Étudier la psychanalyse à Paris avec Jacques-Alain Miller

Été 2017

Chers collègues,

Je suis persuadé que tout le monde sait le beau succès que fut notre Journée du 10 juin dernier. Des échos de tous les coins de France et d’ailleurs nous parviennent encore pour dire cette chose rare qui nous a frappés durant une longue et dense journée à l’Amphi Farabeuf sur Les nouveaux visages de la ségrégation. Thème combien grave et délicat traité dans une ambiance joviale, lumineuse, portée par un souffle dont les conséquences seront les meilleures pour l’avenir de l’Envers de Paris.

La préparation soutenue, ardue, grâce à l’élan porté par tous ceux qui ont rejoint les équipes de l’organisation, y est pour beaucoup dans ce résultat tangible et percutant, mais le contingent de l’ici et maintenant, le spontané des conversations et des échanges à chaud a joué aussi sa partie dans ce succès qui, tel que le remarquait humblement Leonard Cohen à propos de son art, nous dépasse – « il me vient d’un lieu que je ne maitrise pas » disait-il en parlant du lieu extime où prenaient corps ses vers et accords. Toutes ces brindilles sur lesquelles nous avons soufflé fermement après une campagne présidentielle exténuante, ces pousses irriguées gaiement ici et là durant des mois, nous ont interprétés de leur éclat ce jour-là.

Vous trouverez ci-joint les superbes photos faites par Clément Fromentin et d’autres collègues. Horizon publiera les travaux de ce colloque au mois de novembre, belle occasion de prolonger ce moment d’étude sur notre actualité et de tenir bon dans ce qui se présente parfois sous la forme d’une longue nuit, avec les lanternes de notre orientation décidée. Nul désespoir à l’horizon car comme le poète, dans le magnifique et moebien poème, Lumière de la nuit*, le discours analytique fait saillir, depuis la seconde topique, l’étroite dialectique qui lie le jour à la nuit.

Il ne me reste qu’à vous souhaiter un bel été si mérité.

Camilo Ramirez
Directeur de l’Envers de Paris

* Pedro Salinas, Luz de la noche
https://www.poemas-del-alma.com/pedro-salinas-luz-de-la-noche.htm

Évènements à la Une

Prévert, le chant de la race

Nous reprendrons notre vecteur le 13 Septembre, en nous orientant du thème des J47: « Apprendre. Désir ou dressage », et en l’articulant au roman de Nabokov « Lolita » et des deux films qu’en ont fait Kubrick (62) et Adrian Lyne (97).

Une hystoire de Sindbad

On pourrait lier la confrontation perpétuelle du sujet humain aux multiples visages de la ségrégation, comme une histoire sans fin avec laquelle il doit constamment composer son destin et trouver son désir. (…)
par Guido Reyna

Le retour des fantômes

Des flux, des flots humains, des migrants, chosifiés, évalués, chiffrés, scannés, mis à distance par le discours de la science, comme pour ne pas pouvoir imaginer, se représenter en chair et en os, ces femmes, ces enfants, ces hommes qui tentent courageusement de se frayer une voie vers la vie et vers un avenir meilleur. (…) par Géraldine Caudron

Les Lumières de Marivaux sur «L’ile des esclaves»

L’intelligence du théâtre de Marivaux vient de sa satire dénonciatrice des dangers d’une société fondée sur la ségrégation esclavagiste
Dans une interview accordée à La Nouvelle Edition, Jean-Marie Lepen injurie la Première Dame de France en la traitant de «Madame Cougar», la désignant ainsi comme un animal carnassier d’Amérique. Lors du 3° débat de la campagne présidentielle américaine, Donald Trump injurie Hillary Clinton en la traitant de «Nasty woman». (…) par Marie-Christine Baillehache

