Édito juillet 2019

Chers membres et amis de L’Envers de Paris,

A la veille de la pause estivale, nous sommes attendus les 13 et 14 juillet à Bruxelles pour le congrès PIPOL 9 « L’inconscient et le cerveau. Rien en commun ». Ce sera l’occasion de faire résonner la vivacité du discours analytique et de l’orientation lacanienne qui ne reculent pas devant l’extension du domaine du « tout-neuro ».

Vous trouverez dans ce numéro deux contributions issues du travail en cours au sein des vecteurs.

Du côté de Lectures cliniques, Isabelle Magne signe un texte où elle saisit avec finesse le terme de  « point de rebroussement » proposé par J-A. Miller en tant que possibilité pour le sujet d’aller du symptôme à l’effet de création.

Bernadette Colombel nous fait parvenir une chronique d’après-coup de la pièce Logiqimperturbabledufou, écrite et mise en scène par Zabou Breitman. Voici un mois, le vecteur Théâtre et Psychanalyse a organisé une rencontre autour de ce spectacle qui approche avec subtilité le réel de la folie et brosse un portrait juste du monde clos de la psychiatrie.

Un bouquet d’événements à venir à la rentrée sont en cours de préparation. En guise d’avant-goût, voici quelques dates à noter :

La 5ème conversation de la série « Psychanalyse et psychiatrie » aura pour thème l’état actuel de la pédopsychiatrie. Nous allons nous intéresser aux réponses possibles que des psychanalystes d’orientation lacanienne inventent sur le terrain de ces institutions qui accueillent les enfants en grande souffrance et leurs familles. Nos collègues Ligia Gorini*, Janis Gailis, psychiatres, et Angèle Terrier*, seront les invités de cette soirée. Mercredi 25 septembre à 20h, salle Montparnasse.

Quant au vecteur Psynéma, vous pouvez dès à présent consulter le programme pour le deuxième semestre de l’année. Il ouvrira avec la projection du film De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites de Paul Newman (1972) et s’inscrit comme activité préparatoire pour les J-49 de l’ECF « Femmes en psychanalyse ». Laura Sokolowsky* sera l’invitée de cette après-midi. Samedi 12 octobre à 14h, Patronage laïque Jules Vallès.

La soirée de rentrée des Cartels, organisée par l’EdP et l’ACF-IdF, aura lieu le mardi 15 octobre au local de l’ECF. Serena Guttadauro et la belle équipe de Paris-Cartels nous proposent cette année un thème également articulé à celui des J-49 : « Lectures du féminin. Pas toute dans le savoir ». Avec la participation d’Andrea Castillo, Maria Novaes et Soledad Penafiel. Marie-Hélène Brouse* animera la discussion qui promet d’être passionnante.

En attendant ces rendez-vous, et bien d’autres dont vous en saurez plus en septembre, je vous souhaite un très bel été !

Beatriz Gonzalez-Renou,
directrice de l’Envers De Paris

 * Psychanalyste membre de l’ECF

L’avez-vous lu ?

Vecteur Psynéma

Notre séance du 18 juin 2019  a été consacrée dans un premier temps  au choix des 3 films qui seront projetés prochainement au Patronage laïque Jules Vallès : De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites de Paul Newman (1972), M. Le Maudit de Fritz Lang (1931), A Touch of Sin de Jia Zhangke (2013). Le film de P. Newman sera projeté le 12 octobre 2019 dans son intégralité et suivi d’un débat. Cette rencontre s’inscrira dans le thème des J.49 de l’École de la Cause freudienne : « Femmes en psychanalyse » qui auront lieu les 16 et 17 novembre 2019. Par Karim Bordeau et Maria Luisa Alkorta

Théâtre & psychanalyse

Comme le relève Phillippe Hellebois, lors du débat consécutif au spectacle, la pièce pointe avec justesse le phénomène de répétition qui suit la même logique, et ne réfère pas à la réalité. La « logiquimperturbable » n’est pas le propre du « fou », mais de tout un chacun. « La folie des uns montre la folie des autres ». Même si on soupçonne que derrière chaque figure de patients et de médecin se joue un drame, Zabou Breitman est parvenue à garder la ligne de quelque chose de « délicat et de floral », où rien ne relève d’une fascination obscène de la folie. Par Bernadette Colombel

