Édito JANVIER 2020

Chers membres et amis de L’Envers de Paris,

Nous voici en 2020 ! Très bonne année à chacune, à chacun !

La nécessité si humaine de compter et de chiffrer le temps donne une cadence au désir, et introduit la nouveauté.

Voici quelques jours Laurent Dupont, président de l’ECF et de l’Envers de Paris, adressait ses vœux à celles et ceux qui font vivre l’École fondée par Jacques Lacan, et dont voici quatre décennies Jacques-Alain Miller se fît l’architecte.

Un détail fait son chemin depuis quelques mois. Un détail qui compte, car il est justement fabriqué de temps et de désir pour la psychanalyse : en 2020, cela fait 25 ans que l’Envers de Paris a vu le jour, sous l’impulsion de l’ECF. Lors de la dernière réunion avec le Bureau élargi, nous avons eu une pensée toute particulière en souvenir de Pierre Thèves, qui en fut le premier directeur et qui a su insuffler à L’Envers de Paris ce qui fait son style et son élan, toujours porté vers le dialogue entre la psychanalyse d’orientation lacanienne et les disciplines qui lui sont affines.

Ce changement d’année marque aussi l’heure de la permutation de nos instances associatives. Le Conseil de l’EdP communiquera sous peu à propos de la prochaine équipe de direction.

Pour le moment, voici l’agenda pour ce mois de janvier :

Le collectif Lectures Freudiennes se réunira ce lundi 6 janvier pour poursuivre la lecture et la traduction du texte de Sigmund Freud Psychologische Ergänzung zur Traumlehre – Complément métapsychologique à la doctrine du rêve -, rédigé en 1916.

Le vecteur Clinique et addictions-TyA propose un nouveau cycle dont le fil rouge est « Les addictions : symptôme et jouissance ». Dans l’argument vous lirez l’une des questions que pose Pierre Sidon : « que faire lorsque la consommation, fait courant, ne fait pas symptôme » pour le dit addict ? Première soirée le lundi 13 janvier à 20h30. Avec l’intervention de Mathilde Braun

L’Envers de Paris recevra Jorge León autour de son film Mitra (2018). Ce long métrage est inspiré par la demande d’aide que Mitra Kadivar avait adressée à Jacques-Alain Miller en 2012. Leur correspondance a été publiée par l’Institut Lacan(1). Nos collègues Nathalie Georges, Christiane Page et Agnès Vigué-Camus sont à l’origine de cette soirée. La projection de Mitra sera suivie d’une conversation avec Jorge León et Hervé Castanet*, animée par Nathalie Georges. Nous vous attendons nombreux le Jeudi 16 janvier 2020 à 20h30, aux Ateliers Varan.

En ce début d’année, le collectif Théâtre et Psychanalyse propose deux rencontres remarquables. Tout d’abord autour de Hamlet, d’après William Shakespeare. La représentation sera suivie d’une conversation entre Thibaut Perrenoud, metteur en scène, et Philippe La Sagna*. Le jeudi 16 janvier à 20h, au Théâtre de La Bastille.

Ensuite, ce sera autour d’une autre grande pièce : Phèdre, de Jean Racine. Suivie d’une rencontre avec Brigitte Jaques-Wajeman, metteuse en scène, François Regnault* et Patricia Bosquin-Caroz*. Le samedi 25 janvier à 20h, au Théâtre des Abbesses. Philippe Benichou animera ces deux événements.

Le vecteur Seminario Latino de Paris tiendra sa 3ème soirée, cette fois en espagnol, autour du thème « Clinique contemporaine entre l’adolescence et les troubles alimentaires ». Damasia Amadeo de Freda parlera de “Nuevos síntomas: Bullyng, Ni-Ni y cutting en los adolescentes”, et Domenico Cosenza de “La comida y el inconsciente”. Patrick Almeida et Soledad Peñafiel animeront la soirée. Mercredi 22 janvier à 21h. Maison de l’Amérique Latine.

Le séminaire Les enfants de la science tiendra sa 2ème Journée d’études sous le titre « Dons de gamètes et d’embryons, et filiation ». Avec Pr François Ansermet*, Nouria Gründler*, Pr Catherine Patrat et Pr David Cohen. Le vendredi 24 janvier de 9h à 18h30. Amphithéâtre Jean Dausset, Groupe Hospitalier Port-Royal Cochin.

Le vecteur Psynéma organise la projection de  A Touch Of Sin (2013), de Jia Zang-Ke. Elle sera suivie d’un débat avec Anne Ganivet-Poumellec*. Dans son argument, Karim Bordeau fait valoir l’engagement politique du réalisateur, qui dans cet opus dresse le portrait d’une Chine dont « la place dans le monde fait symptôme ». Samedi 25 janvier à 14h. Au Patronage laïque Jules Vallès.