Rencontre avec Thomas Bellorini

On peut voir se former, se condenser, mais aussi changer, évoluer différentes ségrégations, comme changent et évoluent dans la réalité de notre époque les multiples identifications des sujets en fonction des contingences de lieu et de circonstances. (…) par Pierre-Yves Turpin

Deux personnages d’exception

Il ne s’agit pas ici d’une ségrégation subie, mais d’une volonté d’affirmation narcissique qui dans les deux cas conduit au triomphe de la pulsion de mort aux dépens du sujet.
Les soirées du collectif «Théâtre et psychanalyse» ont été cette année l’occasion de rencontrer deux personnages d’exception qui auront tous deux exemplifié deux modalités d’inscription dans le lien social basées sur l’exclusion choisie. (…) par Philippe Benichou

La fiction des Aliens dans le cinéma

L’objectivation psychologique du sujet se drapant de celle d’un nouveau scientisme effréné trouve ainsi — et aujourd’hui sans doute plus que jamais, son répondant dans la haine de l’autre comme objet a. (…) par Karim Bordeau

Ni espoir ni désespoir, un au-delà

De l’autre côté de l’espoir, sorti en 2017, est un film du Finlandais Aki Kaurismäki en prise directe sur une actualité des plus sensibles, le statut de réfugié ou de clandestin d’une part, l’état d’exilé de l’intérieur, de laissé pour compte du système capitaliste, en transit dans leur propre pays d’autre part. (…) par Laure de Bortoli

De quel portrait le diable est-il le nom

Le diabolique est au cœur de l’homme et comme sur une bande de mœbius, il se mêle intimement à l’humain dans sa chair.

Dans son lumineux petit livre Le portrait du Diable, Daniel Arasse pose la question du portrait et analyse, dans les traits prêtés au diable, une césure au moment du passage du Moyen Âge à la Renaissance. (…) par Ariane Chottin

… de qui sommes–nous frères …

Sans le Nom du Père, la horde des frères peut mener au pire.
La discrimination est le fondement politique du FN, que Jean-Marie Le Pen théorisa simplement: «Je préfère mon frère à mon cousin, mon cousin à mon voisin et mon voisin à un étranger». Lacan, lui, nous dit: «…sachez que ce qui monte, qu’on n’a pas encore vu jusqu’à ses dernières conséquences, et qui, lui, s’enracine dans le corps, dans la fraternité du corps, c’est le racisme». (…) par Corinne Chabot

Le sujet comme tel est un immigré

C’est une idée très forte que de penser la fraternité fondée sur le rejet.
Si la haine ne recouvre pas la pulsion de mort, c’est néanmoins l’une de ses manifestations les plus importantes. Qu’est-ce que la psychanalyse permet de comprendre sur la ségrégation ? Comment peut-elle nous éclairer sur le fonctionnement de la haine et de la pulsion de mort ? (…) par Marga Auré