Lectures Cliniques

Le travail au Vecteur « Lectures cliniques » de L’Envers de Paris produit des effets dans l’après-coup. La lecture d’un texte avant et après le vecteur est enrichie de la discussion. Certains termes interpellent, questionnent, plus que d’autres, d’autant plus quand les textes précédents y ont également fait référence. Par Isabelle Magne

Dans l’après-coup des rêves dansants

Partons du postulat qu’on ne peut pas parler de la femme sans son rapport à l’homme et à l’Autre sexe. Dans son Propos directif pour un Congrès sur la sexualité féminine, Lacan évoque le chemin qui est celui de la sexualité féminine, du point de vue de son rapport au manque du père, au père en tant qu’il est finalement faillible, pas tout puissant. « Pourquoi ne pas admettre en effet que, s’il n’est pas de virilité que la castration ne consacre, c’est un amant châtré ou un homme mort (voire les deux en un), qui pour la femme se cache derrière le voile pour y appeler son adoration. » Par Sarah Dibon

Psychanalyse et psychiatrie

Entre psychiatrie et neurosciences quel avenir pour le diagnostic ?

Soirée préparatoire au congrès PIPOL 9 « L’inconscient et le cerveau : rien en commun », l’Envers de Paris et l’ACF Île-de-France ont organisé la 4e conversation sur le thème « Psychanalyse et psychiatrie » le mercredi 17 avril. Éric Laurent et Patrick Landman ont abordé  la question : « Entre psychiatrie et neurosciences, quel avenir pour le diagnostic ? ». Par Patrick Almeida et Aurélie Pascal

4ÈME CONVERSATION : LA PSYCHIATRIE, AUJOURD’HUI ET DEMAIN…

La question diagnostique est un enjeu crucial pour la psychiatrie, et la classification internationale des maladies mentales, autrement appelée DSM, qui prétendait à l’exhaustivité symptomatique « athéorique » est aujourd’hui très critiquée pour cette même exhaustivité.
Dès lors, comment accorder les psychiatres sur une nosographie commune sans en passer par la psychopathologie, ou le concept d’inconscient, comme a tenté de le faire le DSM ?

Faut-il enfermer pour soigner ?

Depuis plusieurs années des psychanalystes sont au contact de justiciables et de condamnés notamment à travers des pratiques du champ psychiatrique et social. Ces pratiques ont été bouleversées par l’extension importante des obligations et injonctions de soins. La psychanalyse se retrouve ainsi de plus en plus sollicitée souvent très loin de ce qui fait le cœur d’une démarche de soins fondée sur la demande individuelle… Par Marie Majour

3ème conversation : La psychiatrie, aujourd’hui et demain…

Justice et psychiatrie maintiennent entre elles un lien étroit et complexe où se révèle la façon dont chaque époque traite de la folie et de ses conséquences sociales. En matière de santé mentale, la justice intervient à deux niveaux : au niveau pénal, elle détermine un certain degré de privation de liberté. à un autre niveau, elle prévoit des mesures de protection, tant pour le sujet lui-même – quand celui-ci ne semble pas jouir de toutes ses facultés mentales – que pour la société.

2ème conversation : Les lieux de soins de la psychiatrie : rupture et continuité

La 2éme Conversation s’est tenue le mercredi 28 novembre 2018 à Paris. Elle avait pour thème : « Les lieux de soins de la psychiatrie : rupture et continuité ». Le propos était d’évoquer la place de la psychanalyse dans ces lieux, comment elle s’y est perpétuée, comment elle s’est adaptée ou modifiée au gré des évolutions sociales mais aussi économiques et politiques…

Marge de manœuvre : la trouver, s’en saisir

Dans l’après-coup de la 1re Conversation du mercredi 10 octobre 2018, vous pouvez lire le texte de Florence Hautecoeur : (…) D’un côté, la subversion du psychiatre et de la psychiatrie par la science, l’économie ou le pouvoir dont on croit user, mais que l’on finit, à son insu, par servir. De l’autre, la responsabilité de chaque clinicien orienté par la psychanalyse : ne pas renoncer et ne pas céder sur son désir…

Écouter, voir..