 

Marie-Christine Baillehache nous fait parvenir le texte « Des pensées pas-folles-du-tout », avec lequel le vecteur Littérature et Psychanalyse conclut son cycle de travail autour de l’écriture de Nina Baraoui.

Quant au vecteur Le corps, pas sans la psychanalyse, vous pouvez lire le texte « La femme Paul B. Preciado », signé par Maro Rumen-Doucoure.

Comme vous le savez, le numéro spécial Horizon 64 / Confluents 72 La psychiatrie affolée qui réunit l’ensemble des contributions de la série des conversations « La psychiatrie, aujourd’hui et demain : quelle place pour la psychanalyse ? » est disponible sur ecf-echoppe.com. N’hésitez pas à le faire savoir !

Et enfin, un rendez-vous à ne pas manquer aura lieu le samedi 1er février à la Maison de la Chimie. Il s’agit de la journée Question d’École dont le thème : La puissance de la parole permettra d’aborder une question cruciale pour la psychanalyse d’orientation lacanienne. Pour s’inscrire>  

Nous vous souhaitons une bonne continuation à L’Envers de Paris pour le cycle à venir !

Agnès Bailly, Hélène de La Bouillerie, Stéphanie Lavigne et Beatriz Gonzalez-Renou,
membres du Bureau sortant.

*Psychanalyste membre de l’ECF.
(1) Lacan Quotidien> 

L’avez-vous lu ?

Le corps pas sans la psychanalyse…

Il a un « corps trans », selon son expression, mais qu’est-il ? A l’image de son rapport au lieu où vivre, la maison et le corps sont des moyens : avoir un corps est ici un moyen d’être. La problématique de l’incarnation du corps lui permet de déterminer ce qui pour lui fait ancrage, comme bouchon du manque à être. Preciado ancre son corps en niant la différence des sexes telle qu’elle est acceptée par la société contemporaine. Selon lui, son corps n’est ni homme ni femme, il fait ainsi consister corporellement, dans le réel, sa subjectivité et son être….

Vecteur Lectures Freudiennes

Nous poursuivons la lecture et la traduction du texte de Sigmund Freud Psychologische Ergänzung zur Traumlehre –  Complément métapsychologique à la doctrine du rêve -, rédigé en 1916. Notre prochaine rencontre aura lieu le 6 janvier 2020 à 21 heures chez Susanne Hommel.

Littérature & psychanalyse

Consentant, dans sa cure, à se faire docile à l’énigme du silence de son analyste, elle retrouve « la spirale des mots » dans le même temps où elle empreinte la voie de son désir qui n’est pas « juste un désir du corps mais aussi un désir de vivre ». Ce nouveau rapport à sa parole où se sont introduit un silence énigmatique et un mouvement vivant – « Vous êtes silencieuse » dit-elle à son analyste, « c’est vers ce silence que je dois aller »… Par Marie-Christine Baillehache

La « fiction Preciado », mise en acte d’une politique ?

Preciado s’est appelé Beatriz jusqu’en 2014, ce n’est qu’à partir de Janvier 2015 qu’il a signé ses chroniques sous le nom de Paul B. Preciado (le B. sauvegarde son passé féminin), après qu’il ait réussi à ébranler une montagne de démarches administratives, racontées avec humour dans son livre « Un appartement sur Uranus » et  dans plusieurs interviews et chroniques qu’il publie régulièrement dans Libération… Par Geneviève MORDANT et Pierre-Yves TURPIN

Psychanalyse et psychiatrie

Dans l’après-coup de la C-5 « psychanalyse et pédopsychiatrie »

« psychanalyse et pédopsychiatrie : questions et variétés de réponse ». La soirée fut riche, vivante, comme la question de la place de la psychanalyse, qui apparaît se dégager de l’inertie actuelle, idée que nous pourrions proposer comme une des réponses possibles, en conclusion de ce cycle. Cette inertie, bien présente de nos jours, est largement due au S1 émanant des évaluations en psychiatrie notamment… Par Aurélie Pascal

Quelle pratique psychiatrique à l’heure de l’expertise scientifique et d’Internet ?

Le Cycle « Psychiatrie, psychanalyse et malaise social » proposé par la BPI du Centre Pompidou et animé par Clotilde Leguil tiendra sa prochaine rencontre sur le thème : « Quelle pratique psychiatrique à l’heure de l’expertise scientifique et d’Internet ? ». Avec Éric Laurent, psychanalyste membre de l’ECF et de l’AMP et Mathieu Bellahsen, psychiatre, chef de service à l’Hôpital d’Asnières-sur-Seine.

La pédopsychiatrie : questions et variété des réponses

La pédopsychiatrie est le lieu destiné à accueillir et traiter la souffrance de l’enfant lorsque celle-ci prend des formes particulièrement aigües. Mais elle est aujourd’hui confrontée aux exigences propres de l’époque : rentabilité et efficacité ; avec son corolaire : bilans, évaluations, prescriptions médicamenteuses, rigueur budgétaire, etc. Cette tendance conduit-elle pour autant à l’impasse, voire au déclin de la pédopsychiatrie ?

