel ne peut que mentir : exclu du sens, il reste opaque. Donner du sens au réel est possible dans la clinique sous transfert, mais c’est une voie de mirage. Jacques-Alain Miller3 nous a exhorté à renoncer à la transparence devant l’opacité, sans céder sur l’élucidation. En fin d’analyse, dans l’outre-passe, il s’agit de porter, au mieux, quelque lumière sur cette opacité. Que recouvre-t-elle ? La jouissance, toujours présente une fois le symptôme déchiffré, le corps qui en est affecté et qui parle à partir d’elle, point du refoulement originaire freudien. Comment parle-t-il alors que « nous n’avons aucune idée du réel parce que le langage est un mauvais outil »4 ? Si le langage, qui donne au sujet des airs d’être, est un mauvais outil pour le réel, il s’agira de rendre compte de comment l’écriture peut opérer face à des bouts de réel, de comment un bord de semblant peut situer le noyau de la jouissance, ou de quel autre artifice a-t-il été fait usage. Sans oublier « que tout doit être repris au départ à partir de l’opacité du sexuel »5. Cinq soirées seront proposées dans l’année : chacun des cinq A.E. en exercice proposera un thème pour une soirée afin d’approfondir ces questions. Il choisira un extime pour en animer la conversation. Les autres A.E. pourront, selon leur désir, s’y joindre pour intervenir. Danièle Lacadée Labro et Michèle Elbaz   Notes :   1 – Lacan J., « Joyce Le Symptôme », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 570. 2 – Lacan J., « Préface à l’édition anglaise du Séminaire XI », op. cit., p. 572. 3 – Miller J.-A., « Semblants et sinthome », Scilicet, Semblants et sinthome, VIIe Congrès de l’Association Mondiale de Psychanalyse – Paris 2009, collection Rue Huysmans, ECF, 2009, p. 24. 4 – Lacan J., Le Séminaire, leçon du 15 novembre 1977, inédit. 5 – Lacan J., Séminaire, livre XXIII, Le sinthome, Paris, Seuil, 2005, p. 64.   Les mardis 8 décembre 2015, 12 janvier, 8 mars, 10 mai et 14 juin 2016 Au Local de l’ECF – 1, rue Huysmans 75006 Paris – 21h 15
Lien social et Identification à la lumière du « Y a de l’Un », Marie-Hélène Brousse Le débat a traversé l’Atlantique. Aux USA la grande question actuelle s’énonce ainsi : Identity Politics. Elle a commencé à faire parler d’elle dans les « gender studies », version US du « Il n’y a pas de rapport sexuel », mais elle n’a pas tardé à se diffuser à toutes les minorités dites raciales ou encore religieuses. Partout le trivial « je suis… » a changé de statut en s’affranchissant des évidences que garantissaient le Nom-du-Père et ses traditions. En Europe elle se pose aussi, de façon plus conflictuelle et à la fois moins crue. Ainsi l’expression « jeunes de la diversité » s’est imposée dans le discours. La science et les techno-sciences ont transformé aujourd’hui les coordonnées traditionnelles des discours identitaires. L’époque du Un-tout-seul mis en évidence par Jacques-Alain Miller exige de la psychanalyse d’autres coordonnées que celles mises en évidence par la Massenpsychologie freudienne qui reste attaché au Un de l’exception. L’enseignement de Lacan permet de développer une autre orientation. À la Massenpsychologie vient répondre le lien social c’est-à-dire les discours comme prescription des modes de jouir. Émancipées du Nom-du-Père évanouissant, selon quelles modalités s’opèrent aujourd’hui les identifications ? Les mardis 24 novembre, 15 décembre 2015, 26 janvier, 16 février, 22 mars, 12 avril, 24 mai et 21 juin 2016 Au Local de l’ECF – 1, rue Huysmans 75006 Paris – 21h15