Paris, c’est aussi les enseignements de l’École de la Cause Freudienne

Enseignement de la passe 2015-2016 Opacité et approches du réel   Lacan, dans son dernier enseignement, offre la perspective de « ne pas se faire leurrer de quelque fin plate »1 quand on termine son analyse, et il offre la passe à « ceux qui se risquent à témoigner au mieux de la vérité menteuse »2. Si elle est menteuse, c’est que le réel ne peut que mentir : exclu du sens, il reste opaque. Donner du sens au réel est possible dans la clinique sous transfert, mais c’est une voie de mirage. Jacques-Alain Miller3 nous a exhorté à renoncer à la transparence devant l’opacité, sans céder sur l’élucidation. En fin d’analyse, dans l’outre-passe, il s’agit de porter, au mieux, quelque lumière sur cette opacité. Que recouvre-t-elle ? La jouissance, toujours présente une fois le symptôme déchiffré, le corps qui en est affecté et qui parle à partir d’elle, point du refoulement originaire freudien. Comment parle-t-il alors que « nous n’avons aucune idée du réel parce que le langage est un mauvais outil »4 ? Si le langage, qui donne au sujet des airs d’être, est un mauvais outil pour le réel, il s’agira de rendre compte de comment l’écriture peut opérer face à des bouts de réel, de comment un bord de semblant peut situer le noyau de la jouissance, ou de quel autre artifice a-t-il été fait usage. Sans oublier « que tout doit être repris au départ à partir de l’opacité du sexuel »5. Cinq soirées seront proposées dans l’année : chacun des cinq A.E. en exercice proposera un thème pour une soirée afin d’approfondir ces questions. Il choisira un extime pour en animer la conversation. Les autres A.E. pourront, selon leur désir, s’y joindre pour intervenir. Danièle Lacadée Labro et Michèle Elbaz   Notes :   1 – Lacan J., « Joyce Le Symptôme », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 570. 2 – Lacan J., « Préface à l’édition anglaise du Séminaire XI », op. cit., p. 572. 3 – Miller J.-A., « Semblants et sinthome », Scilicet, Semblants et sinthome, VIIe Congrès de l’Association Mondiale de Psychanalyse – Paris 2009, collection Rue Huysmans, ECF, 2009, p. 24. 4 – Lacan J., Le Séminaire, leçon du 15 novembre 1977, inédit. 5 – Lacan J., Séminaire, livre XXIII, Le sinthome, Paris, Seuil, 2005, p. 64.   Les mardis 8 décembre 2015, 12 janvier, 8 mars, 10 mai et 14 juin 2016 Au Local de l’ECF – 1, rue Huysmans 75006 Paris – 21h 15
Lien social et Identification à la lumière du « Y a de l’Un », Marie-Hélène Brousse Le débat a traversé l’Atlantique. Aux USA la grande question actuelle s’énonce ainsi : Identity Politics. Elle a commencé à faire parler d’elle dans les « gender studies », version US du « Il n’y a pas de rapport sexuel », mais elle n’a pas tardé à se diffuser à toutes les minorités dites raciales ou encore religieuses. Partout le trivial « je suis… » a changé de statut en s’affranchissant des évidences que garantissaient le Nom-du-Père et ses traditions. En Europe elle se pose aussi, de façon plus conflictuelle et à la fois moins crue. Ainsi l’expression « jeunes de la diversité » s’est imposée dans le discours. La science et les techno-sciences ont transformé aujourd’hui les coordonnées traditionnelles des discours identitaires. L’époque du Un-tout-seul mis en évidence par Jacques-Alain Miller exige de la psychanalyse d’autres coordonnées que celles mises en évidence par la Massenpsychologie freudienne qui reste attaché au Un de l’exception. L’enseignement de Lacan permet de développer une autre orientation. À la Massenpsychologie vient répondre le lien social c’est-à-dire les discours comme prescription des modes de jouir. Émancipées du Nom-du-Père évanouissant, selon quelles modalités s’opèrent aujourd’hui les identifications ? Les mardis 24 novembre, 15 décembre 2015, 26 janvier, 16 février, 22 mars, 12 avril, 24 mai et 21 juin 2016 Au Local de l’ECF – 1, rue Huysmans 75006 Paris – 21h15