Entre psychiatrie et neurosciences quel avenir pour le diagnostic ?

Soirée préparatoire au congrès PIPOL 9 « L’inconscient et le cerveau : rien en commun », l’Envers de Paris et l’ACF Île-de-France ont organisé la 4e conversation sur le thème « Psychanalyse et psychiatrie » le mercredi 17 avril. Éric Laurent et Patrick Landman ont abordé  la question : « Entre psychiatrie et neurosciences, quel avenir pour le diagnostic ? ». Par Patrick Almeida et Aurélie Pascal

4ÈME CONVERSATION : LA PSYCHIATRIE, AUJOURD’HUI ET DEMAIN…

La question diagnostique est un enjeu crucial pour la psychiatrie, et la classification internationale des maladies mentales, autrement appelée DSM, qui prétendait à l’exhaustivité symptomatique « athéorique » est aujourd’hui très critiquée pour cette même exhaustivité.
Dès lors, comment accorder les psychiatres sur une nosographie commune sans en passer par la psychopathologie, ou le concept d’inconscient, comme a tenté de le faire le DSM ?

Faut-il enfermer pour soigner ?

Depuis plusieurs années des psychanalystes sont au contact de justiciables et de condamnés notamment à travers des pratiques du champ psychiatrique et social. Ces pratiques ont été bouleversées par l’extension importante des obligations et injonctions de soins. La psychanalyse se retrouve ainsi de plus en plus sollicitée souvent très loin de ce qui fait le cœur d’une démarche de soins fondée sur la demande individuelle… Par Marie Majour

Écouter, voir..

Lalalangue, prenez et mangez-en tous

Frédérique Voruz est comédienne. Lalalangue est son œuvre dont Ariane Mnouchkine, fondatrice du Théâtre du Soleil qui l’accueille, a nommé « Une confession héroïque ». C’est un seule en scène autobiographique, le récit d’une analyse sous forme de spectacle, l’exposé d’un trauma et des symptômes d’une enfant qui se reconstruit grâce à la psychanalyse, et surtout grâce au personnage de la psychanalyste, qui fait irruption tout au long du spectacle pour le ponctuer de ses saisissantes interprétations. Il y est parlé du langage familial et du poids des mots. Philippe Benichou

Théâtre & psychanalyse

La Dame de chez Maxim de Georges Feydeau est étonnamment contemporaine malgré les 120 années qui séparent la présente représentation de la première en 1899(3). Entièrement basée sur le quiproquo, elle est un prototype du désir qui ne cesse de circuler, dans un jeu de cache-cache de l’objet leurre du désir par rapport auquel chacun se positionne… Par Bernadette Colombel

Lire encore…

Femmes et politique

Je  vais retracer à grands traits quel a été le cheminement logique quant à notre travail de lecture dont le film de Paul Newman, De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites, a été la source. Le premier temps logique  : politique, discours et féminisation… Par Karim Bordeau

À la ligne, feuillets d’usine de Joseph Ponthus

Joseph Ponthus est pluriel. Intellectuel, qui a fait hypokhâgne-khâgne, et qui d’après ses interviews, a aiguisé sa pensée à la triade Marx-Foucault-Lacan. Journaliste indépendant. Educateur spécialisé, qui a travaillé dans un club de prévention francilien pendant de nombreuses années. Analysant. Grand amoureux. De la littérature, Dumas en particulier. De la poésie, Apollinaire en tête. De la chanson française, Barbara et Trenet, et internationale, Tom Waits… Par Coralie Haslé

Monologues de l’attente d’Hélène Bonnaud

Ce nouveau livre est un bijou de psychanalyse, vous y trouverez des trésors de vérité. L’écriture est toute en douceur, délicate, subtile, extrêmement précise. Certaines phrases ont valeur de coupure, elles forment un dire(8), deviennent extimes au récit de la petite histoire que se racontent les analysants. Ça résonne en vous, l’auteure a touché juste, en plein dans le mille ! On rit, on est ému, interloqué, suspendu aux vérités que recèlent les mystères de l’inconscient… Par Stéphanie Lavigne

L’inconscient au lycée…

Si l’on ajoute un métier impossible à un autre, est-ce que cela fait proliférer l’impossible ? Ou est-ce que cela l’annule, un peu à la manière des nombres opposés, dans les équations ? C’est la question que l’on peut se poser quand un professeur invite un psychanalyste dans sa classe. Rencontres improbables entre le professeur, l’analyste et l’élève qui s’avérèrent, disons-le sans ambages, d’authentiques rencontres. Depuis 2016, l’A.C.F. d’Île de France a monté un projet destiné aux lycéens de région parisienne…. Par Par Emilie Descout*

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