Quelques tours dans « L’étourdit », Philippe La Sagna Il s’agira de déplier certains passages du texte de Jacques Lacan de 19721. Ce texte est la reprise d’une conférence donnée par Lacan à la fin du Séminaire XIX. Nous en lirons quelques extraits en essayant de ne pas quitter le niveau de la phrase. Nous ne lirons donc pas tout le texte mais nous ferons des « tours ». Nous attendons de l’auditoire des questions mais aussi des contributions. Donc ceux qui le souhaitent pourront transmettre leur mail pour rendre ces échanges plus faciles2. Comme le soulignait J.-A. Miller le 17 novembre 2004 : « Ce qui se dit est dans ce qui s’entend. » Pour prendre donc en compte « ce qui s’entend » au niveau des participants, le programme sera défini au fur et à mesure. Nous examinerons d’abord la question du dire et du dit qui renvoie à la difficile relation entre la linguistique, la logique et la psychanalyse. Le vrai, le faux, l’existence, l’universel, comme le singulier, l’impossible, le nécessaire et le contingent constituent les éléments de la logique, voire de tout discours. Mais dans la psychanalyse ils ne peuvent se penser sans partir de la jouissance des corps. C’est un écart majeur par rapport au formalisme logique qui cherche à établir un discours sans équivoque, ou un discours qui ne resterait pas un semblant de discours. C’est un écart par rapport à l’ontologie et aussi par rapport au structuralisme ! Il s’agit de savoir à quoi sert un discours, ce que soulevait déjà de façon naïve le tournant du pragmatisme en linguistique. La parole au niveau du discours n’est pas communication mais moyen d’action, moyen d’obtenir satisfaction. Autrement dit l’équivoque du langage et la jouissance des corps sont nouées. Le dire que Lacan révise et introduit pour nous devient, dans cette perspective, « l’autre » de la jouissance : « La jouissance, ça, ça existe. Il faut qu’on puisse en parler. Moyennant quoi, il y a quelque chose qui est autre, et qui s’appelle le dire. »3 Cette jouissance qui fait matière pour le droit et la politique est celle du corps en tant que corps sexué. Ceci implique que ce corps n’est pas seul. La logique des discours que Lacan avance et qui part de la question de la jouissance articulée au lien social succède à la logique du signifiant et reprend de façon originale ce qui était resté en arrière dans les élaborations premières de Lacan sur la parole et la vérité. Lacan ainsi se distingue du structuralisme en prenant à bras le corps les relations sociales à partir des relations entre les hommes et les femmes, leurs relations au corps sexué. La question de la sexualité freudienne est donc entièrement reprise dans un examen serré du ressort logique des mythes freudiens. Depuis l’Œdipe jusqu’à ceux sur l’origine de la culture et les impasses sexuelles qu’ils supposent pour les hommes et les femmes. Ces impasses se calculent logiquement à partir du dire de Freud que Lacan nous démontre être : « Il n’y a pas de rapport sexuel. » Tout cela suppose de réviser complètement ce que nous définissons comme le sexuel et nécessite donc d’écrire autrement la sexuation. Dans cette perspective l’homme devient le touthomme avec à l’horizon un papludun, une femme est l’hétéros, la pastoute qui rencontre l’hommoinzin ou pas. L’être devient parlêtre, la langue la lalangue, le signifiant le semblant, l’absence ab-sens, la pudeur dé-sens. Ces torsions de la langue déploient déjà une stratégie de sortie du sens et d’affirmation du réel qui sera encore plus sensible plus tard avec le sinthome. Il s’agit d’écrire contre le sens avec des mathèmes, mais surtout avec une topologie, voire dans un langage « ordinaire » neuf. Ce texte est aussi un point de capiton dans la topologie de Lacan. Depuis le début des années 60 Lacan est passé de la topologie du graphe et de ses circuits à celle du cross-cap qui se parachève dans ce texte pour mieux ouvrir la perspective topologique à venir des nœuds. Enfin et surtout, ce texte est un texte qui traite de l’interprétation, qui en traite tout au long du texte et nous donne un éclairage sur la fin de la cure. Ces deux questions serviront pour nous de point de départ pour articuler ce que peut être une politique lacanienne aujourd’hui.   1 – Lacan J., « L’étourdit », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, pp. 449 à 495. 2 – En adressant un mail à plasagna@free.fr 3 – Lacan J., Le Séminaire livre XIX, … ou pire, Paris, Seuil, 2011, p. 226.   Les mercredis 2 décembre 2015, 6 janvier, 3 février, 23 mars, 6 avril, 18 mai et 15 juin 2016 Au Local de l’ECF – 1 rue Huysmans, 75006 Paris – 21h 15