Quelques tours dans « L’étourdit », Philippe La Sagna Il s’agira de déplier certains passages du texte de Jacques Lacan de 19721. Ce texte est la reprise d’une conférence donnée par Lacan à la fin du Séminaire XIX. Nous en lirons quelques extraits en essayant de ne pas quitter le niveau de la phrase. Nous ne lirons donc pas tout le texte mais nous ferons des « tours ». Nous attendons de l’auditoire des questions mais aussi des contributions. Donc ceux qui le souhaitent pourront transmettre leur mail pour rendre ces échanges plus faciles2. Comme le soulignait J.-A. Miller le 17 novembre 2004 : « Ce qui se dit est dans ce qui s’entend. » Pour prendre donc en compte « ce qui s’entend » au niveau des participants, le programme sera défini au fur et à mesure. Nous examinerons d’abord la question du dire et du dit qui renvoie à la difficile relation entre la linguistique, la logique et la psychanalyse. Le vrai, le faux, l’existence, l’universel, comme le singulier, l’impossible, le nécessaire et le contingent constituent les éléments de la logique, voire de tout discours. Mais dans la psychanalyse ils ne peuvent se penser sans partir de la jouissance des corps. C’est un écart majeur par rapport au formalisme logique qui cherche à établir un discours sans équivoque, ou un discours qui ne resterait pas un semblant de discours. C’est un écart par rapport à l’ontologie et aussi par rapport au structuralisme ! Il s’agit de savoir à quoi sert un discours, ce que soulevait déjà de façon naïve le tournant du pragmatisme en linguistique. La parole au niveau du discours n’est pas communication mais moyen d’action, moyen d’obtenir satisfaction. Autrement dit l’équivoque du langage et la jouissance des corps sont nouées. Le dire que Lacan révise et introduit pour nous devient, dans cette perspective, « l’autre » de la jouissance : « La jouissance, ça, ça existe. Il faut qu’on puisse en parler. Moyennant quoi, il y a quelque chose qui est autre, et qui s’appelle le dire. »3 Cette jouissance qui fait matière pour le droit et la politique est celle du corps en tant que corps sexué. Ceci implique que ce corps n’est pas seul. La logique des discours que Lacan avance et qui part de la question de la jouissance articulée au lien social succède à la logique du signifiant et reprend de façon originale ce qui était resté en arrière dans les élaborations premières de Lacan sur la parole et la vérité. Lacan ainsi se distingue du structuralisme en prenant à bras le corps les relations sociales à partir des relations entre les hommes et les femmes, leurs relations au corps sexué. La question de la sexualité freudienne est donc entièrement reprise dans un examen serré du ressort logique des mythes freudiens. Depuis l’Œdipe jusqu’à ceux sur l’origine de la culture et les impasses sexuelles qu’ils supposent pour les hommes et les femmes. Ces impasses se calculent logiquement à partir du dire de Freud que Lacan nous démontre être : « Il n’y a pas de rapport sexuel. » Tout cela suppose de réviser complètement ce que nous définissons comme le sexuel et nécessite donc d’écrire autrement la sexuation. Dans cette perspective l’homme devient le touthomme avec à l’horizon un papludun, une femme est l’hétéros, la pastoute qui rencontre l’hommoinzin ou pas. L’être devient parlêtre, la langue la lalangue, le signifiant le semblant, l’absence ab-sens, la pudeur dé-sens. Ces torsions de la langue déploient déjà une stratégie de sortie du sens et d’affirmation du réel qui sera encore plus sensible plus tard avec le sinthome. Il s’agit d’écrire contre le sens avec des mathèmes, mais surtout avec une topologie, voire dans un langage « ordinaire » neuf. Ce texte est aussi un point de capiton dans la topologie de Lacan. Depuis le début des années 60 Lacan est passé de la topologie du graphe et de ses circuits à celle du cross-cap qui se parachève dans ce texte pour mieux ouvrir la perspective topologique à venir des nœuds. Enfin et surtout, ce texte est un texte qui traite de l’interprétation, qui en traite tout au long du texte et nous donne un éclairage sur la fin de la cure. Ces deux questions serviront pour nous de point de départ pour articuler ce que peut être une politique lacanienne aujourd’hui.   1 – Lacan J., « L’étourdit », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, pp. 449 à 495. 2 – En adressant un mail à plasagna@free.fr 3 – Lacan J., Le Séminaire livre XIX, … ou pire, Paris, Seuil, 2011, p. 226.   Les mercredis 2 décembre 2015, 6 janvier, 3 février, 23 mars, 6 avril, 18 mai et 15 juin 2016 Au Local de l’ECF – 1 rue Huysmans, 75006 Paris – 21h 15