Trois séries, trois femmes…

« Les femmes des séries, qui sont les femmes du nouveau millénaire sont animées par quelque chose dont on ne sait pas grand-chose : pas d’idéaux, pas d’idéologies, pas de maîtres tout simplement. Femmes de ce temps, elles sont comme ce monde, sans limite, sans frontières, mais habitées par une force essentielle, inépuisable »(1). Gérard Wacjman.

Danse & psychanalyse

La beauté de ce film réside au-delà de la contemplation d’une œuvre accomplie. Au-delà de la belle image tant convoitée et du geste maîtrisé demandé par l’autre, auxquels ont particulièrement affaire ceux qui traversent « la plus délicate des transitions », celle située entre l’enfance et l’âge adulte. Par Sarah Dibon

LACAN SATYRICON Rencontre savante et psychanalytique

A la fin des années soixante, Federico Fellini réalisa un film inclassable à laquelle Lacan s’est référé dans le Séminaire XVII L’Envers de la psychanalyse. En ajoutant son nom au célèbre roman attribué à Pétrone, le cinéaste joua aussi de l’équivoque entre satire latine et satyre grec…

Théâtre & psychanalyse

L’intrigue se déroule autour de la découverte par le docteur Stockman de la contamination de l’eau des bains. Ce savoir, refusé ou nuancé par ce petit monde, produira chez lui une transformation en héros moderne. Un savoir, devenu La vérité. Par Stéphanie Lavigne

Lire encore…

Les Rêves dansants. Sur les pas de Pina Bausch  : danser, parler

Pina Bausch crée Kontakthof(2) en 1978 avec la compagnie du Tanztheater de Wuppertal. En 2000, la pièce est remontée avec des personnes âgées de plus de 65 ans. En 2008, Kontakthof connaît une troisième version, avec des adolescents de 14 à 17 ans. Le documentaire Les rêves dansants témoigne du patient travail de répétition que Jo et Bénédicte, deux danseuses de la compagnie qui avaient participé à la création de la pièce en 1978, font avec des adolescents  qui ne sont pas des professionnels… Par Dominique Corpelet

Les Rêves dansants. Sur les pas de Pina Bausch

Pina Bausch a choisi de monter sa pièce Kontakthof, pour des adolescents de sa ville de Wuppertal. Ces mots de « rêves dansants »  ne sont pas sans résonance avec ce que nous disait Lacan «  l’affaire de ce qu’est pour les garçons, de faire l’amour avec les filles,(…) ils  n’y songeraient pas sans l’éveil de leurs rêves.»… Par Daphné Leimann

Psynéma, « Femmes et contingence »

  Femmes et contingence par Karim Bordeau La rencontre du 13 avril 2019, qui a eu lieu au Patronage Laïque Jules Vallès avec la projection du film Minority Report de Spielberg, a été l’occasion d’une réflexion autour du réel de la contingence et de son nouage à...

Le corps, pas sans la psychanalyse…

Avoir un assistant ? Parfait : quelqu’un va m’aider à réaliser certaines tâches …. Pas tout à fait ! De nos jours un assistant n’est plus à tout coup une personne, mais souvent un logiciel. Il s’agit des « assistants vocaux », ces boîtes pleines de technologie, auxquelles il faut parler pour les faire fonctionner. Leur nom anglais n’est pas banal : « smartspeakers », que nous pouvons traduire littéralement par : parleurs intelligents. Si nous ne parlons plus d’intelligence uniquement pour les êtres humains, il reste évident que la parole est le propre du sujet. Quel est donc ce « parleur » ? Qui me parle ? À qui je parle ? par Marc Rumen-Doucoure

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