ecf-messager, vous connaissez ? 

Petit dialogue entre @mis

Ce n’est pas cette liste de diffusion intense de l’École de la Cause freudienne ?

J’en ai entendu parler…

Oh oui, intense ! Pour tout connaître de cette École et de sa petite flottille, les différentes ACF (l’École dans les régions).

Tout connaître, vraiment ? 

Tout connaître, on n’y arrive pas. Mais ECF-Messager, c’est : des informations nombreuses, des réflexions diverses sur le moment présent et son intérêt pour la psychanalyse, les news de l’orientation lacanienne, heure par heure, du sur mesure pour vous, pour la psychanalyse… Par exemple, un ami m’avait envoyé les petites vignettes cliniques que le Directoire avait suscitées, et qui préparaient l’événement Question d’École sur le contrôle. Et quel régal de découvrir deux fois par semaine les nouveautés du Blog des Journées de l’ECF !

Tout savoir aussi sur les cartels, Lacan Quotidien, les dernières parutions, les grands événements de la psychanalyse dans le monde (Association Mondiale de Psychanalyse) et bien d’autres choses encore.

Et je peux rejoindre cette liste ? 

Quand tu veux. C’est gratuit ! Tu le demandes au secrétaire de l’ECF grâce au formulaire de contact ci-desous…

Et tous ces messages, ce n’est pas trop ? 

Penses-tu ! Je me suis créé une boite type Gmail dédiée à cette liste, en un clin d’œil l’objet du message m’indique si je garde ou si je jette ; et pour éviter qu’ils finissent dans les spams, j’ai entré l’adresse ECF-Messager dans mes contacts.

Toi alors, tu as toujours un tour d’avance…

Allez, on y court vite ? Car ce messager change de jour en jour…

Formulaire d'inscription au courrier ecf-messager

10 + 14 =

Identité et trauma – Paris 8

La psychanalyse n’aborde pas la question de l’identité comme un idéal, comme une norme, ou comme un moyen de savoir qui on est. Jacques-Alain Miller dénonçait en ce sens un symptôme de notre époque, celui du « culte de l’identité de soi à soi ». Du point de vue de l’inconscient, ce qui prime est le rapport à l’Autre et non pas le rapport à soi. Jacques Lacan en 1946 allait jusqu’à penser la folie comme un […]

Corps désirable

Le 20 mai 2016, Rencontre-Débat avec Hubert Haddad autour de son ouvrage Corps désirable. Soirée animée par M.H. Brousse et F. leguil. Ce qui, entre littérature et psychanalyse, peut être avancé sur l’éprouvé réel du corps pour chaque sujet…

Seminario Latino de París 2ème séance, 27 janvier

  SEMINARIO LATINO DE PARIS-ENVERS DE PARIS   El Seminario Latino de Paris vous invite à faire une lecture en espagnol du Séminaire de l’Orientation lacanienne, El Ultimísimo Lacan de Jacques-Alain Miller, édité par la Editorial Paidós.   Ce cours est...

Entrons dans la ronde

Le scandale de La Ronde
Scandaleuses, les « souillures du mariage et les désillusions de l’adultère » d’Emma Bovary (et non l’inverse comme le regrettera le procureur Pinard ), scandaleuses la même année les fleurs vénéneuses de Baudelaire, « obscènes et immorales », qui « conduisent nécessairement à l’excitation des sens par un réalisme grossier et offensant pour la pudeur », scandaleuse Nora qui laisse époux et enfants pour « prendre conscience d’[elle]-même et de ce qui [l’]entoure » et refuse face à son mari d’être « d’abord et avant tout épouse et mère » pour être « d’abord et avant tout un être humain » à la fin de Maison de poupée. […]

L’envers de la biopolitique. Une écriture pour la jouissance.