ecf-messager, vous connaissez ? 

Petit dialogue entre @mis

Ce n’est pas cette liste de diffusion intense de l’École de la Cause freudienne ?

J’en ai entendu parler…

Oh oui, intense ! Pour tout connaître de cette École et de sa petite flottille, les différentes ACF (l’École dans les régions).

Tout connaître, vraiment ? 

Tout connaître, on n’y arrive pas. Mais ECF-Messager, c’est : des informations nombreuses, des réflexions diverses sur le moment présent et son intérêt pour la psychanalyse, les news de l’orientation lacanienne, heure par heure, du sur mesure pour vous, pour la psychanalyse… Par exemple, un ami m’avait envoyé les petites vignettes cliniques que le Directoire avait suscitées, et qui préparaient l’événement Question d’École sur le contrôle. Et quel régal de découvrir deux fois par semaine les nouveautés du Blog des Journées de l’ECF !

Tout savoir aussi sur les cartels, Lacan Quotidien, les dernières parutions, les grands événements de la psychanalyse dans le monde (Association Mondiale de Psychanalyse) et bien d’autres choses encore.

Et je peux rejoindre cette liste ? 

Quand tu veux. C’est gratuit ! Tu le demandes au secrétaire de l’ECF grâce au formulaire de contact ci-desous…

Et tous ces messages, ce n’est pas trop ? 

Penses-tu ! Je me suis créé une boite type Gmail dédiée à cette liste, en un clin d’œil l’objet du message m’indique si je garde ou si je jette ; et pour éviter qu’ils finissent dans les spams, j’ai entré l’adresse ECF-Messager dans mes contacts.

Toi alors, tu as toujours un tour d’avance…

Allez, on y court vite ? Car ce messager change de jour en jour…

Formulaire d'inscription au courrier ecf-messager

14 + 12 =

BAAL

Après Les Liaisons dangereuses, Christine Letailleur monte la deuxième version de Baal, (1919) première pièce de Brecht (traduction Éloi Recoing) dont il fera cinq versions. La première, qu’il voulait intituler « Baal danse, Baal bouffe, Baal se transfigure », écrite juste après la Grande Guerre « constitue la matrice originelle et sans doute l’essence même de son œuvre à venir ». […] Christiane Page

Identité et trauma – Paris 8

La psychanalyse n’aborde pas la question de l’identité comme un idéal, comme une norme, ou comme un moyen de savoir qui on est. Jacques-Alain Miller dénonçait en ce sens un symptôme de notre époque, celui du « culte de l’identité de soi à soi ». Du point de vue de l’inconscient, ce qui prime est le rapport à l’Autre et non pas le rapport à soi. Jacques Lacan en 1946 allait jusqu’à penser la folie comme un […]

Corps désirable

Le 20 mai 2016, Rencontre-Débat avec Hubert Haddad autour de son ouvrage Corps désirable. Soirée animée par M.H. Brousse et F. leguil. Ce qui, entre littérature et psychanalyse, peut être avancé sur l’éprouvé réel du corps pour chaque sujet…

Entrons dans la ronde

Le scandale de La Ronde
Scandaleuses, les « souillures du mariage et les désillusions de l’adultère » d’Emma Bovary (et non l’inverse comme le regrettera le procureur Pinard ), scandaleuses la même année les fleurs vénéneuses de Baudelaire, « obscènes et immorales », qui « conduisent nécessairement à l’excitation des sens par un réalisme grossier et offensant pour la pudeur », scandaleuse Nora qui laisse époux et enfants pour « prendre conscience d’[elle]-même et de ce qui [l’]entoure » et refuse face à son mari d’être « d’abord et avant tout épouse et mère » pour être « d’abord et avant tout un être humain » à la fin de Maison de poupée. […]

L’envers de la biopolitique. Une écriture pour la jouissance.