Nous voilà rentrés et vous rappelons qu’un événement très heureux nous attend déjà, c’est imminent : notre prochaine Soirée autour du livre L’envers de la biopolitique. Une écriture pour la jouissance, d’Éric Laurent et en présence de l’auteur aura lieu le mercredi 21 septembre 2016, au 31 rue de Navarin à Paris.

Un produit de vie

Ariane Chottin, à propos de la soirée des psychologues freudiens avec Françoise Labridy.
« Parler du sport avec Françoise c’est comme suivre la vibration d’une baguette de sourcier orientée par la psychanalyse qui, bien au-delà des discours médiatiques qui méconnaissent ou écrasent cette pratique complexe, cherche en profondeur ce que chaque sportif peut dire de ce qui a fait rencontre pour lui … »

L’enfant et la féminité de sa mère

Vendredi 17 juin 2016 à 21h15, une soirée autour de l’ouvrage L’ enfant et la féminité de sa mère. Ce livre, sous la direction d’Elisabeth Leclerc-Razavet, Georges Haberberg et Dominique Wintrebert, est le fruit de deux ans d’un travail de séminaire dit « Travaux Dirigés de psychanalyse », à partir de la pratique avec des enfants. Cet ouvrage nous démontre …

Hors corps

À considérer gravement les billets s’envoler au-dessus des stades, les crises de dopage un peu partout dans le monde, nous en avions oublié le substrat : la pratique du sportif relève de l’acte, il n’y a pas d’acte sans mise en circulation du corps. Mais de quel corps s’agit-il ?

Corps désirable

Le 20 mai 2016, Rencontre-Débat avec Hubert Haddad autour de son ouvrage Corps désirable. Soirée animée par M.H. Brousse et F. leguil. Ce qui, entre littérature et psychanalyse, peut être avancé sur l’éprouvé réel du corps pour chaque sujet…

Un oubli de son corps :

Jean Faucheur « Le cri », 2014 Geneviève Mordant Nous continuons d’explorer ce thème du corps et de l’impossible en interrogeant différents artistes, pour mettre en tension l’impossible et leur corps en tant qu’impliqué dans leur geste artistique respectif. Notre...

Écouter, voir

Entrons dans la ronde

Le scandale de La Ronde
Scandaleuses, les « souillures du mariage et les désillusions de l’adultère » d’Emma Bovary (et non l’inverse comme le regrettera le procureur Pinard ), scandaleuses la même année les fleurs vénéneuses de Baudelaire, « obscènes et immorales », qui « conduisent nécessairement à l’excitation des sens par un réalisme grossier et offensant pour la pudeur », scandaleuse Nora qui laisse époux et enfants pour « prendre conscience d’[elle]-même et de ce qui [l’]entoure » et refuse face à son mari d’être « d’abord et avant tout épouse et mère » pour être « d’abord et avant tout un être humain » à la fin de Maison de poupée. […]

La Ronde

Si le scandale est étymologiquement « achoppement », peut-on encore trébucher sur La Ronde et s’y cogner sur un réel ? A l’époque de Youporn, de La Vie sexuelle de Catherine M. et des amours one shot banalisées, « ce n’est plus la reine Victoria, c’est la Reine Catherine » et même la « reine jouissance » comme le dit malicieusement Jacques-Alain Miller. Avec le déclin progressif du Nom-du-père, dont l’amorce se dessine précisément à l’époque de la pièce, notre « régime nouveau qui ne procède plus par la discipline et par la répression […], du même fait rend problématique la transgression » . Peut-on alors être choqué par ce speed-dating viennois ? Quel est l’enseignement de La Ronde, au-delà de l’intérêt littéraire de cet improbable laboratoire social, dont la transgression morale a fait effet de scandaleuse vérité en son temps ?