Nous voilà rentrés et vous rappelons qu’un événement très heureux nous attend déjà, c’est imminent : notre prochaine Soirée autour du livre L’envers de la biopolitique. Une écriture pour la jouissance, d’Éric Laurent et en présence de l’auteur aura lieu le mercredi 21 septembre 2016, au 31 rue de Navarin à Paris.

Un produit de vie

Ariane Chottin, à propos de la soirée des psychologues freudiens avec Françoise Labridy.
« Parler du sport avec Françoise c’est comme suivre la vibration d’une baguette de sourcier orientée par la psychanalyse qui, bien au-delà des discours médiatiques qui méconnaissent ou écrasent cette pratique complexe, cherche en profondeur ce que chaque sportif peut dire de ce qui a fait rencontre pour lui … »

L’enfant et la féminité de sa mère

Vendredi 17 juin 2016 à 21h15, une soirée autour de l’ouvrage L’ enfant et la féminité de sa mère. Ce livre, sous la direction d’Elisabeth Leclerc-Razavet, Georges Haberberg et Dominique Wintrebert, est le fruit de deux ans d’un travail de séminaire dit « Travaux Dirigés de psychanalyse », à partir de la pratique avec des enfants. Cet ouvrage nous démontre …

Hors corps

À considérer gravement les billets s’envoler au-dessus des stades, les crises de dopage un peu partout dans le monde, nous en avions oublié le substrat : la pratique du sportif relève de l’acte, il n’y a pas d’acte sans mise en circulation du corps. Mais de quel corps s’agit-il ?

Écouter, voir

Entrons dans la ronde

Le scandale de La Ronde
Scandaleuses, les « souillures du mariage et les désillusions de l’adultère » d’Emma Bovary (et non l’inverse comme le regrettera le procureur Pinard ), scandaleuses la même année les fleurs vénéneuses de Baudelaire, « obscènes et immorales », qui « conduisent nécessairement à l’excitation des sens par un réalisme grossier et offensant pour la pudeur », scandaleuse Nora qui laisse époux et enfants pour « prendre conscience d’[elle]-même et de ce qui [l’]entoure » et refuse face à son mari d’être « d’abord et avant tout épouse et mère » pour être « d’abord et avant tout un être humain » à la fin de Maison de poupée. […]

La Ronde

Si le scandale est étymologiquement « achoppement », peut-on encore trébucher sur La Ronde et s’y cogner sur un réel ? A l’époque de Youporn, de La Vie sexuelle de Catherine M. et des amours one shot banalisées, « ce n’est plus la reine Victoria, c’est la Reine Catherine » et même la « reine jouissance » comme le dit malicieusement Jacques-Alain Miller. Avec le déclin progressif du Nom-du-père, dont l’amorce se dessine précisément à l’époque de la pièce, notre « régime nouveau qui ne procède plus par la discipline et par la répression […], du même fait rend problématique la transgression » . Peut-on alors être choqué par ce speed-dating viennois ? Quel est l’enseignement de La Ronde, au-delà de l’intérêt littéraire de cet improbable laboratoire social, dont la transgression morale a fait effet de scandaleuse vérité en son temps ?

Don Juan : rire du Pas-Tout

[…] En s’emparant du « Don Juan » de Molière, et à l’instar de son héros qui remet en question les représentations et les certitudes établies par le Discours Maitre, le choix de mise-en-scène de J-F Sivadier bouscule les règles stables du théâtre classique et fait de la scène théâtrale « une piste de cirque où se succèdent, dans une dramaturgie de zapping, une succession de numéros interchangeables. ». […] Par Marie-Christine Baillehache

Night Call ou le miroir du monde

Le film de Dan Gilroy, Night Call, sorti en 2014, est une satire moderne du monde médiatique américain qui n’est pas sans rappeler celles d’un Billy Wilder ou d’un Otto Preminger, dont le regard sur la presse et le monde politique a marqué la mémoire des cinéphiles.
Cette soirée, proposée en partenariat avec L’Escurial-Les Écrans de Paris, sera animée par le collectif Psynéma de L’Envers de Paris, avec la participation de Pierre Sidon, psychanalyste membre de l’École de la Cause freudienne. La projection du film sera ainsi suivie de discussions et d’un débat avec la salle.
Mardi 18 octobre 2016 à 20h30.