Don Juan : rire du Pas-Tout

[…] En s’emparant du « Don Juan » de Molière, et à l’instar de son héros qui remet en question les représentations et les certitudes établies par le Discours Maitre, le choix de mise-en-scène de J-F Sivadier bouscule les règles stables du théâtre classique et fait de la scène théâtrale « une piste de cirque où se succèdent, dans une dramaturgie de zapping, une succession de numéros interchangeables. ». […] Par Marie-Christine Baillehache

Night Call ou le miroir du monde

Le film de Dan Gilroy, Night Call, sorti en 2014, est une satire moderne du monde médiatique américain qui n’est pas sans rappeler celles d’un Billy Wilder ou d’un Otto Preminger, dont le regard sur la presse et le monde politique a marqué la mémoire des cinéphiles.
Cette soirée, proposée en partenariat avec L’Escurial-Les Écrans de Paris, sera animée par le collectif Psynéma de L’Envers de Paris, avec la participation de Pierre Sidon, psychanalyste membre de l’École de la Cause freudienne. La projection du film sera ainsi suivie de discussions et d’un débat avec la salle.
Mardi 18 octobre 2016 à 20h30.

Du mépris à la méprise du regard

« Dans notre rapport aux choses, tel qu’il est constitué par la voie de la vision, et ordonné dans les figures de la représentation, quelque chose glisse, passe, se transmet, d’étage en étage, pour y être toujours à quelque degré éludé – c’est ça qui s’appelle le regard. », nous indique Jacques Lacan dans son Séminaire XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse (p. 70). Cette matinée organisée par le Vecteur Champ-Contrechamp avec le participation de Laurent Dupont, directeur des 46es Journées de l’École de la cause freudienne, sera l’occasion de préciser, d’élucider ce que nous nommons après lui l’objet regard, à partir du cinéma de Jean-Luc Godard. […]
L’envers de Paris vous invite, samedi 22 octobre à 11h, à la projection du film « Le mépris » de Jean-Luc Godard qui sera suivie d’un débat avec notre invité : Laurent Dupont, psychanalyste membre de l’École de la Cause freudienne et directeur des 46es Journées de l’École de Cause freudienne ayant pour titre : « L’objet regard ». Rencontre animée par Nouria Gründler & Camilo Ramirez

la dispute

Mardi 26 juillet, à 21h, dans le cadre du festival Paris quartier d’été, l’ENVERS DE PARIS et le vecteur Champ-Contrechamp, organise un débat avec François Regnault et Jacques Vincey à l’issue de la représentation de La dispute, pièce de Marivaux, mise en scène par Jacques Vincey.
Soirée animée par Nouria Gründler et Catherine Meut.

Beckett : la viduité du regard

En 1958, S. Beckett écrit sa pièce « La dernière bande ». Dans un dispositif dépouillé, clos et sombre, un homme seul, Krapp, dialogue avec une bande magnétique enregistrée par lui-même 30 ans plus tôt. Cet homme, dont le nom résonne avec « crap » / « merde » en anglais, a un rapport profondément désaccordé au monde qui lui fait face et le regarde. Son rapport morcelé au corps et à la langue l’oblige à lutter âprement pour avoir le sentiment d’exister. Réécouter rituellement sa bande enregistrée […] Marie-Christine Baillehache

Entrons dans la ronde

Le scandale de La Ronde
Scandaleuses, les « souillures du mariage et les désillusions de l’adultère » d’Emma Bovary (et non l’inverse comme le regrettera le procureur Pinard ), scandaleuses la même année les fleurs vénéneuses de Baudelaire, « obscènes et immorales », qui « conduisent nécessairement à l’excitation des sens par un réalisme grossier et offensant pour la pudeur », scandaleuse Nora qui laisse époux et enfants pour « prendre conscience d’[elle]-même et de ce qui [l’]entoure » et refuse face à son mari d’être « d’abord et avant tout épouse et mère » pour être « d’abord et avant tout un être humain » à la fin de Maison de poupée. […]

Don Juan : rire du Pas-Tout

[…] En s’emparant du « Don Juan » de Molière, et à l’instar de son héros qui remet en question les représentations et les certitudes établies par le Discours Maitre, le choix de mise-en-scène de J-F Sivadier bouscule les règles stables du théâtre classique et fait de la scène théâtrale « une piste de cirque où se succèdent, dans une dramaturgie de zapping, une succession de numéros interchangeables. ». […] Par Marie-Christine Baillehache

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