Du mépris à la méprise du regard

« Dans notre rapport aux choses, tel qu’il est constitué par la voie de la vision, et ordonné dans les figures de la représentation, quelque chose glisse, passe, se transmet, d’étage en étage, pour y être toujours à quelque degré éludé – c’est ça qui s’appelle le regard. », nous indique Jacques Lacan dans son Séminaire XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse (p. 70). Cette matinée organisée par le Vecteur Champ-Contrechamp avec le participation de Laurent Dupont, directeur des 46es Journées de l’École de la cause freudienne, sera l’occasion de préciser, d’élucider ce que nous nommons après lui l’objet regard, à partir du cinéma de Jean-Luc Godard. […]
L’envers de Paris vous invite, samedi 22 octobre à 11h, à la projection du film « Le mépris » de Jean-Luc Godard qui sera suivie d’un débat avec notre invité : Laurent Dupont, psychanalyste membre de l’École de la Cause freudienne et directeur des 46es Journées de l’École de Cause freudienne ayant pour titre : « L’objet regard ». Rencontre animée par Nouria Gründler & Camilo Ramirez

la dispute

Mardi 26 juillet, à 21h, dans le cadre du festival Paris quartier d’été, l’ENVERS DE PARIS et le vecteur Champ-Contrechamp, organise un débat avec François Regnault et Jacques Vincey à l’issue de la représentation de La dispute, pièce de Marivaux, mise en scène par Jacques Vincey.
Soirée animée par Nouria Gründler et Catherine Meut.

Le retour des fantômes

Des flux, des flots humains, des migrants, chosifiés, évalués, chiffrés, scannés, mis à distance par le discours de la science, comme pour ne pas pouvoir imaginer, se représenter en chair et en os, ces femmes, ces enfants, ces hommes qui tentent courageusement de se frayer une voie vers la vie et vers un avenir meilleur. (…) par Géraldine Caudron

Ludwig un roi sur la lune

Mise en scène Madeleine Louarn, texte Frédéric Vossier, collaboration artistique Jean-François Auguste, dramaturgie Pierre Chevallier, chorégraphie Loïc Touzé & Agnieszka Ryszkiewicz, musique Rodolphe Burger, avec Julien Perraudeau et les comédiens de l’atelier Catalyse.

À l’heure de la mobilisation qui nous rassemble se donne au Théâtre Gérard Philippe de St Denis, Ludwig un roi sur la lune. Et ce spectacle nous regarde.

Ce spectacle rassemble des musiciens et des acteurs hors du commun. Hors du commun c’est l’expression consacrée pour dire l’exceptionnel. Ce qu’ils sont. Mais plus encore ici, l’hors du commun désigne un espace où création musicale et création théâtrale dans la rencontre des corps, des voix, […] par Ariane Chottin

« La ronde » de Schnitzler ou de l’importance d’être importun

Ecrite en 1897, publiée en 1903, jouée en 1920, condamnée comme « œuvre pornographique d’un auteur juif » par les conservateurs antisémites autrichiens en 1921 puis brulée lors des autodafés de 1933, la pièce d’Arthur Schnitzler « La ronde » n’en finit de faire scandale. Traduite et scénarisée par Guy Zilberstein et mise-en-scène par Anne Kesler au Vieux-Colombier jusqu’au 8 Janvier, elle continue d’interroger notre 21° Siècle envahi par le discours de la science qui écrase toutes illusions désirantes et autorise toutes les formes de la pornographie, sur cette vérité que la psychanalyse vise et qui dérange : la sexualité comporte un impossible à dire. […] par Marie-Christine Baillehache

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